PROCÉDÉS POUR FAIRE PÉSÉTHER LES INJECTIONS
Il y a dfux méthodes à l'aidi! desquelles on fait pénéti-er les masses d'injection dans les tissus : la méthode mécaitif/ue, au moyen de laquelle on pousse les substances dans les canaux , et la tnéf/iotle p/iffxioloffique, dans laquelb- on utilise, pour les y faii'c péniHrer, les forces de l'or- ^nisnie, l'inipidsion cardiaque ou les sécrétions glnndulau'es.
Procédés ■aËraniqMca. — Injections arec lu seringue. — L'instrument le jdus usité et le plus simple est la serin^rue; on en fait (le laiton, de maillecliort, d'aPp'cnt ou de verœ monte sur métal.
l'ne bonne seringue doit être couile et iai'ge , alin que l'on P"^' 3^. puisse pénétrer jusqu'au fond avec le doigt pour la nettoyer; nous nous servons du modèle l'eprésonté fig. àÔ. Avec la seringue, il faut avoir un jeu complet
IkUnÉ TKCHNIQUE D'HISTOLOGIE.
..N^ lU'puis los dianièlres les plus fins jusqu'à ceux de
. . i .:;iiiuuMivs; autant que possible, elles doivent être munies . y ..; Aiivuiilô d'un arrêt; elles doivent porter une gorge sur ...^.u iic vui ptuU atlarluîr les fds des ligatures (voy. plus loin : Ni*tmOiv» ili* lixcr la canule). Les canules qui s'adaptent à frotxiiKui MUil (iivlérahles à celles qui se vissent sur la seringue, I Ml* 1 {[\ic riM-rlusion est plus ceilaine et l'adaptation plus rapide 1 phi . 1 imunodc. On fait aussi usage de canules de verre qui sont i V lu'iv^ à la hiîrinjiue pai* rinlermédiaire d'un tube de caoutchouc.
\\aiil de he hcrvir d'une seringue, il est nécessaire d'en exami- Ui r alliiilivciiM'iit toutes les parties. 11 faut qu'elle soit parfaiteiKiid |ir(»|in' ainsi ([ue la canule; que le piston fonctionne faciieuii'iil il IciiiM* bien; que la canule soit bien ajustée. En outre, il laiil avoir sous la main les accessoires nécessaires, des pinces i\ jHr^hioii continuiî, des pinces ordinaires et du fd à ligature.
iNiiir \i\rn fair(», il faut savoir à peu près la quantité de niasse qui hrra nécessaire pour injecter complètement un organe, une |MHiion d'animal ou l'animal entier; (î'est une notion qui ne s'acqiijcrl que par l'habitude. Voici C(q)endant quelques exemples:
l'iMii' injecter un doigt d'homme, il faut 2 à 3 centimètres cubes de li(|iiide; pour un rcMU de lapin, 3 à 5 centimètres cubes; poui* un rein <le chien, 10 à 12 centimètres cubes; pour un lapin enliei', 2r>0 à rllIO centimètres cubes.
On peut procéder de deux façons : ou bien fixer d'abord la camde dans le vaisseau et y adaptcT ensuite la seringue; ou bien adapter la canuh^ à la seringue et fixer le tout ensemble au vaisseau.
iM.Mtv.iiiiuia l^Jnis le premier cas, quand on fixe d'abord la canule, il faut hiii!:r.uii prendre de grandes précautions pour qu'il n'y reste pas d'air, I. vfcr^u*. «din ih \\i'\\ pas introduire dans les vaissi^uix. L'expérience a |)rouvé (pie, lorsque dis bulles d'air sont mélangées à un liquide qui ciirulo dans d(»s tubes capillaires, il faut une pression considérable pour faire cheminer ce li(piide. Jamin a démontré que s'il faut, par exemple, une forci» de I pour fair,» cheminer un index il » mercun», il faudra, pour fain^ avanc/r deux index, une l\»rci» de i\ trois index, une force de o, l'ic, quelle que soit la lim^iieur ili»s iudi^x et ci'lle des bull»s d'air intermédiaires. On M»il qu'il sulliniit de peu île bidles d'air pour nécessiter une pression irès-grande sous l'elVorl de laquelle hs vaisseaux se rompraient. Pour é\iter ce danger, il faut ivmplir la canule une fois
MÉTHODES D'INJECTION. lâS
li\ée, soil avec la masse à injection, soit simplement avec de l'eau distillée, ce qui est beaucoup plus commode et n'offre pas d'inconvénients.
