‹ Traité sur l'hydrocéphalie interneChapitre 1 sur 2 · PAR · texte numérisé non relu

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G. V li 0 L I K.

Mr. k. a. rudolphi a raison d’établir dans le discours, qu’il tint à l’Académie des Sciences de Berlin, que l’Hydrocéphalie interne est une des maladies intra-utérines les plus fréquentes, et qui se fait connaître différemment, selon l’époque à la quelle on l’observe (i). On pourrait ajouter, qu’elle se manifeste aussi de différentes manières, selon l’intensité de son début et la rapidité de ses progrès. Les deux exemples, qu’il a produits, ainsi qu’un embryon à peine de deux mois, que j’observai, prouvent, que cette maladie peut se développer de bonne heure dans le foetus.

L’existence si précoce d’une accumulation sereuse dans l’encephale a induit quelques physiologistes à émettre l’opinion, que d’autres ont changée en thèse générale, que l’hydrocephale n’est qu’un arrêt de développement du cerveau à sa première période de formation; c’est ainsi qu’ils lui assignent une place entre les vices congénitaux, que les Allemands nomment Hemmungs-bildungen. Je

0) Ueber dejt IVasserkopf vor der Geburt, dans les dlbhandlungen der KSnigUchen Akademie der Wissenschaftcn zu Berlin , eus dem Jahre 1824. Berlin 1826. 1V°. pag. 121 sq.

n’oserais contester la possibilité du fait, ni même son existence dans certains cas , et je comprends fort bien , que de cette manière peut se former un hydrocéphale général, auquel participent, soit dès l’origine, soit successivement, la moelle pinière et toute la colonne vertébrale. Je présume néanmoins, que cela n’aura lieu que dans quelques cas fort rares.

L’hydrocephale interne peut se produire chez l’homme à toute époque de la vie intra-utérine, et même à chaque période de sa vie foetale, tout aussi bien qu’aux époques plus avancées de sa vie. Je crois même avoir quelque raison de croire, qu’il peut être occasionné par des circonstances, qui ne dépendent que de ceux, auxquels il doit la vie. Les exemples ne manquent pas, que des parens ont engendré consécutivement des enfans, affectés tous de cette maladie du cerveau.

Je sens , qu’il est très difficile d’établir dans les cas , qui se présentent à mon esprit, que le père et non la mère soit la cause de la formation d’une trop grande quantité d’humeur dans le cerveau. Mais comme dans beaucoup d’autres questions scientifiques il est convenu d’admettre des preuves négatives, je crois aussi pouvoir m’en servir ici.

Ce n’est pas sans avoir obtenu les résultats les plus heureux, que j’ai souvent donné aux maris le conseil de s’abstenir des approches conjugales, aussitôt qu’ils seraient certains de la grossesse de leurs épouses. Le sujet que je traite, est trop délicat, pour que je puisse l’illustrer par des exemples tirés de ma pratique médicale. Je ne me permettrai pas d’autres details, et me bornerai à dire, que les cas, dans lesquels je me crus suffisamment autorisé à émettre l’opinion ci-dessus mentionnée, et à la faire suivre de mon conseil d’abstinence, se rapportent tous à des femmes, dans lesquelles, vu la largeur du bassin, la tête de l’enfant était descendue fort bas, et se trouvait exposée ainsi au contact médiat de l’organe masculin pendant la copulation.

Je n’aurai pas besoin de dire, qu’àprès cette cause, il y en a encore plusieurs , qui peuvent exciter le système vasculaire à une secrétion plus abondante de sérum dans le cerveau. Toutes neanmoins semblent avoir cela de commun, qu’elles produisent une disposition inflammatoire, qui se borne ou à la surface interne de l’un ou de l’autre des ventricules cérébraux, ou s’étend sur tous.

Lorsque j’occupais la place de professeur d’anatomie à l’Athenée Illustre

d’Am-

d’Amsterdam, j’ai été souvent à même d’observer la structure interne du cerveau chez des enfans, qui, venus au monde avec un hydrocéphale congénital, étaient morts tout de suité après la naissance, ou chez d’autres, qui avaient survécu quelque temps, et dont quelques ’ uns mêmé étaient parvenus à un âge assez avancé. Pour la plupart j’y trouvai des vestiges de pseudo-membranes, annonçant une inflammation antécédente.

