‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénés (volume 2)Chapitre 61 sur 91 · LA TA TES · texte numérisé non relu

LA TA TES

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Ja construction d’un pareil établissement , e’est d’en destiner la plus grande étendue à des champs, des jardins spacieux, de grandes cours, et des salles de Jéunion ; il faut surtout que aisance règne dans la distribution des divers corpertinaent de cet édifice.

Le bâtiment sera construit à un seul étage. C'est une règle admise par tous ceux qui ont fait conpaître les améliorations dans ces sortes de con structions, Rien de si gènant, de si inconvenable que Jes emplacemens les uns au dessus des autres 3 on n’en retire que des désavantages : les gens de la maison sont trop dispersés; la sprvéillance se fait mal, et les aliénés sont exposés à à des dangers graves (1 }e Le Bedlam à Londres est construit à quatre étages, et les aliénés en occupent les deux su périeurs : © est un défaut impardonnable,

La distribution .des divers compartimens de Pi difice sera faite de telle manière que les aliénés, qui diffèrent entre eux par la nature de leur mal, soient séparés Îles uns des autres. Les mAnIAqReS » et surtout les furieux, seront éloignés de ceux qui sont paisibles ét doux ; ceux qui délirent sur un objet de religion seront écartés, autant que possible, des malades qui montrent une idée contraire, ou qui se livrent à des actes d’extravagance ou de libertinage; les épileptiques doivent également être logés dans un endroit particulier, tant par rapport

à leur penchant à l’imitation, que pour empêcher

les

(2). Esquirol.

fes lésions iméurtriètes que Le autres aliénés leur portent parfois. pi qu S gr y est encore nécéssaire d'isoler les hommes des femmes. ” Reil conseille de laisser habiter les deux sexes ensemble ; mais on sent trop bien l’inconséquence de cette ‘pratique ; . Pour qu’on se donne la peine de la réfuter.

Les idiots et les aliénés en démence doivent être séparés ‘des autres äliénés.

Une grande simplicité doit partout régner dans 1 oxdétinance du bâtiment. Nulle part, on ne trou- “vera des objets hidéux, ou qui peuvent faire comprendre à l’aliéné son malheureux état: des jardins potagers, des promenades pittoresques, ‘des “bosquets, des plantations d’arbres, des corridors couverts seront les plus beaux ornemens de l’édifice. Je ne sais pourquoi Frank, dans le dessin ‘qu'il donne d'un hôpital pour aliénés, ajoute tant ‘de luxe à la façade qui décore ce bâtiment: je puis ‘encore moins concevoir dans quel but raisonnable ‘on a placé, devant la facade du Bedlam à Londres, ‘deux statues, l’une représentant un furieux et l’autre ‘un mélancolique : : le malheur de ces malades peut-il ‘bien être exposé à la vu e des passans ? L’aliéné , à son entrée dans un pareil asyle, en reçoit nne im- | pression funeste; etrien de plus penible pour lui que | dé voir ces images dans sa convaléscencés au reste ‘onne peut rien voir de plus magnifique que la façade du Bedlam; mais c’est un faste inutile. J’ai ordoNe; dans le dessin ci-joint, la façade du bâtiment aussi simple qu'il m'a été it de la faire: elle se rap-

pro=

proche : de celle dur ehFER Re destiné au culte reli-, giens io BU dent lol où otebiis ie TL bn .