Dans le second cas, il y a un peu plus de difficulté à placer les canules, mais on n'a pas le danger de l'introduction de l'air.
La manière de fixer la canule est un point très-important â noter. Quand on a découvert le vaisseau ou le conduit dans lequel on veut faire l'injection, on y attache un fil lié solidement de manière qu'il ne puisse pas glisser, et en tirant sur ce fil, on tend le vaisseau ; puis avec des ciseaux fins et bien tranclianls, on y fait une incision en bec de flûte; on agrandit cette ouverture au moyen d'une incision longitudinale, el, en passant le doigt sous le vaisseau, on fait écarter les parois de celte ouverture de manière â l'enln-ltàiller. On a ainsi une gouttière dans laquelle la canule est introduite, el où elle est fixée au moyen d'un fil à ligature.
La plupart des canules sont munies à cet effet, à leur extrémité, d'un petit arrêt où le fil est retenu ; mais les canules de verre et
FiG. 36. — Manière de flxer une canuie dans la carotide du tapiu.
les canules métalliques les plus fines n'ont pas cet arrêt, et une ligature simple ne les mainlicndrait pas suflisamment, car elle pouiratl glisser sur la surface conique ou cylindrique de la canule, el la laisser sortir du vaisseau. Pour éviter cet accident, les deux bouts du fil avec lequel on a fait la ligature sont ramenés le long de la canule et tendus, puis liés sur la gorge de cette canule au moyen d'un autre fil que l'on attache sur cette gorge avec un
126 TKAITÉ TECIlMgiE D'HISTOLOGIE,
nrcud (lî*;. SG). Puis on ton) ensemble l'un des bouts du iil à ligature »vi!c l'un di>s bouts du fil noué autour an la gorj^e; on Fait de inertie pour les deux autres lils, et Ton noue nn-sembli; les deux nouveaux liens ;iinsi formés : de relte l'aeon la canule est solidement fixre.
Lorsqu'un injeitf' à l'roiil, il n'y a pas d'autre précaution ù prcniinMpie d['i)Ouss:'r lentement l'injeition eiise réglant sur les moditiiations qu'un voit se produiic dans l'objet. La veine laissée libre donne isîue d'abord à du san(,', ensuite à la mass;; à injection : on reconnaît ainsi (pie la masse s'est substituée au sang. Alors on lie la veine el l'on lontiruie (i'injecler avec beaucoup de pi-écautions; puis on iilaee une lig'jituie au-dessou.s de la canule, et la pièce est mise dans di's lifjuides appropriés pour la faire durcir : l'aleool, s'il s'agit du eannin; l'alcool, le liquide de .MÛIIer, l'acide picrique, s'il s'agit du bleu de Crusse.
Lorsque l'on lait des injections à la gélatine , on est obligé d'injecter à chaud, et dès lors il convient de ne pas dépasser 45', iwui" ne [Kis altérer les tissus; pour les musi'lcs , il n; faut nidne pas arriver à cette tenipératuie, paire que la niyosine se
rxiagide à 40° et détermine la rigidité cadavérique; celle rigidité enipêclie la inass'! de pénétrer dans les plus petits vaisseaux. Le meilleur procédé pour l'aire ces injections, c'est de placer
iFabord la canule dans le vaisseau, d'y fixer la seringue, et de mettre le tout ensemble dans un grand vase métallique rempli d'eau froide. On élève graduellement la température du tout, et lorsqu'on est arrivé au degré voulu, on pousse l'injection comme si c'était une masse froide.
La seringue est aussi employée pour faire les injections des lymphatiques; mais comme ces vaisseaux sont beaucoup Irop lins pour y introduire une canuhî ordinaire, on essaye de pénétrer dans leur calibre avec une canule trùs-line à extrémité en biseau tranchant. Du reste, les détails de cette opération seront indiqués à propos des vaisseaux lymphatiques.
