‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénésChapitre 25 sur 39 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

Des Distractions.

L es fonctions de l’entendement sont étroitement enchainées entre elles. Il est impossible d’en étudier isolément une, sans y trouver des caractères qui appartiennent à l’action d’une autre opération intellectuelle, tellement elles sont inséparables les unes, des autres. Ce principe.est applicable aux moyens dont se compose la cure morale: il est rare qu'un ou plusieurs agens moraux bornent leur action à une seule faculté intellectuelles ils pré sentent un effet dominant, mais on les voit par= courir des séries d’autres opérations, soit morales, soit physiques, qui en compliquent le mode d'agir. C’est ainsi que les distractions se composent de sensations, d’ exercices du corps, de ju-

gement et d’autres facultés intellectuelles.

* Eloigner, diminuer l'idée erronée que laliéné produit dans son délire (1), voilà la première, et peut-être la plus essentielle indication curative mous 2 Hb: éoumumre 46! 1 rat Qu

(1) Lorry de melanchol. T, IT. pag. 59.

( 354 ) rale de la folie, Chaque idée dominante, dans

l’aliénation mentale, devient un stimulus nouveau qui affermit le malade dans son illusion.

Distractions par: des ‘exencices du Corps (1).

Les exercices du corps ne sont pas également propres à la cure de toute. atiénation mentale prise indistinctement; une condition générale est cependant nécessaire pour que tout exercice du corps soit utile: le centre des perceptions doit y diriger l'attention ; il. faut que l'individu sente, qu’il ait la conscience de ces actes, et agisse en vertu d’une telle impression. Si. ces conditions manquent, les, exercices se bornent à une utilité exclusivement hyglénique ;.et, c’est comme tels qu'on les emploie dans la démence et l’idiotie. Dans les diverses variétés de la. manie et de la monomanie, Ces agens sont de puissans moyens moraux, en même témps quil agissent sur le physique.

Gouvernées par le cerveau, les actions musculaires volontaires sont .dans une liaison intime avec les opérations de l’entendement. C’est par la volonté que les mouvemens locomoteurs se combinent. et s’indentifient avec la pensée.

. Chez les monomaniaques, tout est vigueur dans les

{1) J’envisage ici les exercices du corps comme moyens moraux et non comme physiques , puisque la

distraction fait la base de deux ellet curatif,

les opérations intellectuelles , et défaut d'action dans les muscles volontaires,

La violence des idées et des actions musculaires se trouve à des degrés extrêmes dans la manie.

Dans la démence, le système musculaire est in actif, ou offre des irrégularités bizarres, déterminées sans motif, sans liaison intellectuelle.

Dans l’Idiotie, la locomotion est nulle ou incomplète. |

Il résulte de ces remarques, que les mouvemens musculaires seront indiqués de préférence dans la monomanie. C’est en sollicitant Île travail d’une série plus ou moins :étendue de muscles, en appelant lesprit vital dans le tissu de ces organes, qu’on émousse lérétisme existant dans la pensée. Ce ne sont pas ici des mouvements sympathiques: le mécanisme locomoteur recoit directement son prin= cipe d'excitation, d’activité , du: cerveau même. Tout est en inaction chez la plupart des mélancoliques: qu’on excepte les idées produites dans Je délire, toutes les fonctions du corps sont en défaut; c'est au système Jocomoteur que cette remarque est même le plus applicable: on dirait que la vigueur de Porganisme est, dans cette espèce de folie, dépensée avec une sorte de profusion dans Vacte de penser. C'est par la distraction, que les exercices du corps deviennent des moyens curatifs par excellence. Les voyages, les jeux d’exercice, les travaux domestiques, le soin et la culture des jardins, Ja conduite des chevaux, les exercices sur J’eau, et bjen d’autres no sont effica-

ces

ces qu’autant qu'ils fixent l'attention de l’aliéné.

Indépendamment de la dibistoé qn elle apporte dans les idées , la locomotion influence encore fortement la circulation du sang. Elle favorise singulièrement la progression de ce fluide, et trouve de nombreuses indications, parrapport à cette influence, dans la monomanie. Nous savons combien le sang circule avec lenteur dans la mélancolie, et l’expérience a toujours demontré la grande utilité des exercices du corps dans cette affection mentale.

Le système vasculaire abdominal demande, plus que tout autre ordre de vaisseaux, l'emploi des exer= cices du corps. Déjà peu disposé, dans l’état naturel, À favoriser le cours du sang, le système de la veine-porte se trouve souvent, en état d'inertie dans les aliénations mentales. En rendant plus fortes, plus fréquentes, par l'exercice du corps, les contractions alternatives des muscles diaphragmatiques et abdominaux, les ‘viscères contenus dans l'abdomen reçoivent de continuelles secousses qui aident la progression du sang dans ces parties.

