‹ Traité technique d'histologieChapitre 5 sur 106 · I.iiiiiii''re <ibli'|iie · texte numérisé non relu

I.iiiiiii''re <ibli'|iie

< '.oiidetisateur*.

« TRAITÉ TECHNIQrE D'HISTOLOGIE.

piauiio. Lîi picitine est la petite table sur laquelle repose l'objet soumis à

Tobservation; (»lle est percée d'un trou rentrai suflisant pouilaisser passer les rayons lumineux. 11 est nécessaire de pouvoir en diminuer à volonté Touveilure. Pour cela, au-dessous de la platine est adaptée une plaque tournante munie de diaphrajones de dimension variée, et qui peuvent se présenter tour î\ tour. Diaphrainnc*. Cette (lispositiou u'cst pas suffisîmte pour robser\'ation des objets fins; les diaphragmes de petite ouverture sont rarement assez bien cfuilrés, (!'(»sl-à-dire qu'ils se trouvent rarement tout à Tait dans l'axe optique du système des lentilles. De plus, ces diaphrajJTues sont toujours à la même distance de la platine, on ne peut ni les rapprocher ni les éloigner, (^est pour cela que, dans les microscopes bien construits, on a des diaphragmes cylindriques bien ajustés qui sont reçus dans le trou même de la platine; ils peuvent être élevés ou abaissés à volonté, sans qu'il se produis(» un défaut de centration. Ils offrent de plus l'avantage de pouvoir être remplacés par un condensateur ou un appareil à polarisation.

h\ monture du miroir n'est point indifférente; il faut (pi'il puisse se déplacer dans diverses directions, soit latéralement, soit verticalement, bi disposition la plus avantageuse consiste dans la combinaison de deux articulations dites à genou par les constnictcurs ; cette disposition permet toutes les positions possibles du miroir dans Taxe du microscoix» et en dehors de Taxr».

Le miroir doit avoir deux faces, une plane et une concave pour que Ton [misse» les employer alternativement.

Le corps du microscope, aux extrémités duquel sont adaptés les objectifs et les oculair(»s, est <*onstitué par d(»ux tubes ou cuivn% qui doivent glisser l'un sur l'autre à frottement doux, de mtinién» qu'on puisse faire varier la distance entn» l'objectif et l'oculaire.

1^ manière dont le corps du microsco|>e est ada[)té â l'instniment est variable; le plus généralement il glisse dans une douille fixée au pied de l'instrument, et fendue dans sa longueur pour présenter une élasticité qui régularise et adouciss*» le frottement. Dans certains microsco|x»s, le mouvement du {uht* s'effi»ctu(» au moven d'une crémaillèn».

Quant aux mouvements lents qui établissent d'une manière nette le jïoinl exact, on les obtient au moyen d'um» vis miiTométrique très-bien construite, qui agit tantôt sur un cylimhe creux

0»rp» do

Vb micronéth<|ue.

qui {rlisse sur un axe cylindrique, tantôt sur un prisme triangulaire qui glisse dans une ouverture prismatique. La disposition prismatique vaut mieux ; elle ne permet pas les déplacements latéraux.Un ressort à boudin placé dans la cavité cylindrique ou prismatique maintient le tube du microscope à la plus grande distance» que permet la vis micrométrique, et le fixe dans cette position.

Pour qu'une vis micrométrique fonctionne bien, il faut qu'il n'y ait pas d'irrégularités de frottement et qu'il existe une tension conslanle. Ces conditions sont plus importantes qu'elles ne le paraissent à première vue ; en effet, ce n'est pas seulement avec ses yeux que le micrographe examine, il s'aide pour ainsi dire de ses mains, car il a besoin continuellement de faire varier le lieu de son observation, de voir plus ou moins profondément, et la perfection du mouvement de l'appareil lui est absolument nécessaire.