Injection par pression continue. — Ludwig a le pnnnier ima- Appareu giné de faire pénétrer les masses d'injection par une pression uidwi». lente et continue. L'appareil dont il se servait (fig. 37) consiste en un flacon à large ouverture fermé par im bouchon de caoutchouc percé de deux trous; ce flacon est rempli complét(Mnent par la masse à injection. Dans l'un des trous du bouchon est fixé un tube vertical, terminé en haut par un entonnoir et plongeant jusqu'au fond du flacon; l'autre tube, qui conimunique avec la canule fixée . au \'aîsseau, se termine à la partie sui)érieure du flacon. On verse dans l'entonnoir du mercure; ce liquide vient déplacer la matière à injection, qui est ainsi poussée dans le second tube et par là dans l'objet à injecter.
Cet appareil a deux défauts importants : le premier, c'est que le mercure est en contact direct avec la masse, et que, s'il n'est pas parfaitement pur, ses scories viennent la salir; le second, c'est que son niveau baisse dans l'entonnoir au fur et à mesuie de l'opération, et que, pour entretenir une pression constante, il faut en verser incessamment de nouveau.
Hering a imaginé un autre appareil fondé sur le même principe que la pompe à mercure, mais un peu compliqué. Celui dont nous nous servons et que nous allons décrire est analogue à celui de Hering, mais plus simple, (^t pi^ut èlre construit facilement avec les éléments dont on dispose dans tous les laboratoires, un support, des houh^s de verre, des tubes de caoutchouc et d»»s flacons.
Il se compose (fig. 38) d'un vîise à deux tubulures contenant la niasse à injection; par une des tubulures passe un tube qui plonge jusqu'au fond du vase, et qui communiqde d'autie part aver la «•anule et l'objet à injecter au moytm de tuyaux de caoutchouc, l/autre tubulure reçoit un tube destiné à transmettre la pression
sur la massfi à injection; celte pression s'exerce par l'inlermédîaîrc de l'air. Elle est obtenue au moyen d'un appareil composé de deux ballons munis chacun de deux tubulures opposées, et communiquant entre eux au moyen d'un tuyau de caoutchouc. On remplit de mercure l'un des ballons A et le tube qui les n'^unil, cl l'on iclie le liallon It au tube C p;»- un lube de caoul-
Ifp^^
- A]iparpil à II
rc |iour faire Ici injeulians a
le pression ronlinuf.
l'iioiir. Si alors on élève la houle A, on voit quelle mercure se rendra dans la boule It, et refoiilcra l'air sous uni' pression représentée par la tolonne de mercure; celte pression, que l'on peiil jîradiier à volonté, s'exeiTi'ra sur la niasse à injection pendant aussi loni^emps que l'on voudra, et ta feni pénétrer. La hauteur de pri'ssion se mesure en visant par-ib'ssus le niveau du mer- <in-e la M^e du supporl. Cette ti;re est }îrad»ée, et l'on obtient de ci'tie liieoii en t'cnlimètres la dilTcrcnce entre les niveaux du mcrrnie dans les deux ballons.
METHODES D'LNJECTlOiN. 429
La précaution la plus importante à prendre avec cet appareil, c'est que tout le système de tubes qui va depuis le flacon jusqu'à la pièce à injecter soit exactement rempli de la matière à injection. Si la masse est préparée avec de la gélatine, le flacon qui la conlient et la pièce à injecter sont plongés ensemble dans de Teau chaude.
^'ous nous senons du même appareil pour faire des injections par un procédé inverse : Au lieu d'augmenter la pression à l'intérieur de l'objet, nous la diminuons à l'extérieur.
Nous prenons pour cela un flacon à large ouverture fermé par un bouchon de caoutchouc percé de deux trous ; à travers l'un des trous passe un tube muni d'un robinet et surmonté d'un entonnoir; à sa pallie inférieure peut s'adapter une canule. La pièce à injecter est fixée de la manière que nous avons décrite plus haut à cette canule, et, après avoir rempli cette deiiiière avec la masse à injection, nous l'adaptons au tube que nous avons pris soin aussi de tenir rempli. Cela fait, le robinet situé au-dessous de l'entonnoir est refermé ; la pièce ainsi montée est introduite dans le vase, en ayant soin de bien ajuster le bouchon dans lequel est passé le tube.
