‹ Traité technique d'histologieChapitre 7 sur 106 · CL · texte numérisé non relu

CL

FiG. 9. — Globule sanjçuin de r homme : a, Tobjectir étant mis au point sur la face supérieure du globule; 6, l'objectif étant mis au point sur la face inférieure du môme globule.

présentent un centre brillant quand on rapproche l'objectif, obscur au contraire quand on Téloigne.

Ainsi les globules sanguins de riiomme, qui ont la forme de disques biconcaves arrondis à leur périphérie (voyez plus loin, art. Sang), présentent, lorsqu'on rapproche Tobjectif de manière à bien voir leur face inférieure, un centre blanc entouré d'un anneau légèrement obscur; lorsqu'on éloigne l'objectif de manière à examiner leur face supérieure, leur centre est au contrains d'un gris plus ou moins foncé et entouré d'im anneau plus clair. Ils se comportent donc à peu près comme une bulle d'air dans l'eau. Ce qui fait différer un peu les images qu'ils donnent de celles de la bulle d'air, c'est qu'ils sont convexes sur les bords, et se comportent en ce point comme des corps convexes dans un milieu moins réfringent. — Dujardin a déjà fort bien obsfM'vé et décrit ces phénomènes en 1843*.

\erre recouvrant, — Le petit verre qui recouvre une préparation donne lieu à une déviation des ravons lumineux dont les parle vcm

^ . recouvrant.

consé([uences sont assez nnporlantes, déviation d autant plus considérable que cette plaque recouvrante est plus épaisse. Cette cause d'erreur a été signalée par Amici.

Soient, par exemple, une lamelle de verre V, \ , fig. 10 (dont nous exagérons beaucoup l'épaisseur pour la facilité de la démonstration), et un point lumineux a situé au-dessous et envoyant des rayons à cette lame de verre: le rayon perpendiculaire «B passera sans subir aucune déviation, mais les rayons obliques flrC, flrD,. a E, subiront une déviation de plus en plus considérable en passant à travers la lame; de l'autre côté de celte lame, ils prendront, suivant les lois de la réfraction, les directions C'C", D'D", E'E". Les prolongements de ces différents rayons ne viendront pas se réunir au pointer, ni en un point unique quelconque; chacun de ces rayons prolongés viendra, comme le montre la figure, croiser l'axe optique en un point différent f , rf, ^, et l'image, au lieu

ElTcls |irudoits

' Dujardin^ loc. cit., p. 91 : « Les corpuscules sanguins montrent nettement les mêmes effets d'ombre et de lumière qu'une lentille biconcave ou qu'une bulle d'air dans l'eau, ou qu'une gouttelette d'eau dans l'huile, devenant plus sombres quand on éloigne, et plus clairs quand on rapproche l'objectif du porte objet. »

Si TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLUGIE.

d'èire rapportée h un seul point et par conséquent d'être netle, paraîtra se raiie sur la li^e ce, ilont elle occupernil toute lu longueur, et par conséquent elle sera diffuse, quelle que soit la perfection du microscope, ''

La déviation des rayons lumineux varie suivant l'épaisseur de la lamelle. Déjà Araici aconstalé qu'à chaque objectiï correspond une épaissinir de la lamelle de verni qui donne les imag;es les

[BmH

ii^B

Je irrro cmurc-objet.

e par la lamelle de ye

plus nettes, et il a conseillé d'employer pour cliaque objectif la lamelle de verre de l'épaisseur qui lui convient. Dans la pratique, on ne peut guère s'en tenir à ce conseil; comme les lamelles sont faites de verre soufflé, il est difficile de s'en procurer d'une épaisseur déterminée. Ne pouvant corriger la lamelle, on a imaginé de corriger les objectifs, et l'on a construit des objectifs à correction dans lesquels, à la volonté de robser\ateur, les diflérontes lentilles qui les constituent peuvent élre éloignées ou i"a|i-

prochées l'une de l'autre. A cet effet, l'objectif porte un coUîcr A <fig. 1 1) qui peut tourner sur lui dans les deux directions. Quand ■on le lait tourner de gauclie à droite, on rapproche les lentilles, et, réciproquement, on les éloigne quand on tourne de droite à gauche. C'est du moins ainsi qu'on les construit à Paris. Quand la lamelle de verre est mince, H faut rapprocher les lentilles ; quand elle est épaisse, il faut les éloigner. Généralement en France, les objectifs à correction sont aussi à immersion.

