‹ Traité sur les phrénopathiesChapitre 7 sur 58 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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LtSlQUta FONDAKSirTALCS DAI93 L'ALIlÉSATXOn MENTALE.

Propositions générales,

^ CHaque tissu , lorsque sa sensibilité est mise en jeu, manifeste la sensation par une expression fonctionnelle qui lui est particulière. Il n'y a que la sensation provenant d un stimulus trop "vif qui , par une expression de douleur, présente un caractère plus ou moins identique dans les divers organes où elle se développe.

Le moral a ses stimulans , il a aussi sa douleur ; mais la manifestation en est autre qu'au physique : c'est une peine , un chagrin , une frayeur ; c'est en un mot une soujGfrance morale.

En irritant nos organes , on provoque leur activité ; on double , on multiplie la somme de lem* vigueur :

c est une reaction , un effort pre'servatlf du tissu pour se défendre contre lagent qui offense sa sensibilité.

Respirez un air irritant , les poumons excités feront agir les muscles thoraciques. Faites entrer dans le sang des spiritueux , le cœur palpitera. Irritez la bouche , la salivation sera abondante. Stimulez fortement lestomac, vous aurez le vomissement ou la diarrhée.

Au moral : offensez l'individu , faites-lui éprouver une peine quelconque , un ordre de phénomènes se développera aussitôt : il versera des larmes de dépit ou de chagrin , se roidira contre vos menaces ou vos insultes; il s'agitera; toutes ses actions tendront à amortir , à éloigner ou à détruire Fagent qui le fait souffrir. C'est la réaction morale traînant après elle la réaction physique.

Alors surgit un phénomène tenant a Tinfluenœ morbide du système nerveux ; c'est la rémittence , l'intermittence , la périodicité.

Ainsi l'aliénation mentale se compose de trois phénomènes primordiaux : 1° d'une exaltation morbide de la sensibilité ; 2*^ d'une augmentation d'activité oi* ganique; 3° dun retour intermittent ou périodique des phénomènes tenant a la sensibilité exaltée et à la réaction sur les stimulans.

En outre , le désordre de l'esprit a ses phénomènes secondaires; ils résultent de l'affaiblissement ou de l'anéantissement des forces intellectuelles , ou bien de l'influence du système nerveux sur le système sanguin et sur la composition organique des tissus. Quelques cas exceptionnels dépendent d'un vice congénial.

SUR LES PHRÉNOPATHIES. 3

SECTION PREMIÈRE

PHÉNOMÈNElS TEîTAÎîT A L*EXALTATION DE LA SENSIBILITE AFFECTIVE.

Primitivement, ralie'nation est un état de malaise, cVanxiéte , de souffrance : une douleur , mais une douleur morale, intellectuelle ou cérébrale comme on voudra l'entendre.

©ire que l'alie'nation est un trouble du jugement , de la raison , serait une proposition errone'e : ce serait prendre un symptôme secondaire pour le phénomène fondamental. Beaucoup d'aliëne's ne déraisonnent point; tous cependant, à de très-faibles exceptions près , souffrent : c'est la l'altération mère d'oà provient le dérangement dans les idées , le trouble de Tintelligence , laberration dans les qualités instinctives , et toute la série des actes violons et bizarres qui caractérisent laliénation mentale , sous ses différentes formes et danâ ses diverses combinaisons.

L'examen des causes de cette affection , leur mode d'agir , leurs relations statistiques , ainsi que l'étude des phénomènes morbides, doivent nous conduire à éclairer ce point de doctrine.

Trois séries de causes engendrent le trouble de l'esprit : elles sont physiques ^ morales , prédisposantes ou congéniales.

Parmi les premières on a trouvé les vices organiques du cerveau , plaies , lésions de cet organe; l'âge avancé, les maladies de la peau , la grossesse , la suppression des règles et des hémorrhoïdes , l'abus des boissons ,

ia perte du lait , du sperme , du sang; les maladies en général, celles de Fabdom^n €t de la poitrine en particulier ; les altérations du tube digestif , du foie, de la matrice , du cœur , des poumons , etc.

Parmi les agens moraux : les chagrins de toute espèce , le désespoir, la colère , les pertes de fortune , l'ambition , Tamour , les revers domestiques , les émotions religieuses ou politiques, une frayeur quelconque.

Le troisième ordre comprend les dispositions innées : un caractère irritable, un tempérament trop lascif, un désir eflfréné de la gloire , un amour-propre excessif, et une foule d'autres dispositions qui tiennent aux idées, aux instincts dominans.

Telles sont les causes les plus généralement indiquées.

Cette énumération est cependant bien insuffisante ; il faut , avant tout , établir les proportions respectives de chacun de ces agens , lorsqu'il s'agit de déterminer leur influence et leur mode d'agir en produisant le trouble de l'esprit.

Voyons la statistique de notre établissement.

Sur une série d'entrées on compte les causes suivantes :

SUR LES PHRÉNOPATHIES.

Manque de travail, avenir malheureux 25 Chagrins domestiques : décès d'une mère, d'une épouse î maladie d'une sœur,

frère à TasTnée. 14

Chagrin , j.Amour malheureux , contrarié , jalousie. 8

crainte , i«- 1 Réclusion , détention arbitraire. ... 3

quiétude 3 etc, J Ttrage au sort pour la milice. ... a

Revers politiqueai, ... . . . . . 3

[ Frayeurj, raidissement.

Objets volés

Crainte du choléra

(Terreurs politiques, troubles ien Belgique. Chute» dam l'eau, menaces d'une chute.

Vue inopinée d'un objet hideux , d'un Y chien enragé ; frayeur nocturne , ter-

I reur religieuse. .

i Tentative d'assassinat. ......

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