Il parait que les limites, auxquelles se borne l’accumulation sereuse, sont formées à l’endroit où l’inflammation a été primitivement produite. Si une pseudo-membrane s’est formée, comme il arrive dans la plupart des cas lâ où le troisième ventricule passe dans l'aqueduc de sylvius, l’expansion se borne aux ventricules latéraux et au troisième. Si, au contraire, il y a communication libre entre le troisième et le quatrième ventricule, la sérosité passe dans celui-ci. Dans ce cas elle peut trouver un obstacle à son passage vers le canal vertébral; ou, si cette voye devient libre, elle peut s’épancher entre l’arachnoide et la pie-mère et former ainsi une combinaison de l’hydrorachis avec l'hydrocephale interne du cerveau. Par là se forme en général la tumeur sereuse de la colonne vertébrale (i).

Si l’hydropisie du cerveau ne s’étend pas à la moelle épinière, mais se borne aux cavités cérébrales, alors leur expansion s’augmente en proportion de la quantité d’humeur , qui s’y épanche. Si elle se restreint à un des ventricules latéraux, alors la sérosité peut ou dilater la cavité entière ou seulement une de ses parties. Je possède dans mon musée le crâne d’une jeune fille nubile, dont les facultés intellectuelles étaient peu développées. Un accident mit tout à coup fin à sa vie. Son crâne a du côté gauche, surtout vers la base, une

(i) Il ne sera pas nécessaire de dire, que je ne veux parler ici, que de l’hydropisie , qui affecte la structure interne d’un cerveau déjà plus ou moins parfait. Celle, qui se produit à la première période de la formation de l’homme et qui peut être consideiée comme cause de ces vices singuliers de conformation, qu’on avait autrefois l’habitude de comprendre sous la dénomination générale de monstres acéphales, n’appartient pas au sujet, que je me propose de traiter dans ce mémoire. Je renvoyé ceux, qui désirent en avoir quelque connaissance, à l’ouvrage de Geoffroy st. hilaire, ayant pour titre: Philosophie anatomique^ dans lequel ce savant développe les idées, qui lui sont propres à ce sujet.

J’invite mes lecteurs de faire valoir la même observation à l’égard d’autres vices du corps, qui accompagnent souvent l’hydocephale interne et doivent être attribués à un désordre de la force formatrice. Ils ne peuvent entrer dans mon plan. Mon fils en a receuilli plusieurs exemples dans son mémoire sur la cyclopie, publié dans le Tome V, des Nieuwe Ferhandelingen der eerste Klasse van het Koninkl. Nederl. Instituât van IFetensch. enz. , pag. 25 et suiv,

étendue plus grande que du coté droit, produite par une hydropisie circonscrite de la corne moyenne du ventricule gauche.

Si l'épanchement de la sérosité ne se borne pas à une seule partie, mais s’étend aux deux ventricules latéraux, ou, comme cela arrive le plus souvent, à ceux-ci et au troisième ventricule, alors l’expansion du crâne, qui suit celle du cerveau, s’étend aux os situés au dessus de l’occiput, tandis que l’os occipital n’augmente presque pas en grandeur. Par là la tête devient difforme.

Si au contraire toutes les quatre cavités se remplissent de sérosité et augmentent par là en étendue , alors tous les os suivent cette expansion et l’on acquiert ainsi un crâne, dont tous les diamètres sont trop grands, si l’on en excepte celui qui va du front à l’occiput, qui augmente le moins. Feu le Professeur e. sandifort a représenté un tel crâne (i). J’en possède un de la même grandeur, dont la forme et l’extérieur sont tellement réguliers, qu’à l’exception de la grandeur, on dirait qu’il a appartenu à un homme bien conformé, mais gigantesque. Pour faire voir la vraie grandeur de ce crâne, je donnerai ici les dimensions, qui me paraissent les plus remarquables.

Sa périphérie est o,ni66i.

Si l’on prend la mésure de la ligne, qui allant de la racine du nez passe le vertex jusqu’à la partie postérieure du grand trou occipital, on a o,m549.

La distance de l’un des méats auditifs à l’autre, mesurée de par le vertex, est o,m5io.

La distance de l’os frontal jusqu’à l’os occipital est o,ma29.

D’un os pariétal à l’autre o,mi96.

La hauteur du crâne du vertex jusqu’au bord antérieur du grand trou occipital est o,rai77.

Les dimensions du visage sont analogues à celles du crâne.

La distance de la racine du nez jusqu’au bord du menton est o,mi3i.

Le visage entre les os jugaux est large de o,mi44.