L'objectif à immersion est construit de telle façon que l'on interpose entrjc la face inférieure de la lentille et la lame de verre une goutte d'eau ; il a l'avantage de rendre l'image beaucoup plus brillante, en faisant arriver k l'œil de l'observateur une plus grande quantité de rayons lumineux. La raison en est facile à comprendre. Soient, par esemple, c& (fig. 12) ia surface inférieure de l'objectif, V le verre i-ecouvrant ; soit o un point lumineux placé sous ce verre et soit oo' un rayon lumineux envoyé par cet objet : ce rayon, passant au sortir du verre dans l'air, se réfi-aclerait de manière à prendre la direction Id et n'arriverait pas à l'objectif. Si, au contraire, entre la lamelle et l'objectif se trouve un milieu beaucoup plus réfringent que l'air, de i'eau par exemple, le rayon lumineux s'écartera beaucoup moins de' la normale, el viendra prendre la dii'ection k, de manière à rencontrer l'objectif et à arriver par suite à l'œil de l'observateur. Il parviendra donc par ce moyen à l'œil une foule de rayons lumineux qui autrement n'y seraient pas arrivés.

D'autre part, avec les objectifs ordinaires, un certain nombre de l'ayons lumineux, arrivant de l'air sur la surface polie de la lentille, sont réfléchis et rejelés au delioi-s. Lorsqu'il y a une œu- <:tie d'eau, cette réflexion est beaucoup moins considérable, et il y a moins de rayons lumineux perdus.

De plus, l'immersion à elle seule corrige déj en partie l'abertation produite par la lamelle de verre, puisque les rayons lumineux subissent par le lait de l'immersion une déviation moins gnnde (2, fig. iO).

Les objectifs à immersion sont construits d'une façon spéciale.

^m Candi

'î\ TRAITÉ TECHNIQVE D'HISTOLOGIE.

■appropriée à la grande épaisseur de la couehe réfringenle que |i;ircoiin?nt les rayons luuiineiix ; ils donnei'aient lieu à une gi'ande aberration si on les employait sans eau.

Une précaution indispensablc à prendre avec les objectil'sà immersion, c'est de lenir la face inli-rieiire de la lentille parCaitemenl propie; si elle élaîL tant soit li(3u grasse, l'eau n'y adhérerait pas bien, il yreslerait de peliles bulles d'air, el il serait impossible de rien voir netlemenl, H est nécessaire aussi d'employer jiour l'immersion de l'eau distillée; l'eau ordinaire, en séehanl, laisserait sur la lentille des cristaux qui pourraient la rayer quand on l'essuierait.

£preM*e da nleroBcspe. — POUV qu'un microSCOpe SOÎt bou,.

il faut qu'il réunisse de bonnes conditions mécaniques el de bonnes conditions optiques.

lies conditions mécaniques d'un microscope sont faciles à apprécier. Pour la vis niicromélrique, on s'a.ssurera, en la faisant lourncr, que son mouvement est régulier et n'exige pas d'elToil. Il ne faut pas qu'à rertjiins points la vis soit plus serrée et que son Jeu exige plus de peine. Si le microscope peut s'incliner, le mouvement de bascule doit se Faire facilement, el l'inslrument rester dans la position quelconque qu'on lui donne.

Si la platine est tournante, il faut examinci' si elle est bien rentrée, c'est-à-dire si, dans toutes les positions, son centre reste dans l'axe optique de l'instrument.

Les diaphragmes doivent aussi être bien centrés : cette condition n'est pas toujours exécutée pour les plus petits diaphragmes ; en les mellant sous la platine, et en les reprdant à travers un objectif faible, on remarque facilement si le eeicle lumineux qu'ils donnent est au milieu du champ.

tjuant aux conditions optiques, il faut s'assurer d'abord que aberration de sphéricité n'est pas considéndile, autrement i'inli liment esta rejeter. Pour l'aberralion chromatique, nous avons

vu qu'on ne peut jamais l'éviter complélemenl . Les objets ont tonjours, ou bien un bord orangé, qui prouve que la dispersion des l'ayons lumineux n'a pas été corrigée entièrenteni, ou bien vin bord bleuâtre, qui indique un excès de correction. Le plus souvent l'opticien choisit cette deiniêre condition.. A la lumière oblique, quand bien même la correction chromatique du microscope l'st aussi complète que possible, les objels offrent d'un côlé une coloration bleuâtre, de l'autre une coloration orangée.