L'autre tube qui passe à travers le bouchon est mis en rappoit avec le système des deux ballons que nous avons décrit tout à l'heure; seulement, au lieu d'élever la boule A, on l'abaisse, et Ton produit par ce moyen, dans le vase, une diminution de pression correspondant à la diflërence de niveau du mcrcuie dans les ballons. On ouvre alors le robinet du tube, et l'injection pénètre par la simple pression atmosphérique sur le liquide contenu dans l'entonnoir.
Comme nous avons constaté que des variations alternatives de injections pression favorisent la pénétration de la masse à injtîction, nous <*« avons imaginé, pour les produire, un appareil fondé sur le même principe que celui de Uering, appareil dans lequel ces variations sont produites par des changements alternatifs de niveau des deux ballons à mercure. Ces oscillations sont déterminées par une roue excentrique qui fait basculer une planchette sur laquelle sont montés les deux ballons, et peuvent être rendues plus ou moins considérables suivant qu'on augmente ou diminue l'excentricité de la roue.
Autres appareils pour faire les injections. — Avec une selingue ordinaire, un flacon à deux tubulures, comme celui qui a
Raxtier, Histol. 9
ôlt' indiqué |)lus haut et un robinet à trois voies, il est facile de construire un appareil commode pour pratiquer les injections. Le Uacon étant rempli de la masse, le tube destiné à transmettre la pression de l'air porte sur son trajet un robinet à trois voies et est adapté k la serinée. On aspire avec la seria^c l'air extérieiu', puis on tourne le robinet, et l'on envoie cet air dans le flacon où il vient exercer sa pression sur la matière à injecter. On peut n-commcncer la même manœuvre autant de fois que l'on voudra, (■t faire ainsi pénétrer, à l'aide d'une petite seringue, une grande quantité de masse à injection.
Kiu, 39. — Appareil k injectiou pour les liquides qui attaquent le mild on le piston de la «eringne.
Un petit appareil très-commode pour injecter avec la seringue defi liquides qui attaquent le métal ou te piston de cellen;! est repi-ésenlé fig. 39. Il est essentiellement formé par la boule d^une large pipette dont la tubulure supérieure est mise en rapport arec la («ringue par un tube de caoutchouc, la tubulure inférieure avec un tube muni de la canule. L'aspiration et la propulsion éa liquide se font par l'intermédiaire de l'air; ce dernier fluide péaèli(! iti-iil dans la seringue, et dès lors l'action corrosive des liquides «*•< évitée.
I^jrnqn'ii s'agit d'injecter des organes entiers dont ta circuhùim pouniiil, |>ar o\em])le, offrir un intéi-dt particulier au pitidf d't vue pathologique, on n'a pas bc^iin de posséder lei>
MÉTHODES D'INJECTION. iai
appareils que nous venons» de décrire, il est facile d'en coo^ruire soî-mème à peu de fraiis.
A reiti*émité inférieui'e d'ua enloanoir de verre est fixé un tube de caoutchouc long d'un mètre et demi au moins (on prend cette loB^eur pour pouvoir obtenir une pression plus considérable que la pression normale du sang dans les vaisseaux), à Tautre extrémité duquel est adaptée une canule. Sur le tube est disposée ime pince à pression continue qui fait fonction de robinet. On remplit du liquide coloré Tentonnoir et le tube de caoutdiouc ; tes mors de la pince sont écaités un moment pour per* mettre au liquide d'arriver jusqu'à l'extrémité de la canule, puis on la laisse se refermer. Lorsque la canule a été introduite dans un vaLsseau et fixée comme nous l'avons dit plus haut (voy. p. 1^5), on fait tenir Tentonnoir par un aide à une certaine hauteur, ou iûen on le suspend à un objet quelconque, à un clou, a un bec de gaz, a une poulie, et l'on enlève la pince à pression. Le liquide pénètre dans l'artère par son propre poids et sous une pression que l'on peut faire varier suivant la hauteur à laquelle on suspend Tentonnoir.
