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cette colonie dont la politique particulière ne sçauroient être indépendante de la politique de la Mère Patrie, il n'y aura plus de tranquillité pour l'administration ni de sécurité pour l’administrateur mais un changement continuel d’hommes et de choses et malgré tous les changemens d'hommes et de choses, toujours des fautes et toujours des erreurs ! Je le dis donc avec une profonde conviction de cœur, un pareil étât de choses ne peut se maintenir les torts imaginaires de Lord Aylmer envers Mr. Papineau n’excusent pas l’opposition qu'il fait, lui et ses partisans aux mesures politiques du gouvernement lors-
uelies ont reçu la sanction des ministres, et d'ailleurs il n’est jamais permis de faire une opposition publique de ses ressentiments personnels. En général on ne voit la cause des maux que dans les hommes et leurs erreurs : il faut la voir surtout dans les choses et leur irrésistible influence et l’on se sent alors disposé envers les hommes à plus de justice ou d’indulgence. Je sçais qu?aux yeux des hommes passionnés qui ne voient d'indépendance que dans la révolte, de fermeté que dans l’injure, de force d'âme que dans la vengeance, justice ou indulgence envers un gouverneur passe pour de la servilité et qu’ils ne manquent Jamais d'y chercher des motifs d'ambition ou l'intérer, même de supposer le bienfait, pour faire croire à la reconnoïissance. On doit s’attendre à ces injustices même quand on est sans ambition et qu’on n’à jamais rien demandé, et l’on en trouve le dédomagement dans la satisfaction d'avoir rempli un devoir.
Mais de toutes les attaques que les patriotes du jour, dirigent contre le gouvernement, la plus dangereuse et celle qui découvre mieux leurs desseins est la guerre opiniâtre qu’ils font indirectement à la religion. Cette affection publique de la masse canadienne est peut-être le seul ancre qui puisse retenir le vaisseau de l’étât colonial si Jamais la tempête devenoit violente. Ainsi les Journaux attaquent la religion dans ses ministres comme le gouvernement dans ses officiers, et toujours en protestant de leur respect pour le culte qu’ils veulent épurer, et de l’administration qu'ils veulent servir ; et comme il faut des noms pour personnifier Pinjure, on prêtera au gonvernement colonial le nom de Bureaucratisme et on appellera la religion du nom de Sulpicianisme &c. &c., et ces mots deviendront des signe:.x de haine et de persécution. Avec des mots on pervertira la raison des Canadiens, avec des écrit: on
ervertira leurs mœurs, on répendra d’obseènes impiétés dans les papiers publiques, et ces Journaux on les fera circuler dans les écoles et les chaumières ; on les donnera à l’ignorance de l’âge, à la foiblesse du sexe, à la grossierté de la condition, on les livrera au Peuple pour corrompre son cœur et égarer son esprit ; on les lui donnera comme le libertin prête ou donne de mauvais livres à la jeune personne qu’il veut séduire et ce ne sera pas par spéculation d’argent ou par débauche d'esprit, ce sera par calcul politique, comme instrument de révolution, et moyen de recrutement : combinaison infernale exploitée par des Brandons de discorde, dernier dégré de corruption, employé dans notre colonie, mis
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au jour dans notre siècle et vis-avis un peuple enfant ! . " , , , ,
Ils seroient bien déplorables ceux qui n’en seroient pas honteux pour leurs compatriotes, in-
quiets pour eux même, et alarmés pour leurs enfans !!!
On concevroit l’avantage des journaux politiques dans un gouvernement absolu ou le pouvoir est sans contrepoids, l'administration sans responsabilité et le peuple sans réprésentation, mais dans une colonie comme celleci, où près de cent citoyens supposés pris dans les rangs lesplus honorables de la société partent tous les ans, de tous les points de la province, pour se réunir sous les yeux de l’autorité, exposer tous les besoins, faire entendre toutes les réclamations, acceuillir toutes les plaintes que les plus obscures de leurs concitoyens ont le droit de leur addresser et porter tous les griefs à la connoïissance de lautorité, quel besoin ont-ils de Journaux politiques pour voir entendre ou parler? Et des écrivains qui n’ont ni l'autorité de l’âge, ni celle de l’expérience, ni la connoissance que donne la pratique des affaires, entrainés dans les tourbillons des Villes de Montréal et de Québec, au mulien de toutes les rumeurs, de toutes les distractions, et de tous les plaisirs, ont-ils la prétention de connoitre ce qu'ils appellent l'opinion publique mieux que les Conseillers Législatifs ou Îles membres de la Chambre d’Assemblée? Et si l'on dit que Îles journaux éclaireront et dirigeront les délibérations des Chambres, ne peut-on pas demander qui est ce qui éclairera et diri-
gera la rédaction des journaux! Et quelles lumières, quelle direction, les Chambres pourraient-elles recevoir de journaux opposés, contradictoires, fussent-ils redigés avec le même talent, et qui tous donnent leur opinion particulière pour l’opinion publique ?
