‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénés (volume 2)Chapitre 78 sur 91 · MALADIES NERVEUSES. INFLUENCE DE CES AFFECTIONS SUR LA FOLIE · texte numérisé non relu

MALADIES NERVEUSES. INFLUENCE DE CES AFFECTIONS SUR LA FOLIE

Epilepsie

Lcorepsie doit se trouver à la tête dés affections nerveuses qui accompagnent le désordre de. lPespäit. Elle appartient particulièrement à la manie et à lidiotie, quoiqu'il ne soit par rare de la rencontrer dans la monomanie et dans la démence. Hippocrate avait remarqué l” fpRepte dans la mélancolie (1). | L’Epilepsie marche le plus souvent ve pair dans la manie, avec des indices d'exaltation du système: sanguins; et cet état est le plus apparent dans le, début de l’aliénation mentale: quand l’épilepsie a

compliqué la manie, péndant un certain temps , alors

(1) Melancholici Epileptici fieri solent, ÆEpid. VI Foës. p. 1201.

alors prédominent plutôt des symptômes de débilité, et c’est dans l'idiotie ayec épilepsie, qui. ce dernier état est le plus marquant.

Cette affection est, pour les aliénations mentales, la complication la plus funeste: elle résiste, non seulement à tous les moyens imaginables, mais, ce qui est plus facheux, dét-rmine encore l’incurabilité de la folie à laquelle elle se trouve jointe, et rend l’existence de l’aliéné, on ne peut plus misérable. Par elle-même l’épilepsie est déja une affection grave; celle le devient ici d’avantage puisqu'elle se trouve associée à une maladie qui, à son tour, porte les plus facheuses atteintes à l’organisme: considérée isolément, lépilepsie est un agent destructeur des facultés intellectuelles : elle abolit la mémoire, éteint l'imagination, prive l’homme de ses passions, le rend lent dans toutes ses décisions, et porte de funestes coups aux muscles de la vie de relation : la paralysie, comme on sait, en est souvent le résultat. Outre ces effets, l’'épilepsie, jointe à la folie, en détermine d’autres qui ne sont pas moins funestes ; tel est le changement de là manie en monomanie. . Disons donc, avec Es quirol (1), Pinel (2), Willis (3), et Frank (4), que. l’épilepsie est toujours une complication fu-

nes-

( 1) Dict. des sc. méd. art, maisons des aliénés. (2) De lalién. ment.

(3) Franks reize.

(4) Praxeos Med. Univ. pracept.

neste pour l’aliénation mentale, et quelle rend la plupart des affections de cette nature incurables.

Paralysie. 71

Une affection non moins familière à quelques aliénations mentales est la Paralysie. Cette complicat'on appartient particulièrement à la démence et

à l'idiotie. Plas de la moitie des malades affectés de démence offrent, comme le remarque avec jus tesse Esquirol (1), des symptômes de paralysie, Cette affection provient de sources différentes : le plus fréquemment consécutive à l’épilepsie, elle est, dans d’autres cas, la suite d’une apoplexie, et c’està la manie que ce dernier état appartient spéclalement. aile TA - I est étonnant que ce phénomène ne soit pas plus fréquent dans la manie, où l’abondance du sang est souvent si considérable au cerveau. Sur 146. aliénés, Esquirol n’en a vu .que 6 morts d’apoplexie. Souvent, la Paralysie a de certains Tap+ ports avec la cause de la folie: c’est ainsi que cette. affection est fréquente, en cas que l’éjaculation du sperme trop répétée, l’abus des spiritueux, de fortes évacuations de sang ou d’autres, causes, de cette nature, aient produit le trouble de l'intellect, Un vice dans la structure musculaire donne élan ment lieu à la paralysie. Ce cas appartient. à, li-

| dio

(1) Art. Démence du dict. des scienc. médicales. :,

: diotie. Rien n’est, en effet, plus fréquent que l'atrophie musculaire chez l’idiot, Dans la démence, la cause principale de paralysie c’est l’atonie, le défaut d'influence nerveuse dans le tissa musculaire; une vice organique du cerveau.