Il peut encore se produire ime aberration de forme qui est due à l'oculaire. Si avec un oculaire faible le champ du microscope parait plat, avec un oculaire fort il paraiti'a convexe. Ce n'est pas une raison pour que le microscope soit mauvais ; cela prouve simplemenl que l'oculaii-e dont on s'est servi ne correspondait pas à l'objectif avec lequel on l'a accouplé.

lin autre inconvénient de quelques lentilles est la brièveté du foyer. Il làut, dans ce cas, pour mettre au point, que l'objectif

louche pour ainsi dire la préparation. Du moment que l'objectif a un foyer trop court pour que l'on puisse observer les objets recouverts avec des lamelles du commerce, il faut le rejeter.

Il ne suffit pas qu'un microscope soit exempt des défauts que nous venons d'indiquer; pour qu'il soit bon, il faut encore qu'il réunisse certaines quahlés que nous allons énumérer. Tout d'abord il est nécessaire que les objectifs ù fort gi'ossissemcnt aient un grand angle d'ouverture. L'angle d'ouverture d'un objectif est l'angle formé par les deux rayons extrêmes qui, partant d'un même point de l'objet examiné, peuvent arriver à l'œil de l'observateui-,

Soil un point o (Qg. 1 3) examiné successivement avec les objectifs mn et m'n'. Ce point enverra â l'objectif mn un cône de rayons

lumineux dont les rayons om et on limiteraient la coupe longitudinale. Le même point examiné avec l'objectif m'w' enverra à cet objectif un cône de rayons beaucoup plus évasé, et dont la coupe serait limitée par les rayons o'm', o'n\ L'angle mon et Tangle m'0'71' sont les angles d'ouverture des objectifs. La seule inspection de la figure montre que l'angle d'ouverture ne peut être con-

FlG. Mi.

sidérable que si l'objectif est à <*ourt foyer; cependant un objectif peut être à couit foyer et n'avoir pas néanmoins un angle d'ouverture considérable, si sa construction ne lui permet pas de conduire à l'œil de l'observateur les rayons marginaux.

L'avantage du grand angle d'ouverture d'un objectif se comprend facilement. Plus cet angle est grand, plus sera considérable la quantité de rayons lumineux qui d'un même point arriveront à l'œil de l'obserVateur; par conséquent la situation des différents points d'un objet sera d'autant mieux définie.

Ce sont suitout les rayons marginaux (ceux que les objectifs à grand angle d'ouverture seuls peuvent recueillir) qui donnent une bonne définition d'un objet.

On obtient aujourd'bui des objectifs qui ont un angle d'ouverture de 170'.

Il est important de pouvoir mesurer Tangle d'ouverture d'un ^'•j^j*' objectif. On a pour cela un appareil très-simple et facile à manier. d'ouYerture. 11 se compose d'un petit support (fig. 14) ab qui peut se mouvoir autour du point a sur un cercle gradué en degrés Imn. Au point c se trouve une lampe qui envoie à travers un écran d un ravon lumineux dans la direction ca.

On place le microscope dont on veuf étudier l'objectif sur le support ab^ de manière que son objectif soit exactement situé au point a ; en regardant à travers le tube dépourvu de son oculaire, on aperçoit nettement l'image de la lampe. On fait alors tourner lentement le tube suivant /;//, en regardant toujours à travers, de manière à voir l'image de la lampe, et l'on s'arrête lorsque l'image disparaît. Supposons qu'à ce moment on soit arrivé à l'^" à partir du zéro placé en m. On fait tourner de même le support vers mn, et l'on constate que l'image de la lampe est visible dans le tube du microscope jusqu'au même degré que de l'autre côté, par exemple jusqu'à 75°. L'angle d'ouverture est donc de 75** + 75° = 150°.