L’étendue. de. Fa shobe v sera proportionnée au son Aa .des malades qui doivent l’habiter.. Six : cents, individus, sont à Ja Salpétrière ;..deux cents , au, Bedlam.: , Mais, Frank est d’avis qu'il faut ré-, duire le. nombre des: habitants de :pareils établisse- : mens;.à cent: ce qui,me parait, assez, convenable. La, multitude, comme on l’a dit, n’apporte que de, la .confusion et rend le service mauvais. J’ai réduit. à. cent, le nombre. des individus destinés: à habiter l’établissement dont la plan est ci-joint (PL HA) et sux lequel:jeivais entrer, dans, quelques expli- HO “it css! AU so 914 . Un A “pu est Le à l'habitation du D. et, de la directrice, à la pharmacie, à la chambre de dissection, , aux bureaux etc. 5 Une chapelle, dont. l’entrée est à l'intérieur. de l'avant-cour; occupe, le milieu. de lo façade -principale: | | | . Chaque aliéné Habite. uue sq als Elle « est pi que la porte, qui.y sert d’ entrée, s’ouvre dans un des corridors de la cour commune. Les cellules (4) destinées aux aliénés paisibles tirent la lumière du jardin. Les fenêtres et les portes des cellules où logent les furieux donnent sur une cour latérale. Cet endroit, est le plus sombre du bâtiment: il est encore le. plus écarté de l’habitation des autres aliénés. TA cellules doivent & être d’une grandeur convenable, et plutôt larges que profondes. Quelquesunes seront particulièrement destinées aux furieux

P;5 ét

et la construction en sera plus slidé ge celle des autres aliénés. La porte en doit être d’un bois fort. et épais; elle aura une ouverture qui se fermera à l’éxtérieur, par laquelle on pourra obsèrver cé qui se passe dans l'intérieur de la cellüle. La serruré séra en proportion. Les verroux , par leur bruit, épouvantent l’aliéné, ou excitent sa fureur. Gé sont d’ailleurs des moyens dé fépression inutiles, et qu’on péut éfficacement remplacér par des bandes dé cuir solide: chaque bande est extériéures ment attachée au mur contre lequel frappe le panneau de la porte; une des ses extrémités passe derrière un crampon bé dans le battant de la porte, et va se joindre à l’autre extrémité qui est libre ét garnie d’une forte boucle. Les serrures peuvent être fortes, mais non grossières. Si l’aspect en est hideux, elles font un mauvais effet sur le moral dés aliénés® Les celhiles dés éliénés’doux peuvent sé fermer par une porte ordinaire. Les fenêtres ne s’ouvriront point dans l’intérieur dé là cellule, Cette disposition est surtout nécésaire düahd il s'agit de s'emparer d'un maniaque fürieux. Alors, on pénètre de déux cotés à la fois dans la chanbre du malade: pendant que quelques servans font du bruit à la porte, d’autres ouvrent à l’extérieur la croisée, et on entre de deux côtés pour s’emparer de l’aliéné furieux (1). Les fehètres auront une hauteur et une largeur convena-

| bles

(1) Esquirol.

bles, A linstitut de Baireuth, toutes les fenêtres sont à bras portans, et cependant on n’y dépense qu’une somme excessivement médiocre (1) pour cassure de vitres. Le nombre des aliénés est d'ail leurs très considérable dans cet institut. Les fenêtres des cellules destinées aux furieux et aux aliénés mobiles seront protégées. d’une grille en fer qui s’ouvrira à l’extérieur. On doit cependant être avare d’une pareille construction, et tâcher, autant que possible, de donner à toutes les parties du bâtiment un air de liberté. Il est plus convenable de remplacer les grilles de fer par un moyen moins répugnant et aussi efficace: au lieu de:faire les chassis en bois, on peut les construire en fer fondu. (C’est une pratique suivie à la retraite de York. |

Afin de garantir laliéné du froid , les cellules ; dans plusieurs maisons d’aliénés, sont doublées de bois dans leur intérieur, jusqu’à hauteur d’hom me: ce moyen peut être bon pour les furieux : . mais, en général, les doublures en bois, comme on l’a observé avec justesse, sont mauvaises par rapport à l’odeur infecte dont elle s’imprègnent. La chambre où résidait le Roi Georges ILE, en état de folie, était tapissée de matelas. On peut imiter ces, exemples pour quelques maniaques furieux , si d’ailleurs les circonstances le permettent,

Le

(a) Pas trois florins par an.