Maniement du mIero«c<»pe. — Lil première cllOSC à faire, quand Nelioyag.*

■^ * ' * des verre».

on veut se servir d'im microscope, c'est de s'assurer que toutes les lentilles et les miroirs sont parfaitement propres; pour cela, il faut les passer en revue successivement.

Si les faces libres de l'oculaire ne sont pas bien nettes, le meilleur moven de les nettover est de les essuver avec un morceau de moelle d<' sureau fraîchement cassé, sur lequel il n'y a encore aucune poussière ni aucun corps étranger qui pourrait rayer le verre. S'il y a de la poussière sur la face interne des lentilles, il est fticile de les dévisser et de les essuver de même avec un fragment de moelle de sureau. Les faces libres des lentilles de Tobjectif seront nettoyées de la même façon. Quant aux faces cachées des lentilles, si l'on y apiM çoit de la poussière, il ne faut essayer de les dévisseï- et de les nettoyer soi-même que si l'on est expert dans la partie, autrement il vaut mieux porter Tobjectif rhez un opticien et le prier de le nettoyer.

Il faut aussi que le miroir soit parfaitement pur; on l'essuie avec un linge fin. Quand on se sert des condensateurs, on les •xamine et on les nettoie comme les objectifs.

Lorsque le microscope est bien net, il laut choisir sa lumière, de u^'lmW

On éclaire généralement le miroir avec la lumière naturelle; pour cela, on y fait tomber les rayons lumineux venant non pas directement du soleil, mais d'un point du ciel assez clair, un nuage gris ou blanc par exemple.

Il arrive souvent aux personnes qui n'ont pas une grande habitude de l'éclairage au microscope, de trouver difficilement

une bonne position du miroir. Elles perdent ainsi beaucoup de lemps, et souvent n'arrivent pas à éclairer convenablement le iîhamp du microscope. Pour obvier à cet inconvénient, il faut enlever le tube et clierclier, en regardant directement, quel est le point du ciel le plus lumineux. On a ainsi orienté son microscope, et il suflîl de remettre le tube dans la douille sans rien clianger à la position de rinslrument. Cette manœuvre est surtout utile avec les objectifs Ibrts. Dans certains cas, il est important que le miroir soit parfaitement centré, c'est-à-dire que son centre soit exactement dans Taxe optique du microscope. Pour s'assiuer qu'il est en edet dans cette position, il faut examiner une bulle d'air dans l'eau en mettant Tobjectif au point pour sa partie supérieure. Si le miroir n'est pas bien centré, les différentes zones de l'image n'ont pas des bords parallèles; il faudra faire varier la position du miroir jusqu'à ce que l'image soit bien régulière. Il sera alors certain que le centre du miroir est dans l'axe optique de tout l'instrument.

Lumière Daus dcs cas pressants, on peut aussi travailler à la lumière»

•irtiticicHc

artificielle. U\ source de lumière qu'il est préférable de cboisir est un bec de gaz ou une lampe à pétrole à mèclie plate. On met sur le trajet des rayons lumineux une lentille biconvexe pour les rendre parallèles. Comme cette lumière est beaucoup plus jaune que la lumière solaire, il est bon d'atténuer cet inconvénient en plaçant un verre bleu, soit sur le miroir, soit sur la platine audessous de la préi)aration.

Mis*- au point. Uuc fois quc l'ou a trouvé une bonne lumière, il s'agit de mettre rinstrument au point. On fait glisser le tube soit directement avec les mains, soit avec une crémaillère, si le microscope en possède; une. Quand on a quelque babitude, on préfère généralement le glissement direct. Lorsque le microscope est neuf, le glissement est facile et régulier; mais au bout de quelque temps, il s'accumule entre la douille et le tube des parcelles de cuivre détacliées par le frottement, des poussières, des matières grasses ou salines provenant des doigts, etc. Par suite du glissement, cette crasse se forme en rouleaux qui gênent le mouvement. 11 se produit des résistances qui amènent des ressauts brusques, et le mouvement n'est plus régulier. Le meilleur moyen pour enlever cette crasse est de frotter le tube du microscope et la douille avec un papier poreux.

