‹ Traité technique d'histologie (volume 2)Chapitre 42 sur 81 · S THAITI': TRCHNIQUn: DTIISTQLOGIR · texte numérisé non relu

S THAITI': TRCHNIQUn: DTIISTQLOGIR

Cela lient, non pas à ce ffue la macération n'a pas eu une durée assez longue, mais à ce que les os ont été desséchés avant d'être plongés dans l'eau. En effet, lorsqu'un os irais est abandonné à l'air, la graisse des canaux médullaires s'infiltre de proche en proche à mesure que l'eau s'évapore.

Manioro Si l'ou dcslinc un os à des préparations microscopiques, il ' "imT"' faut le plongei- dans l'eau dès qu'il est séparé des parties molles, les coui'ids mi- et, loi'squ'il est encore mouillé, le diviser en fragments d'une cercioBcopiqucs. longueur à l'aide de la scie. Puis on chasse avec un courant d'eau la moelle contenue dans le canal central, ou, s'il s'agit d'un os spongieux, on le soumet à l'hydrotomie. Dans ce but, une épiphyse avec une petite portion de la diaphysc étant séparée du l'esté de la pièce osseuse, un tube de caoutchouc d'une dimension convenable est ajusté sur le bout sectionné de la diaphyse et fixé avec un lien. L'autre extrémité de ce' tube est adaptée à un robiniM par lequel l'eau s'écoule sous pression. Pour faciliter le passage de l'eau à travers tout le tissu spongieux, si la pièrr a été recueillie chez un adulte, on retranche avec un couteau le cartilage et la lamelle osseuse sous-chondrale.

Les parties osseuses compactes ou spongieuses, une fois débarrassées de leur substance médullaire, doivent être abandonnées à la macération pendant plusieurs mois, en ayant soin de renouveler de temi)s en temps le liquide. Lorsque toutes les parties molles ont été détruites, et que la graisse s'est décomposée en donnant des produits solides, les pièces osseuses sont abandonnées à la dessiccation. Elles deviennent blanches comme de l'ivoire, et présentent sur des surfaces de coupe une raatité uniforme.

s'il s'agit du tissu compacte, des lamelles en sont séparées à l'aide de la scie, soit dans le sens transversal, soit dans le sens longitudinal. Puis elles sont usées et pohes comme il a été dit (p. 82). Le tissu spongieux est trop fragile pour pouvoir être Coupes coupé à la scie sans avoir été préparé auparavant. Les lamelles

sur los os ^

spongieux, qui le composent seraient brisées si elles n étaient pas soutenues. Pour réussir ces coupes, il faut employer le procédé suivant : un fragment d'os est plongé dans une solution sirupeuse de gomme; lorsque cette solution a pénétré dans tous les interstices du fragment, celui-ci est mis à séchera l'air; la gomme s'épaissit et devient poisseuse. Alors le fragment est plongé dans l'alcool qui coagule la gomme et complète le durcissememt. Sur ce fragment

» TFSSU OSSEUX. 2i)li

(lésormflis solide, il csl facile d'enlever avec la scie des lamelles minces. Ces lamelles sont usées cl, polies comme les autres, avec celte seule dilTcrence que, pour mouiller la pierre, au lieu d'employer de l'eau il faut se servir d'alcool ; autrement l'eau dissouilrait la gomme, et le tissu n'aurait plus assez de solidité pour résister aux actions mécaniques. Lorsque la préparation est suffisamment mince, elle est placée dans l'eau où la gomme se dissout, et elle est mise à sécher ensuite sur une feuille de papier à filtrer.

Il est facile de faire sur des os complètement frais des prépa- conpes rations presque aussi bonnes que celles que l'on obtient sur des u-ah." os bien macérés. Pour réussir, il est nécessaire que l'os soit" plongé dans l'eau dès qu'il a été séparé des parties molles, et qu'il soit bien et complètement mouillé dans toutes ses parties lorsqu'à l'aide de la scie on y pratique des coupes minces. Les lamelles détachées sont déposées à mesure dans un petit baquet plein d'eau; on les lave à plusieurs -reprises avec un pinceau, et l'eau est renouvelée jusqu'à ce que toutes les parties graisseuses soient chassées. Ces coupes sont alors usées sur une pierre ponce mouillée. Lorsqu'elles sont suffisamment minces, elles sont de nouveau lavées avec le plus grand soin, puis abandonnées à la dessiccation.

Quel que soit le mode opératoire qui ait été suivi pour faire les coupes, on a recours pour terminer la préparation à des procédés variés, dont les plus usités sont l'inclusion dans l'air ou dans le baume du Canada.

Les coupes d'os qui doivent être examinées simplement dans Loiipos monl'air sont bien desséchées, placées sur une lame de verre et recou- dans'i'air. vertes d'une lamelle. Celle-ci est fixée avec des bandes de pqpier gommé. Ces préparations sont bonnes à la condition que les surfaces aient été très-bien polies ; autrement elles présentent des stries qui troublent singulièrement l'image.

Les coupos minces d'os sont montées avec beaucoup d'avan- Conpos montage dans lo baume du Canada. Suivant la manière d'opérer, dansjS, on obtient des préparations variées, opaques ou transparentes, qui permettent de distinguer mieux tellos ou telles parties du [issu.

Pour faire une préparation opaque, une goutte de baume est rn=pa.-aiions déposée sur la lame de ver-rc et chauffée avec ménagement.audessus d'ime lampe à alcool ou d'un bcr de gaz, de manière à faire

»iiiii(>

ihi Canada.

300 TRAITA TECHNIQUE D'IIISTOLOGir!;.

évaporer l'essence de lérébenLliine qui y csL eonlenue et ù rendre ainsi la résine moins liquide. Après refroidissement, la consistance de la goutte est essayée en appuyant la pointe d'une aio-uille sur sa surface. Si cette sui'face résiste, la lame est portée de nouveau au-dessus de la flamme pour faire fondre le baume, et, tandis qu'il est liquide, la coupe osseuse tenue au moyen d'une pince y est plongée. Puis la lamelle est appliquée exactement sur le fragment osseux en appuyant dessus avec le manclio d'une aiguille ou d'un scalpel, et le tout est porté sur une surface mélxilliquc froide pour que la résine se solidifie rapidement. Ces précautions sont indispensables. Il faut, en effet, tout à la fois que le baume soit liquide pour éciaircir en l'imbibant la substance fondamentale de l'os, et qu'il se solidifie rapidement pour ne pas pénétrer dans les fins canalicules dont nous parlerons plus loin, parce qu'il les déroberait à l'observateur. La dessiccation brusque du baume du Canada en le cliaullant sur une flamme est d'une application délicate, car en la pratiquant on s'expose à enflammer la résine ou à la jaunii". Aussi est-il préférable de le desséclier lentement. Pour cela, on en place une goutte sur une lame de verre en le tenant à l'abri de la poussière, et lorsque l'essence de térébentliine s'est évaporée, sa consistance est convenable pour faire des préparations. Ce procédé exige plus de temps, mais il donne de meilleurs résultats.

Pivpaiaiions Lcs préparatious transparentes dans le baume du Canada peutianspauntib. ç^^^^^ ^^^^ facous différentes. Lorsque l'on se propose

d'obtenir la plus grande transparence possible pour voir nellement des parties que l'on a d'abord colorées, la coupe d'os bien sècbe est plongée dans de l'essence de térébentbine ou dans du chloroforme. Elle est ensuite déposée dans une goutte de baume ordinaire sur la lame de verre et recouverte de la lamelle.

Lorsqu'on se propose, au contraire, l'étude des lamelles osseuses, la préparation doit être Hiite autrement. La coupe d'os est plongée dans du baume du Canada sec fondu par la chaleur el maintenu en fusion jusqu'à ce qu'il ait infiltré complétemenl les canalicules osseux.