Le pavé sera en larges dalles (1) pour les fuvieux, On préfère les ‘planchers ‘pour les autres aliénés : le froid des pieds doit êtré soigneusement évité chez les malades.

On fera les lits en fers ils sont plus forts et plus propres que ceux faits en bois. Malgré leur solidité , ils sont encore souvent mis en pièces par les maniaques furieux : c’est pour cette raison qu’on peut les construire en maçonnerie, et encore plus avantageusement en pierre de taille On placera de préférence le lit au milieu de la cellules de cette manière il devient plus facile d'entourer le malade et de s’en rendre maître quand il est extravagant. Pour plus de commodité on met le lit desorte que son extrémité qui répond à la tête, se trouve placée contre la cloison qui sert de séparation entre lés deux cellules contigues. Toutes ces précautions | sont superflues chez les aliénés qui né sont point sujets À des actes d’extravagance: un lit ordinaire suffit alors. Sur cent cellules, il n’en faut qu’une quinzaine faites de cette manière. On fera ‘très bien de construire les lits un peu déclivés vers les pieds. IL e$t encore nécessaire qu’on en fasse les parties ‘latérales hautes, quand ils doivent servir à des aliénés paralytiques, épileptiques où à ceux en démence; on empêche, par là, Fi le ma lade ne soit exposé à tomber.

Chaque cellule sera munie d’une table et d’une

chai-

(1) Esquirol.

chüise, à l'exception ‘de celles: qui sont pq aux furieux: 6 | LEA à vyvi

‘On fera bien de Pine se dessus de la porte de chaque cellule une ouverture assez grande da que l'air puisse facilement pacreutere 5 ETUI SO

“IL est’ nécessaire , tel qu’on’ le voit exécuté en’ Angleterre , ‘que les domestiques de la maison occu= pent un endroit d’où ils soient à même de voir lai plus grande partie de la maisons Getendroit doit - être le lieu de‘réunion de tous les: servans:: Quelqués-uns d’entre-eux doivent y ètre constamiment de garde. On peut voir, dans le dessin ci-jomt, que la chambre destinée à cet effet donne sur: le jardin, sur la cour commune, et sur celle des’ furieux, ::

‘On voit, par la disposition des corridors, que les aliénés peuvent, avec facilité, circuler dans tous les endroits du bâtiment , sans être exposés au froid, ni à l’humidité. Ces allées doivent être larges , et fai tes de telle manière que, dans l’hiver, les portiques dont elles sont composées se ferment par des portes en bois surmontées d’un cintre vitré. On fait alors servir ces endroits de salles de réunion. :!

On placera dans la salle aux bains (D), des bains à eau froide et à eau chaude , ainsi que des doux éhes. On peut faire venir une douche sur chaque baignoire. On aura un réservoir d’eau froide poux le bain de surprise, et on pourra encore construiré une machine avec laquelle on plonge le malade à volonté dans l’eau, sans mettre sa vie en danger. (Voyez PI IL V. 2.) D)

Tous les endroits du bâtiment habités par les

Pa alié-

aliénés doivent :être convenablement chanflés en, hiver : les comidors, les salles de réunion peuvent. faire l’office de chaufloirs. Les tubes calorifères rendront ici de grands services ; et les poëles se-,. ront fermés à serrure pour éviter les malheurs. Ils, seront environnés d’une grille de fer, pour n°y laisser aborder les aliénés qu’à une certaine dis