Comme elle anime tous nos tissus , la puissance nerveuse est susceptible de se concentrer dans un sysième organique. Cependant, toute vigueur superflue communiquée à une partie: quelconque, suppose une soustraction d’énergie dans d’autres organes. Nous venons de voir l’atonie et la. torpeur des vaisseaux sanguins et des muscles dans la monomanie: qu’on étudie encore les exhalations, les .sécrétions ainsi que les excrétions, On verra partout un:

dé-

défait d’action: l’exhalation dés suéurs, la sécrétion sébacée et muqueuse, celle de la bile, de l’urine sont considérablement diminuées dans cetté affection. La péau est sèche, aride; la constipation est opiniâtre ; l’excrétion des urines est rare; en un mot, toutes les fonctions y éprouvent ne soustraction considérable dans leur activité naturelle. C’est en de pareils éas que les exercices musculaires trouvent encore des indications précieuses: rien, en ‘effet, ne favorise tant les sueurs, l'expulsion de l’urine, l'évacuation des maticres fécales, que les mouvémens locomoteurs.

On peut, en grande partie, appliquer ce principe à la manie. Toujours, les exercices du corps sont d’un avantage inappréciable dans cetie affections mais c’est dans l'intervalle des accès, et dans la convalescenct, qu’on obtient le plus de suctès de ces moyens. L’utilité en est également constatée, quand il s'agit de procurer du sommeil et du repos; soüvent, l’un ou laütre exercice longtems soutenü, porté même à un degré de lassitude, amène le calme et la tranquillité chez ces malades. Les mêmes observations peuvent être faites à l’égard des monomaniaqués chez lesquels rien n’ést plus fréquent que linsomnie.

Dans la démence, on ne pourra jamais prolonger les exercices du corps jusqu’à Ja fatigue: ils doivent agir, dans cette affection, comme restaurateurs du ton des organes de l’entendement; la fatigue ñe scrait nullement salutaire là, où l'entretien 5e

nie R — "he-

éral. des fonctions est le seul effet qu’on soit en dppit d’en attendre.

. Dans l’idiotie , les exercices du corps seront sim plement employés comme moyens hygiéniques.

L’imperfection, ou, pour mieux dire la nullité des opérations intellectuelles, est telle ehez l’idiot, qu'aucun moyen connu n’est en état d'apporter la moindre amélioration dans l’état moral de cet individu. | Mr) |

En général, tout ce qui exerce le corps sera employé avec avantage dans la plûpart des maladies qui compliquent la folie, surtout dans, l’épzlepsie, ainsi que dans la paralysie. Il est permis, dans la première, de porter les exercices du corps jusqu’à la fatigue. |

Ï est inutile de dire que, dans des cas per on ne saurait assez redoubler de soins et de yigilance envers ces malades. Soit dans les promenades, soit dans les occupations auxquelles ils se livrent, on doit toujours pourvoir à leur sureté, en prévenant les suites fâcheuses des coups, des nu tes, ou des blessures qu'ils pourraient se faire, étant abandonnés à eux-mêmes. |

Il est à obseryer que Lexreise qui convient à un aliéné n’est pas propre à l’autre. Aux : person nes très irritables, il ne faut qu’une agitation douce et modérée; aux constitutions molles, lymphatiqnes, il faut, au contraire, des mouvemens plus rudes, qui seront même portés jusqu'à la fatigue. En général, l'exercice, sera proportionné aux forces du malade et à sa manière habituelle de vivre.

Avant

+ Avant de fin ces remarques’, 'je dois engore revenir sur une observation déjà faite en partie, à l’article enchainement des idées, et qui peut s’étendre à tout genre de distraction indistinctement. Il faut que, dans le changement que le médecin veut introduire dans les idées dominantes, la manière de vivre du malade soit lentement graduée et s’éloigne insensiblement de son rythme anormal « pau- « latim et non evidenter ab his quae stulte « dicuntur, ad meliora& mens aëdducenda, dit &« Celse (1)... Cette sentence est de la plus grande vérité. Où n'arrachera pas le mélancolique d’une solitude où il met toute sa jouissance. El faut lui faire oublier ses passions dominantes, tandis qu’on dirige , sur ses sens, des sensations nouvelles et variées, selon qu'il est disposé à les recevoir ou à les rejeter. Nul doute, en agissant autrement , que l’aliéné, privé d’un objet sur lequel se concentrent toutes ses facultés mentales et pour le- quel ilexiste exclusivement, ne voie avee douleur, éloigner de lui tout ce iqui caressait son imagination. Cela est tellement vrai que, du moment où ces malheureux s’apercoivent que tout ce qui les entoure ne tend qu’à les distraire, qu’à les mettre en révolte avec eux-mêmes, ils deviennent plus moroses, se méfient de leus gardiens, et empèchent bientôt tout progrès vers la guérison. |

Vo-

(1) Lib. LIL, Cap, 18.

Voyons maintenant comment ces considérations

nous mèneront aux divers exercices du corps étu-

diés en leur particulier. |

Voyages. Les voyages sont les moyens de distraction par excellence. Le principal but que l’on doit se proposer, dans ce genre d’exercice, c’est de choisir un pays, un endroit où le malade puisse être agréablement distrait, où les sites soient beaux, pittoresques et variés (1), où l'air soit pur, ni trop froid , ni trop chaud,

On prône exclusivement “Ÿ Jtalie ; les provinces méridionales de la France, la Sicile, et l'Andalouste.