Descripiion Une coupc transvcrsalc d'un os long de l'homme adulte prise .ifif coupo à peu près au milieu de la diaphyse, sur une préparation opaque dCoTioilff. réussie, nous montre à un faible grossissement le tissu osseux disposé sous la forme d'un anneau dont les couches exlernes sont formées par un système de lamelles continu (sysinne de la-

melles pcriphériques) . Le bord central de cet anneau limiLc le canal médullaire et il est formé aussi par des lamelles {système périmédullairé) ; mais celles-ci ne constituent pas un système circulaire continu comme pour les couches péi'iphériques. Sur presque tous les os, elles sont imbriquées, c'est-à-dire qu'elles sont des sections de cercles qui se recouvrent par leurs extrémités. Entre le système de lamelles périphéi'iques et le système périmédullairé se trouve compi'is un tissu dont la description est subordonnée à celle des canaux vasculaires ou canaux de llavers. Dans cette région de l'os, ces canaux se montrent sous la Ibrme de cercles vides comme le canal médullaire central, seulement ils sont beaucoup plus petits. Autour de chacun d'eux, il existe un système de lamelles à couches concentriques semblable à celui qui entoure l'os tout entier à sa périphérie. Ce sont là les systèmes de Havers.

Deux systèmes de Havers voisins se touchent, ou bien ils sont séparés par des espaces de formes très-variées ( triangulaires ou quadrangulaires) où le tissu osseux présente une disposition lamellaire spéciale. Les arcs que décrivent ces lamelles appartiennent à des cercles dont les rayons sont toujours très-grands par rapport à ceux des systèmes de Jlaver.^. Ce sont là les systèmes de lamelles intermédiaires.

En résumé, sur une coupe transversale de la diapliyse d'un os long-, les systèmes de lamelles se distinguent en périphériques perunedullau-es, de llavers et inleiinédiaires. Nous reviendrons plus lom sur les canaux de llavej's et sur ces difierents systèmes

l'ic. 93. — Coupe tfiuisversalcclii corps d'un mctacai'pien de T homme. ■ — «, système de lamelles pcripliéi'iqucs ; h; système iicrimcdnUaire ; c, canaux de llavers entourés de leurs systèmes; c/, systèmes intermédiaires (grossissement faildc).

302 THAITIÎ TECHNIQUE D'UISTULOGIE.

de lamelles, qui pi'ésenlenl cliacim des parLieularilés dans leur slrucLure.

Quel que soit le système de lamelles que l'on considère, on levoit, avec un grossissement de 100 à 300 diamètres, parsemé assez régulièrement de petits corps noirs étoilés {corpuscules osseux). De ces corpuscules partent des canalicules extrêmement fins qui se divisent et s'anastomosent entre eux. Ce sont les canalicules primitifs.

Telles sont les dilférentes parties constituantes d'un os. Mais si nous bornions là notre observation, elle serait insuffisante, et il convient de poursuivre cette étude, soit en examinant plus attentivement les préparations dont nous venons de parler, soit en en faisant d'après d'autres procédés ayant pour but de nous faire mieux connaître telle ou telle de ces parties.

Canaux de iiavcrs. — Sur uuc coupc transvcrsalc, nous avons vu les canaux de Ilavers représentés par des cercles à peu près réguliei's. L'observation de celte préparation ne nous suffit pas pour nous faire connaître exactement la forme de ces canaux. En effet, le microscope ne nous donne ici de cet objet que sa projection sur un plan, ou, si nous faisons varier le point, sur plusieurs plans parallèles. Or, comme l'enseigne la géométrie descriptive, il faut, poui- définir un objet, deux projections sur deux plans non parallèles. Dans le cas parliculier qui nous occupe, un canal n'est pas défini par une projection sur un plan perpendiculaire à son axe, il fîiut encore sa projection sur un plan parallèle à cet axe. Nous remplaçons la projection sur un second plan par l'observation d'une coupe ])erpendiculaire à la première, faite par conséquent suivant l'axe de l'os, et montrant les canaux de Havers dans leva- longueur. Pivpaiatioii Pour ajoutei' à la netteté de ces préparations, on les traite de iiou. voir la manière suivante. Une lois usées et polies par le procene !icHavcTs'! ordinaire, elles sont plongées pendant 10 à 40 heures dans une solution ammoniacale de carmin concentré. Leurs deux faces sonl ensuite usées sur une pierre à aiguiser mouillée avec de l'alcool. Les couches de la surface qui ont été colorées sont ainsi enlevées, et il ne reste de rouge dans In pi'épai\^ition que c(> qui est en creux.

Sur les coupes longitudinales traitées de cett(> façon, 1(\>^ canaux de llavers apparaissent comme des tubes anastomosés, colorés en rouge. Ils sont pour la plupart dirigés dans le sens de l'axe d(^

TISSU USSKUX.

l'os cl réunis enl.ro eux pur des canaux obliques, de manière ((ue les mailles interceptées ont une figure losangiq-uc ou trapézoïde.

Sur les coupes transversales, ils se montrent comme des cercles rouges, lorsque le canal est demeuré rempli de détritus osseux colorés par le carmin. D'autres fois, le canal est vide, et il n'y a plus qu'un liséré rouge bordant le cercle qui représente ce canal. En employant des objectifs forts et en faisant varier le point, il est facile de se convaincre, surtout lorsque le canal a été cou|)é un peu obliquement , que ces anneaux rouges correspondent à des cavités cylindriques.

Nous ne donnons pas ici une description spéciale du tissu spongieux.

On peut considérer ses aréoles comme des canaux de Havers considérablement élargis, de telle sorte qu'il ne reste plus entre eux qu'une faible couche de lissu osseux, et celui-ci y est toujours disposé sous forme de lamelles concentriques.

Corpuscules osseux et canalicnlcs prtniitits. — Sur dcS préparations sèches - conservées dans l'air, aussi bien que sur celles qui sont montées dans le baume du Canada desséché, les corpuscules et les canalicules paraissent noirs, parce qu'ils sont l'omplis de gaz. Comme ces gaz ont un indice de réfraction trèslaible relativement à la substance osseuse dans laquelle il sont enfermés, ils agissent sur la lumière transmise comme une bulle d'air dans le baume (v. p. 17). Il est tout à fait inutile de discuter à ce sujet l'opinion des anciens histologistesqui considéraient ces corpuscules et ces canalicules comme des amas de sels calcaires, dont l'opacité aurait empêché la lumière d'arriver aux yeux de l'oh.scrvateur, ce qui les aurait fait paraître noirs.

l'our bien a|)précier la forme des corpuscules osseux, il faut les

Coupes li'ansvcrsales.

Fia. 9/i. — Coupe transversale de la diapliyse du Icmur de l'homme adulte. Coloration des canaux de Havers par le carmin. Préparation dans le baume sec. — H, canal de Havers; s, système de Havers; si, système intermédiaire. — /iO diam.

Tissu 5|ioiig;ieux.

C(M'|ni seules osseux.

TIUITK TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

étudier sur des coupes transversales et longitudinales. D'après les images fournies par les deux espèces de coupes, on arrive à se convaincre que la plupart des corpuscules, surtout ceux qui sont situés dans les systèmes périphériques, périmédullaires et de Havers, ont la forme d'une amande ou d'un ovoïde aplati suivant le plan formé par les lamelles qui les contiennent. Quant aux rapports des corpuscules avec les lamelles, il en sera question un peu plus loin, car la méthode ordinaire de préparation est insuffisante pour résoudre la question, canaiiciiios Lcs caualicules primitifs paraissent anastomosés entre eux,

pi'imilils. T 1 1 1

comme nous avons dit plus haut. Dans un système de Havers, les plus internes semhlent bien s'ouvrir dans le canal vasculaire, mais ce détail, que l'on peut reconnaître avec peine et seulement pour quelques-uns d'entre eux, échappe sur la plupart des préparations. Les anastomoses des canalicules primitifs sont difficiles à suivre, qu'il s'agisse des canalicules d'un même système ou de ceux de deux systèmes voisins.

