CHAPITRE X
nÉTIIODES POUR LA COXSER\ ATIOl^l DES PRÉPARATIOIVS
nit«>TOLOGIQIJES
Nous venons de ^ passer en revue les différents procédés au moyen desquels on modifie les tissus, de façon à en permettre l'observation microscopique; il nous reste, pour être complet, à dire quelques mots des méthodes à l'aide desquelles on conserve les préparations une fois faites, soit pour les étudier à nouveau, soit pour les montrer à d'autres observateurs. A cet effet, il faut en premier lieu que les tissus soient conservés dans un milieu qui n'altère pas la forme de leurs éléments; en second lieu, que les préparations soient hermétiquement fermées de manière k empêcher l'évaporation et l'accès de l'air.
Il n'y a que fort peu de préparations que l'on conserve à sec, ^''Ses°"' c'est-à-dire dans l'air ; ce sont celles faites sur les os et sur les dents. Dans ce cas, l'objet déposé sur la lame est simplement recouvert avec la lamelle, et celle-ci est réunie à la lame au moyen d'une bande de papier gommé dans laquelle on a découpé un trou au niveau de la préparation.
Liquides conservateurs des préparations. — Les liquides conservateurs varient suivant les tissus et suivant le traitement qu'on leur a fait subir; nous allons les indiquer brièvement.
Pï'éparations co7iservées dans des solutions aqueuses et dans la glycérine. — Des éléments ou des portions de tissus frais ne peuvent être longtemps conservés en préparations sans subir des modifications telles qu'au bout de quelques jours tout est altéré. On a proposé depuis longtemps des liquides qui auraient la propriété de conserver indéfiniment les tissus qu'on y a mis à l'état frais ' ; mais en réalité aucun de ces Uquides ne possède ces avan-
' Nous citerons parmi ces liquides les mélanges indiqués par Pacini et le liquide de Goadby.
Pacini a recommandé un mélange de :
Sublimé 1
Chlorure de sodium 2
Glycérine à 25° Baumé 13
Eau distillée 113
Ce mélange doit être abandonné à lui-même pendant deux mais, puis mélangé avec
tages. Il n'est pas à dire pour cela que l'on ne puisse avoir des préparations persistantes des éléments de l'organisme même les plus délicats; pour atteindre ce but, il convient non pas d'employer un seul liquide conservateur, mais une série de réactifs dont les uns servent à fixer les éléments dans leur forme et les rendre plus ou moins inaltérables, d'autres à les colorer, d'autres enfin à les mettre à l'abri de modifications ultérieures. La méthode à suivre dans la conservation des éléments anatomiques séparés n'est pas la même pour tous ; à propos de chaque espèce, nous décrirons les procédés à suivre ; nous nous contenterons maintenant d'indiquer ce qu'il y a de plus général dans ces procédés.
q^ifnxint réactifs destinés à fixer les éléments dans leur forme sont
f'-aîsT"^ l'alcool au tiers, l'acide chromique faible, le bichromate faible, l'acide osmique, l'acide picrique, le sérum iodé. L'alcool au tiers, par exemple, fixe admirablement les cellules épithéliales les plus délicates, même les cellules à cils vibratiles, tandis qu'il dissout les globules rouges du sang. Après un séjour de quelques heures dans l'alcool au tiers ou dans le sérum iodé, les cellules d'un revêtement épithélial se séparent facilement les unes des autres par la simple agitation sur une lame de verre. Une goutte de picrocarminate mêlée avec une aiguille à ces cellules les colore presque
3 parties d'oau distillée, et filtré sur du papier josepli. Nous l'avons essayé, mais sans lui trouver aucun avantage particulier. Le deuxième liquide indiqué par Pacini est composé de ;
Sublimé 1
Acide acétique 2
Glycérine 43
Eau distillée 215
On le laisse à lui-même pendant deux mois et on le traite ensuite comme le premier. Le liquide de Goadby se compose de :
Sel de cuisine 120
Alun 60
Sublimé 0,20
Eau 2 1/2 litres.
