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Traité sur les maladies puerpérales

J'ai eu long-temps occasion d'observer dans un temple consacré à Lucine ; j'ai senti le besoin de dire ce que j'avais vu, et c'est ce qui a donné naissance à cet ouvrage sur les maladies puerpérales.

Elles sont de tous les temps et de tous les lieux, leur connaissance exacte est donc nécessaire à chaque médecin; mais leur étude est surtout intéressante et encourageante pour le jeune médecin qui devrait se familiariser avec cette classe de maladies avant toutes les autres. Combien il est rare de pouvoir mettre en harmonie les symptômes et les lésions anatomiqucs dans les autres genres d'affections avec la même précision que dans les maladies puerpérales? L'autopsie lui fournit ici des données positives, et il n'a pas besoin de réunir au nom de la maladie

des idées chimériques.' Par l'élude des maladies puerpérales , il sera bientôt à même de conclure que chaque fièvre a sa cause dans une affection locale ou dans une affection du sang.

La fièvre est alors pour lui réduite à sa j uste valeur; il verra qu'elle n'est jamais qu'un symptôme , souvent nécessaire àla vérité, et toujours un des plus impor tans ; il verra comment quelques symptômes établissent souvent la certitude du diagnostic, et distinguera les signes essentiels des accidentels. On ne pourrait enfin mieux s'exercer à distinguer la certitude et l'incertitude d'un pronostic et à apprécier les bases sur lesquelles chacune d'elles repose. S'il a étudié de cette manière une classe naturelle de maladies , s'il les a suivies dans leur diverses formes , dans leur marche lente , rapide ou très rapide , il a posé les meilleurs fondemens pour ses études ultérieures. La persuasion qu'il a gagnée à cette étude le pousse à chercher les mêmes résultats dans les autres maladies.

Autant qu'il sera possible on exposera dans ce traité les résultats de l'autopsie avant les symptômes et avant la marche de chaque maladie. Leur connaissance exacte peut seul donner une idée juste de la maladie. Les autres méthodes qui n'approfondissent pas aussi exactement que possible ces lésions anatomiques , qui ne cherchent pas à connaître par elles l'essence intime de la maladie , dont les symptômes ne fournissent qu'un reflet, sont sans fondement; elles sont aussi chancelâmes que

stériles 5 et comme elles n'ont point de bases solides, chaque nouvelle méthode peut les renverser, si elle se fonde sur une meilleure dialectique. Elles élèvent un immense échafaudage de symptômes autour d'un rien.

Nous ne citerons point dans îe cours de cet ouvrage d'histoires de maladies détaillées. Elles ne conviennent , selon nous , que lorsqu'on ne connaît encore que peu de cas d'une maladie nouvelle ou très rare, ou bien lorsqu'on observe quelque chose d'extraordinaire dans la marche d'une maladie déjà connue. Autrement ce sont des répétitions inutiles. Tout ce qui est dit dans l'exposition d'une maladie doit contenir tous les faits connus jusqu'ici.

Le médecin observateur doit réunir dans sa mémoire tous les cas d'une certaine maladie sous le rapport de son apparition, de sa marche, de ses terminaisons, mais principalement des signes anatoraico-pathologiques , de manière à s'en former, comme dans un cadre, un tableau complet, une image de la maladie produite par tous les cas de celle qu'il a appris à connaître. S'il se présente des cas différcns de ceux qui lui sont déjà connus, ce tableau changera de face. Cependant cela arrive d'autant plus rarement que le précédent tableau était le résultat d'un plus grand nombre d'observations. Nous nous sommes efforcés de réunir en un tout les faits nombreux que nous avons eu occasion d'observer, et nous espérons que ce tout représente chaque cas particulier.

Si l'on coonait trop peu de cas d'une maladie pour pouvoir en former un tableau suffisant, on peut toujours les communiquer comme cas particuliers, et en ce sens ils ont une certaine valeur; il en est de même d'une marche particulière, d'un nouveau symptôme important, d'un nouveau signe anatomico-pathologique, qui a peut-être échappé jusqu'alors dans la série des données anatomiques. A l'exception de ces cas , les histoires de maladies sont fatigantes. L'on doit plutôt attendre qu'elles se soient suffisamment multipliées, pour en tirer des inductions nouvelles et générales. Si les auteurs et les journalistes suivaient cette marche, nous lirions moins et nous profiterions plus.

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