0|.cic..ii! Cependant, chez certains poissons, il n'en est pas ainsi. Le-rypiin iioiv. corpusculcs dc la lame osseuse de l'opercule des ouïes du cyprin

doré et des divers poissons osseux sont remarquables par la longueur et par la régularité de leurs canalicules. La préparation en est facile.

Après avoir enlevé l'opercule, ses deux faces, raclées d'abord avec un scalpel, sont usées sur une pierre ; puis la pièce, après avoir été lavée dans l'eau et desséchée, est montée dans du baume du Canada sec (fig. 95).

Sauf cette exception,

il est nécessaire, pour bien voir la disposition des canalicules, de recourir à un autre mode de préparation dont les résultais sont bien supérieurs, et qui permet même d'acquérir de nouvelles notions sur les rapports des canalicules entre eirx ou avr'c les systèmes voisins.

FiG. 95. — Lame osseuse de Topercule des ouïes du cyprin doré. Préparation dans le baume sec. — c, corpuscule osseux ; a, canalicules primitifs ; s, snbstance fondamentale. — 500 diam.

PiTp.ii'alioii dus os

Dans ce mode do préparalion, on se propose de faire pénélror dans l'inlérieur des canalicules une malièrc Irès-vivemcnl coloréi?, qui en marque neUemcnL le trajet. De Loulesles matières colorantes, celle qui convient le mieux sous ce rapport est le bleu d'aniline insoluble dans l'eau en solution alcoolique.

L'os sur lequel on fait les coupes doit être parfaitement macéré et desséché. Des coupes transvei'sales et longitudinales sont avju lu bk'ii obtenues par le procédé ordinaire, bien usées et polies. Mais si ukmI-. on les plonge sans leur faire subir aucune autre opération dans '^^"^ lu solution de bleu, la matière colorante n'y pénètre qu'impar- Aiitemenl. Cela tient à ce que la poussière et les détritus résultant du polissage obturent les orifices des canalicules qui viennent s'ouvrir sur les deux faces de la préparation et en occupent le calibre sur une certaine longueur. La matière colorante dans laquelle les coupes sont plongées ne peut donc pas entrer directement dans les canalicules, et,

ny pénétrant 'que par Fu;. OG. — Coupe Iransvcrsalc (îc la dia|)liyse du les canaux de Ilavers l'uljil'ition des corpuscules et

n'injecte que très-incomplctfiment la prépai-ation. Pour obvier à cet inconvénient, il •suffit, après que la

coupe a été amincie et polie par les procédés ordinaires, d'en racler les deux faces avec un scalpel bien tranchant, de les décaper pour amsi dire, en enlevant la couche superficielle où les :anai.cules sont bouchés. Le bleu, pénélrant dès lors par tout s

ouver ures, irnguera û peu p.ès complètement le syst^ ics canalicules. Une ibis la coupe ainsi préparée, elle ^

des caualiculcs primilifs par le bleu d*auiline. Préparatiou dans la glycérine salée. — H, canaux de Ilavers; c, corpuscules osseux ; /j, conflucnls lacunaires; r/, corpuscules à canalicules récurrcnls ; .y syslème intermédiaire avec des libres de Siiarpey h • /), "grosses fibres de Siinrpcy des lames intermédiaires. — 300 diam.

306 TKAlTli; TECIl.NInUE blW^TOlJniWL

portée dans la solulion alcoo'ique de bleu et y est aijaiidonnée pendant une ou deux heures ; puis on chauffe au bainmarie jusqu'à dessiccation complète. La lame d'os est alors usn des deux côtés sur une pierre à rasoirs mouillée avec une solution de chlorure de sodium à 2 pour iOO. Elle est lavée dans cette solution et .montée en préparation permanente dans un mélange à parties égales de glycérine et de la solution de sel. Le sel est employé ici parce qu'il diminue la solubilité des couleurs d'aniline ou les rend complètement insolubles.

Sur une coupe transversale d'os traitée de cette façon ' , les corpuscules osseux et les canalicules primitifs remplis de la matière à injection sont très-nettement dessinés. .Les canalicules sont faciles *à suivre dans leur trajet et dans tous leurs détours. Il est aisé d^' se convaincre que les plus internes d'un système concentrique vont tous aboutir au canal de L'avers qui en est le centre. Celui-ci est dessiné sur la préparation par un cercle ou par un anneau bleu qui représente ses parois colorées par le bleu d'aniline. La' communication des canalicules avec le canal est du reste un fait admis par tous les histologisles, et sur lequel je n'insisterai pas.

Sur la même préparation, on peut observer d'autres faits qui présentent de l'importance au point de vue de la structure et du développement du tissu osseux. Parmi les corpuscules compris dans les systèmes de Ilavers, il s'en rencontre qui ne sont constitués que par une simple fente dont la largeur ne dépasse pas de beaucoup celle d'un canalicule primitif. On reconnaît qu'il s'agit bien là d'un corpuscule, à cause de la place qu'il occupe par rapport aux autres, et parce que des canalicules primitifs venus des corpuscules voisins l'atteignent pei-pendiculairement à son axe et se comportent avec lui comme les canalicules avec les autres „,s corpuscules. J'appelle ces corpuscules minces confluents lacunaires des os. Je pense qu'il s'agit là de corpuscules osseux en voie d'atrophie ou complètement atrophiés. Cette observation est en rapport avec celle de quelques auteurs sur l'écarlemenl des corpuscules osseux dans les progrès de l'âge. Seulement, je ne pense pas que ce phénomène soit le résultat d'une production de substance osseuse nouvelle qui écarterait les anciens corpuscules, comme le soutiennent ces auteurs, mais bien de la disparition d'un certain nombre de ces corpuscules par le processus

> Archives de physiologie ^ 1875, p. ■!().

d'aliophic. L'cxislcnco des coiillucnLs Jacutiaircs l oiid du moins mon interprétation très-probable.

Un second l'ait que nous montre l'injection des canalicules par le bleu d'aniline est le suivant. Les corpuscules qui sont à la limite i)ériphériquc d'un système de Havers présentent deux espèces de canalicules. Les internes se comportent comme les canalicules des autres corpuscules osseux, c'est-à-dii'e qu'ils sont rectilignes on légèrement sinueux, se divisent et s'anastomosent par inosculalion avec les canalicules des corpuscules voisins.

Les externes ont une tout autre .-^-^ ^

marche. Ils se dirigent d'abord en droite ligne vers la limite du système de Havers, comme s'ils allaient s'anastomoser avec des canalicules venus d'un système de ILavers voisin ou d'un système intermédiaire; mais, arrivés à la limite du système de Havers auquel ils appartiennent, ils décrivent une courbe, reviennent sur euxmêmes et vont s'anastomoser

.avec des canalicules appartenant à leur propre système.

J'appelle ces canalicules canaliculen récurrents. Qiielquesiins d'entre eux font exception à la règle et vont s'anastomoser avec des canalicules d'un sys-

' tème voisin.

' Il résulte de ces faits que les corpuscules <;t les canalicules d'un système de Havers foi'iiient un ensemble indépendant jii-squ'à un certain point. Cela

^"SL^ l'apport avec cetl,e conception de i'anatomie générale qu un système de Ilavei's, avec son canal vasculaire central son système lamellaire et ses corp.iscules, représente l'os élémonlau-e. Chez cerlams animaux, la grenouille en particulier

Fn;. 97. — Coupes longitudinale cl transversale du l'én'.ur de la grenouille.

A, coupe longitudinale de l'extrémité antérieure de l'os; lî, coupe transversale de la diaphyse de Fos.— lOdiam

.JJispusilioii

(Il-s caiialicidos.