Un autre appareil, un peu plus compliqué, mais d'un emploi plus commode, est le suivant : Il consiste en un flacon à deux tubu* Inres dont une est à la paitie inférieure. Ce flacon est suspendu par une corde a une poulie qui permet de le hisser à des hauteurs variées. De la tubulure qui est au bas du flacon part un tube de caoutchouc très-long, sur lequel est placée une pince à pression et qui communique avec une des tubulures d'un second flacon par le moyen d'un tube de verre qui y plonge jusqu'au fond. De * la partie supérieure de ce second flacon part un nouveau tube qui va se rendre à un troisième flacon où se trouve la matière à injection. Le premier flacon est rempli d'eau. Quand tout est disposé pour l'injection, les mors de la pince qui ferme le grand tube de caoutchouc sont écartés; l'eau descend du premier flacon dans ie second et en déplace l'air, qui vient exercer sa pression à la suristee de la masse dans le troisième flacon, et la force à passer dans ïcbî^ a injecter.
U est possible de faire de très-bonnes injections avec n'importe lequel de ces appareils^ ou même avec d'autres analogues qu'il serait facile d'imaginer. La question importante, en effet, est moins le choix de l'appaieil que la préparation de la masse et la disposition de la pièce au moment où cette masse pénètre dans
in ÏHAITH TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.
h HyhliMnc vasculaire. H faut que la canule soit paifaitemenl fixée dans Ut vaisseau, et que tous les autres vaisseaux ouverts, s'il y en a, sauf la veine qui accompagne l'artère et sur laquelle on a placé une ligature d'attente, soient exactement ligaturés ou termes av<îc dc*s pinces à pression continue. Ces précautions ne sont pas nécessaiies si l'on injecte un animal tout entier.
Four h»s injections des vaisseaux sanguins et lymphatiques, nous i)référons la seringue à tout auti'e instrument. Elle est d'un emploi très-commode, et, entre les mains d'un opérateur exercé, (îlh» fournit d'excellents résultats. Pour les injections des i'onduits glandulaires et, en particulier des conduits biliaires, il est nécessaire de se seivir des appareils à pression continue, paice ([u'il ne faut pas dé{)asser une basse pression (2 centiraètJ*es de mercure, i)ar exemple), et cependant faire pénétrer la masse.
Nous revien(b*ons, du reste, sur le mode opératoire et sur toutes les précautions qu'il faut prendre pour injecter les vaisseaux Simguins et lymphatiques ou les conduits glandulaires, à propos de la teclmique des organes en pai'ticulier.
Procédé physlolof^qoe de Chraonexcmewskl ^ — Ce phvsiolo*
giste a eu Fidée d'employer le cœur comme moteur, et de placer la masse à injection dans le sang de fanimal vivant.
Deux points surtout sont impoilants : c'est d'abord d'avoir des
matières à injection convemdales, et ensuite de siivoir le temps qui
est nécessaire pour la réplétion des vaisseaux ou des conduits
glandulaires.
|Hj«Uj« Pour les vaisseaux sanguins, Tauteiu' emploie un liquidé dont
.*» voici la formule:
VUWMUX.
CMtnuiu 3
Auiiuouiui|ue 1,50
Eau disUUêe 30
H faut, pour suivre celle formide, se servir d'un carmin qui se dissolve pnVist''menl dans celle quantité d'aimnoniaque ; il est lrès-iin|K>rlanl, en effet, que cette injection ne contienne pas de corps s<olides« autrement ils donneraient lieu à des embolies. Ce pi\H*édé ne 5^' emploie jamais que pour des injections pailîelles;
»(''i/Mno:::<rrjf*j\An:lii\r*dcVirchow, \ol. X\X», 1864, p. 187, et vol. XXXT^ 1866, pw f 55.
MÉTHODES D'INJECTIOX. 133
les quantités de masse qu'il faut prendre varient suivant les animaux.
Pour le rein d'un petit lapin, il faut 5 centim. cubes.