C’est en Italie surtout, et en Sicile‘, que les an- &lais envoient leurs aliénés. Les belles provinces de notre Belgique offrent, sous le rapport de l’agrément, de la température ‘atmosphérique et des commodités de voyage, tout ce que l’on peut souhaïter. Les environs de Spa, d’Aïx-la- Chapelle, de Liége, de Bruxelles, et de Gand , ne laissent rien à désirer sous ce rapport. Une grande partie de la Hollande offre encore, dans la saison d'été, par ses sites agréables et ses différentes rivières, des variétés riombreuses. |

Les voyages aux eaux minérales sont des moyens de distraction non moins efficaces dans la folie. L’espérance que le malade met dans ce moyen nou-

veau s

(1) Lorry de Melanc. T, IL. pag. 65.

veau, la cessation de toute application, la dis traction à laquelle donne lieu le sentiment d’admiration qu’inspire la vue des champs et des prairies, le bien-être qui suit l’inspiration de l'air de la campagne, la nouveauté des objets, le mouvement qu'on se donne, la communication avec des sociétés variées, sont autant de distractions salutaires (1). |

Il ÿ à peu de pays, surtout en Europe, où l’on ne trouve des eaux minérales. Celles de Barèges (2), de Bagnères (5), de Bonnes (4), d’Aix-la-Chapelle (5), de Bâde en Suisse (6), de Loë- | | | 7 ‘VC

(1) Villermay. traité des maladies des nerfs, et article 4ypocondrie du dict. des sciences médic.

(2) Les eaux de Barèges sont sulfureuses, Leur ternpérature est de 30 à 40 degrés + o du Therm. Cent. Ces eaux agissent sur la peau et sont préférables dans la folie qui a pour cause des affections de ce système organique. |

(3) Leur température est de 30 à 62 Deg. Ttre. Centide, L’hydrogène sulfuré est le principe dominant de ces eaux. ŒElles.agissent sur la peau.

(4) Leur température est 26 à 927 + o du Ttre. Centide, et elles contiennent les mêmes principes que les eaux ‘de Barèges. Leur vertus sont égales à ces dernières,

: (5) Ces eaux méritent de Kà préférence par rapport aux distrattiôns que fournit la ville. Leur température ‘est’ de 36 à°7$ + o Ttre. Centde, elles sont sulfu- 1euses. |

(6) La température de ces eaux approche de celle

A de

( 25 ) ché (1), d’Enguien (2), et de Passy (3) près de Paris; cellés de Seltz, pres du Bas-Rhin :(4), de Sedlitz (6); de Top (6); de Wisbaden pres Dé-

de l’eau bouillante : ellés éontiéninent beaucoup de saz hydrogène sulfureux et de l'acide carbonique etc: Ses propriétés curatives sont comme les précédentes, |

(1) Elle ést à six lieues de Sion à droite du Rhône. Tempre. 44 à 51 deg. +:0 Tire, Centde. Elles contiennent du gaz hydrogène suliuré en grande proportion, et sont recommandées dans les maladies de la peau, dans le rhumatisme et dans l’arthrite chronique.

(2) La température de celte. eau est de 14 “à o Titre, Centide, Elle ,contient du gaz hydrog oène sulfuré etc.; cette eau est. particulièrement utile dans les engorgemens abdominaux.

(3) C’est une eau ferrugineuse, acidule ; froidé. … Di

(4) L’acide carbonique est le principe dofiñänt de cette eau. Sa température est celle dé l’éat froide. L'eau de Seltz se prend généraleñent en boisson. Elle est utile dans la débilité des solides: | (5) En Bohème. Ces eaux sont froides amères et salées. Prises à l’intérieur , elles sont utiles pour produite une légère püurgaton.”

(6) En Bohème. Cette, eau, contient du carbonate : du sulfate , du muriate de soude; du carbonate de.

chaux, de fer et de la Silice, Elle a Jes vertus curatives de celle de Sedhitz,

dé Mayence (1), de Spa (2) dans le Liégeois, de Dinan (3) en Bretagne, de Swalbach (4) en Franconie, de Cambridge (5), dé Harrowgate en Angleterre, de Ribas en Espagne, de Altwasser en Silicie sur les confins de la Pologne,et de Wicksberg en Suède sont les plus visitées.

La distraction et l’exercice du corps peuvent ici seulemeñt fixer notre attention. On a attribué des vertus médicamenteuses extraordinaires aux eaux minérales, $oit thermales, soit froides; il y a peu de maladies pour la guérison desquelles on ne les

ait

(1) La températüre da cette eau est de 60 + o deg. Ttre, Centide, Elle contient beaucoup de gaz hydrogène sulfuré. L'usage de ces eaux est celui des eaux sulfureuses en général. ES

(2) C’est une eau ferrugineuse acidule froide. Cette eau se prend ordinairement en boisson. ‘Elle peut être utile dans les obstructions Viscérales.

(3) La température de ces eanx est de 27 à 6o0+o Ttre. Centide, La saveur en est très salée. Leurs vertus sont celles des eaux sulfureuses.

(4) Ces eaux sont froides et contiennent du muriate de soude; du carbonate de chaux, de magnésie, de fer; du sulfate de chaux; quelques matières extractives; de l’acide carbonique et du gaz oxigène. Leur usage est intérieur.