Canalicules rcciirrents.

308 TlUlTJi TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

un OS long est formé par un seul système de Havei's ' (lig. 97).

Dans les syslèraes intermédiaires, aussi bien dans ceux qui sont au voisinage du canal médullaire, que dans ceux qui sont placés à la périphérie de l'os, les corpuscules et les canaliculcs présentent une disposition que l'on ne peut comprendre si l'on ne connaît pas les libres de Sliarpey.

Sharpey a signalé le premier, dans les couches superticielles des os, des fibres pâles qu'il appelle libres perforantes et que l'on nomme généralement de son nom, fibres de Sliarpey. Ces fibres pénètrent dans l'os, suivant une direction perpendiculaire ou oblique à sa surface. Nous les avons rencontrées aussi dans l'intérieur de l'os, non pas dans les systèmes de lamelles concentriques, mais dans les systèmes intermédiaires. Elles se présentenl dans ces systèmes suivant les directions les plus variées, mais sur les coupes transversales de la diaphyse des os longs la plupart sont coupées transversalement".

' Comptes vendus, 10 novembre 1873.

- Il est facile d'obtenir isolées ces fibres de Sharpey. A cet effet, une coupe mince,

faite sur un os frais ou macéré, usée et polie soigneusement, est plongée dans 200 grammes d'eau contenant 1 à 2 grammes d'acide chloriiydrique (les os plats du crâne conviennent sjjécialemcnt pour ce genre de préparation). La décalcification se produit assez rapidement.

Sur la lamelle d'ôs, examinée alors dans l'eau acidulée avec un grossissement de 300 à 500 diamètres, les fibres de Sharpey se distinguent nettement. En dissociant avec des aiguilles, on arrive à écarter les lamelles les unes des autres comme les feuillets d'un livre, et fi de temps à autre, on regarde la préparation avec un faible grossissement pour se rentb'e compte dos résultats delà dissociation, on voit les fibres rester adhérentes aux lamelles périphériques se dégager des profondes et finalement être complètement isolées. Dans les lamelles ))rivécs de leurs fibres de Sharpey, se remarque en creux le moule des fibres qui ont été enlevées.

Fie. 98. — Coupe transversale du frontal du chien adulte, faite sur l'os sec, puis décalcifiée par l'acide chloriiydrique. — S, fibres de Sharpey; c, corpuscules osseux; V, canal vasculairc entouré d'un système de lamelles où les fibres ne pénètrent pas. — AOO diain.

Dans les îlots qui, sur une coupe transversale de ces os, correspondent aux systèmes intermédiaires (A,.fig.9G), elles se mon- - Irent sous forme de cercles réfringents d'un diamètre très-viu'iable. Il se trouve de ces cercles dans tous les îlots intermédiaires, aussi bien dans ceux qui avoisinent le canal médullaire central que dans ceux qui se trouvent à la périphérie de l'os. Jamais on n'en observe dans les systèmes de Ilavers. Cette première observation établit que tous les îlots intermédiaires ont été formés sous le périoste, ainsi qu'on le comprendra par l'histoire du développement du tissu osseux, (voyez plus loin chap. vu). De plus, elle ruine complètement la conception mathématique de Wolff' sur le développement des os.

Sur ces préparations, il est facile de voir comment se comportent les corpuscules et les canalicules par rapport aux fibres de Sharpey. Les corpuscules sont placés dans les angles laissés entre ces fibres, dans une masse plus ou moins épaisse de substance osseuse proprement dite; les canalicules nés de ces ^' corpuscules contournent les fibres de Sharpey et s'anastomosent autour d'elles, sans jamais les traverser. Cette dernière observalion, rapprochée de celle des canalicules récurrents de la périphérie des systèmes de Ilavers, conduit à penser que.les canalicules osseux ne sont pas des trajets creusés après coup dans la substance osseuse, mais qu'ils se forment en même temps que cette dernière.

Nous reviendrons plus loin sur ce sujet à propos du développement du tissu osseux.

Cellules osseuses. — L'étudc quc uous avous faite jusqu'à présent ne nous a fait connaître du tissu osseux que les parties qui résistent à la macéi-ation. Pour déterminer le contenu des corpuscules osseux pendant la vie, il faut recourir à d'autres méthodes. Le procédé à employer consiste à décalcifier les os frais par les acides et à y faire des coupes avec le rasoir.

Divers acides peuvent convenir pour cette décalcification. Ainsi

Mir les préparations q\ii n'ont pas ûlà soumises à la dissocialioii, les fibres de Sharpey st montrent sous la Corme d'un système élégant (fig'. 98). Elles se séparent réunissent de nouveau, et fmalement viennent se terminer brusquement sur la ...nielle la plus cxlerne d'un système de Ilavers. [S/iavpeu, Quain's analomy, 1SG7 I, p. 9G, fig. àQ.)

' J. Wol/f. Uebpr die innere Arcliitccl.ur der Knoclien, elr. Vivrhow's An/iir 1870, vol L, p. 38!). , '

310 TRAITR TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

un iiK'Iangp à pni-l.ins égales d'eau et d'acide chloi liydi-ique agit rapidemenl. Une macération pi'olongce dans l'acide chromiqne à 2 i)our 1 000 ou à 5 pour i 000 permet d'obtenir le môme résultat, à la condition que les fragments d'os, s'il s'agit du tissu compacte, n'aient guère plus de 4 millimètres de côté; autrement ce serait une illusion de l'espérer. L'acide chromique a l'inconvénient de produire souvent des granulations ou des cristaux dans la préparation ; aussi est-il généralement préférable d'employer l'acide picrique concentré, qui n'a pas cet inconvénient. Quel que soit l'acide employé, il est indispensable que les fragments d'os soient très-petits et la quantité du liquide relativement considérable.

On reconnaît que la décalcification est complète lorsque les iVagnients osseux présentent une consistance carlilagineuse, qii'ils sont légèrement flexibles, et qu'ils ne résistent pas au scalpel. Ces fi'agments sont alors montés dans de la moelle de suieau pour en faire des coupes, qui doivent être aussi minces que possible. Elles sont placées dans l'eau où elles se décolorent, puis elles sont colorées soit dans une solution de carmin neutre ou de picrocarminate, soit dans une solution d'acétate de rosaniline dans l'acide acétique, ou mieux encore en les laissant pendant vingt-([uatre à quaiante-luiit beures dans une solution de ])urpurine (voy. p. 280). Elles sont ensuite lavées à l'eau distillée et portées sur une lame de verre, où, après que l'on a constaté si la coloration est suffisante, elles sont montées en préparation.

On peut arriver à faire des coupes après décalcilication ■sur des fragments d'os assez volumineux, en procédant de la manièi*e suivante. Une rondelle d'os, (de fémur bu main par exemple), ayant 1 à 2 centimètres d'épaisseur, est plongée dans un flacon contenant 500 grammes d'une solution d'acide chromique à 5 pour 1000, L'acide attaque d'abord les couches superficielles, et, au bout de quelques jours, il est facile d'enlever avec le rasoir, aux deux extrémités de la rondelle, deux lamelles trèsminces. Puis l'os est remis dans une nouvelle solution d'acide chromique, et au bout de quelques jours, on peut enlevei' sur chacune de ses faces une nouvelle lame osseuse.

On arrive, en continuant de cette façon à pratiquer des coupes successives, à débiter en tranches minces une assez gr.'uidc épnisseiu' de l'os.

TISSU (3SSEUX.

Sur dos os déralciliés, les

(?-analiculcs osseux son mal des- "'^

sinés, la difTci-cnce de réfraction entre le liquide qu'ils contiennent et la substance osseuse n'étant pas assez considérable pour Ihire apparaître nettement des objets si fins, à moins d'employer de très-forts objectifs.