Rien de si malpropre, de si dégoûtant, que de construire les latrines dans les cellules même: pres, que tous les aliénés, comme l’observe très. bien Esquirol, préfèrent aller aux privés communs. Pratigués dans. la chambre même de l’aliéné, ils donnent uñe odeur infecte et-exposent les malades, au froid, Jai placé les latrines à l’angle antérieur ‘et latéral de chaque quartier (G). On peut s’y. rendre. par un corridor couvert et elles sont com-, plètement:isolées du bâtiment. Chaque aliéné aura un pot-de-chambre, et ceux de cuivre ou de fer- blanc sont à préférer. On peut également faire en bois ouen fer blanc, les plats, les gobelets et autres ob= jets dont l’aliéné a besoin dans son petit ménage. . - L’infirmerie (H) est destinée aux aliénés qui contractent des maladies accidentelles au désordre de l’esprit. Elle se trouye dans l’endroit du bâtiment le plus tranquille, et se compose de deux salles; une, pour les hommes, et une autre pour les femmes. , Les fenêtres en doivent être spacieuses et ne donneront point sur les grandes cours, où le tumulte des autres aliénés pourrait nuire aux malades,. Ces salles tirent la lumière des avant-cours.

Au

-Antant que la prudence le permet, on fera prendre aux aliénés les repas ensemble, C’est un moyen efficace de distraction, et, comme le re= marque Esquirol , vip leur fait contracter des habitudes sociales. (C’est dans cette vue que j ai fait entrer dans mon PS des réfectoires (B).

Dans le fond d’un jardin, qui peut être aussi vaste que les localités le permettent, se trouve placée une espèce de maison champêtre uniquement destinée aux aliénés d’une condition supérieure, si toutéfois îls ne sont pas turbülens on furieux ; cat, dans ce cas, on les loge dans les cellules dé grand bâtiment destinées 4 cès sortes de malades. Il faut toujours , comme j'en ai déjà ‘fait la remarque , rendre aux aliénés tous les honneurs que leur rang ét por condition exigent. Dans ce petit “bâtiment, d'‘uné construction élég gante, des doméstiqués particuliérs seront chargés du soin dé ces malades.

‘On peut ériger, dans l’enclos du jardin, uné ferme une brasserie un moulin etc.

Nous avons déjà vu, dans les remarques précédentes , combien les promenades et les exercices divèrs sont salutaires aux aliénés+ il sera donc ütile d'employer ces malades à remuer la terre; on peut même leur donner de petits terrains à anse. ver, des arbres vu des fleurs 4 soigner. Il est égatent avantageux de garnir de fleurs en pots les fenêtres des cellules. *

maison soient destinés à des exCCrCICes gymnasti=

| ques

ques. ;C’est:.ainsi, qu’on péut établir, dans. le jar din, différens jeux d’adresse, comme la course, le, volant, la paume.et surtout le jeu, de bagues, qui: présente beaucoup ‘d’analogie:avec la machine. ro-: tätoixe dont nous avons déjà parlé, AS endroit destiné a aux RE magiques... l, 44110

| 4 é «4 jez a À: Ÿ3 NTÉ .: 4468 17 Hat Us À à AE Plan d' un nt ton POUT, trois cents alténés.….

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Dans, les remarques ar M nous venons

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de. donner un ‘aperçu sur la construction d'un étabhssement seulement. destiné -à cent pee +4 cependant, nous ne Sommes : Pas, portés à croire que... ce nombre puisse partout. être pris, comme point de départ dans l’érection des ces sortes d’institnts ;, car la population d’un hospice pour. insensés doit nécessairement être en raison. de Ja population de la CH ou de la province à laquelle elle appartient: . elle est. encore, en xaison 54 nombre d’établissemens. existans aux environs de celui qu’on érige. IL est vrai qu ’on pourrait. construire , dans une. ville, différens hospices dont un, par exemple ,. serait destiné aux femmes , un autre aux hommes , un troisième aux idiots, un quatrième aux incurables; mais, indépendamment qu’une telle disposition Ro trop le service , il faudrait encore des. fonds considérables pour la bâtisse de ces édifices et pour l'entretien des.employés nécessaires dans chaque institut : , en réunissant tous ces différens établissemens ensemble,

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