Il n’y pas d’os Wormiens ou d’os intersuturaux , à l’exception de quelques uns fort petits entre l’os occipital et les os pariétaux. L’homme , qui avec cet hydrocéphale a atteint l’âge de 32 ans, avait l’épine dorsale courbée; ses extré-

mi-

(D Exercitationes dcademicae , Ltijd. Bit. 1783 4°. Tab. IV.

mités inférieures pouvaient avec peine porter le poids de sa partie supérieure. Au reste il jouissait d’une bonne santé et de facultés intellectuelles assez développées.

Il est généralement connu que la sérosité peut aussi s’accumuler entre la dure mère et l’arachnoïde, par conséquent en dehors de la surface du cerveau, et qu’elle forme alors ce qu’on nomme l’hydropisie des membranes du cerveau. Il est môme possible, qu’elle s’épanche entre l'arachnoïde et la pie mère, ou, suivant l’opinion de quelques uns, qu’elle le fasse entre les deux lames de l’arachnoïde, qu’elle étend alors en forme de sac. — L’hydropisie cependant entre l’archnoïde et la dure mère sera probablement la plus commune.

Il n’y a pas de doute, que l’hydrorachis puisse se joindre à l’hydropisie des membranes du cerveau, ou en être le résultat, et qu’alors il se forme de la même manière que pour l’hydrocephale, une tumeur sereuse à l’épine dorsale. Mais comme l’hydropisie des membranes est elle même une maladie rare, il ne s’y joindra pas fréquemment une tumeur sereuse à l'épine dorsale.

Il serait à desirer sous plusieurs rapports, que durant la vie on pût distinguer l’hydropisie des membranes de l’hydrocephale. Von grüfe pense, qu’une fluctuation bien apparente à la surface de la tête, que la pellucidité des fontanelles, et une élévation lorsqu’on comprime une autre partie de la tête, peuvent être considérés comme signes de l’hydropisie des membranes; mais à tort. L’observation de p. frank, que le coma et la pesanteur d’esprit suivent l’épanchement sereux à la surface du cerveau, tandis que des affections spasmodiques et convulsives ont plutôt lieu, quand la sérosité se trouve dans le cerveau (i), paraît être d’une plus grande valeur.

Froriep attribue à gall le mérité, d’avoir démontré le premier contre l’assertion de walter , que de tels hydrocéphales n’acquierent jamais une très grande étendue (2). Je puis affirmer par expérience le contraire de ce que gall avance, mais je ne veux point passer sous silence, que l’étendue du crâne, prêtant un trop grand obstacle à l’accouchement, l’enfant est mort pendant la délivrance et

qu’ain-

CO v. buueergeu, dans le : Theoret. Prakt. Ilaudbuch der Chirurgie, du Dr. j. N. rust, Berlin und Wien 1833, 8°. 9 B p. 18'.

(a) Lé c. p. 123.

qu’ainsi il reste à savoir s’il aurait pu vivre après la naissance avec une telle disposition du cerveau.

Le cerveau ne montrait rien d'anormal quant à l’aspect extérieur. Sa grandeur est comme serait celle d’un enfant bien conformé, venu à terme, ‘et en proportion convenable avec le reste du corps. Si un tel sujet reste en vie, je suppose que le développement de sa tête sera comme celui d’un hydrocéphale interne simultané des quatres ventricules, et que par conséquent elle aura une forme régulière.

J’ai donné ci-dessus un exemple d’une pareille tête régulière d’un jeune homme, quia atteint l’âge de 32 ans, et qui pendant sa vie montra des facultés intellectuelles assez développées. L’accroissement régulier, qu’a même subi l’os occipital , ne laisse aucun doute que le quatrième ventricule n’ait aussi partagé l’expansion des trois autres.

Plus l’épanchement de la sérosité procède lentement, et plus la circonférence du crâne s’accroît avec lenteur, moins il y a de dangers pour la durée de la vie, et pour le développement et la fixité des facultés intellectuelles.

Je possède le squelette d’un homme , affecté d'hydrocephale et qui n’est mort qu’à sa soixantième année. Il a donné durant sa vie des preuves remarquables d’un esprit cultivé et d’une intelligence bien développée, qu'il avait voués, presque jusqu’au terme de sa vie, à l’éducation de la jeunesse.