D'après Frey, ce liquide [constrving liquor des Anglais) obscurcit les préparations transparentes, mais il est très-bon pour conserver des préparations d'injections opaques.
inslantancment; elles sont alors fixées clans leur forme à un degré tel, que de la glycérine peut être ajoutée sans produire le ratatineroent que ce réactif déteruiine sur les mêmes éléments frais. Ce simple exemple suffira pour donner une idée des préparations des éléments délicats isolés ; le lecteur trouvera dans le cours de cet ouvrage de nombreuses applical ions de ces méthodes complexes pour arriver à faire des préparations persistantes des divers éléments anatomiques délicats.
La glycérine a souvent l'inconvénient de rendre les parties trop transparentes ; la préparation doit être conservée alors dans une solution aqueuse; l'eau pliéniquée contenant de 1 à 5 pom^ 1000 d'acide phénique cristallisé constitue certainement le meilleur des liquides conservateurs ; on peut employer pour atteindre le même but l'eau camphrée ou l'eau, créosotée. Il faut alors avoir recours à des moyens de fermeture hermétique.
S'il s'agit de préparations obtenues au moyen de coupes faites après durcissement dans l'alcool fort, l'acide chromique, l'acide osmique, etc., les éléments des tissus sont fixés dans leur forme, et lorsqu'ils ont été colorés au moyen d'une des substances indiquées plus haut, on peut les placer, soit dans la glycérine, soit dans de l'eau phéniquée et les y conserver. Soit, par exemple, un fragment d'un parenchyme, le foie, le rein durci dans l'alcool fort ou bien par une des méthodes où l'on fait intervenir la gommé pour compléter le durcissement. Les coupes une fois obtenues, après un séjour plus ou moins long, suivant les cas, dans l'eau distillée, sont placées sur une lame de verre ; une goutte de picrocarminate à 1 pour 100 est déposée sur la préparation ; on attend une minute à peu près ; une lamelle de verre est alors placée avec soin pour éviter les bulles d'air. Sur la lame de verre, au niveau d'un des bords de la lamelle, on laisse tomber une goutte de glycérine; un petit morceau de papier à filtrer est disposé sur le bord opposé pour absorber le picrocarminate ; la glycérine le remplace. On obtient le plus souvent à l'aide de cette méthode une préparation où les éléments sont bien distincts et qui s'améliore encore dans les jours qui suivent, parce que l'élection du carmin se complète.
Si la préparation est colorée au carmin simple, après qu'elle a été bien lavée dans l'eau, dans le but de faire disparaître certains éléments pour rendre les autres plus évidents, on peut employer comme liquide conservateur un mélange de glycérine et d'acide
arétiqiie ou formiquo. Le mélange de glycérine 100, el d'acide
Ibrmique 1, nous a donné de très-bons résultats.
Pour éviter le déplacement dans le liquide de la préparation, quelques histologistes emploient des mélanges de glycérine et de gélatine. A une température de 25 à 30 degrés le" mélange est liquide; dans cet état, il est versé sur l'objet, et après qu'on l'a recouvert d'une lamelle, le mélange conservateur se solidifie par le refroidissement, emprisonnant ainsi l'objet d'étude et l'empêchant de se déplacer. Pour préparer ce mélange, qui a été conseillé par Deane, une lame de gélatine est plongée dans l'eau distillée; lorsqu'elle est ramollie, elle est retirée, placée sans eau dans un autre vase, fondue au bain-marie, et l'on ajoute un volume égal de glycérine, en agitant conslamment.
Rowdanowski a conseilli'' d'employer la colle de poisson à la place de la gélatine.
Préparations conservées dans le baume du Canada. — La conservation dans le baume peut s'employer pour tous les tissus, mais seulement après injection ou coloration, car l'inclusion dans le baume rend les parties tellement transparentes, que si elles ne se distinguaient pas les unes des autres par leur couleur, on n'y reconnaîtrait presque plus rien. Avant de placer la coupe de tissu dans le baume, il faut qu'elle soit déshydratée par l'alcool et éclaircie avec l'essence de térébenthine ou de girotle. La déshydratation par l'alcool doit être faite avec mesure, c'est-à-dire qu'il fiuit foire agir d'abord de l'alcool étendu d'eau, puis de l'aJcool ordinaire, et n'arriver que progressivement à l'alcool absolu. Autrement les parties se ratatinent et la préparation n'est pas bien réussie.