Il ne faut point enfoncer directement le tube du microscope,

MICROSCOPE. i {

mais le faire tourner en même temps, de manière à lui imprimer un mouvement en hélice. Avec un peu d'habitude, on arrive à mettre à peu près au point, c'est-à-dire à voir l'objet, sans s'être servi de la vis. Il fiaut ensuite tourner la vis micrométrique trèslentement, de manière à arriver à la vision distincte : du reste, tout en observant, il faut garder la main sur le bouton de la vis, de manière à voir successivement, par un déplacement léger de l'objectif, les points de l'objet situés plus ou moins profondément. Lorsque Ton fiiit usage des objectifs forts, la mise au point est une opération beaucoup plus délicate qu'avec de faibles grossissements. En effet, dans ces cas, le plus léger déplacement de l'objectif, celui, par exemple, qui correspond à ^^j , à g*- de tour de la vis, change totalement l'aspect des objets très-pelits que l'on examine ; il faut donc apporter une très-grande précaution au mouvement de la vis, et cela d'autant plus que l'objectif ayant un très-court foyer touche presque la préparation, et qu'un mouvement un peu , trop considérable de la vis fait porter l'objectif sur le verre recouvrant qui écrase la préparation ou qui se brise.

Nous avons imaginé, pour obvier à cet inconvénient, d'arriver Misse au poim à la mise au point par le déplacement, non pas dç l'objectif ou du Je l'ocuiaire. iM)rps du microscope tout entiei', mais simplement par le déplacement de l'oculaire. Nous nous servons pour cela d'un appareil très-simple (fig. 4). 11 consiste en deux anneaux en laiton, reliés entre eux par une crémaillère au moyen de laquelle on peut augmenter ou diminuer la distance qui les sépare. Le premier de ces anneaux a s'ajuste au haut du tube du microscope; dans le second b, on fixe l'oculaire que l'on peut de cette façon faire plonger plus ou moins dans le tube du microscope en manœuvrant le bouton de la crémaillère. En nous servant de ce petit instrument avec des objectifs foi1s, comme par exemple avec le n° iO à immersion de Hartnack, nous avons constaté que l'on dispose, pour effectuer la mise au point, d'une étendue beaucoup plus considéi-able que lorsqu'on déplace l'objectif; c'est-à-dire qu'un changement dans l'image, obtenu avec Tji ou — de tour de la vis ordinaire, n'est obtenu avec le déplacement de l'oculaire que par un tour tout entier du bouton de la crémaillère. C'est là un avantage très-grand. La difficulté de l'observation avec les forts grossissements et la fatigue qui en résulte sont en effet dues en grande partie à la dilïicuhé de mettre exactement au point. L'œil de l'observateur essaye dans ce cas de compléter ce qui manque à

12 THAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE,

l'instrumont cl de s'accommoder le mieux possible ; c'est cet ctrorl d'aciuiiimodalion fatig'.int qui est évité par le déplacement de l'oculaire. Un autre côté avantageux de ce procédé, c'est qu'avec la mise au point très-exacte que l'on obtient ainsi, il est beaucoup plus facile de se rendre compte de la supeiposition des plans pour des objets' très-petits, de savoir par exemple si une fibrille proche (l'une cellule passe audessous ou s'anastomose avec elle. Comme l'oculaiie doit être déplacé d'une façon très-appréciable pour clian-

Fic. â, — CrémailliTc mitromtlriquc oculaire ,. , ' .

pour la mise au poini, ' gt'c d une tres-pctitc quan-

tité le point de la vue distincte, on arrive, grâce à ce petit instniment, à résoudre plus facilement une série de problèmes encore discutés. Nous aurons souvent l'occasion, dans le cours de cet ouvrage, d'en ciler des exemples.