Sa stature n’excédait pas i,m4. Sa charpente osseuse donnait des signes certains, qu’il avait été affecté, dans sa jeunesse, de rachitisme. L’ampleur de sa tête contraste singulièrement avec la petitesse de son corps. La circonférence du crâne est o,m6o2. La mesure du sommet de la tête depuis la racine du nez jusqu’au trou occipital, o,m445; la même mesure prise entre les deux trous auditifs est o,n’4o6. Le diamètre allant du front jusqu’à l’occiput est o, “203; la distance entre les deux tubérosités pariétales a o,mi77. La ligne perpendiculaire prise du sommet de la tête jusqu’au bord antérieur du grand trou occipital a o,mi44.

La face est en proportion convenable avec le crâne. Je mesure o,nT24 depuis la racine du nez jusqu’au bord du menton. La largeur de la face prise antérieurement à la hauteur des pommettes est o,mi3i.

Toute la forme du crâne est par conséquent assez régulière, malgré cette

énor-

énorme grandeur. L’examen du cerveau me montra, qu’il était analogue, quant à la circonférence , à l’étendue de la tête. Les quatre ventricules étaient distendus par une sérosité limpide, dont j’ai négligé de peser la quantité.

S’il est vrai que, malgré une telle condition du cerveau, les fonctions du corps et de l’ame peuvent rester intactes, il sera facile d’en déduire, que, quoique la forme de l’organe puisse changer d’une manière très distincte par l’épanchement de la sérosité dans ses ventricules, sa texture reste cependant la même et ne subit d’autres changemens, que ceux, qui dépendent de la situation relative de ses parties, qui sans contredit ne peut rester la même.

Il paraît que gall a observé le premier, que les circonvolutions cérébrales forment deux couches particulières, qui se touchent dans la ligne médiane de chaque prolongement ou circonvolution, et sont légèrement agglutinées l'une à l’autre, par le moyen d’un nevrilème muqueux, ou d’un tissu cellulaire très fin. Ensuite il a montré par des préparations anatomiques, de quelle manière on peut déployer ces substances pliées ensemble, et comment on peut en former une lame étendue, dans laquelle la relation de la substance grise et blanche reste la même (i).

Cette doctrine a été niée par d’autres et a même été contredite; il paraît cependant, qu’elle est dérivée de la nature et que pour cela elle restera immuable. En effet, si l’on considère la manière, dont les circonvolutions du cerveau se deployent, à fur et à mesure que la sérosité s’accrôit et qu’elle les pousse en dehors, par la pression qu’elle exerce sur leur surface interne, l’on se persuade aisément de la vérité de l’opinion émise par gall.

F. j. hunauld a déjà observé ce phénomène, il y a un siècle, dans toute sa clarté. Parlant de l’hydrocephale chez un enfant de 7 ou 8 ans, il dit de la condition du cerveau: „ L’effet que l’eau, contenue dans les ventricules, avait pro- „duit sur la substance du cerveau, ne mérite pas moins d’attention. Les parois „des ventricules sont, dans l’état naturel, appliquées les unes sur les autres, et „ne laissent pas de cavité sensible. Dans cet hydrocéphale les parois s’étaient „ écartées, pour contenir plus d’une chopine d’eau. Il fallait donc que la sub-

stan-

(O Anatomie et Physiologie du Système nerveux en Général et du Cerveau en Particulier , par f. j. gall et g. .spurziieim. Paris 1810, in Piano, pag. 210 , 212 et 213.

„ stance corticale qui était placée sur ces ventricules distendus, et qui était appliquée contre le crâne, eût beaucoup plus d’étendue, qu'elle n’en devait avoir; „ aussi pour acquérir cette étendue, elle n'était point disposée en forme de cir- „ consolations. Au lieu de se replier en dedans pour former des circonvolutions, ,, elle ne faisait qu’un plan uni qui avait apparemment l’étendue, que devaient „ avoir les circonvolutions développées. La substance médullaire formait un second plan mince appliqué sous le premier: on sent la raison de cette disposition. La pie-mère n’ayant point, comme à l’ordinaire, des circonvolutions „du cerveau à suivre, formait aussi elle même un plan sur la substance cor- „ ticale.” (i).

Il paraît que l’idée n’est pas venue à hunauld de donner un dessin de cette disposition du cerveau, qui semble même n’avoir pas été inconnue & vesalius (2). Aussi n’est-il pas démontré, qu’il ait eu la même opinion, que celle publiée plus tard par call, sur la manière, dont se forment originairement les circonvolutions du cerveau. Mais quoiqu’il en soit, il est bien avéré que gall n’est pas r sté en défaut pour illustrer son opinion, par une démonstration de ce qui se fait d ns l’hydroccpbale (3). Il est seulement à regretter que les exemples, dont il s’est servi, ne soient pas plus satisfaisants.