Soit, par exemple, une coupe faite sur un parenchyme injecté et durci dans l'alcool, déshydratée par l'alcool absolu. Elle est placée sur une lame de verre, et lorsque, commençant à sécher, sa surface devient légèrement terne, on y dépose une goutte d'essence de térébenthine ou mieux d'essence de girofle, en ayant soin de ne pas envoyer son haleine sur la préparation, pour ne pas y ajouter d'eau. Lorsque la coupe est devenue transparente dans toutes ses parties, l'excès d'essence est absorbé avec du papier à filtrer; on laisse tomber sur l'objet du baumô du Canada dissous dans le chloroforme, puis on recouvre avec la lamelle de verre, en ayant soin de retenir avec la pointe d'une aiguille l'un de ses bords, de manière à la faiiv. descendre doucement (H à ne pas laisser s'in-
lerposer de bulles d'air. Du reste, s'il so irouve dans une préparation quelques petites bulles d'air, il n'y a pas lieu de s'en inquiéter; au bout de quelques jours, elles disparaissent, l'air est dissous par le baume.
On opère de même avec la résine d'Ammar dissoute dans l'essence de térébenthine ou avec tout autre vernis, ,
Quelle que soit la substance conservatrice qui ait été employée, ,^^fP°e„'try mais surtout lorsque cette substance diminue de volume par suite ,,''']a^eiie de l'évaporation (le baume, la résine d'Ammar, les vernis par exemple), la lamelle à recouvrir est rapprochée de la lame de verre par une force qui est proportionnelle à l'adhésion moléculaire du verre et de la substance employée. Cette force est considérable et suffit souvent pour produire des déplacements et même des déchirures. Nous avons vu des pièces injectées où les vaisseaux étaient rapprochés les uns des autres par tassement et la masse à injection divisée en petits fragments par suite de cette adhésion moléculaire. Pour éviter ces accidents, il faut placer à côté de l'objet et sous la lamelle des bandes de papier dont l'épaisseur doit varier suivant celle de la coupe. Ces bandes de papier peuvent être disposées en fer à cheval, ou bien on peut enlever à l'emporle-pièce un cercle autour duquel doit rester une bordure, et dans lequel est disposée la préparation avec la substance conservatrice.
Du reste, la pression exercée par la lamelle de verre est à éviter pour tous les éléments délicats (cellules épithéliales isolées, cellules nerveuses, coupes de rétine, coupes d'embryon, etc.). Il est nécessaire, pour toutes ces préparations, d'établir des supports entre la lame et la lamelle, ou d'employer des cellules à inclusion qui remplissent le même but (voy. plus loin).
Fermeture des préparations. — Bovdures. — LorsqUC le tisSU
a été imbibé de glycérine, il importe de fixer la préparation de façon que ce liquide ne puisse pas s'écouler, et que l'air ne puisse pas y pénétrer.
Dans ce but, on fixe la lamelle dans sa position sur la lame au moyen de différ(mts mastics que l'on dépose sur les bords de la lamelle, et qui, adhérant d'une part à la lame, de l'autre à la lamelle, la préservent des déplacements et empêchent la fuite du liquide. Parmi les substances que l'on emploie pour faiiv ainsi dos bordures, la plus commode est la p;ii-îiffine.
l 'K> TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
Bordures L.i paraffine fond à environ 50° ; pour en faire usaoe, on se sert
a parafliiio. . o '
d'une petite baguette de fer que l'on chauffe soit à la flamme du gaz, soit à celle d'une lampe à alcool, et qu'on applique sur le morceau de paraffine. Celle-ci fond dans le voisinage de la baguette de fer, et il adhère à cette dernière quelques gouttes de paraffine liquide que l'on dispose, en inclinant la baguette de manière qu'elles coulent vers son extrémité, d'abord aux quatre coins de la lamelle pour la fixer provisoirement, ensuite sur toute l'étendue de ses bords. Une fois la lamelle suffisamment garnie de paraffine, la baguette de fer est chauffée à nouveau, et en l'appliquant à plat et parallèlement à l'un des bords de la lamelle, on fait fondre la paraffine déposée d'abord, et on l'étalé sur une certaine étendue des bords de la lamelle et de ceux de la lame. Il importe, pendant ce temps de l'opération, de tenir la lame bien horizontale, autrement la paraffine s'accumulerait vers un des coins de la bordure, et il n'en resterait pas assez à l'autre angle pour produire une occlusion sulfisante. On opère de la même façon sur les trois autres côtés, de manière ù avoir ainsi la lamelle encadrée d'une bordure de paraffine qui la recouvre dans une étendue de 2 à 3 millimètres, et qui, d'autre part, s'étend sur la lame à 3 ou 4 millimètres de distance de la lamelle.