La démence et lidiotie sont des affections très facheuses contre lesquelles viennent échouer les ressources de l’art; combien le pronostic n’en doit-il pas être faneste quand la paralysie vient les compliquer ? 1l'est dé fait que ka paralysie annonce presque toujours lincurabilité de l’aliénation méntale. Cependant , n'est-elle que légère, a-t-elle lica dans une partie peu essentielle à l’entretien général dés fonctions. Dans les muscles de l’&il pour exemple, le pronostic n’en est pas si funeste’: un grand nombre de muscles volontaires ‘sont-ils compromis, il est des plus ficheuxs il le sera également quand les convulsions viendront’ se joindre à” la paralysie. En général , les exemples de gnérisons d’une telle’ complication sont rares, ét si cé changement heureux a lieu. il ne se fait ordinairement qu'après lé rétablissement des fonctions intellectuelles, © Nous lé répétons , la paralysie est une de ces affections qui, d’entre toutes celles qui se montrent dans le cours de l’ahiénation mentale, laisse peut=. être le moins d'espoir de guérison. De nombreüx moyens ont été tentés pour combattre cette fachen= se complication, maïs jusqu'ici on n’a pas publié les avantages obtenus par ces agens. À cette règle” générale , il se présente cependant des exceptions , et je ne puis passer sous silence, un fait qui

s est

s’est montré sons mes yeux, et où l’administration du tartre émétique , à forte dose et à l’intérieur, fut suivie du plus grand succès dans un cas de paralysie récente. | | |

Un homme, agé d’environ quarante ans, robuste, d’un tempérament sanguin-bilieux , cheveux noirs, teint jaune, système musculeux très développé , étant maître-ouvrier dans une brasserie de bierre, perd insensiblement l'esprit après avoir fait excès dans les boissons. On remarque qu’il est moins assidu à son travail ; il fréquente les maisons de jeu, achète différens objets à des prit exorbitans et les vend ensuite; on le trouve à tout moment au cabaret 4 il boit beaucoup : ‘enfin le désordre de Pesprit devient manifeste. Un homme de l’art ayant été appellé , une ample saignée est faite au malade; mais aucune amélioration ne se ‘fait “remarquer, ‘et l’aliéné , ‘après avoir $éde: quelquel semaines à lhôpital civil de Gand ;

où il fut encore saigné et mis dans un bain tiède à différentes reprises, fut transporté à l’hospiée des hommes aliénés de la même ville. A son en trée dane'cet'établissement, le malade‘ présenta tous les caractères ‘d'une démencé naissante ; la tête penchée en avant, Fœil:fixe, sans’ régañdér, la boue che béante, il ne fit ‘entendre : que des phrases décousues sans liaison ; sans ‘rapports. Nul désir de nuire; ou ‘de porter injure aux servans où’ aux autres: aliénés de l'institut ne se faisait remarquer. Au reste, appétit bon, sommeil profond,

Le

Le malade se trouvant en cet état, il était difficile de former un plan curatif, d'autant plus qu'on ne. possédait alors que des notions vagues sur l’oxigine du mal. Cependant, un tremblement des :

membres avait lieu chez ce malade ; il offrait, dans ses propos, un'Caractère chimérique, qui cst assez propre au délire des ivrognes, et qui faisait entre voir l'existence de cette espèce d’aliénation mentale. Je m'étais proposé de faire des.essais avec lopium, mais comme cet aliéné fut atteint d’un catharre assez intense, quelque temps .après son entrée à l'institut, je redoutais l’emploi de ce moyen, ct perdis ainsi de vue ce malade. ne ax . Au bout de quelques mois de séjour à le, a Fa la bouche est tirée de coté ; toute Ja par+ tie gauche du corps devient paralytique ; Je. malade tombe dans un état comateux , et ne profere plus une parole. Mr. le docteur. Hulin est- appel- Jé, et, après avoir tenté infructueusement .différens moyeus, prescrit six grains de tartre stibié , dans huit onces d’eau distillée, à prendre ‘par cuïlles . rées.jusqu’a l’acte du‘ vomissement. Le malade vo mit beaucoup, et, presque au même instant, 1l:r6+ cupéra l’usage. libre de ses membres. On -observa plus: au moment. où le tartre stibié exerçait son action sur les premières voies, l’intelligence s’4+ méliora visiblement; mais au fur et à. mesure.que le vomissement diminuait, onvit égalementstous les caractères. de . la. démence renal la FAR toutefois n existait plus... |

Mr.