Des coupes minces pratiquées sur un très-petit fragment d'os décalcifié dans l'acide picrique, soumises pour les colorer <à l'action de la purpurine, et examinées ensuite dans l'eau , nous présentent, dans l'intérieur des corpuscules osseux, des détails de structure qui, au point de vue de la morphologie générale, ont beaucoup d'intérêt. Au milieu de la figure anguleuse qui correspond à celle du corpuscule osseux à l'état sec, sa montre un noyau oyalaire ou arrondi, coloré en rouge par le réactif. Ces noyaux se sont pas libres dans la cavité des corpuscules. Lorsque ces derniers se présentent à l'œil de l'observateur suivant leur grand diamètre, on voit partir de chaque extrémité du noyau .un prolongement granuleux qui s'en va en ligne droite ou en suivant un trajet un peu onduleux gagner la paroi de la cavité du coi'puscule. Une observation attentive, faite à l'aide d'un très-fort grossissement, montre, que ce filament correspond à la coupe optique d'une lame protoplasmique d'une grande minceur. Cette lame s'est probablement détachée delà surface interne du corpuscule, car, sur un certain nombre de ceux-ci, on la trouve encore fixée à la paroi, tandis que le noyau qu'elle conlient fait une forte saillie dans l'intérieur de la cavité. Jamais on ne voil partir de la lame de proto-

Fifi. 99. — Coupe transversale du tissu spongieux de la lête du fémur du chat adulte, faite après décalcification dans une solution d'acide picrique et colorée avec de la purpurine. — c, corpuscules osseux; n, noyaux des corpuscules; p, coupe optique de la lamelle de protoplasma qui constitue la cellule osseuse ; 4', substance fondamentale de l'os dans laquelle on aperçoit des canalicules primitifs coupés dans diverses directions. — 1500 dinm.

Contenu lies corpusonlos nssoiix.

CoUulo osseuse,

plasma des filamenls qui pénélreraicnl dans les ranalirnlos primilifs..

D'après celte observation, il est vraisemblable que la cellule osseuse proprement dit€ est une cellule plate, moulée sur la paroi du corpuscule osseux et possédant un noyau globuleux. Il est peu probable que cette masse protoplasmique envoie des prolongements dans les canalicules primitifs, de telle sorte que la circulation plasmatique doit s'y faire facilement, (îs'in Virchow, le premier, a décrit le corpuscule osseux comme une l'ViiciKw. véritable cellule. procédé qu'il employait pour le démontrer

consistait à décalcifier de minces lamelles d'os au moyen de l'acide clilorliydriquc étendu, et à les dissocier ensuite avec des aiguilles. Il obtenait de cette façon des corps étoilés, présentant à leur centre une masse plus l'éfringenlc '.

Depuis lors, Neumann-, en Iraitanl d'abord par l'acide clilorbydriquc, puis l)ar une .«solution de soude faible des os macérés et qui par conséquent ne pouvaient plus contenir d'éléments cellulaires, est arrivé à isoler des c^i'ps étoilés absolument semblables à ceux que Yirchow avait obtenus sur des os fi'ais, sauf qu'ils .nei)réscn(aientpasdenoyau. Puisqu'elle persiste sur l'os macéré, la cellule osseuse de Yircbow n'est donc pas en réalité une cellule. C'est une formation secondaire, une sorte de cuticule calcifiée qui cnlourela cellule de la môme façon que la capsule entoure la cel-

1 La première observation de Vircliow {Verhandlungen derphysico-medicalhch. Geselkch. zu Wïirzhurg. 1850, p. 193), a élû faite cii traitant par l'aciile chlorhydiique (la dose n'est pas spécifiée) des lamelles osseuses extraites d'une pièce de fracture consolidée, conservée dans l'alcool. L'année suivante (/oc. citât. 1851, p. 150) Vircliow reprend cette question, et dans un travail qui, à cette époque, a frappé vivement, tous les histologisles,- il cherche à démontrer que le corpuscule osseux, la cellule cartilagineuse, le corpuscule du tissu conjonctif et la cellule ramifiée du li su muqucux sont des équivalents. Il rappelle qu'avant lui Schwann, Donders et Kiilliker ont admis la nature celhdaire du corpuscule osseux, et que Donders était arrivé, en traitant des os par l'acide clilorhydriquo d'abord et par la po!aà?e ensuite, à isoler des corps étoilés qu'il considéiait comme des cellules munies de prolongements.

- Nciimrin». Reitriige zur Kcrnlniss des noriualou Zahnhein-und Knochcngcwebcs. Kœnigsberg, 18G3.

100. — Deux curpnsrules osseux isolés apirs niac'éralion. — a, complètement séparé, avec une unisse centrale ; i, dégagé d'un côté seulement. (/'V^/z/vi l'tiipruntée au Imité (l'/iistoloyic (le Frey.)

TISSU OSSKUX. 313

Iule carlilaginciise. La véritable cellule est dépourvue de membrane, et elle est constituée, comme les cellules que nous avons étudiées jusqu'ici, par nne masse de protoplasma contenant un novau. Cette masse est globuleuse dans les corpuscules osseux en voie de formation. Plus tard elle s'aplatit et devient une lame extrêmement mince qui tapisse la cavité osseuse. Mais dans aucun cas on ne saurait considérer comme une membrane de cellule cette cuticule osseuse qui l'entoure et que l'on peut isoler. Pas plus que la capsule de cartilage, elle ne fait partie intégrante de la cellule.

Lamelles osseuses. — Lcs lamcHcs forment la substance osseuse proprement dite. Cette substance est un composé d'osséine et de sek calcaires. Ces sels n'existent pas dans les os sous forme de granulalions distinctes, mais on les met en évidence en traitant une parcelle d'os sous le microscope par de l'acide cblorliydrique ou sulfurique. Le premier de ces acides dégage des bulles (l'acide carbonique en laissant le stroma organique, qui conserve la forme de l'os. L'acide sulfurique détermine aussi le départ de bulles de gaz, mais il forme en même temps des cristaux de sulfate de cbaux cpii restent dans la préparation, et que l'on reconnaît à leur forme caractéristique.

Nous avons vu qu'à la périphérie des os longs adultes il y a plusieurs couches de lamelles parallèles à la surface ; dans une région plus profonde, ces lamelles sont disposées en cercles concentriques autour des canaux de Havers. Entre ces cercles concentriques se trouvent des systèmes de lamelles qui ne leur appartiennent pas et qu'on appelle des systèmes intermédiaires. Lorsqu'on examine attentivement ces derniers systèmes, il est facile de reconnaître, en considérant leur situation et leur direction par rapport aux systèmes disposés autour des canaux, qu'à une période antérieure du développement de l'os ils ont été des systèmes périphériques.

Une coupe transvei'salcd'os montée dans du baume du Canada sec, maintenu quoique temps en fusion par la chaleur pendant que la préparation y est plongée, montre très-nettement ces différents systèmes. Le baume a pénétré dans les corpuscules et les canalicules et les a rendus presque invisibles, et leurs détails ne gênent plus dès lors l'observation des lamelles.

Une préparation ainsi faite, examinée à im grossissement de ,,I;;;;;;,';!!;;es 7|00 à 500 diamètres, avec un objectif à grand angle d'ouverture, "^^"^

montre, soil dans le système périphérique, soit dans les systèmes concentriques aux canaux de Havers, deux espèces de lamelles qui alternent l'une avec l'autre pour former des couches successives; les unes, homogènes, bi'illantes quand l'objectif est au delà du point, obscures quand on le ra})proche; les autres, d'aspect strié, obscures quand l'objectif est au point ou au delà, brillantes quand il est plus rapproché. Ces deux espèces de lamelles ont donc une réfringence différente. Nous appellerons les premières lamelles liomogènes^ les secondes, lamelles striées. \\ f'sl facile do se convaincre que l'aspect slrié d'une des

Fk;. 101. — Coupps (le la tliaphyse du fémur de l'Iiomme, faile sur Tos sec et maintenue dans le baume sec fondu par la chaleur jusqu'à infiltration des canaliculo-. — A. Coupe transversale. — B. Cou'pe longitudinale. — H, canal de Havers; L, lamelles homogènes; lamelles striées ; c, corpuscules osseux. — 600 diam.

espèces de lamelles est dû à de petits ponts à bords sinueux, formés d'une matière semblable à celle des lamelles homogènes et ayant les mêmes propriétés optiques. Ces ponts interrompent la lamelle striée en réunissant les deux lamelles homogènes voisines.