(5) Les eaux de Cambridge contiennent de l’acide carbonique ; de l’hydrogène sulfuré ; du muriate & soude ; du carbonate de fer; du muriate de magnési et du sulfate de chaux.

ait proposées , et la folie n’a point été passée sous silence dans l’énumération des étonnantes guérisons qu’ont opérées ces eaux. Nous ne pouvons attribuer généralement les eflets salutaires qu'ont produits, dans l’aliénation mentale, les voyages aux eaux minérales À des vertus médicamenteuses particulières : la beauté du. ciel et l’extrème pureté del’air, en agissant sur le physique, et les distractions que le malade rencontre en ces endroits, en influençant son moral, nous paraissent particulièrement mériter l'attention des médecins.

Il y a des cas où l’aliénation és 3 estlenés sultat d’une maladie répercutée de la peau; alors, il est vrai, les eaux thermales deviennent de salutaires moyens auxiliaires puisqu'ils agissent sur la cause du mal. La gale surtout parait singulièrement propre à produire la folie lorsqu’elle est traitée par les répercussifs: dans des cas pareils, les eaux sulfureuses sont d’une efficacité reconnue.

La débilité des organes abdominaux , et notamment celle du système dela veine-porte entrent parfois comme cause , et parfois comme sympiôme dans la folie. Nous sommes portés à croire que les eaux. ferrugineuses, amères, et salées peuvent, comme dans les cas précédens, devenir des moyens auxiliaires. assez efficaces. On a particulièrement prôné, dans l’hypocondrie, les eaux de Carlsbad et de Eems.

Les eaux minérales froides conviennent généralement dans la folie avec débilité des solides.

En parlant des boissons, nous reviendrons sur l’u— sage interne des. eaux minérales,

Si lé voyage se fait sur l’eau, on donne au malade quelque emploi dans la direction du batiment. Si les forces sont bonnes, on le fait ramer, ou on le place au gouvernail; s’il est en voiture, rien de plus salutaire que de lui confier la conduite des chevaux, comme le remarque Sydenham (1). L'idée de péril qui s'attache à un pareil exereice fait avec négligence provoque attention du malade, et le force, malgré lui, à ‘perdre de vue, du moins pour le moment, l’ohjet de son délire.

Quant aux voitures, .on préfère celles qui sont ouvertes, comme les calèches, les cabriolets et d’au= tres en ce genre ete. On demande encore , pour les voyages, des chemins raboteux et inégaux , qui peuvent agir sur les sens, et sur l’esprit. Le printemps est la saison la plus convenable pour ces sortes d'exercices. Le ciel esteplus serein ;' les jours sont plus longs; et tout offre, à la vue, un coup d’œil attrayant. Il faut aussi que le malade soit accompagné d’une persanne qui ait la surveillance sur lui. Le choix de ce gardien, ou d’an autre compagnon de voyage, n’est pas du tout indifférent ; des amis, des hommes gais et instruits sont toujonxs à préférer.

Pour ce qui concerne les voyages sur mer, ils sont utiles, sous différens rapports: 1°. en affectant les organes .des sens, et en dirigeant les esprits vers une heureuse diversion; 2°% en déterminant

sur

(1) Op med. Cap. VIE

surtout chez ceux qui n?y sont pas habitués, des nausées et des évacuations alvines ; 3°. sous le rapport du doux exercice, et sous celui de la salübrité de l'air.

Il est inutile. d'bhaertot que les voyages sont ie de pouvoir être mis en usage dans toute es pèce de folie prise indistihctément, sans égard pour le caractère, on pour la cause du mal Il est évident qu'on n’exposeïa pas à cet exercice le maniaque furieux, ni celui qui exige beaucoup dé soins et de surveillänce. Le malade doit, phis ou moins, s’y plaites il faut ee soit docile et n’ait pas le désir de se soustraire à Ha vlan de ses gardiens, soit par ruse, soit par force. En général ; dans la convalescence, n’importe de quel le nature ait été l’altération de l'esprit, les voya ges sont d’une grande ressource. Les aliénés, à cette époque du mal; sont soie seusibles ; ils sont enclins aux émotions, surtout à la tristesse, et redoutent souvent l’éntrevue de leurs parens où de leurs. amis: rien, dans @es cas, n ’affermit plus I guérison; que. de RIAMERENS su pe les voyages. cet do vfde enverra in

C’est dans la monomanie que ce genre d’exercice est très utile. Il est, dans Fhypocondrie, dans la misanthropie, dans la monomanie érotique et chimérique, d’un secours inappréciable,

Dans la manie, l'emploi des voyages sera extrèmement limité. Si le malade n’est pas dans l’habitude de se livrer à de fortes extravagances, ou à des actions bruyantes et tumultueuses, ces exerci-

ecs

ces feront toujoufs salutaires, et d'autant plus qu’une peine morale aura déterminé cetté maladie, Malheureusement , ces mioyens d’uné efficacité si feconnue ne peuvent pas toujouÿs ètre fis en pratique, par un défaut de Fatal ou par un aütre obstacle, |

L'émploi dés voyages, dans la paf ainsi que dans Pidiotie, est puremeht hygiénique.

Promenades. En général; rien n’est plus mauvais, plus irrationnél que de tenir l’aliéné enfermé dans un appartement bien clos. C’est une pratique qui est contraire aux lois de l'hygiène, qui est également en opposition avec le but qu’on se propose dans le traitement moral de la, folie.