Mi. Hulin svient de mettre encore en usage æette «méthode: curative, dans un cas de folie avec état convaisif; evle succès le: plus complet est ve nu: couronner: sés efforts. : L’individu qui fait le sujet . de: cetté, expérience ; se trouve s:dèpuüis vingt ans jratteint d° aliénation :mentalé partielle. Il s’oc- -Cupesisans; relache à la rédaction delettres qui tendent à obtenir: de îtel -ou tel dignitaire sa isortier:dé l'institut. Depuis long-temps, un trem- -blemiént. dés:membres,: et:.surtout des supérieurs’, a lieu: chez ce malade, Il: se. plaint souvent de -constipation, et d’unsentiment : de tension qu’il apporte à Fintérieur du crâne. A l'exception des idées, cquise rapportent à l'objet du délire, qui est une vraie manie d'écrire. Pintelligence jouit de la plus parfaite! intégrité. ‘Tout-à-coup: le malade “est devenumorose :il s’est plaint de vertiges : le trem- -blementedes membres a pris un degré de grande intensité; 2bientôt il a dégénéré en vrai état convulsif, se; malades est: dans l'impossibilité de se Jever-dùlits il ouvre difficilement la bouche; et une suspension totale des fonctions intellectuelles a lieu Il y a déjection involontaire des matières fécalesz le pouls est fréquent et faible; la face est pâle, défaite, et un état convulsif a lieu dans presque tous les muscles volontaires. Cet état avait duré deux jours, quand le malade a pris le tartre stibié, à la dose de six grains, dissous daus cinq ononces d’eau distillée, pour en prendre par cuillerées d'heure en heure, jusqu’à l’acte du vomissement, L’aliéné a rendu par la bouche, une assez

1 À Y gran-

grande: quantité d'unscliquide :visqueuti L'état comateux dans leqnel il se’ trouvait depuis ‘deux jours, a ét6 le premier, à :$e:dissiper; :les convulsions ont également cessé , ‘et bientôt le malade:a pu:se levér et. faire de légers sexercices: de: corps. : : La monomanie cependant existe-toujours , et l'état ac tuel des fonctions en général, laisse voir: leg: dé . gats notables qu'elles ônt subis. +. {

Il y a ‘encore d’autres ‘affections nerveuses qui compliquent l’aliénation+ mentale 5: Mais iudépendamment que plusieurs d’entre He sont très ra- ‘res, cles proviennent souvent de l’aliénation mentale même ; telles sont da Nymphomantie ;le :Satyriasiss la danse dè St. IWeit, PRES ainsi que-laxcatalepsie.. sue h ect aise dar

Dans ‘beaucoup de cas, il serait difheile. dé: AL terminer avec justesse, querid ces affections-sontete résuitat. dé Ja foïe , set: quand elles: doiventiiêtae considérées comme actidéntelles ; il estcependant à -eroire que la zympomanie: et lelsatyriasis né ritent, presque toujours; «d’être pos conne

ed dans ia fohiesah. al; ::deneuget PT SENTE TI eN TA CIRE VER | ON IETS { Ë \ ] # #7 4 sméblctà hs - MST 429 + tt. hs à “ Au t % PRET FALSE) NES t | | LE BROSSE x * Ls ‘a 41 FASO TER s “ f A7 i EEE 61 rer: PRAN rit e a. 52 1 er ñ é : 167 ’ i LEO | LS 4 3e HR eDS'T {1 { 1h 1. FTMUE £ y. TA- } EUR

Page 1