JlapMt dc« objels au mleroMtopc. — IjCS objetS peUVeUt Stl'C

examinés sous le microscope soit à In lumière directe, soit à la lumière Iransniise,

A la lumière directe, on voit les objets comme dans le monde extérieur, sauf qu'ils sont renversés et dès lors paiïiissent avoir leur ombre du côlé d'où vient la lumière. On se .senait beaucoup autrefois de la lumière directe ; récemment encore on l'employait souvent pour étudier les préparations microscopiques injectées, loi-squ'on n'avait couune masses d'injection que des matières colorées opaques ; maintenant que l'on se sert presque

* exclusivement de masses lranspai"entes, les prépai'ations où les vaisseaux sont injectés doivent aussi être étudiées à la lumière transmise.

Li lumière Iransmi.so donne lieu à des ])hénomènes de diffraction qu'il est essentiel de connaître, parce qu'ils peuvent prêter à

* des erreurs et à de fausses interprétations des images que donnent les objets.

On sait que si Ton fait entrer dans une chambre noire un rayon lumineux très-mince, et qu'on en intercepte une partie par un écran, l'autre partie, reçue sur un autre écmn, n'y produit pas une surface blanche homogène. Il s'y montre des stries, des raies alternativement claires et obscures, plus ou moins lumineuses que le fond blanc, et variant suivant la façon dont on a disposé les écrans. Si, au lieu de la lumière blanche, on emploie la lumière inonochromalique jaune (voy. plus loin), les phénomènes deviennent beaucoup plus saillants, les mies s'écartent et deviennent plus nettes. Ces raies que l'on a appelées franges de diffraction sont dues à des interférences ; nous n'avons pas à nous occuper ici de la théorie qui en explique la production ; mais il est important de les noter, car elles ont donné lieu à des erreurs en micrographie. — Ainsi, dans les sarcons éléments de Bowmann (voy. plus loin tissu musculaire), Rouget a obsené des stries transversales; d'autre part, Krause y a vu des stries longitudinales ; comme nous le verrons plus tard, ces stries n'existent pas dans Télément histologique; ce que ces auteurs ont pris pour des stries n'est en réalité que des franges de diffmction.

Les tissus soumis à l'observation microscopique doivent le De rinihwoce plus souvent être examinés dans un milieu liquide. Ils sont en milieux

sur l'ssDect

effet pour la plupart humides à l'état normal, et la dessiccation desobjet». les déforme en les faisant revenir sui* eux-mêmes; d'autre part, Tair, venant à s'introduire dans les interstices de ces tissus ou dans les inter>alles qui (m séparent les fi^agments, change complètement leur aspect, par suitcî des phénomènes optiques auxquels donne lieu la différence de son indice de réfiaction avec celui des tissus, en sorte que l'observateur n'a plus qu'une image confuse ou inexacte de l'objet, lorsqu'il l'examine à l'état sec.

Or, suivant le milieu dans lequel est plongé un objet, il est vu d'une façon tout à fait différente. S'il est placé dans un milieu qui ait le même indice de réfraction que lui, il n'existe pas pour l'œil; dans un milieu moins réfringent, il a les caractères d'un corps ^lide; dans un milieu plus réfringent, ceux d'un corps creux.

Tne expérience facile à faire rend le phénomène très-saillant.

On prend trois flacons semblables remplis, le premier d'eau, le second de sulfure de carbone, le troisième de baume du Canada. A travers le bouchon qui ferme chacun d'eux, on fait passer une baguette de verre qui plonge dans le liquide.

En regardant à travers le flacon qui contient de l'eau, cette ba-

guette paraît solide ; dans le flacon au sulfure de carbone, elle paraît creuse, et dans le flacon au baume du Canada, on ne la voit point du tout. Les indices de réfraction des différents corps employés dans cette expérience nous permettent de nous rendre compte de tous ces pliénomènes. En effet, le baume du Canada a à peu près le même indice de réfraction que le verre.