Aussi l'influence des journaux sur les grandes
mesures politiques est à peu près nulle ; l’ha-
bille Angleterre qui proclame partout le bien-
fait de la liberté de la presse, punit sévèrement
même discrétionnairement, les libelles quelle ne
caractérise que par l’arrêt qui les condamne, et
traite chez elle les journanx politiques avec une
indifférence voisine du mépris. Elle n’a garde
de les consulter sur les résolutions de son Ca-
binet, et lorsqu'on a vu leur impuissance dans la cause des Grecs, et même dans celle des catho- P
liques d’Irlande, dont assurément ils n’ont pas
| hâté le tardif et équivoque succès ; on se de-
| mande a quoi ils sont bons et quels succès peut
| en tirer la société ? En France l'honorable courage de qu:lques journaux dans les jours de la P
terreur *évolutionnaire consolait les victimes par
l'espoir d'un changement prochain et leur sem-
blait une vengeance, mais au fonds qu’ont ils em-
pêché? Et les journaux qui justifioient les er-
reurs des Robespierre et des Marat, n’ont-ils
pas eu une toute autre influence que ceux qui se hasardoient à les combattre.
Disons le donc, les journanx politiques ne procurent pas plus d'avantages aux particuliers qu’au public, ils n’empêchent aucuns des nombreux attentats qui sc commettent contre l’hon-
\ Jurraitraalent,
lière
andes l'habienment le ne ane, et 2C ne arde è Caans la cathoont Fas se deès peut ble cours de la mes par ur semt ils emt les ern’ont-ils 1X qui se
iques ne rticuliers les nom rc l’hon-
veur, la vie, les propriétés des particuliers, et trop souvent ils y ajoutent les medisances, les calomuies, la diffamation, et dans un gouvernement où tous sont admissibles aux émplois, ils servent merveilleusement l'ambition des représentants du Peuple. On veut que les journaux protégent les particuliers contre des abus d’autorité, mais de bonne foi, sont-ils si fréquens ces abus d’autorité, et surtout pendant cette administration ont-ils jamais été assez graves pour qu'il ait fallu les combattre avec un instrument aussi meutrier que la Presse ! * ki * * L * Paroissez sur la sçene auteur de tous les troubles qui agitez notre pauvre pays, . . . .- Montrez vous partisans de ce complot inique, . . . . . . Déchirez votre masque, Editeurs à principes vendus, infâmes dédracteurs du Trône et de l’Antel. .... . Comparaissez tous à la barre de l’opinion publique et répondez. . . .... .. Combien d’accusations n'avez vous pas intentés contre des Fonctionnaires publics ? . . . De quoi n’avez vous pas accusé les ministres du culte sur ia foi de dénonciateurs qui restoient toujours sous le voile de l'anonyme ? . . L’Apôtre de la religion sainte n’a-t-il pas été arraché de sa chaire et traduit au tribunal de (a Minerve ? . . . Avez vous respecté le caractère sacré du vénérable pasteur de St Martin quand il a dévoilé les mensonges des affidés de la même feuille ? . . . .. Et ces partisans d’écrasez l’infâme, qui auroit voulu les suivre dans le dédale de leurs assertions furibondes et calomnieuses, quand ils ont fait assault sur des hommes dont la bienfaisance, la
o pa
respectabilité, et l’austérité de Ia vie étonnent, font taire, et confondent le sectateur même !!! +... .. Puis des chrétiens, des catholiques ont osé déverser l’injure la plus basse sur les membres d’une communauté dont le nom seul commande le respect. . . . . . . La Minerve a attaqué les vénérables Messieurs Sulpiciens de Montréal, mais les traits quelle a voulu décocher sont retombés sur ses éditeurs et ceux qui soutiennent ses trop déplorables principes . . . . . . Ils n’ont pas craint de scruter jusques dans la vie privée du citoyen honnête, de l’homme loyal et où sont les accusations qu'ils ont prouvées ? ....... Les administrations Européennes pêchent par mollesse plutôt que par violence, et le peuple seul du Bas-Canada, auroit-il comme le gouvernement de Constantinople, le triste privilège de faire de ses mandataires, autant de EMEANBT où + 50 +0