On doit autant que possible choisir, pour ce genre d’exercice, des lieux convenables. Les endroits où, se rassemble la multiinde,; et ceux où régne mRaprohné silence; seront évités. On fera Les promenades à l’aube du jour (1), lors de. la saison d'été; où au, printemps: à 5502 0 : |

- Jamais le soleil ne se laisse voir sous s 36 dehors le majestueux qu’à lPaube du jour. Le silence agréable et imposant, qu’on. trouve à la campagne produit; dans l’homme, des sentimens, difficilès: à décrire. Jamais, peut-être, son ame n’est plus satisfaite que lorsque la nature se présente, à lui, dans tout son état de simplicité : il ne peut fixer l’œil sur le mouvement ondulatoire d’un ruisseau ;

(1) Hipporate de Diaeta. Lib HE.

il ne peut’ eutendre [e chant des oiseaux, il ne peut promener les regards sur un lointain montagneux, ni voir la verdure, ses fleurs, les bosquets lés arbres qui parent les campagnes, sans qu’une inquiète agitation ne s'empare de son esprit. Cette impression est durable ; elle est aussi.un moyen de distraction des plus puissans. L’aliéné qu'on y expose est forcé d’y diriger son attention; ?son centre ‘intellectuel est forcé de raisonner sur des sensations externes, et ne perçoit point, pendant cet acte, les idées du délire. : On répète cet exercice; l’entendement se soumet à l'habitude ; l’attention devient toute extérieure; les idées du délire deviennent moins énergiques ,: moins fréquentes , à la ‘fin , nulles : Si aucune liaison des idées ne vient rappeler, au malade; la source de sa folie, sb tout le plan curatif est dirigé par un moraliste ha-

bile, il arrive plus d’une fois que le malade mar-

che, à pas rapides, vers sa guérison.

C’est dans ces sortes d’amusemens quel’homme, dont l'esprit est égaré, trouve les distractions les plus efficaces. Il y reçoit souvent, d’un ami fidèle, d’une personne chérie, les consolations les plus salutaires, qui sont fréquemment le premier pas: vers sûn rétablissement. Ÿ |

Les. promenades. sur Veau sont encore très eflicaces pour la cure des aliénations mentales. C’est : dans 'ees divertissemens qu’on peut avantageusement : rénnir dés sociétés amusantes; d’autant plus que le malade croit voir, dans ces distractions, un motif étranger à l'idée qu'il. & que tout ee qu'on

met

met en usage n’est fait LL le détomner de ses opinions. A l

Les diverses espèces d’aliénations mentales où ce moyen de distraction est employé, et celles où il ne convient pas d’en faire usage, sont les mèmes dont nous venons de parler à l’égard des voyages.

Equitation. depuis longtems l'équitation. a fait partie des préceptes hygiéniques. Les légères se= cousses que cet exercice communique au Cava= ler; lattention que celui-ci porte à la surveillance de son cheval; la distraction et le renouvellement d’air sont autant de conditions qui parlent .en faveur de ce moyen dans l’aliénation mentale; mais il faut, pour qu'il soit réellement salu= taire, que Île malade évite, dans ses courses, les endroits sombres où régne la monotonie; il faut encore qu’il soit en compagnie agréable.

On sent, par rapport au péril qui accompagne l'équitation, que l’usage de ce moyen quoique réellement efficace doit être fortement limité dans Valiénation mentale: quelques variétés de la monomanie, entre lesquelles figure comme la plus es< sentielle lhypocondrie, le réclament presque seules. PEL | si

Chasse. La distraction qui s’attache à la chasse est des plus puissantes; mais il faut que cet exercice soit bien ‘approprié au cas: quand le malade en veut à ses propres jours, rien ne serait plus imprudent que de lui donner en main des instrumens pour NUITS ses mauvais desseins.

Cette observation s'étend à toute sorte d’exercice,

ou

( 270 ) ou d'occupation, qui exige l'emploi d’un instrument dangereux quelconque. £ Jeux d'adresse. Les jeux, en général, ne conviennent, dans l’aliénation mentale, qu’autant qu’on est à même de provoquer l’attention et d’autres facultés de l'intelligence, La danse, la course, la paume, le volant, le billard, les boules, le petit mail méritent, entre nn grand nombre de jeux, la préférence. Ceux ou règne le calcul et une grande contention d’esprit sont rarement salutaires, et presque toujours nuisibles, Les jeux d’adresse seront spécialement indiqués chez les aliénés d’une condition supérieure, ou chez ceux qui n’ont point l’habitude du travail. Pour ce qui concerne les danses, les svalses sont très propres à distraire. Elles agissent sur une passion dont le rôle est d’une importance majeure dans l’économie animale. Les attitudes. attrayantes dans ce genre de danse, les licences, les attouche= mens fréquens, presque continuels (1), sont autant de puissances d'excitation, qui invitent au plaisir sentimental ou à fa volupté: d’un autre côté, l’activité que: ceite danse imprime à la circulation du sang, les excrétions et les sécrétions qu’elles favorise sont des conséquences qui doivent faire de cet exercice, un moyen précieux dans l’aliénation mentale. C'est par rapport aux sensations agréables que la danse procure quelle sera par= | | ti (1) Villermay Diet. des se, méd.

partieulièrement utile: dans lhypocondrie: on connait l’état de tristesse et d’abattement propre à ces malades. La danse n’est pas moins salutaire dans l’érotomante survenue à la suite d’une infidélité, ou par la perte d’un objet aimé. C’est par là qu’on mène souvent le malade à de nouveaux liens. A

Le billard, le volant, la paume, et la course conviennent, sous beaucoup de rapports, avec la danse: l'exercice du corps et la distraction en sont la base principale.