Cette structure des lamelles osseuses se voit aussi bien sur des coupes longitudinales (fig. 101, B) que sur des coupes transversales (fig. 101, A). Cela prouve que la striation est réellement produite par de petits ponts, et non pas par des lames longitudinales, comme on pourrait le croire si l'aspect strié ne se montrait que sur des coupes transversales.

Ces ponts donnent aux systèmes de lamelles l'aspecl d'une éloflc

Tissi: OSSRrX. 3J5

lissée. C'osL ccllo obscrvalioii qui a dû conduire Sh.irpey' à suucuinconsidérer la substance osseuse comme composée loul entière de '''^J.'./'-^J'"' fibres passant les unes par-dessus les autres comme la chaîne et, si.a.poy. la trame d'ime étoile. Cet auteur allirme avoir obtenu après la décalcification au moyen de l'acide chlorhydrique des préparations tout à fait démonstratives, et Kôllikcr, qui a vu ces préparations à Londres, confirme le fait, mais sans mentionner en aucune façon qu'il ait renouvelé l'expérience. Nous avons essayé le procédé indiqué par l'auteur, mais nous n'avons pas réussi à voir la texture fibreuse dont il parle.

Examen des lamelles osseuses et des fibres tle Sliarpey à la

lumière polarisée — Pour l'étude dcs OS à la lumière polarisée, les préparations opaques ne conviennent pas. Le meilleur procédé consiste à placer les coupes dans du baume du Canada sec, et à chauffer assez longtemps pour que le baume pénètre dans les corpuscules et les canalicules et les rende transparents.

line coupe longitudinale d'un os de grenouille préparée de ,,„,'î^s™Psaie cette façon et examinée au microscope à la lumière polarisée ,,','^"nVifère sur champ noir, c'est-à-dire lorsque les deux niçois sont croisés ^'''i,',^,)?^''" (voy. p. 37), est tantôt lumineuse, tantôt obscure. En faisant tournei' la préparation sur la platine (et avec un peu d'exercice on arrive a exécuter facilement cette manœuvre sans lui faire quitter le'chamf) du microscope), on voit qu'elle est brillante dans toutes les positions, excepté suivant deux diamètres perpendiculaires l'un à l'autre et perpendiculaires ou parallèles au plan de polarisation des deux niçois.

Une coupe transversale de la diapbyse d'un os long de mammifère, examinée dans les mêmes conditions, montre sur un champ obscur une croix bi'illante autour de chaque canal de Havers (fig. 102). Toutes ces croix sont orientées de la même façon. Quand on fait tourner la piéparation sur la platine, elles ne changent pas d'orientation ; elles ne proviennent donc pas d'une structure particulière des lamelles en certains points.

Parmi les syst.èmes intermédiaires, ceux dont les lamelles sont dir-igées parallèlement ou perpendiculairement aux branches des croix brillantes sont aussi brillants; ceux dont les lamelles sont dirigées obliquement par rapport aux croix son! au contraire obscurs. En faisant tourner la préparation, les lamelles des svs-

i S/tftrpei/, yii.iiii's Anatom.v, 1807, vol. 1, p. 98, fij?. ^fj.

.11 fi TRAITK TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

inlormédiaircs devienncnl bi'illantos ou obscuros , suivant qu'elles s'orientent parallèlement, ou obliquement au système des croix.

Sur des os décalcifiés, ces phénomènes se produisent, d'une manière identique ; ils appartiennent par conséquent à la substance organique des os, et les sels calcaires ne sont pas nécessaires pour les produire.

/•. BZNAVDOT E SALIE

Fh;. 10 2. — Coupe transversale delà diapliyse du iï-inur de l'homme examinée à la lumière polarisée, les deux niçois étant croisés. — 80 diam.

Les fibres de Sliarpey, vues suivant leur longueur, se comportent comme des systèmes de lamelles reclilignes, c'est-à-dire qu'elles sont brillantes dans toutes les positions, excepté suivant deux diamètres perpendiculaires entre eux.

Les corpuscules sont monoréfringents.

Périoste.

Le péi'ioste est une membrane fibreuse qui constitue autoin' de l'os une gaine analogue aux aponévroses qui enveloppent les muscles. Quoique distincte de l'os, cette membrane lui est cependant unie par une série de tractus fibreux, de sorte qu'on ne l'arrache qu'avec un certain effort. Cette union du périosli' avec l'os par des tractus fibreux constitue une analogie de plu?

entre le périoste et une aponévrose musculaire. Celle-ci, en efl'el, comme on le verra plus loin, donne naissance, par sa face interne, ;\ des fibres connectives qui vont former le tissu conjonctif intraumsculaire.

L'adhérence du périoste est variable suivant les points de l'os que l'on examine. Vers les extrémités, elle est plus forte; au niveau de l'insertion des tendons et des ligaments, elle est tellement intime qu'il est impossible de les séparer par la simple traction, et la séparation ne peut se faire qu'à la suite de la rupture du tendon ou de rari'a(;lienient des fragments osseux. Nous trouverons l'explication de ces différents faits dans l'étude de la structure du périoste, et dans celle de l'union des tendons et des ligaments avec les os; Mais nous ne pourrons fournir des explications complètes sur tons ces points, qu'après avoir exposé les faits relatifsau développement du tissu osseux. (Voy. plus loin, Développement du tissu osseux.) Voici le procédé que l'on emploie pour l'étude du périoste : Un qs long d'un petit animal, le tibia d'un lapin jeune, adulte, par exemple, dont le système vasculaire a été injecté en totalité, est plongé dans de l'alcool ordinaire pendant vingt-quatre heures pour fixer les éléments. Un fragment de cet os, muni de son périoste, est mis dans une solution concentrée d'acide picrique. Au bout de quelques jours, quand la décalcification est complète, on y pratique des coupes transversales et longitudinales comprenant l'os et le périoste. Ces coupes, colorées au picrocarminate, sont montées dans de la glycérine.

Sur une coupe longitudinale, le périoste paraît strié longitudinalement et présente une coloration d'autant plus foncée qu'il est examiné sur un point plus rapproché de l'os. Dans la couche la plus interne se voient des vaisseaux légèrement sinueux qui la parcourent dans une certaine longueur et finissent par pénétrer dans un ranal de Ilavers. Avec un grossissement considéiable(400 à 1300 diam.), on y distingue des faisceaux conjonctifs colorés en rose, et des fibres élastiques plus réfringentes colorées en jaune; fibres et faisceaux ont une direction longitudinale.

^ Sur une coupe transversale, le périoste se montre nettement divisé en deux couches : une couche interne, plus étroite, plus foncée et d'apparence granuleuse; une couche externe, plus claire, rosée, parcourue pai- un reseau de fibres élastiques qui la cloisonnent en mailles de grandeur variée,occupées par des faisceaux

318 THAITK TKCiiMQUE iJ llISYOLOGli:.

conneclils coupés en Iravei'S. Dans la couche inlei'ne, le réseau élastique est plus serré et formé de libres plus lines, et les faisceaux conncctifs sont plus minces. A la surface de ces faisceaux sont appliquées des cellules connectives qui, sur la coupe, ont la forme d'un croissant. (Voy. Tissu conjonctif.)