L'eau a pour indice 1 . 336

Le verre 1 . 563

Le sulfure de carbone 1 . 640

Analyse op- Pour uous rcudrc compte de l'influence des milieux sur la mânes buUcH nière dont on voit les objets au microscope, nous allons étudier triobuiw des corps d'une forme déterminée dans un milieu plus réfringent et ensuite dans un milieu moins réfringent qu'eux-mêmes. Nous allons faire l'analyse optique d'une bulle d'air dans l'eau, d'une bulle d'air dans le baume du Canada et enfin d'un globule de graisse dans l'eau.

Bu/le d'air dans l'eau. — On emprisonne dans l'eau, entre la lame et la lamelle, une bulle d'air assez petite pour qu'elle ne soit pas comprimée, et qu'elle garde une forme sphérique. On place la lame sur la platine ; au-dessous, à cinq millimètres environ de la bulle (en comi)lant l'épaisseur de la lame de verre et celle de la platine), on met un diaphragme d'environ 2/3 de millimètre d'ouverture, et Ton éclaire avec le miroir concave bien centré.

En mettant l'objectif au point pour le centre de la bulle, ce qui se reconnaît à ce que les bords de la bulle sont bien nets(fig. 5. B), le centre de l'image est très-clair, plus clair que le reste du champ ; il est entouré d'une zone grise et d'un anneau noir assez large, interrompu par un ou plusieurs cercles plus clairs ; autour de l'anneau noir se trouvent encore un ou plusieurs cercles concentriques plus clairs que le champ. Ces cercles clairs sont des cercles de diffraction. Nous ne nous occuperons pas en ce moment de la théorie qui explique leur production.

En rapprochant l'objectif de la préparation à l'aide de la vis micrométrique, de manière à inspecter la partie inférieure de la bulle (fig. 5. A), le cercle central blanc diminue et devient plus clair; son bord devient plus net; il est entouré d'un anneau noir très-large, environné lui-même à sa périphérie d'un ou plusieurs cercles de diffraction.

Si l'on éloigneau contraire l'objectif pour examiner labulle dans

I'.. &. — I. Bulle d'air dans l'eau. A, l'objectif él

prototiAf. B, robjcctir nifi au poiot tiir sa pniiic n

point *uri> partie supi^ricure.

3. Bulle d'air dans le baune du Canada. Les lettres A', B', C indiquent cir»

positions semblables de l'objectir par rapport à la bulle.

3. Globule de graisse dans l'eau. A", l'objertif mis au point lur la partie pro- Ade; B", l'objectir mis au point sur la partie moyenne; C", l'objcelir mis au

point mr la partie suptirieure.

LVtpIii'alion de ces pliénomtoi's (iibstraction faite des cercles di* diffradion ; voy. plus loin) se trouve dans ce que Ton appelle la léllcxion totale. — On sait qu'un rayon lumineux ca (fig. 6), qui

](i TKAITÉ TECHMQLE D'HISTOLOGIB.

passe obliqiienirnt de l'eau E dans l'airAse réfracte en s'éloignant de la normale; plus le rayon incident est oblique, plus le rayon réfracté se rapproche de la suH'ace oo\ de sorte qu'en considérant des rayons de plus en plus obliques, on arrive à un rayon incident c(t pour lequel le i-ayon réfracté serait iKirallêle à ta suiface du liquide. Ce rayon m ne se réfracte plus; il subit ce que l'on nomme la réilcxion totale, f-'angle unn que lait alors le rayon incident avec la normale est l'angle limite, c'est-à-dire l'angle qui limite les rayons qui pourront sortir de l'eau pour arriver dans l'air. En effet, tous les rayons plus obliques encore seront à plus Ibue raison réïlécliis, et un point iumineus c, placé dans l'eau

Fie, e.

n'éclairera qu'une surface dont la section sei-a oo'; tout le reste sera obscur.