Horn a fait construire, dans Ja charité à Berlin, une charette qui peut contenir quatre aliénés. Elle est tirée par une trentaine d’autres aliénés, qui se remplacent à tour de rôle. Cet exercice se fait dans des allées du jardin. et sous la surveillance des gardiens de Pinstitut. On détermine, avec ponctualité, les routes par où la charette doit être conduite, et le plus grand ordre préside à ce mouvement. C’est un moyen de distraction très eflicace, au rapport de Horn.

Travail Le travail proprement dit, est indiqué dans presque tons les genres de folie. Dans la monomanie et la manie, il procure de salutaires distractions, et c’est dans l'intervalle des accès de cette dernière qu’il est le plus convenable d’en faire emploi, autant que la chose est possible. On ne portera pas le travail jusqu’à la fatigue: ïl est seulement nécessaire de produire des distractions, de provoquer des nuits tranquilles et le repos des fonctions,intellectuelles, ; Dans

Ja

la démence et l’idiotie’, l'usage de .ce moyen sera plus limité: le ravail modéré #ortifie et donne de la vigueur aux organes des sens dit \}Æ/ippocra= te (1). C’est sous ce rapport et sous celui: de: l'entretien des autres fonctions qu'il sera :unjque+

ment salutaire dans de pareils désordres de l’esprit.

… Les genres de travaux auxquels on pourrait às-

sujettir l’aliéné , sont nombreux. Je soin du jar e e. 3 . F * :

dinage, du ménage, des animaux domestiques,

principalement des chevaux , du bétail, et tout tra vail dur, ÿ tiennent le premier rang.

Reil donne trop d’extension à l'emploi des exer-

cices du corps; il propose les combats, les exer=

cices tumultueux en tout genre. Nous croyons

pouvoir dire que lé travail, plus où moins dur du la= bourage ou d’un autre en ce genre l’emporte, en.

efficacité, sur tous les autres exercices violens, com me la course, les combats. (Ces genres'de distrac= tiors sont plutôt pernicieux qu'utiles, par rapport aux passions violentes qu'ils suscitent.

. Un fermier écossais s’est donné un grand nôm

dans la cure des aliénations mentales. Il employait les

insensés à son service ; il les faisait travailler au la=

bourage, les attelait à la charrue, et. parvenait ainsi,

HN

qu’il a fait des cures réellement étonnantes.

(1) De vict, ration, in acutis.

à mener les plus furieux à la tranquillité. On dit

( 278 ) Distractions par le travail de l'esprit,

La section précédente nous a fourni des diswactions qui se composent d’actions musculaires , et d’impressions faites sur les sens externes: dans celle-ci nous aurons occasion d'observer un acte plus compliqué des fonctions intellectuelles.

L’occupation de l'esprit n’est pas un genre de distraction qu’on peut, avec le même espoir de succès, mettre en usage chez tous les aliénés. Ce moyen demande du goût et de la disposition. Soit qu'on emploie la musique pour flatter l'oreille, soit que l’aliéné lui-même s'applique à l’étude de cet art, il faut encore, pour en retirer des avantages marquans, du goût de la part du sujet. La peinture , les belles-lettres exigent également une certaine aptitude vers .ces sciences, jointe à une éducation préliminaire: sans ces conditions, tout ce qu'on met en usage est à pure perte.

Musique. Parmi les applications de l'esprit, dont se composent les beaux-arts et les belles-lettres, la musique occupe une place éminente. |

Cet art est utile, dans l’aliénation mentale, sous deux rapports: 1° exécuté par l'aliéné , 1 provoque une attention soutenue et produit, dans l’entendement, des combinaisons fort compliquées ; 2°, exécuté par nn autre, il envoie toujours à l'oreille une somme de sensations plus ou moins agréables. | |

Les anciens ont supérieurement bien connu l'empire de la musique sur le moral de l’homme, et

4 Y par-

(Ce)

partout eel art constituait un des premiers élémens dans l'éducation de leur jeunesse (1). Les émotions que donne la musique affectent singulièrement 'notre moral: tantôt elle nouüs conduit dans un doux recueillément; tantôt elle rious inspire des sentimens

de valeur et de courage; en d’autres cas, elle rend l'ame abattne ; elle va même jusqu’à provoquer des larmes ; en un mot, elle noûs affecté de ‘mille ma nières, qui sont encore différentes selon la constitution de celui sur lequel elle agit.

