‹ Traité sur l'usage et les effets des vins dan les maladies dangereuses et mortelles et sur la falsification de cette boissonChapitre 69 sur 105 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

adniinislrer ces vins à trop fortes doses ; il ne faut meme d’abord les faire prendre aux malades que par cuillerées a tlie ou à soupe : car il existe souvent dans l’estomac une si grande irritabilité que le malade ne peut supporter une cuillere'e entière de Madère ou de Malaga a la fois , et qu’il le rend aussitôt qu’il l’a pris. C’est pourquoi il ne faut, dans le commencement , donner ces vins que par demi- cuillere'es à tbe' ou par cuillerée entière, toutes les deux heures, jusqu’à ce que cette irritabilité de l’estomac soit apaisée, et que les vins puissent être plus facilement supportés et assimilés ; l’on pourra ensuite augmenter les doses. Souvent les vomissemens spasmodiques ont cessé après que le malade avait pris seulement quelques doses de ce vin.

6.^ Dans l’asthme périodique ou spastique, lorsqu’il peut être reconnu pour une maladie purement nerveuse ou spasmodique des poumons ; que le pouls est petit et inconstant ; lorsque dans l’accès les extrémités sont froides , et que cette maladie n’est point due à la pléthore; surtout, lorsqu’elle attaque des individus que Stoerck décrit de la manière suivante ; Subjecta, quorum systema nerçosum debile nimis aut bmitabile est:, con~ sequenter spasmis laborant, sœpius hoc morbo ajjîiguntur, His plerumque collum ita constringitur ^ ut aer inclusus globum quasi for-

DES VINS d’espagne, eic. io5

mare videatiir, qui respirationem molestam et anæiain reddit.

Dans ce cas il faut , outre Tüsage des medicaniens approprie's, ordonner au malade des vins gene'reux et spiritueux ; et il n’y en a pas de plus convenable que le vieux vin de Malaga ou celui de Madère. Par son action sur les propriétés vitales des poumons , il fait cesser les contractions spasmodiques des nerfs ; il ramène dans ces organes les forces et la chaleur; la peau s’humecte, et les urines passent plus librement.

Dans cette affection spasmodique des organes de la respiration, il faut donner les vins de Malaga ou de Madère à fortes doses, si l’on veut en obtenir des effets salutaires. Que le malade en prenne , avant ou pendant l’accès , deux gobelets à la fois. Outre cela nous lui conseillons de faire usage de ces memes vins de Malaga ou de Madère comme vin de table, en renonçant entièrement à la bière et de ne boire hors les repas, pour étancher sa soif, que de l’eau ou' une légère infusion de houblon mélée avec du vin de Madère.

6,^ Dans la convalescence des affections goutteuses , tant aiguës que chroniques , s’il subsiste une faiblesse accompagnée d’une atonie habituelle de festomac, de défaut d’appétit, et de paralysie de quelques parties du corps , fusage du Madère est un remède souverain. On l’ordonnera, à dîner et à

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