‹ Traité signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 43 sur 71 · XXXIX. Mort apparente · texte numérisé non relu

XXXIX. Mort apparente

« Le docteur Jean Schmid rapporte qu'une petite fille de sept ans, après avoir essuyé pendant quelques semaines les accès de la toux la plus violente, fut tout à coup délivrée de cette maladie incommode, et parut jouir d’une bonne santé. Mais quelques jours après, jouant avec ses camarades, cette enfant tomba par terre, comme si elle eût été frappée de la foudre. Une pâleur mortelle se répandit sur ses joues et sur ses bras ; on ne lui sentait point de pouls, les tempes étaient enfoncées ; elle ne donnait aucun signe de sentiment, soit qu’on la secouât où qu'on la pinçàt. Le médecin, qui la crut morte, céda, quoique sans espoir de succès, aux ins-

(1) Durande, Loc. cit., p. 68.

tances réitérées des parents, et fit quelques tentatives pour tâcher de rappeler cette enfant à la vie. Enfin, après plusieurs essais inutiles, il lui fit frotter rudement la plante des pieds avec des vergettes trempées dans une forte saumure. Au bout des trois quarts d’heure, cette jeune fille poussa un petit soupir; on lui fit avaler un peu de liqueur spiritueuse, et la vie fut rétablie (1). »

XL, Mort apparente,

« Un homme ayant fait un voyage pour voir son frère , letrouva mort. Cette nouvelle le plonge dans une syncope si affreuse, qu’on le croit mort lui-même. Après avoir employé les moyens ordinaires pour le rappeler à la vie, on décide qu’il faut l'ouvrir pour reconnaître la cause d’une mort aussi subite. Le prétendu mort entend le complot, ouvre les veux, se lève et s'enfuit (2).»

XLI, Mort apparente aflirmée par un médecin à moitié ivre.

«Une fille de vingt à vingt-cinq ans, Éliz Roy, faillit, il v a quelques années, être enterrée vivante. Elle demeurait à deux lieues de la ville, et était depuis longtemps sujette à des attaques nerveuses, dans lesquelles elle perdait complétement connaissance. Dans une de ces attaques, plus forte que les autres, ses parents appelèrent un chirurgien à moitié ivre, qui décida qu’elle était morte. On le crut. On l’enveloppa d’un linceul, dans lequel, suivant une coutume barbare, dont tous les efforts des personnes éclairées n’ont point encore fait

(4) Durande, loc. cit., p. 70.

(2) Durande, Memoire sur l’ensevelissement, p. 71, re

revenir le peuple, on la cousit, et on l'exposa sur le piancher de son lit. On prit jour et heure pour ses funérailles , auxquelles on invita ses parents et amis. Dans le nombre se trouvait une jeune fille de son âge qui demeurait à une ou deux lieues de là, et qui accourut aussitôt pour voir et embrasser son amie avant qu’on ne l'ensevdît. Elle décousit le linceal. Elle couvrit son visage et ses lèvres de baisers, ef crut s'apercevoir qu'elle ressnrait encore. Elle redoubla ses caresses, et fit si bien qu’elle la rappela complétement à la vie (U).»

XLIT. Un homme en état de mort apparente se promenrant Ja nuit

dans une église.

« Le comte Richard, entré seul dans une église pendant la nuit, y trouva un corps déposé dans une bière ; le prétendu mort, se levant brusquement, vint audevant de lui les bras étendus. Effrayé par cette apparition imprévue, le comte passa son épée au travers du corps de ce malheureux , qui mourut récllement ; aussi ordonna-t-il qu'à l’avenir il y aurait toujours quelqu'un pour garder les morts jusqu’à l'enterrement (2). »

XLIIT. Mort apparente.

«Une dame, à la suite d'un accès de catalepsie, resta sans pouls ct sans respiration. Ne pouvant tirer du sang en ouvrant la veine, on la crut morte, ct l’on fit les apprêts de son enterrement, Les stimulants la rappelèrent cependant à la vie; elle déclara, quand celle futrétablic,

(1) James Curry, Observations sur les morts apparentes, p. 9.

2) Richard, De la léthargie, p. Ln.

OBSERVATIONS DE MORT APPARENTE. 305 qu'elle avait vu tous les préparatifs que l'on faisait pour l'ensevelir (1). »

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