Pour réussir à produire cette occlusion parfaite, il est nécessaire que le liquide qui imbibe la préparation ne dépasse en aucun point la lamelle; autrement dans les points où il dépasse et où il y en a une gouttelette, cette gouttelette empêche l'adhérence de la paraffine au verre, et il se forme une bulle remplie soit de liquide, soit de gaz, communiquant souvent avec l'intérieur de la préparation et par laquelle le liquide qui l'imbibe peut s'échapper.
La bordure à la paraffine a l'avantage d'être facile à faire et de pouvoir s'enlever aisément. Il est en effet nécessaire quelquefois de l'enlever, soit lorsque, le liquide s'étant évaporé, on veut en remettre sous la lamelle, soit lorsqu'une coloration est imparfaite et qu'il faut ajouter une nouvelle quantité de matière colorante, soit enfin lorsqu'on veut remplacer par un autre le liquide dont elle est imbibée. Le procédé à suivre est facile. Sur deux côtés opposés de la lamelle, on gratte avec la pointe d'une aiguille ou d'un scalpel la bordure de paraffine sur une étendue de 3 à -4 millimètres, assez complètement (et en pénétrant sous la lamelle s'il est nécessaire) pour que le liquide de la préparation soit en com-
MÉTHODES DE GONSEKVATIOiN. 141
iiuinicalion avec l'exlérieur. Pi'ès de l'une des ouvertures ainsi pratiquées, est déposée une goutte du liquide à introduire, et avec la pointe de l'aiguille elle est mise en connnunication avec l'intei'stice même de la lame et de la lamelle à cet endroit, c'est-à-dire avec le liquide inclus. A l'extrémité opposée, on met un petit morceau eflilé de papier Joseph, en ayant soin qu'il soit en communication avec le liquide inclus et puisse l'attirer en l'absorbant par capillarité. Il se produit ainsi un déplacement de bquide, et la goutte ou les gouttes qu'on avait disposées sur la bordure pénètrent peu à peu dans la préparation, sans déranger la position. des éléments qui y sont contenus. Lorsque le résultat désiré est atteint, on essuie avec jiu papier Joseph les bords de la lamelle au niveau des ouvertures, on dépose en ces points de nouvelles gouttes de paraffine, et au moyen de la baguette de fer chauffée, on égalise à nouveau les deux bordures.
Lorsque l'on se sert de ce procédé pour remettre du liquide dans une préparation dont il s'est évaporé, il faut avoir soin de pratiquer l'une des ouvertures, celle où l'on déposera le liquide, sur un des points de la bordure où il y en a encore, et l'autre au voisinage d'un point où a pénétré de l'air. Autrement l'air reniérmé arrive à se trouver circonscrit de toutes parts par du liquide et à former des bulles plus ou moins considérables qu'il est beaucoup plus difficile de faire disparaître.
S'il s'agit simplement de maintenir provisoirement la lamelle Boidiue en position, il suffit de déposer de la paraffine à ses quatre p"""^"'"" coins. C'est le procédé dont on se sert quand on a l'intention de faire agir ultérieurement sur le tissu d'autres réactifs. Dans ce cas, lorsque le liquide est volatil (eau), la préparation est placée dans une chambre humide, qui lui tient lieu de la bordure de paraffine et ne permet qu'une évaporation lente.