Dans l'immense carrière du mal, l’action de la presse politique est sans limites de temps ni de lieu ; elle parle partout à toute heure et dans tous les temps ; elle s’adresse aux passions, et toutes les passions lui répondent et elle parle sans être contredite : car ceux qui lisent la Minerve ne regardent pas L’Ami du Peuple, “ L’anarchiste redoute les leçons de celui qui prescrit l’ordre et ordonne la soumission. L'irréligicux n'aime pas à lire son anathème lors même que tracé par la religion, elle épure son culte et venge son ministre.” Les journaux politiques lus comme ils sont composés, sans réflexion, avec précipitation, lus et composés comme une tâche jour-
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nalière qui doit paraitre deux ou trois fois par semaine, à heure fixe, sous le même format tou: jours rempli, tuent toutes les habitudes graves et sérieuses de l'esprit, qui ne peut s’arrêter à rien, et s’use à recevoir des impressions si fugitives, continuellement effacées par cette succession rapide de raisonnemens contradictoires, de faits incertains, de conjectures hazardées, avancées un jour, démenties unautre, qui peuvent amuser un moment les gens oisifs, mais n’offrent aucune instruction solide aux humme sensés. ‘“ L’homme que ne lit jamais un journal politique, écrivoit le Président des Etats Unis, est plus instruit que celui qui en lit, parceque celui qui ne sçait rien est plus près de lavérité que celui dont l'esprit est rempli de mensonges et d'erreurs. . . Il est une triste vérité c’est que la suppression de la liberté de la Presse, continue le même auteur, ne prive pas plus le peuple des avantages qui en peuvent résulter, que ne le fait la perversité avec la quelle on l’emploie à propager les faussetés.”
Tant que la presse n’a été que domestique, occupée de choses ou de sciences qui font l’entretien ou l’amusement du particulier, elle a pu être livrée aux spéculations particulières, comme toute autre profession privée, mais lorsqu'elle est devenue politique, le gouvernement, tuteur naturel de tous les intérêts publics, a du la considérer comme une profession publique dont la direction et la surveillance devoient lui appartenir et non comme le partimoine d’une famille ou la propriété d’un particulier, et si le journaliste est obligé de souffrir la critique particulière, pourquoi ne serait-il pas soumis à la censure publique.
L’historien d'Angleterre a fait un aveu qui de: vroit toujours être présent à l'esprit des Législateurs dans tontes les matières ou les intérêts publics et les intérêts privés se trouvent en contact eten conflit. ‘ Depuis notre dernière révolution, dit Mr. Hume, les intérêts privés sont mieux défendus mais les intérêts publics sont moins assurés.” C'est ainsi que dans le Bas Canada, l’on oppose les intérêts privés des journalistes, des imprimeurs, de leurs onvriers à l’intérêt de la société et ainsi compromettons nous le bien être de la Province pour ménager la fortune des particuliers. -
Il ne faut pas croire que la société puisse retirer autant de fruits des notions ies plus saines d’un Editeur sur les sciences, morales, qu’elle à de mal à souffrir de ses écrits pervers sur la politique. Les prémiers qui ne parlent qu’à la raison, graves et quelques fois jusqu’à la sévérite, ne sont lus que par le petit nombre ; les autres qui s’addressent aux passions à l’orgueil à la volupté, à l'esprit de révolte, embellis de tous les prestiges de l'esprit et des arts, trouvent de bien plus
. hombreux lecteurs dansles jeunes gens, et les dé gountent à jamais de toute lecture sérieuse. Le dirai je? Les sociétés chrétiennes n'ont plus rien à apprendre eu science morale, tout a été dit, et si une senle vérité nécessaire à leur existence leur eût manqué, elles n’eussent pu vivre et se développer. Elles ont sans donte beaucoup a apprendre en science physique ; mais sur celles là, la liberté la plus entière est laissée même aux erreurs les mieux démontrées et aux systèmes
les plus extravagans.
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Lorsqu'il s'élève dans la société une question importante et qu'un principe nouveau s’y introduit, on peut être assuré qu’il a une cause profonde et naturelle, moins dans la disposition des esprits que dans la situation générale des choses et qu'il est ou un besoin ou une maladie de la société, plutôt qu’un système de l’homme.