Ces effets divers indiquent les précautions que doit prendre le médecin qui adapte ce moyen à la cure des désordres de Pesprit. Dés hommes habiles peuvent, seuls, décidér de l’emploi d’un tel agent; car lorsque le choix n’en est pas applique au cas, la musique est non seulement de peu d’efficacité, mais elle pent encore devenir un moyen nuisible pour lPaliéné. À ce sujet, Frank (2) rapporte que le Doct. Herberski fut appellé pour un jeune homme aliéné d’origine et affecté périodiquement de manie, qui, chaque fois qu'il venait d’entendre les sons d’une musiqué quelconque, était pris d’accès furieux de manie, J'ai vu, dit Esqüirol , « des aliénés que la musique rendait furieux ; lun, & parceque les tons lui LE ag faux , Pañtre « parcequ'il 1x ouvait affreux qu'on s amusât autour « d’un ifortuné? |

$ (1) Plutarch. de Laconie, Lan à veste du ir

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(2) Prax. méd, univ. plooent. Part, 2 Vol. L

IH sérait irrationnel de faire üisage de toute espèce de musique mdistinctement, L'expérience a appris que celle composée d’un petit nombre d’instrumens ét qui porte des secomsses promptes, légè= res ét agréables est la plus convenable: telles sont lesmarches guerrières, les walzes, les danses villageoises ét d’autres en ce genre. Les aliénations mentales avec tristesse, l’hypocondrie, la misanthropie, Îa démonomanie réclameronit, plus que toute autre espèce de folie, l'usage de la musique. Les eflets en sont raïement salutsires, au rapport de quelques auteurs, quand l’aliénation mentale prend sa source dans une passion amoureuse,

La musique est un excellent moyen quand Îa folie est accompagnée de transports de fureur et de colère. Plusieurs auteurs rapportent, à cet effet, des cures étonnantes; Frank, entre autres, dit que, dans des cas pareils, il en a retiré les meilleurs eflets (1).

L'influence de la musique sera plas salutaire si le malade lui-même s'applique à cette science. Cette étude demande beaucoup d’adresse; une atteñtion vive ét soutenues du jugement, et de la mémoire; par conséquent des opérations très complexes de l’entendement.

Voici un cas où la musique a produit les plus salutäires effets; lamour était cependant la cause du mal, ét cette espèce de folie, comme je viens de

di-

(1) Prax, medic, Part, 2. Vol à.

die, ne parait que peu susceptible de recevoir l’application d’un pareil moyen. 6

Une demoiselle d’un tempérament très nerveux, jeune, jolie, et enjouée, va demeurer chez un de ses amis, pour lequel elle ne tarde pas d’avoir de l’inclination. Soudain, elle gagne un accès de manie; elle quitte la maison; elle extravagues elle parle beaucoup de son amour, et commet une foule d’absurdités. Reconduite chez elle, elle se place, de son propre mouvement, à son piano, instrument qu'elle aimait beaucoup. Les premiers. ions sont incohérens; mais en peu d’instans, elle observe la mesure, et suit rigoureusement les règles de la musique; et chose étonnante, dès ee moment même, on ne peut plus observer le moindre écart dans ses fonctions intellectuelles. Elle avait récupéré sa raison. Les mêmes accès ayant reparu plusieurs fois, toujours elle a retrouvé sa raison par les accords de cet instrument.

Après le chant ,le choix de l’instrument de musique ne sera pas du tout indifférent. Tous les instrumens à cordes me paraissent devoir convenir particulièrement. La harpe, la lyre, la guitare, la mandoline et le piano sont singulièrement propres, et plus que tout autre instrument, à susciter des émotions: Pythagore, en établissant les bases de cet art divin, pour calmer les transports de l'ame, eut recours à un instrument à cordes. La flûte, fa clarinette et la cornemuse, peuvent également convenir. Ce dernier instrument doit cependant ètre interdit chez les nostalgiques de l’Ecosse.

Cet-

Cette musique seule, peut faire renaître les douleurs que provoque, chez ces malades, l'impatience pénible de revoir le pays natal: il est généralement reconnu que les montagnards de l’Écosse recherchent cet instrument avec une sorte de volupté,

Spectacles. On a proposé, comme moyen de distraction, de faire jouer aux aliénés la comédie. Il parait même que cette pratique est en vogue dans quelques instituts pour aliénés en Allemagne. K/ose (1) veut que Faliéné ne remplisse aucun rôle qui ait des connexions avec le caractère de son délire. On ne peut concevoir comment, dans un hospice de fous, il est possible de venir à bout de la direction d’une troupe de comédiens de ce genre; on ne peut encore moins comprendre comment il est possible de faire jouer, par ces malades, une pièce quelconque. Il me semble que li prudence exige de permettre tout au plus, en quelques cas de folie, que le malade assiste, en spectateur, à des pièces choisies, et qu’il n’est nullement convenable de faire de ces malades, des artistes dramatiques. |

Le maniaque est exclu de cetie cure: elle ne peut convenir que dans quelques genres de monomanie et dans la convalescence.

Peinture, Architecture &c. On peut placer dans ce cadre la peinture, le dessin, larchi-

£ec-

(1) Beitr. S. 33.

tecture civile, militaire et maritime, la sculp-, ture, et la belle-écriture. |

Parmi tous les moyens qu En fe une application de lesprit, il ne s’en trouve pas de plus attachant que la peinture et la musique; car pour peu qu'on y réusisse, l'attrait en devient extrême, Les asyles des aliénés nous offrent tous l'influence de ‘ces deux sciences sur le moral: partout on Y. rencontre soit des peintres, soit des musiciens. :.