Cette chambre humide se construit très-simplement. I^lle con- chami.rcs siste en une assiette recouverte d'une cloche de verre et dans le iond de laquelle on verse un peu d'eau. Dans le milieu de l'assiette on met un godet dont les bords dépassent le niveau de l'eau, et suf lesquels on appuie les extrémités de la lame de verre. L'air sous la cloche se trouve saturé de vapeur d'eau, et le liquide de la préparation ne s'évapore que très-lentementi
La chambre humide est le complément obligé du traitement des préparations par le picrocarminate. C'est en elTet surtout
142 THAITÉ TECHNlgUE D'HISTULUUIE.
dans ce rétictif qu'il est nécessaire de maintenir sans les inclure des tissus que l'on veut colorer lentement, et où plus tai-d on remplacera le picrocarminate par de la glycérine.
cacïëier autrc substancc très-propre à border les préparations
est la cire à cacheter. Nous avons dit plus haut (page 54) qu'il lallait faire usage de cire à cacheter de première qualité. Pour s'en servir, on brise les bâtons en morceaux que l'on met à dissoudre dans de l'alcool ordinaire. Cette dissolution exige plusieurs jours; il faut agiter de temps en temps le flacon pour mélanger la masse, qui finit par avoir la consistance d'un mastic; on la conserve dans un flacon bouché.
Pour border une préparation, on en prend au bout d'un pinceau ou simplement d'un petit morceau de bois et on l'étend sur les bords de la lamelle, en prenant les précautions indiquées pour la paraffine. L'alcool s'évapore, et au bout de vingtquatre à quarante-huit heures, la préparation est bien incluse. Lorsque le mastic est devenu trop épais dans le flacon, on lui rend une fluidité suffisante en ajoutant un peu d'alcool. Il ne faut employer directement ni la cire à cacheter, ni aucun vernis à l'alcool, pour les préparations conservées dans du picrocarminate en excès, parce que l'alcool pénètre dans le liquide conservateur et détermine une précipitation du carmin.
Pour obvier à cet inconvénient, il faut se servir de l'enduit simple à la paraffine, ou d'enduit à l'essence de térébenthine et au bitume de Judée.
La bordure à la pai'affine n'étant pas solide, les préparations ne sont pas Iransporlables ; il est bon, pour les rendre solides, de mettre par-dessus une bordure de cire à cacheter. (Le bitume ne conviendrait pas, parce qu'il se mêle à la paraffine et constitue un mélange qui ne sèche pas.) La bordure de cire à cacheter doit dépasser en dedans et en dehors la bordure de paraffine; pour déterminer une occlusion absolue, il est nécessaire qu'elle adhère directement au verre. Ce vernis, ainsi que ceux dont nous allons parler, s'emploie pour l'inclusion définitive des préparations, tandis que la paraffine sert surtout à la fermeture provisoire.
BUume Lc bltumc de Judée en solution dans l'essence de térébenthine ou dans la benzine constitue aussi un bon mastic. Pour le faire dissoudre, on le fait cuire au bain-marie, et il est nécessaire de prolonger cette coction pendant très-longtemps pour que le vernis ne s'écaille pas.
Le vernis des graveurs qui se trouve dans le coniniei'ce peut être employé avec avantage pour l'inclusion.
En Allemagne, on lait usage de ce qu'on ap pelle le vernis blanc vomis divers, de Ziegier; la Ibnnule est un secret de fabrication. Nous avons essayé d'en faire avec un mélange de sous-nitrate de bisnuith, de mastic en larmes et de chloroforme, et nous avons obtenu un enduit qui ne s'écaille pas.
Cellules à inclusion faites d'avance. — Pour les préparations conservées soit dans l'eau, soit en général dans des liquides qui s'évaporent facilement, les bordures dont nous venons de parler
FiG. 40. — Porte-objet à cellule pour préparations.