Un n’eut pas songé en Europe a agiter la question qui nous occupe au siècle du bon sens, qui fut aussi celui du génie, à cette brillante époque du développement de l’esprit, lorsque la presse n’enfantoit que des chefs-d’œuvre. On étoit alors plus jaloux de l’honneur de la liberté de la Presse que de sa liberté propre, et la liberté de tout dire n'eut paru aux Bossuet aux Fénélon, aux Pascal, aux Labruyère, ni moins sauvage ni moins absurde que la liberté de tout faire. On ne se fut pas reposé du danger d’une publication illimitée, sur la suppressic 1 tardive d’un écrit devenu plus célèbre et plus recherché par la défense de le lire ; et le châtiment même de son auteur n’eût été, aux yeux de ces hommes graves, qu'une réparation bien insuffisante du mal que ses écrits avoient fait à la société.
Cette opinion sévère étoit conséquente à l’étât des choses et à la situation des esprits. On savoit alors parce que l'on croyait. On marchoit avec séeurité au grand jour de l’autorité et de l’expérience. et l’on avait garde de demander à
l’homme des lumières qui se trouvaient toutes dans la société.
Autres temps, autres idées. On n'a plus rien su, puisqu'on a douté de tout. On a douté en Politique, on a douté en morale, on a donté de tout ce que les meilleurs esprits avaient cru sçavoir ; alors on a demandé des lumières à l'homme parcequ'on n’en reconnoissait plus dans la société. Après avoir rejeté l’expérience, il a fallu tenter des épreuves ; et dans cet aveuglement général, on a de toutes parts appelé la vérité qui éclaire les esprits, comme on demande des lumières pour remplacer le jour quand la nuit est venue.
La réaction a opéré dans ce Pays, et c’est là Ja raison profonde de cette fureur de liberté de penser et d'écrire qui a saisi certains esprits de-
uis 1830, cette liberté est donc aussi conséquente en 1835, à l’étât actuel des hommes et des choses du Bas-Canada quelle eut paru déraisonnable et superflue en 1808. Aussi les gens les plus sages ne disputent que sur le plus ou le moins de liberté qu'il convient d’accorder à la publication des écrits, ainsi les hommes ohéissent, sans le sçavoir, à l'impulsion que lenr donne la société, même lorsqu'ils croient ne suivre que l’impulsion de leur propre raison.
Cependant cet appel fait aux esprits éclairés a étéentendu en Europe,et non sans succès: l’Angleterre a parlé, la France s’est écriée, ne nous fuisons
as les détracteurs de notre siècle, assez de reproc- %e lui seront faits par la postérité. Sur ce dernier Théâtre encore rouge du sang de la révolu-
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tion de Juillet 1830, les vérités morales ont été l’objet d’un débat solemnel : si quelques uns ont tout gagné a les combattre, d’autres plus heureux, ont tout perdu en les défendant, mais enfin la vérité sur beaucoup de points est sortie victorieuse de cette terrible lutte.
Ceux même qui faute d'attention ou de lumières, n’ont pas encore ouvert les yeux à la vérité, reconnoissent du moins l'erreur. Un cri général de réprobation s’est élevé d’un bout de L'Europe à l’autre contre ces doctrines impolitiques qu'elle accuse de tous ses malheurs, et il à alarmé les présomptueux a:chitects qui, sur la foi et sur la caution de ces doctrines, ont pris la société a démolir, pour avoir l’honneur etle profit de la reconstruire, téméraire entreprise, et dont ils ne pouvaient garantir que la moitié.
On n’a jamais redouté en Canada la publica.
tion de grands ouvrages sur ces hautes matières. Peu d’hommes ont la capacité d’en faire, peu en ont le courage, et moins encore lapatience deles lire. D'ailleurs l’erreur si habile a varier ses formes, n’a qu'un fonds bientôt épuisé, et elle tourne toujours dans le même cercle. La vérité au contraire plus uniforme dans ses moyens, est infinie dans ses développemens quelle proportionne aux besoins de la société et aux progrès des esprits.
Le lecteur voudra bien remarquer que depuis que l’on compose des écrits, et qu’il y a des Imprimeurs, on à eu le droit de publier ses pensées
en se conformant aux lois qui répriment les abus de la liberté de la presse. Le droit général de publier est partout le même, les lois répressives des abus sont seules différentes, plus précises | ou plus vagues, plus fortes ou plus foibles, selon les lieux et les temps.
CE
L’heureux taleut de quelques écrivains les dis- | pense de toute discussion sérieuse, et les éclairs de leur brillante imagination suffisent à la raison de leurs nombreux admirateurs ; mes lecteurs,
| d’une conception moins vive, demendront un peu | plus. Hors d’étât de les éblonir, je n’aspire qu’a k les convaincre, et je réduis la question à ses termes les plus précis et les plus simples.