Cela posé, si nous prenons une bulle d'air placée dans l'eau (fig. 7) et recevant par en bas une série de rayons parallèles, rliacuQ de ces rayons est supposé rencontrer la tangente ^ la surface de la sphère au point où il touche cette surface; li; rayon qui arrive au point a tait avec cette tangente un angle de 90'; il passe sans déviation; le rayon tombant en*/' ne fait plus «ju'un angle par exemple de 70' avec la tangente; il a par conséquent un angle d'incidence de !âO", et le rayon qui, arrivant en «'", fera avec la normale un angle de 48"â5' (angle limite pour les rayons qui passent de l'eau dans l'air) subira la i'éI1e\ion totale. A plus forte rai.son, tous les rayons qui viendront tomber plus loin que «'" sui' la surface de la liulle n'aiTiveront pas à l'œil de l'obserratcur. Il en résultera sur les bords de la bulle une zone obscure, tandis que le reste sera éclairé. En examinant

MICROSCOPE. i-

cetle bulle au microscope, on de\Ta donc voir, lorsque Tobjectir sera rapproché de manière à distinguer neltement le fond de la bulle, un cercle central blanc (fig. 5, A) entouré d'un anneau noir correspondant à la zone obscure dont nous venons de parler. On voit par le tracé (fig, 7) qu'en relerant l'objectif de manière à percevoir distinctement la portion (.-enli-ale de la bulle, le cercle blanc central augmentera d'étendue , et son bord deviendra diffus, tandis que l'anneau noir s'amincira. C'est en effet ce qui a lieu <%. 5, B). Enfin, en éloignant l'objectif de manière à voir distinctcmeal le haut de la bulle, on devra apercevoir en- <-ore moins nettement la

zone obscure. Par contre il se produira alors une série de cercles (le diffraction beaucoup plus nombreux, soit vers le centre, soit vers la périphérie, parce que la pailie inférieure de la bulle avec sa zone obscure, agissant sur les myons lumineux qui la traversent comme un diaphragme, détermine la formation de fi-anges de diffraction.

Buile (Tair dam le baume. — Dans le baume du Canada, qui est beaucoup plus réfringent que l'eau, l'angle limite, au lieu d'être de 48" â^', a une valeur beaucoup plus petite, c'est-àdire que des myons tombant beaucoup moins obliquement .sur ta surface de séparation subiront déjà la réflexion totale. Sur une bulle d'air, il n'y aura donc que les rayons tombant très-près du pôle inférieur de la bulle qui arriveront à l'œil de l'obseivaleiir, et la zone marginale noire (fig. 7) sera beaucoup plus étendue.

En effet, lorsqu'on examine dans les mêmes conditions que (M'écédemment une bulle d'air dans le baume du Canada, on voit.

Ra.'evieb. Hiitol. 3

lorsqu'on rapproche Tobjectif de manière à examiner le fond de la bulle, une calotte spliérique noire A' (fig. 5, 2) percée au centre d'un petit trou comme taillé à l'emporto-pièce et d'un blanc plus éclatant que le reste du champ. En mettant l'objectif au point pour le centre de la bulle, c'est-à-dire à l'endroit où les bords de la bulle paraissent bien nets, on obtient la figure B'; on voit qu'elle est analogue à la figure B correspondante que donnait la bulle d'air dans l'eau, avec cette différence que le cercle central est moins considérable. De même, la figure C qu'on obtient en considérant la partie supériouie de la bulle ressemble à la figure C et s'explique delà même façon.

Globule de graisse dans Veau. — La graisse a un pouvoir réfringent plus considérable que celui de l'eau ; un globule de graisse examiné dans l'eau nous fournira donc un bon exemple des phénomènes que peuvent présenter les coi'ps très-réfringents entourés d'un milieu moins réfringent.

