NERFS. — FIBRES DE REMAR
sur la forme et les rapports des éléments que l'on veut isoler, ce qui est, soit dit en passant, une règle générale pour la dissociation de la plupart des tissus de l'organisme. En ce qui regarde la préparation des fibres de Remak, il importe de savoir que ces libres ne sont pas simplement placées les unes à côté des autres, comme le sont les tubes nerveux à myéline, mais qu'elles forment dans l'intérieur du nerf, ens'unissant et en se divisant, un vaste plexus dont les mailles sont dans tous les plans. De cette disposition il résulte que, en cberchant à séparer au moyen des aiguilles les divers éléments qui entrent dans la constitution d'un nerf, on doit nécessairement déchirer un grand nombre des branches ou des fibres nerveuses sans moelle qui forment ce plexus. Il n'en reste même que des débris, le plus souvent informes, si la dissociation est poussée un peu trop loin.
Pour obtenir les fibres nerveuses sans moelle dans leur ensemble , il est indispensable d'agir avec ménagements : le meilleur moyen consiste à appliquer les aiguilles en un point du faisceau nerveux déjà divisé, et à les écarter de manière à former en ce point une sorte de fenêtre. Celle-ci, à un examen faitàun faible grossissement, paraîtra traversée par des fibres de Remak allant en différents sens et formant une sorte de treillis. Dissociaiion Une observation attentive faite avec un grossissement plus fort tt^ncmà'ii permettra de reconnaître que ces fibres sont anastomosées les unes avec les autres. Les mailles du réseau qu'elles forment, bien qu'assez irrégulières, ont toujours leur grand diamètre parallèle à l'axe du nerf. Ces mailles étroites, virtuelles pour ainsi dire et très-allongées à l'état normal, ont été élargies dans le sens transversal par le procédé de dissociation qui a été employé, et c'est grâce à lui seulemçnt qu'il est possible de les bien distinguer.
Le's travées que forment les fibres de Remak en s'anaslomosant
pèces de fibres que Ton pourrait être tenté de prendre pour des fibres sans myéline ; les unes rectilignes, bien individualisées, les autres irrégulières et anastomosées entre elles de manière à former un réseau. Les premières seules seraient des fibres nerveuses. Quant aux fibres de la seconde espèce, celles qui sont réticulées et anastomosées et qui correspondent à la description de llemak, elles appartiendraient au tissu conjonctif.
Ce tissu conjonctif serait semblable au réticulum des ganglions lymphatiques (voy.. p. G8!)) et formé comme lui par des cellules ramiffées et anastomosées les une avec les autres par leurs prolongcments(tissu cytogèuc). Aujourd'hui il n'est pas difficile de se convaincre que Remak était dans le vrai et que KoUiker s'est trompé; il suffit pour cela de connaître la constitution du tissu conjonctif des nerfs. Ce tissu, en effet, join d'être réticulé, est simplement formé par des faisceaux connectifs ordinaires et des cellules plates, ainsi que je Tai établi il y a quelques années {Arch. de phumloqie 1872, p. 4.38). '
Fibros ilc riomiik dissociée 1 après l'action do
l'acidn [picriquo.
Aclioii (in l'acide acdliqiic.
Fibres de Remal; dissociées après l'action do l'acide osniiqiie.
Dissociation directe dans l'acide osniiqne.
son! de différents di;imè(res : tanlôl elles sont extrêmement minces, tantôt elles ont l'épaisseur d'un tube nerveux à myéline de volume moyen ; elles présentent du reste toutes les dimensions intermédiaires. Sur ces travées on distingue des noyaux ovalaires, qui se présentent souvent de profil et paraissent alors simplement appliqués à leur surface. Leur distribution n'a rien de régulier, et la distance qui les sépare est très-variable.
Dissociées après macération du nerf dans l'acide picriqueet colorées par le picrocarminate d'ammoniaque , les fibres de Remak présentent des stries longitudinales irrégulières, granuleuses etpeu nettes; elles ont une teinte jaune orangé, tandis que les fibres du tissu conjonctif que l'on observe à côté d'elles sont à peu près incolores.
Si, après avoir enlevé l'excès de la matière colorante, on traite par l'acide acétique, ou si, comme on le faisait habituellement autrefois, on ajoute le même réactif à des fibres de Remak dissociées dans l'eau, on les voit se gonfler, devenir transparentes, et, lorsqu'elles sont juxtaposées, former, en se fondant les unes avec les autres, des rubans clairs parsemés de noyaux. Ce "sont des groupes de fibres ainsi modifiés qui ont été figurés par Ilenle, et qui ont été pris par cet auteur et par la plupart des hislologistes qui l'ont suivi, pour des fibres nerveuses simples, c'est-à-dire complètement individualisées. Aussi ont-ils laissé de côté la description de Remak, et en ont-ils donné une nouvelle qui n'est nullement en rapport avec la nature.
Si l'on dissocie un nerf contenant des fibres de Remak, après qu'il a séjourné un temps convenable dans une solution d'acide osmique à i pour 200, on constate que, tandis que les tubes nerveux à myéline, même d'un diamètre très-petit, présentent la coloration noire caractéristique, les fibres de Remak sont incolores. On doit en conclure que ces fibres ne contiennent pas de myéline, ou que, si elles en contiennent, cette substance n'y est pas en quantité assez grande pour donner lieu à une coloration marquée.
A ce procédé, qui permet de laire une étude suffisante des fibres nerveuses sans moelle, il faut en préférer un autre, dont il a été question à propos des tubes nerveux à myéline, et qui consiste à dissocier directement le nerf frais dans la solution d'acide osmique. On réalise par ce moyen un double avantage. D'une part, les fibres nerveuses sont saisies par le réactif, dans toute leur étendue, à