Il n’y a que trois partis à prendre sur les écrits périodiques politiques.
1°. Une liberté entière, absolue, illimitée, sans contrôle. 2°. une répression judiciaire. 8°, Une censure.
Personne du moins en théorie ne voudrait de liberté absolue ou plutôt d’une license sans frein ; et s’il en est qui la désirent, ils n’oseraient l’avouer.
Quant à la répression judiciaire elle est selon moi, inutile, dangéreuse. L’erreur de nos lois sur cette matière est de ne voir le délit de la publication que quand les Journaux ont été distribués. Ainsi quand l'écrit est imprimé, la feuille circule, le mal est fait ; et la condamnation pos-
| us térieure de l’autenr par les tribunanx en piquant de | la curiosité du public, ne fait que mieux con: es 11 noitre ce qui auroit du rester ignoré.
ses 14 on | Les poursuites judiciaires donnent lieu à une | plaidoirie toujours plus scandaleuse que l'écrit poursuivi, dans laquelle un défenseur ne fait qu’jis- | étendre et justifier devant un nombreux auditoide | re, ce que l’accusé a écrit de plus séditeux et de | cette plaidoirie reproduite dans les feuilles pub: urs, liques devient un second mauvais écrit publique peu | de plus Nos loix sur le libelle qui sont Anglaiqu'a L” ses, ne punissent de délit que celui de l’expresses à sion : et quelle facilité n’ofire pas notre langue si
souple et si rusée, pour envelopper des pensées
coupables d’expressions innocentes, pour degui-
rits | ser Ce que l’on veut dire, ou faire entendrece que | l'on ne dit pas! L'appréciation du dégré de culpabilité d’un écrit est une opération toute intellec-
itée, tuclle, dans laquelle chaque Juge peut avoir une
aire. opinion différente, selon le dégré de son intelli-
gence et la portée de son esprit ; les uns y voient
mieux on autrement que les autres ; il devient im-
t de possible de concilier les dissentiments et l’acquit-
ein ; tement seul veut mettre tout le monde d’accord. l’a-
Enfin, et cette dernière considération est d’une
haute importance aujourd'hui que les journaux
elon politiques jouent un si grand rôle dans la société,
lois la répression judiciaire de la licence de la presse
pub- met les agens amovibles du gouvernement à la
ribu- mercie d’une magistrature inamovible et donne a
uille celle-ci une existence politique que la constitution pos- lui refuse Un tribunal qui marche d'accord
JU
avec le gouvernement se confond avec Ini, comme la fonction se confond avec le pouvoir dont elle émane ; mais s’il résiste au gouvernement, ou seulement s’il l’abandonne pour marcher seul dans ses propres voies, il n’est plus fonction, il s’érige en pouvoir indépendant et tous les efforts du gouvernement échouent et se brisent contre son inamovibilité, le déni de justice de la part de notre banc, auroit cet effet si l’on pouvait supposer, ce qu'à Dieu ne plaise, que des Juges egarés (il peut en exister en Canada comine ailleurs) par un vain désir de popularité, par des motifs personnels, d’ambition, ou de ressentiment, ou fautes de vues politiques étrangères à leurs travaux habituels et à leurs connoissances judiciaires, refusassent au gouvernement l'appui qu'il leur demande.
Mais sans recourir à des suppositions peu probables, on peut assurer que les Juges n’ont appliqué et n’appliqueront jamais qu'avec répugnance les lois répressives ; que plus elles seront sévères, moins ils seront disposés a en faire usage, parceque leur raison s’indigne que le gouvernement leur impose la triste fonction de poursuivre, de condamner et de punir des délits lorsqu'il suffiroit, pour leur épargner la connoissance de supprimer quelques paragraphes d'une note éditoriale, et souvent des colonnes entières d’un journal.
Encore si nos loix laissaient à quelqres hommes particuliers et instruits nommés à cet effet, Un pouvoir discrétionnaire pour juger des délits
me Île ou eul 1, il Drts itre Jart upes \ine des snt, nrs di-
)rOplinee res, rcee lent , de sufupédil’un
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de la presse et que leurs mœurs sévères lenr permissent d'infliger ces amendes énormes qui ne laissent aux coupables d’autres alternatives que celle d’une prison perpétuelle ou d’un banissement volontaire, la répression judiciaire des délits de la presse seroit peut être alors possible ; mais je le demande, que sont quelques semaines de retraites pour des Editeurs et Imprimeurs quasi irresponsables et qui ne demendent pas mieux que d'aller en prison et qui tirent plus de profit de leur détention que de leur liberté on même pour des propriétaires responsables, qui n'étant pas du tout coupables du délit, ne peuvent regarder la prison que comme un arrangement de convention pour conserver leur.fortune et non comme un chatiment ?