Sur la même coupe transversale, à la surface de l'os, se voient des gouttières semi-circulaires dans lesquelles des capillaires sanguins injectés sont compris à moitié ou aux trois quarts, ciform- certains points, là où le périoste a été un peu séparé de

l'os, se montrent des fibres implantées obliquement dans l'os, et dont l'extrémité libre coupée par le rasoir est dégagée du périoste.

FiG. 103. — Coupe transversale du radins d'un embryon de chien, laite ajiri > dccalciricalion par l'acide picrique en solution concentrée, —p, périoste ; a, moelle sous-périostique. — 50 diam.

Ces fibres, qui passent de l'os dans le périoste, sont des libres spéciales que nous étudierons plus en détail à propos du développement de l'os, sous le nom de fibres arciformcs. Il noiisuffit de faire remarquer ici que ce sont ces fibres faisant partie également 'de l'os et du périoste qui déterminent l'adhérence plus ou moins intime de ces deux organes. Cette disposition se montre de Irès-honne heure. On peut l'observer sur les os en voie de développement. Seulement dans ces derniers, la couclic interne du périoste n'est pas telle que nous venons de la décrire. Tandis que la couclie externe est constituée par des faisceaux de

TlSSi; OSSEUX. 319

tissu coiijonclif à direction loiigiLiidinalc, ([ui piir conséquenl sur dos soctions transversales sont coupés en travers, la couche interne est représentée par un amas de cellules semblables à celles (jui existent alors dans les espaces médullaires (voy. fig. i03).

En résumé, le périoste est constitué par des faisceaux conjonctifs et des fibres élastiques disposés longitudinalement, parcouru dans sa partie interne par des capillaires et relié à l'os par des fibres conjonctives qui passent obliquement de l'un dans l'autre.

Il est facile de s''assurer par l'examen des coupes, soit longitudinales, soit transversales, que le périoste se continue avec le tissu conjonctif des aponévroses musculaires. Au niveau de l'insertion des tendons et des ligaments, il est remplacé par le tissu de ces tendons ou de ces ligaments.

Un autre procédé pour l'étude du périoste consiste à circonscrire, avec un scalpel, sur un os disséqué, un petit fragment de périoste, en forme de rectangle, et à l'arracher de l'os en le saisissant par un des angles au moyen d'une pince. Ce fragment, étendu sur une lame de liège avec des épingles, est desséché. 11 est facile alors d'y pratiquer des coupes fines longitudinales ou transversales. Ce procédé, d'une application plus facile que le précédent, lui est de beaucoup inférieur. Il convient seulement pour l'étude du réseau élastique.

Moelle des os.

La moelle se rencontre dans les espaces médullaires et vasculaires de tous les os : canal central, aréoles du tissu spongieux, canaux de Havers. Elle se présente tantôt sous l'aspect d'une masse adipeuse jaunâtre, tantôt sous celui d'une pulpe plus ou moins rouge, semblable à la pulpe splénique; d'autres fois, enfin, elle est muqueuse, gélatinifonne et même fibreuse.

La moelle adipeuse se rencontre dans les os des membres de iuiil'homme adulte, du bœuf, du chien, etc. ; la moelle rouge, dans le corps des vertèbres des mêmes animaux, dans les os des mem- ..1,1"™"-. bresdu cochon d'Inde, du lapin et du rat; par contre, les vertèbres caudales de ces animaux renferment de la moelle adipeuse, La moelle muqueuse ou fibreuse se rencontre dans les os du crime et dans les os de la face pendant leur développement.

A l'examen histologiquc, et en employant les méthodes que

320 THAITK TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

nous allons indiquer, on trouve dans ces diverses espèces de moelle les mêmes variétés d'éléments ; leur proportion variable est la cause de la différence d'aspect de la moelle. ProcédJ pour Etudions comme exemple la moelle du fémur, du tibia ou de

examiner

la moelle, tout autrc OS loug du cochou d'Inde : procurons-nous d'abord une certaine quantité de sérum du sang de cet animal, en lui faisant une large saignée par la carotide, et en laissant le sérum se séparer du caillot. Un os long, isolé complètement- des parties molles, est divisé suivant sa lon*gueur par le procédé suiN-ant : L'os étant sur une table, la lame d'un fort couleau y est aj)pliquée suivant sa longueur, et l'on fraj)pe sur le dos du couleau avec un marteau. C'est ce procédé que l'on doit mettre en usage toutes les fois que l'on veut étudier la moelle des. os à l'état pliysiologique ou patbologique. On ne saurait croii'c, si on ne l'a essayé , avec quelle facilité on divise ainsi les os les plus gros et les plus compactes. La scie ne doit pas être employée, parce que les débris qu'elle entraîne viennent se mélanger à la moelle, en modilient l'aspect et y forment des éléments étrangers que l'on retrouverait à l'examen microscopique.

Lorsque la moelle est mise à nu par cette opération, on en enlève des fragments avecla pointe d'un scalpel; ceux-ci sont agités dans une goutte de sérum du sang sur une lame de verre, et il suffit de recouvrir d'une lamelle que l'on borde avec de la parafline pour obtenii- une préparation dans laquelle se montreront, avec un grossissement de 150 à 500 diamètres, les divers éléments de la moelle des os.

Cette méthode, qui est excellente pour observer les différentes cellules de la moelle osseuse à l'état vivant, ne permet pas de voir dans toutes ces cellules les détails de leur structure, par exemple la forme et le nombre des noyaux. Elle ne peut fournir des préparations persistantes.

Méihod.- ^^'^^^^ méthode qui nous a le mieux réussi dans ce but : In 'l'ropan^^^^^^ fragmcut de moelle est placé dans quelques centimètres cubes d'un i^cisisumies. mélange d'alcool à 36° une partie, et d'eau distillée deux parties.

Au bout de dix cà trente heures, on enlève une petite portion du fragment avec un scalpel, et on l'agite sur la lame de verre avec le liquide conservateur, line goutte de picrocarminatc à I pouriOOcst ajoutée etmélangée. On obtientainsi une préjiaralioii dans laquelle tous les éléments de la moelle sont conservés, saul

les globules rouges du sang qui sonl dissous par le mélange d'alcool et d'eau. Le protoplasma des cellules est coloré en jaune, et leurs novaux en rouge plus ou moins intense. Pour rendre la préparation délinitive, il suffît de déposer au bord de la lamelle une goutte de glycérine qui doit se mélanger lentement pour ne pas ratatiner les cellules. Lorsque la glycérine a suffisamment pénétré, la préparation est bordée à la paraffine.

Dans ces préparations, on observe des cellules adipeuses, des cellules semblables aux cellules lymphatiques, des cellules plus volumineuses, sphéric{ues , présentant un ou plusieurs noyaux de forme bizarre (cellules à noyaux bourgeonnants) et de grandes cellules à noyaux multiples.

Les cellules adipeuses s'isolent avec une grande facilité, même idans le sérum du sang. Quelques-unes sont complètement libres, ielles roulent sous l'influence des courants qui s'établissent dans lila préparation, et dès lors elles se montrent sous toutes leurs faces. Leur membrane d'enveloppe est très-distincte; elle est èséparée de la masse graisseuse par ' une substance protoplasimique (voy. Tissu adipeux, p. 342), dans lun point de laquelle se voit un noyau lenticu- Lilaire. Si l'animal est jeune, à côté du noyau [et quelquefois dans toute l'étendue du pro- >|loplasma sont disposées des granulations ïraisseuses.

Les cellules semblables aux cellules lymi.phaliques sont désignées généralement sous le nom de cellules médullaires, cellules de la ^moelle des os (méduUocclles). Nous les appellerons cellules lymphatiques de la moelle des |os. Leurs dimensions sont aussi variables que '•elles des cellules de la lymphe. Quelqucsines renferment des granulations colorées en t»orun. Lorsqu'elles sont examinées vivantes, jilans du sérum du sang, on n'y distingue pas le noyau , nouvelle analogie avec les cellules le la lymphe.