Dans dilférents traités du microscope, par exemple dans celui de ^^î^^gj Frey, dans celui de Ch. Robin, on distingue les objectifs en défi- p^oétranu. nissants et en pénétrants. Li distinction que font ces auteurs n'est pas bien claire. D'après eux, la définition serait relative à la perception nette des formes, du contour des objets ; la pénétration au contraire, à l'étude des détails d'un obj(»t. Cf^tte distinction ne se soutient pas en pratique. Supposons, en effet, une boule qui en contienne plusieurs petites : un objectif définissant serait celui qui pour la grosse boule indiquerait n^Mlement sa forme et ses contours, mais sans faire voir son contenu ; un objectif au contraire qui ferait voir les petites boules et qui pour elles serait définissant, serait pénétrant pour la grosse boule. Ces mots ont été introduits à une époque où l'on ne connaissait pas bien les qualités d'un objectif. En réalité, un objectif qui définit bien pénètre bien, et réciproquement : sa qualité dépend uniquement de la perfection des lentilles et de l'angle d'ouverture; en d'autres termes, de la quantité de rayons lumineux arrivant d'un point à l'œil de l'observateur. Plus un point enverra ainsi de rayons lumineux, moins on sera exposé à le confondre avec les objets voisins ou superposés.

La distinction entre les objectifs définissants et pénétrants n'est en somme que celle entre les objectifs à faible et à fort grossisse-

ment. Les objectifs à faible grossissement permettent d'avoir une vue d'ensemble des objets. Avec un fort grossissement, au contraire, et un grand angle d'ouverture, il n'est pas possiblede voir un objet, une cellule, par exemple, dans toutes ses parties à la fois. On voit, ou bien la face inférieure, ou le centre, ou la face supérieure, et tout d'abord en commençant on ne distingue rien nettement. On serait même porté à croire, lorsque l'on commence des études liistologiques, que Ton a affaire à des objectifs imparfaits,, puisqu'ils ne peuvent pas montrer un objet dans son ensemble ; mais on reconnaît bientôt que ce défaut apparent est la qualité la plus précieuse de Tobjectif, puisqu'il permet non-seulement d'étudier les contours, mais de connaître la situation relative des différentes parties d'un objet, de le toucher pour ainsi dire à l'aide de la vis micrométrique et d'en apprécier l'épaisseur.

Objets (Vépreuie, — Pour étudier un objectif, on se sert d'objets d'épreuve que les Anglais ont appelés test-objects. Les objets d'épreuve les plus usités sont lesdiatomées, sortes d'algues unicellulaires à caiapace siliceuse. On détruit avec l'eau régale leurs parties organiques, et la carapace siliceuse qui reste présente des striesd'une finesse extrême, variables suivant les espèces.

i»ifuro»ipiia. L'espèce qu'on emploie le plus souvent est le Pleurosigma angulatum. Avec un grossissement de 500 diamètres, à sec et avec un objectif ayant un angle d'ouverture de 150% il montre trois systèmes de raies si Ton emploie la lumière oblique : un système oblique partant de la nervure centrale, un second système oblique en sens inverse, et enfin un système perpendiculaire à cette nervure.

En plaçant le miroir obliquement hors de l'axe et en employant une platine tournante, on fait tomber successivement la lumière sous des incidences variées, et l'on obtient, l'un après l'autre, les trois svstèmes de raies. Avec la lumière centrée, ces raies sont beaucoup plus difficiles à apercevoir, et c'est là que se reconnaît la puissance d'un objectif à grand angle d'ouverture. Avec un objectif de 160^ à 170** d'angle d'ouverture et à immersion, on voit nettement les trois systèmes de raies du Pleurosigma *.

.te* Nofcwt ^^^ constructeur allemand, Nobert, a tracé au diamant sur des lames de glace des systèmes de raies parallèles de plus en plus fines

• > Presque tous les constructeurs de microscopes, du moins en France, livrent à racheteur une préparation de pleurosigma angulatum. Dès lors il m*a semblé inutile d'en reproduire ici un dessin.

et de plus en plus rapprochées. On appelle ces lames plaques de Nobert.