Après lui, cruveilhier a donné la figure de l’encephale d’un enfant de 9! mois, mort avec un hydrocéphale très étendu. Mais chez lui on ne trouve même pas l’indication de la disposition des hémisphères, distendus par l’hydrocephale interne. Car n’ayant pas eu soin d’ouvrir la tête avec les précautions nécessaires, la surface supérieure du cerveau a du se fendre, après quoi une grande quantité de la matière cérébrale a du s’évacuer en même temps que l’humeur, y contenue.

Si l’on avait tenté l’ouverture du crâne sous l’eau, cruveilhier n’aurait probablement pas été conduit à admettre la singulière opinion, que l’hy-

dro-

fi) Recherches sur les causes de la structure singulière qu’on rencontre quelquefois dans differentes parties du corps humain, par m. hunauld, dans: Histoire de l'Academie Royale des Sciences , Année 1740. Paris 1742, 40. p. 375.

00 Andrrae vesalii Opéra omnia Anatomica et Chirurgical Lugduni Bacavorum t 1725. Folio. Tom I. pa?. 1 6 in fine.

(3) Tab. XXV et LV, fig. 3 , de son Atlas.

dropisie de . la tête peut avoir lieu avec défaut d’une grande partie du cerveau (l). ,11 >8 ' ’l ' -iO

Des circonstances heureuses me permettant de remplir cette lacune*. je ne

crois pas faire un travail inutile, entonnant le dessin de la forme, qu’acquièrent les circonvolutions cérébrales , lorsqu’elles sont distendues par une force agissant d’une manière égale sur tous les points, et si par là elles sont déployées en une lame mince, dont l’extérieur est assez analogue à la surface, que montre l’encephale à sa première origine. J’ai choisi pour jcela deux exemples , dont j’ai fait la dissection dans l’année 1812, l’un d’un enfant de 5 à 6 mois, l’autre d’un jeune homme de vingt ans. Comme j’ai représenté les crânes avec le cerveau, qui y est contenu, à la grandeur naturelle, je crois pouvoir me passer de leur mesurage.

J’observe par rapport au crâne de l’enfant , que , par sa distension et la

grande collection de sérosité , qui s’y trouve , les lames orbitales ont été fortement déprimées, ce qui a fait disparaître tout à fait les bords supérieurs des orbites , qui forment un plan convexe avec les parties frontales. Meckel a déjà fait la même observation dans un hydrocéphale moins intense. Je me servirai de ses paroles; „même dans des cas d’hydrocephâle peu développé, la partie orbitale de l’os frontal est considérablement déprimée; par conséquent le diamètre „ longitudinal de l’orbite se diminue de beaucoup, le bord supérieur devient bien „plus proéminent, que cela n’est dans les formes ordinaires de la nature; l’arcade „ sourcilière disparaît ; les parties frontale et orbitale passent sans interruption l’une „dans l’autre, et celle-ci ne perd pas seulement sa surface concave, mais devient „même convexe” (2).

Cependant il ne faut appliquer ces paroles de meckel qu’aux têtes d’enfans, qui dès leur naissance ont été affectés d’hydroccphale interne.

Par le concours de toutes ces circonstances, les yeux prennent en même temps une direction toute particulière, leurs axes se poussant vers le sommet de la tête. Ruijsch a représenté cette disposition charactéristique des yeux chez un foetus de six à sept mois (3).

Je

(1) Anatomie Pathologique du corps humain , par j. cruveilhier, Paris 1829—1835, folio. Tom I. 15. Livr. PI. 4, pag. 3. Observation d’ hydrocéphalie avec disparition de la plus grande partie du cerveau et intégrité du cervelet, de la protubérance et de la moelle.

CD Handh. der Pathol. Anat . von j. F. meckel, i B. p. 284. Leipzig 18x2. 8°.

C3) F» ruijsch, Thésaurus Anatomicus secundus , Tab. III. Anistelodami 1702. 4°.

