‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénés (volume 2)Chapitre 38 sur 91 · ARC | AU RER CR" 1 LR · texte numérisé non relu

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rale de cet institut.

‘Gtheel est une petite ville située dans les campines, à quatre lieues de Thurnhaut, à dix de Bruxelles , et à huit d'Anvers. Elle se trouve an een tre d’immenses bruyères. : Lair y est/'assez pur et le terrain élevé. Bruxelles et les petites villes des environs y envoient leurs aliénés.' ‘Les hospices civils paient quatre vingt dix florins de pen sion annuelle pour chaque Mari qu'ils y envoient: les habillemens sont encore à leur charge. Cette institution date du quinzième siècle, et parait avoir eu une origine religieuse. La sainte Dym=: phna, patrone de cet endroit, ayant, dit-on, opéré des miracles sur des aliénés, on n'a plus cessé d’y implorer son secours, dans la folie. Chaque mala de qui arrive dans cet établissement , est relégué dans une maison attenante à lPéglise consacrée à : cet-

celte saintes on Jy fait faire neuvaine, et, passé ce temps, il est placé chez un nourricier.

La plupart des. aliénés se trouvent Jogés de de

paysans. Ceux, qui appartiennent à des familles aisées, sont dans. le village et chez. les plus riches cultivateurs... Des .commissaires. sont. chargés de veiller 4 tous les besoins de ces malades.

Les ourriciers sont obligés de traiter les aliénés avec tous les ménagemens, possibles. Ces malheureux, à. Jeur arrivée dans. cette espèce de: colonie, sont, pour la plupart, garrotés ou enchainés. On commence , par oter leurs chaines; on leur parle ayec intérêt; on leur fait voir, la liberté dont il peuvent, jouir, et toujours -cette, pratique y a eu les meilleurs résultats. Les, maniaques Jes plus furieux y deviennent des aliénés foxt traitabless ils respectent leurs libérateurs, mais en lui ve epnfiance et le .chérissent. |

Les aliénés paisibles onissgnts rt cet os * d’une. liberté presque sans bornes. On garde de plus près ..çeux qui ont. des .desseins, funestes ; s et. les furieux sont liés dans leur lit. A ORALE

. On donne à. ces, malades opt secipitiane en harmomie, avec leurs goûts et leurs forces, Quelquesuns assistent au labourage; d’autres, et surtout les femmes , s'amusent au .tricot ; on voit de ces malades qui, moyennant. pne. légère rétibution , donnent en ville, des leçons de musique on d'écriture.

Tous. les aliénés y offrent une santé. parfaite; ce qui ne pout manquer, vu la pureté de l'air de

REV ce

censites Jeutichsidarséerétaire bé commission , que le plus grand mémoire du pharmacien: pour kivraison de médicamens, y compris le vin, ne s’éleva jamais au dessus de cinq cents francs par an. Pendant les années 18:16 et 1817, sons “an atteignit beaucoup d'individus ; pra elle n’y causa pas de mortalité, L'hiver rigoureux de 1822 n’y fat nullement remarquable sous le: rapport des décès.

Cet établissement présente, sans doute » plusieurs avantages: le grand air qu’on y respire, et la liberté qu’il offre aux aliénés, sont des conditions qu'on ne trouvera nulle part comme à Gheël. Cependant, cette dernière condition par son excès mème, n’est rien moins qu'avantageuse aux aliénés. Une liberté sans bornes expose à de nombreux malheurs. L’aliéné peut se battre avec d’autres malades. Il a la faculté, s’il a de fanestés desseins, ‘d’attenter À sa vié, ou à celle des autres, sans que personne vienne l’en empècher. On: lui “met il: est vrai des chaines aux pieds, s’il ést turbulent, ou s’il cherche à! s’esquivers mais alors sa liberté se réduit à fort peu de choses; et l’idée de se voir aussi borné dans ses mouvemens, doit affecter péniblement son moral. La trop grande éten— due du terrain; la dispersion des'aliénés sur des points trop écartés fait que, jamais, on ne saura soumettre ces malheureux à une vie régulière et les traiter par des moyens moraux. D'ailleurs, la vigilance des commissaires‘ ne pourra se faire que | très

:très imparfaitement : ilest impossible. qu’on se rende, à tout: moment, chez tel ou tel furieux lié dans son lit, pe voir s’il ne croupit point dans ses ordures; qui saura vérifier encore si ces malheureux,

. surtout les idiots et les aliénés en démence, reçoi-. “vent là portion de nourriture qui leur est due et

les habillemens qui leur conviennent ! ?

Le libre commerce des deux sexes entre-eux est : encore un yice qui mêne à l’inmoralité, et qui ne peut nullement être. salutaire aux aliénés. - Il résulte, par le tableau que Mr. Smidt com-

“missaire secrétaire de cet institut a bien voulu me

remettre, que depuis Pan 1810, jusqu’en 1623, ilya eu dans l’établissement, 4o1 aliénés, y compris le nombre existant le 51 décembre 1809, dont 177

‘hommes et 224 femmes. :

102 Individus ont guéri, 54 rh et 48 femmes, parmi lesquels on compte trois épileptiques, sont parvenus à un rétablissement parfait.

La mortalité fut de 114 individus, 46 hommes et 68 femmes. | OT

Voici un tableau du mouvement de la population de cet institut, |

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