Le jngement par jurés appliqué à la répres.
sion des délits de la presse est certainement une institution en harmonie avec le gouvernement représentatif, parceque n'étant que temporairement en exercise et Jamais composé des mêmes hommes, elle ne pent pas devenir comme des tribunaux permanens et inamovibles, une puissance rivale du gouvernement ; mais outre qu’il faudroit former un juré spécial composé d’hommes très éclairés pour juger les productions de l’esprit, le jugement par jury auroit le même inconvénient que le jugement par les tribunaux ordinaires, celui de ne venir qu'après l'impression de l'écrit et de donner également lieu au scandale de la défense.
Ilne reste donc que la censure, moyen le seul
efficace, le seul moral, le seul humain que puisse rassurer la société sans rigeurs contre les personnes ; aussi a-t-elle été la prémière pensée de tous les peuples civilisés qui ont voulu se défeudre contre la licence de tous les écrits politiques et plus en particulier des journaux, aussi a-t elle été pratiquée en France aux plus beaux jours de la république des lettres, et envers les plus célèbres écrivains, dernièrement encore, sous Louis X VIII. Eh ! après tout qu'importe qu'il y ait eu dans un temps ou dans un autre censure ou liberté de la Presse, s’il y a eu des écrits corrupteurs ? S'il y a eu censure, cette censure n’a pas vouln censurer, et la prémière condition, quand on fait des lois, est quelles seront exécutées ; et s’il y a eu liberté, cette liberté est devenue une infâme license. Mais puisque nous parlons encore de la France, y avoit-il censure, lorsque Madame de Pompadour protégeait si ouvertement Les Philosophes, lorsqus les plus grands Seigneurs acceuilloient avec tans de faveur, et adimettoient à leur familiarité les Beaux Esprits, partisans ivs plus déclarés des idées nouvelles? y avoit il censure lorsqu’n Lieutenant de Police disoit à son Roi qu'il répondrait de ;. tranquillité du Royaume, s’il n-y-avoit pas dans Paris un petit nombre de Fhilosophes qui ne s’étudioient qu’à le troubler par leurs écrits? Enfin y avoit-il censure possible, lorsque les écrivains s’honorai ent des condamnations les plus inflamentes, c. a d. eux mêmes flétris par la main du Bourreau ? Il y-a-eu censure véritable sous Louis XIV, parcequ'’alors les mœurs concouroient avec es Jois pour écarter tout ce qui auroit pu les cor-
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rompre; il y a eu censure sous Buonaparte, parceque l’antorité appuyoit ses jugements; et ce que Buonaparte fesoit dans son intérêt on pourra, quand on voudra, le faire dans l'intérêt de la religion, de la politique et des mœurs des habitants du Bas-Canada.
Et quand on reclame la liberté totale de la presse, sous In condition d’une répression illusoire, peut-on-üier l'influence de la license de la presse sur le sort d’un gouvernement quelconque, lorsque Condorcet a dit, “ Voltaire n'a pas vu tout ce qu'il a fait: mais il a fait tout ce que nous voyons ?” Et qu’avoit fait Voltaire, et qu’avoit vu Condorcet! Le plus grand crime opéré de tous les temps, *“ La révolution élevée à sa plus haute puissance.” Que dire de l'Angleterre, qui traite la liberté de la presse avec indifférence, ne lui permet de prendre aucune influence sur les résolutions de son Cabincet, l’abandonne aux oisifs du Café et ruine anteurs et Imprimeurs lorsqu'ils vont trop loin. Peut-on se rappeller le mois de Mai 1832, sans être vivement afigé, la licence de la presse n’estelle pas en partic la cause du tragique dénouément de cette élection qui pendant cinq semaines fut tonte de feu. Oui! ce sont vos exécrables doctrines que ont fait fusiller ces trois victimes de votre cupidité. Ouand on vous entend parler vertu et principe sur leurs cadavres, on recule d'horreur, et Meternich dans Vénise ne semble pas avoir assez de despotisme pour se mettre à Pabri de votre liberté !!! * À + ; $ ne attendre que le sang
coule encore une fois pour prendre la seule pré- ‘caution efficace contre des écrits qui «rment les citoyens contre le gouvernement, ct des doctriics qui attentent tous les jours à la réligio: dans ses ministres, à la constitution dans le chef de ladministration et ses dignes supports ? Certes-il est temps de sortir de cette opposition sans fin ct sans relâche, dont l’amertume et la violence ont trahi trop souvent les motifs personnels ct ôté toute gravité à ses discussions, et toute autorité a ses jugements. Malheureusemet telle est la malignité humaine que les écrits de l'opposition sont toujours lus avidement, méme chez les peuples les plus heureux, et par les hommes Îles mieux intentionnés ; et cette vogue dont leurs auteurs s’applaudissent comme d’un succès ct de la preuve de l’adhésion de l'opinion publique à leurs opinions personnelles, n’est que l'effet de cette secrete disposition à secouer le joug de l’autorité qi se trouve au fond de notre nature.