Pour se procurer un bon objet d'observation, il suffit de prendre à la pointe d'une aigxiille une goutte d'huile d'olive ou d'huile d'amandes douces et de la battre dans un peu d'eau. On dépose sur la lame de verre une goutte du mélange, on recouvre avec la lamelle, on dépose l'objet sur la platine», et l'on cherche, parmi les globules de graisse qui se trouvent dans la préparation, un globule assez petit pour être parfaitement sphérique. On l'observe dans les mêmes conditions que nous avons indiquées plus haut, avec le miroir bien centré et un petit diaphragme.

En mettant l'objectif au point pour la partie inférieure du globule, il apparaît comme un disque gris un peu plus foncé que le champ et séparé du reste du champ par un anneau un peu plus clair (fig. 5, A").

Si l'on éloigne l'objectif et qu'on le mette au point pour le centre du globule, celui-ci devient un peu plus clair, tout en restant gris, et l'on voit apparaître sur les bords un anneau noii* mince, bordé en dedans et en dehors de cercles de diffraction (fig. 5, IV').

En continuant d'éloigner l'objectif, cet anneau noir devient de plus en plus large en gagnant sur le cercle central clair, et quand on examine le pôle supérieur du globule, on voit un centre blanc, plus blanc que le reste du champ, limité nettement par un anneau noir assez large, plus foncé vers le centre que vers la périphérie (^fig. 5, C").

Sans entrer dans l'explication de ces derniei's phénomènes, A«peet des nous constatons que les images diverses que présente le globule p'ÏÏJÏÏiÏÏÎ^ de graisse sont précisément l'inverse de celles que présente la qî^TSTr bulle d'air.

La bulle d'air a un anneau noir et un centre blanc d'autant plus nets que l'on rapproche l'objectif du pôle inférieur de la bulle. Le globule de graisse a un anneau noir d'autant plus large et un . centre d'autant plus net que l'on rapproche l'objectif de son pôle supérieur.

Les études qui précèdent, outre qu'elles nous permettront de distinguer dans les préparations les bulles d'air et les globules de graisse, et qu'elles nous empêcheront de les confondre avec des éléments histologiques, nous senent à établir ici ces deux principes généraux :

lies corps plus réfringents que le milieu qui les entoure ont un centre blanc d'autant plus net et plus petit et un anneau noir d'autant plus large qu'on se rapproche de leur face supérieure, r'est-à-dire qu'on éloigne l'objectif.

Les corps moins réfringents que le milieu dans lequel ils sont placés ont un centre d'autant plus blanc et plus petit et un anneau noir d'autant plus large et d'autant plus foncé qu'on se rapproche de leur face inférieure, c'est-à-dire qu'on abaisse l'objectif *.

Lorsqu'on examine les objets à la lumière monochromatique Lumière

, . , 1 • 1 1 • • 1 1 f monuchroma-

jaune obtenue, soit par la combustion du sodmm, soit par la de- uque. composition de la lumière solaire au moyen d'un prisme, on obi^r\e en gios les mêmes phénomènes que nous venons de décrire, mais les franges de diffraction sont plus nettes, plus éloignées

1 Ces phénomènes ont déjà été bien observés par Dujardin. — Voici ce qu'il dit : « ...Une bulle d'air et une gouttelette d*huile dans l'eau paraîtront Tune et l'autre bordées d'un cercle noir et pour>'ues d'un point lumineux au centre, si on les examine séparément et si ron cherche pour chacune la distance convenable ; mais si cales examine ensemble et comparativement, on reconnaîtra bientôt une différence essentielle entre ces deux petites boules. L'une, celle d'air, représentant un espace vide él moins réfringent par rapport à l'eau, agira comme une petite lentille biconcave, et n'aura son centre brillant que si l'on rapproche robjectif du microscope, puisque le petit faisceau lumineux qui la traverse devient divergent et doit avoir son foyer au delà de cette sphère. La petite boule d'huile, au contraire, réfractant la lumière plus fortement que l'eau, agira comme une lentille biconvexe, et montrera son centre plus brillant quand on éloigne l'objectif du microscope. » — Dujardin^ l'observateur au microscope. Paris, 18d3, p.' 55.

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