Lorsqu'elles sont soumises dans une cham- ■re humide à une température de 30 à /|0", i plupart d'outre elles présentent, comme les cellules lympliaques, des mouvements amiboïdes. Si elles pi'oviennenl de la

Ranvier, llistol. 21

Élo'inciits do la inocllo.

FiG. lOi. — Cellules lymphatiques de la moelle du tibia du cochon d'Inde. —E, H,l, examinées dans du sérum du sang; D, K, F, examinées après Taclion de l'alcool au tiers.

— 650 diam.

Cellules adipeuses.

Cellules lymphatiques.

TRAITK TliCHNIQUE D'HISTOLOGIE, moelle de grenouille, elles manifesLoiU des mouvcmenls semblables à la Lempéraluro ordinaire. 11 est très-facile d'extraire la moelle osseuse du fémur ou du tibia de la grenouille. Le plus souvent, lorsque l'on casse l'os à son milieu^ la moelle qui est souple n'est pas fracturée, et, si l'on écarte lentement les deux fragments osseux, on voit d'un côté la moelle sortir du canal de l'os comme d'un fourreau.

Après l'addition de l'eau ou de l'acide acélique dilué, ou mieux encore en suivant le mode de préparation par l'alcool indiqué plus haut, les cellules lymphatiques de la moelle des os montrent dans leur intérieur un seul noyau sphérique, ou en bissac. Quelques-

l'"iG. 105. — Deux cellules ù noyaux bourgeonnauls de la moelle du tibia du cochon d'Inde, examinées après l'aclion de l'alcool au tiers et du picrocarminate. — A, cellule contenant un gros noyau 7i, muni de bourgeons, avec des nucléoles n' /), protoplasma granuleux. P, cellule contenant un noyau bourgeonnant de forme bizarre, m. — 650 diam.

unes de ces cellules possèdent deux, trois ou un plus grand nombre de noyaux. Les unes ont un corps homogène clair, d'autres présentent des granulations brunes ou incolores, plus ou moins abondantes.

Cellules Lgg cellules à noyaux bourgeonnants ont été bien décrites par

noyaux bonr- J o 1

sconiiants. Bizzozcro ' . Ellcs diffèrent des précédentes par une série de caractères ; elles sont plus grandes ; leurs noyaux apparaissent lorsqu'elles sont examinées dans le sérum du sang; elles ne présentent pas de mouvements amiboïdcs. Après l'action de l'alcool faible et du picrocarminate, leur corps est granuleux. Parfois ces granulations sont disposées en couches concentriques, mais cette disposition ft'est pas générale. A leur centre se voit un seul noyau

^ Bizzozero. 6ul midoUo dcUe osîa. Napoli, 1869, p. H,

prcseiilanl des bosselures, ou une série de noyaux indépendants ou reliés entre eux par des filaments formés d'une substance semblable à celle qui constitue leur masse. Rien n'est plus variable que le nombre, la forme et la dimension de ces singuliers noyaux.

Les cellules à noyaux multiples que Jean MûUer' avait déjà a-iiuic observées dans certains sarcomes des os, que Robin ^ a trou- >m.it.pii vées dans la moelle normale et qu'il a désignées sous le nom de myéloplaxes, peuvent être considérées comme de grandes cel-

ic. 106. — • Une cellule mère ou gigantesque (myéloplaxe) de la moelle des os, extraite d'un sarcome myéloïde du maxillaire supérieur de l'homme. Alcool au tiers, puis picrocarminate d'ammoniaque. — p, masse protoplasmiquc irrégulicre à sa périphérie; n, noyaux; n', nucléoles. — 700 diam.

Iules plus OU moins épaisses possédant des noyaux dans différents plans. Ces noyaux sont généralement ovalaires et ont des nucléoles volumineux. La masse protoplasmiquc qui constitue les cellules est granuleuse et présente de grandes analogies avec celle des cellules précédentes. Y a-t-il d'autres rapports entre ces deux espèces de cellules, des rapports de développement par exemple? Nous ne possédons encore à ce sujet aucune observation concluante. Leurs noyaux se montrent assez nettement dans le sé-

' ./. Mii/ier. Ucbcr den fcincrcn Dau dcr krankhaflen Gcr.cliwiiclste, 1838, p. G. ^ Robin. Comptes rendus de la Société de biologie, 18'i9, p. 110.

324 TRAITÉ TECHNIQUE D'JIISTOLOGIE.

rum, mais on les observe encore mieux après la coloration au carmin. La masse- cellulaire granuleuse se colore en jaune })ar le picrocarminate. Elle ne présente aucun mouvement lorsque l'examen est fait dans le sérum du sang et sur la platine chauffante.

Piopiioiés he- Parmi les petites cellules médullaires comparables aux cel-

nialopoetifiues ^

deiamoeiic dc la lymphc, Neumann' etBizzozero^ en ont trouvé quel-

ques-unes dont le corps est coloré et qui présentent dans leur intérieur un- noyau distinct. Ces histologistes, comparant les cellules colorées de la moelle des os aux globules rouges nucléés des embryons de mammilères, sont arrivés à cette conception que, dans la moelle des os, les cellidcs lymphatiques se trans- Ibrment en globules rouges du sang, et que la moelle osseuse est par le fait un organe hémalopoélique. Je n'ai pas réussi à trouver dans la moelle des os des éléments que l'on puisse considérer comme représentant un stade intermédiaire entre les cellules lymphatiques et les 'globules du sang. Par contre, les

cellules lymphatiques de la moelle osseuse contiennent fréquemment des " granulations colorées en jaune ou en

yj brun, qui très-probablement pro-

viennent de l'hémoglobine. On est dès lors conduit à penser que dans la moelle des os, comme dans la pulpe splénique, quelques globules rouges , sont détruits, et que leur hémoglobine

FiG. 107. —Deux cellules dites . ^, ^ , , , i .• ^ ^

ostéobiastes de rex.trémitc su- lufdtre Ics ccllules lymphatiques et s y ijérieuie du fémur d'un chien ti'ansformc en granulations pigmen-

nouvcau-nc, isolées après 1 ac- °

tion de Talcool au tiers, et tairCS.

traitées ensuite par le picro- Y)inns Ic tisSU OSSCUX en VOie de Oâtéoblastus carminate d'ammoniaque. —

G50 diam. . développement, on rencontre, outre

• les variétés cellulaires décrites précédemment, des cellules particulières par leur forme, auxquelles Gegenbaur' a donné le nom d'ostéoblastes. Elles sont constituées par une masse de protoplasma prismatique, granuleuse, con-

1 Neumann. Ueber die Bedeutung des Knochcnmarkes fur die Blutbilduni;-, Ccn/;j-a/i/«^/, 1S68, p. G89.

2 Bizzozero. Sul niidoUo délie ossa, 1860, p. 13.

:i Gerjenbanr. Ccber .lie Bildun- des Knociicngewebcs. Jenaisclw /cit^chnfl, t. 1 et t. IV.

TlSSr CONJONCTII'. ' 32o

tenant un noyau ovalaire qui n'est pas situé au centre de la cellule, mais au voisinage de l'un de ses bords. A côté d'elles on observe souvent des cellules à noyaux multiples et quelquefois des cellules à noyaux bourgeonnants. Il est fort probable que ces trois variétés cellulaires appartiennent à la môme espèce.

Nous nous bornerons Là pour le moment en ce qui regarde la moelle des os ; une étude plus complète à sera faite à propos du développement du tissu osseux. Alors seulement nous pourrons présenter des généralités sur le tissu osseux et sur ses rapports, soit avec le tissu cartilagineux, soit avec le tissu conjonctif.

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