ne sont pas sufiisantes. Pour peu qu'il se produise une fente dans le vernis, le liquide s'évapore insensiblement par cette fente, l'air vient le remplacer dans la préparation, les tissus s'altèrent et la pièce est perdue. Pour assurer plus efficacement l'occlusion, on se sert de cellules préparées d'avance. On trouve dans le commerce des cellules toutes faites, et [d'épaisseurs variées ; elles sont construites en verre, en caoutchouc ou en g'utta-perclia. Il est facile aussi d'en fabriquer soi-même assez avec l'un des vernis rabricaiiou dont nous avons parlé plus haut. On commence par appliquer sur ccUuL. la lame de verre une bordure plus ou moins épaisse de Tenduit que l'on a choisi, disposée de telle façon que les bords de la lamelle qui y sera appliquée arrivent environ au milieu de la couche d enduit. Ensuite, on peut procéder de deux façons. Quand la bordure commence à sécher, ce qui se reconnaît à ce qu'il se forme une légère pellicide à sa surface, on verse dans l'intérieur de la cellule le liquide conservateur et l'on y dépose le fragment ou la coupe de tissu; puis on applique la lamelle, sur laquelle on appuie légèrement; de manière à l'enfoncer un peu dans l'enduit et à Tymouler pour ainsi dire. Le liquide qui a déboi-dé est absorbé avec du papier jo.sepli, el l'on applique une nouvelle couche du même enduit. Il airive quelquefois qu'au moment où l'on cesse
I i4 TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
la pression sur k lamelle, celle-ci se relève un peu et qu'il rentre de l'air. Pour éviter .cet inconvénient, il faut employer un excès de liquide conservateur, ou même, lorsque le liquide n'est pas pi'écieux, en verser dans une soucoupe dans laquelle on plonge la lame tout entière avec sa bordure. On relève la cellule bien remplie de liquide, on l'essuie et on la borde.
L'auti'e manière de l'aire consiste, après avoir déposé la bordure de vernis sulïisamment épaisse, à attendi'e qu'elle soit complètement sèche. Elle est alors usée sur une pierre ponce de manière à obtenir une surlace parfaitement plane. Le tissu est mis dans la cellule avec le liquide qui l'imbibe, la lamelle appliquée exactement sur la bordure, et le tout lixé avec une nouvelle couche de vernis.
Touriiclle. ]\'ous avons supposé, dans ce que nous venons de dire, qu'on se sert de lamelles carrées. Pour faire des cellules rondes, qui peuvent paraître plus élégantes, on se sert de la tournette. Ce petit instrument se compose d'un disque horizontal tournant autour de son axe et sur lequel la lame de verre est assujettie au moyen de deux valets. Au-dessus de ce disque et passant suivant son diamètre, est disposée une tige de laiton horizontale sur laquelle se meut un pinceau dirigé verticalement et arrivant à toucher le disque. Ce pinceau peut être fixé à n'importe quel point de la tige de laiton, et lorsqu'on fait tourner le disque, il trace sur la lame de verre des cercles d'un diamètre varie, suivant qu'on l'a placé plus ou moins loin du centre du disque. On plonge le pinceau dans le vernis, puis on en appuie la pointe sur la lame de verre. que l'on fait tourner. On trace ainsi sur cette lame une bordure circulaire de vernis qui enferme une cellule plus ou moins considérable. 11 faut que les bords de la lamelle qui y sera appliquée arrivent au milieu de la bordure tracée par l'enduit. Quand cette bordure a atteint la hauteur voulue, le pinceau est relevé, la pièce et le liquide conservateur sont introduits dans la cellule, on applique la lamelle, et avec une pointe de bois mise à la place du pinceau, on l'enfonce légèrement dans la bordure en faisant tourner le disque. On essuie l'excès du hquide, et l'on complète l'occlusion en faisant de nouveau agir le pinceau.
Les lamelles rondes se trouvent dans le commerce; il est facile d'en faire avec la tournette, en remplaçant le pinceau jiar une pointe de diamant.
MÉTHODKS iJli GUNSKIIVATIUN.
Poui' L'vilei- de luire loui'ner le disque chargé de sa lame de vci re, M. Maxime Cornu a
r[ pour conserver les pré- ^^^^
parutions. Nous allons indiquer mainleiianl, en passant en revue les dillérenls tissus, les méthodes de préparation qui conviennent à chacun d'eux en particulier.
PiA.NVILIi.
imaginé une autre espèce de lourneile dans laquelle la lame reste innnobile ; c'est le pinceau que l'on l'ait tourner autour d'un
Nous sommes arrivé ainsi à la fin des méthodes générales employées poui' examiner les tissus