Je n’ai rien à ajouter sur les autres parties de ce crâne d’enfant, si ce n’est, qu’entre l’os occipital et les deux os pariétaux se sont formés beaucoup de noyaux osseux dans le cartilage interstitiel, dont quelques uns se montrent aussi dans la grande fontanelle. Après avoir enlevé la partie gauche du crâne en même temps que la dure-mère avec beaucoup de soin sous l’eau, l’expansion membraniforme de l’hémisphère cérébral m’apparût, faisant voir dans sa partie interne la sérosité, dont la fluctuation pouvait être appréciée à cause de la transparence du cerveau. Il y avait encore quelque restes de circonvolutions à la partie antérieure et postérieure, mais déjà tellement déployées , que les plis primitifs n’étaient guère plus visibles (i).

J’avais eu l’occasion, au commencement de la même année, d’examiner l’hydrocephale d’un jeune homme, sans cela bien constitué, d’une stature médiocre, de force musculaire bien développée, et d’une intelligence assez élevée. Il était mort à l’âge de vingt ans.

Comme j’ai remarqué , que dans son cerveau les circonvolutions s’etaient dépliées, de la même manière, que dans celui de l’enfant, j’ai cru qu’il n’était pas nécessaire de donner le dessin de la structure interne du cerveau chez l’enfant. Je me bornerai ainsi à représenter celui du jeune homme.

Comme toujours, lorsque les quatre ventricules ne participent pas également à l’epanchement sereux, l’expansion ne s’étendait pas régulièrement des deux côtés; l’un étoit bien plus grand que l'autre, de sorte que l’hémisphère gauche était bien de la moitié plus ample que le côté droit. Cette différence remarquable paraissait déjà à l’extérieur, et devint évidente après que la partie supérieure de la boîte cérébrale eût été enlevée de la dure-mère. On pouvait aussi se rendre compte alors de la différence d’épaisseur entre les parties droite et gauche (2).

Ayant séparé la dure-mère de l’hémisphère, qui était le plus distendu, sa surface se montra sous le même aspect, que celle du cerveau de l’enfant mentionné ci dessus. Au lieu des circonvolutions naturelles il s’y montrait une lame convexe d’une couleur cendrée, n’offrant que par-ci par-là des restes de plis primitifs.

Désirant connaître l’état intérieur de cet encephale , je commençai par denuder

aus-

CO V. Planche I.

Ca) V. Planche II.

aussi l’autre hémisphère, qui était bien moins distendu, et je coupai alors le long des bords osseux autant de la membrane cerebrale qu’il fallait pour bien faire voir l’intérieur. Je laissai à la partie postérieure une partie des circonvolutions cérébrales intacte.

Si l’on veut se donner la peine d’examiner avec attention cette section transversale du cerveau, on remarquera au premier abord, que la sérosité, qui a été contenue dans les trois ventricules, a poussé devant elle les circonvolutions formées de matière grise et blanche, et qu’elle en a formé à la fin une expansion régulière , dans laquelle , quelle que soit sa ténuité , se montrent très distinctement la matière grise et blanche. Je ne conçois pas qu’après une telle observation, on puisse conserver quelque doute sur la possibilité que les circonvolutions cérébrales se déployent, et sur la manière, dont cela se fait dans l’hydrocephale interne. Jetant encore un coup d’oeil sur la structure interne du cerveau, nous y trouverons bien un grand changement dans la position relative des parties , mais leur destruction ne se montrera nulle part. Comme corps hétérogène et comme reste d’une inflammation précédente, de la quelle il faudra probablement déduire l’origine de toute cette accumulation serense, s’offre une large pseudo-membrane, qui recouvre presque entièrement le troisième ventricule , s’unissant la surface interne des lobes antérieurs par deux brides (i). Ensuite l’on trouve dans un parfait état d’intégrité la commissure antérieure du cerveau (2), h troisième ventricule (3), les corps striés (4), les couches optiques (5), les plexus choroïdiens (6).

Quelle que soit ainsi l’opinion d’auteurs anciens et modernes sur la dissolution, que le cerveau subirait par l’hydrocephale interne, l’anatomie de nos jours a suffisamment démontré, qu’elle est erronée, en prouvant aussi, que des hommes, affectés de cette maladie, peuvent, si elle s’arrête â un certain dégrè, atteindre non seulement un âge avancé , mais que , quant au moral , ils ne sont pas même inférieurs â beaucoup de leurs contemporains.

CO PI. III , c, c, c, c.

(2) pi. 111, a.

(3) PI. III, e.

CO Pi. III, A f.

C5) PI. III,*, ff.

(6) PI. III, h, h.

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