Mais les écrivains qui se sont une fois engagés dans cette voie, obligés d’alimenter la curiosité de leurs lecteurs et de la tenir continuellement cn halène sont entrainés plus loin qu’ils ne voudraient etqu'ilsn’avoient cruet se placent ainsi dans uue situation violente dont il lenr tarde à eux mêmes de sortir.
Et croit-on que les hommes raisonnables qui écrivent dans les journanx, ne sentent pas aujourd’hni le danger de confier à tous les esprits,
même les plus faux, les plus passionnées, les ” moins instruits, la terrible liberté d’endoctriner tous des jours, en politique, un public composé
partout en grande partie, d’esprits fanx, ignorans ct passionnés, de mettre cette arme meurtriere de la presse à la disposition continuelle de Porgeuil, de la cupidité, de l'ignorance, de l’ambttion, du ressentiment! Et je n'ai pas parlé da plus grand de tous les dangers, celui de mettre la tranquillité publique à la merci d’un Emprimeur sans principe en offrant à sa jalousie l’occasion de solder les talents d’un factieux, les ressentiments d’un mecontent, les projetsd’un ambitieux !
Lcs Patriotes du jour vont jusqu’à prétendre que cette liberté illimitée d'écrire est une des libertés publiques, et la plus précieuse de toutes. C’est une étrange abus des mots que d’appeller liberté publique, la spéculation particulière de quelques jeunes anonymes qui exploitent à leur profit, et comme une industrie ou une propriété patrimoniale, le gouvernement, les loix, l’admiuistration, le religion même, s’érigant en juges de toutes les opérations, en censeurs de toutes les autorités, &c. ct fiers d’un aussi chétif talent que celui d’écrivailleur, décorent du nom de liberté, la tyrannie de leurs opinions qu’ils imposent à la crédulité du public, devenu l’esclave de leurs erreurs, de leurs préjugés et de leurs passions. it combien de jeunes gens aujourd’hui qui se targent de leur indépendance, et ne sont eux mêmes que les malheureux serfs de quelque baut ct puissant Seigneur de l'Empire politique!
J’ose le dire il n’y a pas dans cette Proviice mi » | ER . re homme éclairé, sans passions et sans préjugés, . . ” svp . 4: ©». :
ani ne regarde la liberté limitée de lt presse
comme incompatible avec tout gouvernement régulier, qui n’y voit la cause de tous les maux qui affigent l'Europe, ct de tous ceux qui le mepace, et qui ne trouve ridicule que les plus graves questions de politique et d'administration, soient discutées et jugées tous les jours par de jeunes écervellés pourqui le plaisir est une occupation et les questions les plus graves un dé- Jassement ? Ainsi jé crois avec une entière conviction qu’il n-y-a de véritable liberté de la presse que sous la garantie d'une censure qui en écarte la license des pensées comme il n-y-a de liberté civile que sous la garantie des lois qui empêchent le désordre des actions ; et comme les pensées séditieuscs inspirent les actions criminelles et les précedent, il-y a raison et analogie à prévenir la license des pensées et à punir la license des actions. La censure est un établissement sanitaire fait pour préserver la société de la contagion des fausses doctrines, tout semblable à celui ou ceux qui essayent en vain à éloigner le cholera de nos contrées et dont les citoyens les plus recommendables s’honorent de faire partie.
Si l’on ne défendoit la liberté de la presse que
comme un intérêt publique, on la défendroit avec ?, . . LA , /
plus de modération, mais on défend la liberté de de la presse comme une chose personnelle, comme une industrie que l’on exploite avec toute l'injustice et toute la violence de l’intérêt personnel.