Pour celui d'un lapin de moyenne taille. . . 10 —
Pour celui d'un f^and lapin ib —
Pour celui d'un chien î>5 —
Une fois la masse préparée, la veine jugulaire de l'animal est découverte, et une ligature y est placée; on ouvre le bout périphérique de la veine et Von en laisse couler une quantité de sang équivalente à la quantité de liquide que l'on se propose d'injecter. €ela fait, le sang est arrêté par une nouvelle ligature, et la masse carminée est injectée lentement par le bout central de la veine. D'après l'auteur, la quantité d'ammoniaque ainsi introduite dans l'économie ne produit pas d'accidents graves; les animaux ont même, dans certains cas, survécu à ces injections. Dès que l'injection est terminée, l'abdomen est largement ouvert, et on lie d'abord la veine de l'organe que l'on veut injecter, par exemple, pour le rein, la veine rénale; l'organe alors se remplit de liquide et se gonfle ; on lie l'artère, puis le tout est enlevé et transporté dans un mélange d'alcool absolu avec une faible dose d'acide acétique. L'alcool durcit l'organe, et, combiné avec l'acide acétique, il fixe le carmin et l'empêche de diffuser.
Pour les conduits dandulaires, Chrzonczczewski a cherché ï«y«îtK>ndM
^ ' condaiU
des substances qui s'éliminent par les organes dont il voulait '*3™*^Jj^ injecter les conduits. Comme le carmin s'élimine par les reins, îl emploie, pour en injecter les conduits, la même solution carminée que pour les vaisseaux et le même procédé opératoire; seulement, au lieu d'opérer tout de suite les ligatures comme s'il s^agissait des vaisseaux, il attend une heure. Au bout de ce temps, le carmin, d'après son estimation, doit avoir pénétré dans les cellules et dans le calibre des conduits glandulaires ; alors il lie Turetère, omxe l'artère et la veine rénales, et pousse par l'artère utie injection de chlorure de sodium à 1 pour 200. Cette injection balaye le sang qui est resté, et en même temps le carmin mélangé ; elle fixe le carmin dans les conduits glandulaires ; puis la pièce est mise dans l'alcool absolu.
Pour le foie, c'est le carmin d'indigo qu'il faut employer pour injec«on injecter ses conduits excréteurs, parce que cette substance s'élimine par ces conduits. On fait dissoudre le carmin d'indigo dans
Ï4i THAITfi TECHNIQUK D'HISTOLOGIE.
I «mil juHqirà saturation, et Ton filtre; il faut prendre environ ii) rjîiitiiriotros cubes de cette solution pour un lapin, 30 centiinèlres cubes pour un chien. L'injection doit être répétée trois fois on une heure et demie, chaque fois à une demi-heure d'intervalle; [)uis le canal hcpatique est lié, et Ton fait passer par la veine portn une injection de chlorure de potassium. Cela fait, la pièce est enlevée et portée dans Talcool absohi.
Quand les conduits glandulaires ont été ainsi injectés, on peut injecter les vaisseaux par la méthode ordinaire, à la gélatine, en se servant d'une masse bleue pour le rein et d'une masse carminée pour 1(» foie. Dans ces cas, il est inutile de faire passer d'abord le courant de chlorure de sodium ou de potassium.
lorsque nous traiterons des organes en paiiiculier, nous parlerons des résultats de cette méthode pour chacun d'eux ; ici nous ne ferons qu'îipprérier sa valeur en général. inc4Nivénicnu La critiquo la plus importante qui puisse lui être foite est la **pîgîio-*^"* suivante: Si l'on ne possédait pas une autre méthode pour contrôler les résultats que donne celle-ci, on ne pourrait absolument pas s'y fier, car ces injections passent des vaisseaux dans les conduits lymphatiques et dans les conduits glandulaires, et ne pourraient senir en aucime manière à faire distinguer les uns des autres ces trois ordres de conduits.
Un autre point défectueux, c'est que la masse de carmin qui remplit les vaisseaux ou les conduits glandulaires contient des gnuuilat ions îippréciables au microscope ; l'auteur en fait lui-même la remarque.
Du reste, il est h noter que, bien que cette méthode soit publiée depuis plusieurs années, il ne s'est ti*ouvé en Allemagne, où rependant les chercheurs et les travailleui^s ne manquent pas, personne qui ait reproduit des résultats obtenus par ce moyen. Nous avons essayé nous-mème d'y arriver, mais sansgi*and succès. Cependant nos expériences ne sont pas assez nombreuses pour que nous puissions en inférer que le procédé de Chrzonczczewski n'est pas applicable ou qu'il ne peut pas donner de bons résultats.
lôyiqut*.
MÉTHODES DE CONSERVATION. latS