Le malade choisira de préférence dans la peinture le genre paysage et les marines. 1 exécution en est plus facile que celle des tableaux d'histoire ; aussi, l’imagination en recoit-elle une plus grande diversité d’impressions.

Cette distraction mène noGinelietsent à une aus ire: au moindre progrès que fait le peintre, il est pressé par le .besoin ‘de consulter la nature; son plus grand soin et toute sa jouissance neconsistent bientôt que dans les promenades faites à la campagne: Cest Là qu'un beau ciel, des groupes d’arbres, des sites romentiques, une vue pittoresque, le ton de coloris d’un objet quelconque, tout en excitant son attention, lui font perdre de vue l’idée dominante de son. délire.

Cet art n’est pas propre à, être mis en usage indistinctement dans toute espèce d’aliénation mentale: c’est aux différentes variétés de la monomanie qu'il est presque exclusivement applicable.

Je dois observer ici, et cette remarque est en partie applicable aux articles précédens, qu'il ne suffit pas d'indiquer ce moyen de distraction, en

tel

tel ou tel ças de folie, sans qu'on soit instruit de l’origine du. mal. On aurait beau soumettre à l'influence de la musique ou de la peinture, le mélancolique ;. le misantrope, le maniaque sans délire, si le mal a pris son origine dans une altération organique ; toujours la nature resterait sourde à nos. efforts. Que pourraient faire ces moyens si la folie était la suite d’un vice organique du cerveau, du foie, du tube alimentaire ou de tout autre organe? C est sur les causes morales que le psychologiste diriger a particulièrement ses vues: celles qui se caractérisent par des revers de fortune, des malheurs de toute espèce etc. réeiameront le plus A distractions dont ils agit. | La période du mal est encore une circonstance qui mérite d'être prise en considération. Toujours, on obtiendra le plus d'effet des distractions et de tout moyen moral dans le début de la maladie. Quand la folie est devenue ce que l’on appelle chronique, on a tout licu de eraindre que le moral, en influençant le physique, ait produit des altérations secondaires dans les tissus, aussi difficiles à guérir que la maladie primitive. Cependant, il n’en est pas, dans ces sortes de cas,. comme lorsque Paltération organique est la cause primitive du désordre mental: l'influence bienfaisante d’un, traitement moral sur le physique est assez bien constatée pour que nous aÿons la certitude qu’un , moyen moral mis en usage avec les précautions et les conditions nécessaires est encofe en état de guérir la fo-

er dE lie,

lie, quand celle-ci a déjà produit des dltérations de tissu Nous croyons avoir assez clairement démontré la désorganisation inflammatoire des membranes et des parenchymes organiques dans les cas de folie par cause morale; et l'expérience atteste également que de pareils cas ont plus d’une fois été guéris par des moyens moraux. Nous avons cité à à cet effet, la nostalgie; et nous sommes d’opinion que ces guérisons sont applicables à d’autres variétés de l’aliénation mentale, notamment dans ces circonstances où l’on peut satisfaire le malade par une passion, qu’il aime d’accomplir.

Il serait superflu d’entrer ‘ici en de plus longs détails à l’égard du dessin, de la belle-écriture, de l'architecture, et de la sculpture: les observations que je pourrais faire, à cet eflet, sont celes que nous venons de voir: l’attention et l’imagination jouent dans ces travaux, comme dans la peinture, le plus grand rôle, | |

Culture des sciences et bellesclettres. La culture des sciences est un moyen qui ne peut ètre négligé dans la cure morale des aliénations mentales. Il ÿ a, dans ces travaux de l'esprit, un désir, une passion qui parfois devient un puissant aiguillon pour éloigner le malade de son idée dominante. Mais l’emploi de tels moyens exige de la prudence: il pourrait avoir des ‘conséquences funestes, n’étant pas bien adapté au cas. Tissot (1)

(1) Sur la santé des gens de lettres.

Cr oams *

a surtout bien étudié les désordres nombreux dans lesquels nous entraine une contention d’esprit trop soutenue. Les maladies des gens de lettres, dit-il, «ont deux sources principales : les travaux « assidus de l’esprit, et le continuel repos de leur «corps:” joignez à cela, les écarts de régime, comme le défaut d'air: la négligence de prendre des nourritures suffisantes: les veilles; un goût trop décidé ti la solitude &c.

L'application de Pesprit ne donne des avantages réels que dans SA variétés de la monomanie : dans la manie, le désordre dans le développement des idées est tel que lattention, comme je l’ai déjà observé en d’autres endroits, est incapable de se soutenir sur un objet particulier. C’est encore avec une grande réserve qu’on doit avoir recours à l'étude dans la monomanie érotique, où le bon choix de ce moyen doit décider du succès de la cure de cette affection. À cet effet, on évitera toute lecture qui dispose à des passions fortes: telle est la poësie. C’est pour les mêmes motifs que la musique, Îles spectacles, la danse, la vue des tableaux et des images lascifs, demandent de si fortes précautions dans cette variété de monomanie.

Règle générale c’est que toute application de l'esprit qui roule sur la fortune, ou qui a des rapports avec le calcul, est indistinctement plus nuisible qu’utile dans toutes les espèces de folie. Les mathématiques, la logi gique, et la mé-

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