Une fois la censure établie c’est alors que
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la société retirera de grands avantages de la presse: les écrivains exerçeront plus de réfiexions, mettront plus de lenteur daus la composition de leurs écrits, et avec une entière liberté sur
le moment de la publication, en réfroidissant les
passions, ils pourront éclaircir les faits et murir les idées ; au lieñ que les écrivains du jour, sans contrôle, sans résponsabilité, prennent sur eux de donner les bruits populaires pour des faits avé-
rés, et leurs prémiers apperçus pour des vérités
démontrées et ces journaux nourrisent contre Jadministration une opposition systématique qui n’admet ni trèves, ni suspensions d’armes, quel est alors, je ie demande, le gouvernement qui tonjours harcelé, jugé, dénoncé, calomnié, par la prévention, l’ambition, la légereté, la license peut conserver la confiance de toute une Province et la liberté d’esprit dont il a lui même besoin,
La censure ne permettra point d’indécente allusions à des hommes ou à des choses dignes de tous nos respecis, de malicieux rapprochements de l’histoire de 1800 à 1810, de 1810 à 1823, de 1825 à 1827, de 1827 à 1832, et de 1832 à 1835, des sarcasmes continuels contre les ministres de la religion, de perfides et mensongères notions propres à jeter l’alarme dans les esprits et à indisposer le peuple contre le gouvernement, on parlera un peu mieux politique, on respectera un peu plus les agens du gouvernement, les ministres du Christ !! ! La censure n'interdira aucuuc discussion politique faite
avec bonne foi conñoissance et modération, elle :
laissera comme à présent une entière liberté d’écrise sur les sciences, les arts, les. voyages &e. Faut-il autre chose pour la prospérité d’une calanie que de l’industrie et des manufactures, et leurs perfectionnements ne sont-ils pas le thermomêire infaillible de la.perfectabiliié humaine ct du progrès: des lumières ! ! ! . . ..
IL en faut canvenir, c’est une terrible puissance que celle des journaux politiques. Un Imprimeur s’associc un jeune homme sans expérience des hommes et des choses ; il lui livre la. religion, l& politique, la morale, la société, le public, les partieuliers, les ministres, le gouvernement Gt tous: ses employés. ‘Parlez de tout et osez tout, lui dit-il, régentez les Bretons et le Geuverneur, livrez vous aux conjectures les plus hardies, avancez les faits les moins certains, plus vous serez mutin, méchant et fondeur, plus vous serez lu ; ne craignez rien à côté de vous est le bone émissaire, un propriétaire futif ou gérant, responsable de: toutes vos iniquités et payé pour être’ puni a votre place ; allez dans toute l’ardeun''et la confiance de votre age, et fussiez vous seul de votre avis, souvenez vous que vous êtes .
« « «+ . l'opinion publique.
de:le demande, n’est ce pas ce que font depuis longtemps au mulieu de nous, quelques iournaux, ét. ce: que tous pourraient fairc? ù trouverait. on quelque chose de plus absurde, de plus ineonciliable avec la raison, -vec le gouvernement, avec la tranquillité publique et le bon ordre dela soeiété, dans les coutumes des peu-
erté.
ges
es,
L art, et la violence dans les actes; et qu'y a t-il
1 E modéré, même dans ses actes, et c’est alors que
ples les plus barbares, même chez ceux qui serrent entre deux planches le cerveau de leurs enfans ?
On ne lit un Journal politique que pour y trouver pâture à la malignité, comme on ne va au spectacle que pour y voir le jeu et le combat des passions, et le Journal qui n’auroit que des leçons de sagesse ct de modération a nous donner, n'auroit pas plus d'abonnés que l’œuvre dramatique qui n'ofirirait que des personnages vertueux, raisonnables, sans vices, sans passions, sans ridicules, n’auroit de spectateurs.
On ne parle que de modération, mais on place la modération dans les formes, dans des paroles meilleures, dans des phrases faites avec
en effet de plus violent que tout ce qui tend à ébranlerla constitution d’une colonie la religion d’un peuple, et à toucher à cette fibre si irritable du corps social? On croit cependant être
les plus modéres deviennent les plus violens, parceque dans la préoccupation qui les aveugle, ils ne concoivent pas qu’on se refuse à des mesures qui leur paroissent si justes et.si modérés, et ils s’en irritent davantage contre les obstacles qu’ils rencontrent. J’ai entendu parler modération et avec sentiment à des hommes nommés à Montréal à la convention, et qui dans leurs mesures prouvent la violeuce la plus illimitée, la fougue la plus impétueusc