Pour reconnaître, à Taide de ces plaques, le pouvoir d'un objectif, on les examine, comme tout autre objet, soit à la lumière centrée, soit à la lumière oblique, et Ton peut déteiTiiiner quel est le dernier système résolu par tel ou tel objectif, c'est-à-dire le dernier dans lequel les lignes peuvent être distinguées; dès lors les objectifs peuvent 'être comparés par ce moyen les uns aux autres au point de vue de leur puissance*.

r*our les recherches histologiques, le meilleur microscope n'est pas toujours celui qui montrera le mieux les raies du Pleurosigma. Les diatomées sont en effet des corps plans, offrant seulement de légères stries ; en anatomre générale, on a au contraire affaire à des objets irréguliers, rugueux, concaves, convexes, changeant de forme, et il faut des objectifs qui montrent bien ces détails-là. Le Seul moyen de les choisir, lorsqu'on est liabitué à TobsiMTation microscopique, c'est d'avoir un objet histologique que Ton ait étudié auparavant avec des lentilles variées, et dont on se soit convaincu qu'il doit être vu de telle ou telle façon avec un excellent objectif; on regarde alors cet objet avec les divers objectifs que l'on veut essayer, et l'on ronsidère comme les meilleurs ceux qui le montrent le mieux.

Je me sers habituellement, comme objet d'épreuve, de fibrilles musculaires isolées des ailes des hydrophiles : il faut qu'avec un giossissement supérieur à 800 diamètres, on y voie les disques sombres alternativement épais et minces qui les caractérisent.

■anlére d*apprécier le ij^rossissement do microscope. — Pour Anglo visuel.

apprécier le grossissement d'un microscope, il faut se rappeler que nous ne connaissons pas par la vue seule la dimension réelle des objets; nous ne connaissons cpie l'angle visuel sous

FiG. 15. — Fibrilles isolées des inus« clés des ailes de rhydrophilc (2000 diam.) :

o, disque épais; b^ disque mince.

' Nous avons sous les yeux une de ces plaques de Nobert : c'est une lame de glace sur laquelle est tracée une série de dix-neuf systèmes de raies. L'ensemble de ces dix-neuf systèmes parait à Fœil nu comme une ligne unique. L'endroit où se trouve le tracé est recouvert d'une lamelle mince lutée avec un vernis, de

30 TRAITÉ TECHXIQIE D'HISTOLOGIE,

lequel ils se présentent. Soient en efÎL'l l'objet m«, et bac l'angle visuel sous lequel nous voyons eel objet; l'objet m'n', placé à une distance plus grande,sei'a vu sous le mémo angle visuel, aura par conséquent la même dimension apparente, quoique sa gran-

deur soit plus considérable. \ji grandeur apparente d'un objet différera donc suivant le plan {mti ou m'n') où l'on arrêtera l'angle visuel.

manière que l'on puisse observer uvec des lentillei

vienne mouiller les raies. Sur une des exirémités de la glace

tuivani que nous reproduisong textueUcmcnl :

DJSTANTIA UNEARt'H.

i Diï 0,001000

11 Diï 0,000167

17 — o;oooiii

Dans le premier ijrslc

de lipie ; elle va en di

dii'neuvièmc, où la distance enlrc deux

millième de ligne. Dans les derniers syslèiues.

la dislance d'une raie à tanl graduellcmcnl dans ci

. difTv

est donc A'

rcnU sjslimesjusqu':

oui si rapiirocliées, qu'

dii-

lei plus forts objeclirs on n'arrive pas à les diilingucr. Avec un objectif n" 10 à immersion de Harinack, on distingue nettemcnl les raies jusque dans le iiuitième système avec la lumière centrée el un petit diaphragme, cl jusque dans le dixième avec la lumière oblique.

Aussi le grossissement d'un système de lentilles sem apprécié d^une façon tout à fait différente suivant le point où Ton arrêtera Tangle Wsuel pour recueillir l'image. Quelques obseiTateurs ont voulu recueillir rimage sur l'oculaire même, elle estalors très-petite ; d'autres l'ont prise sur la table de tmvail, elle est beaucoup plus considérable. Aujourd'hui on la prend généralement sur la platine du microscope, c'est-à-dire à 20 ou 25 centimètres de Tœil de l'observateur ; c'est pour ce point-là que Ton donne la grandeur apparente ou ce qu'on appelle le grossissement. On ferait mieux encore d'adopter définitivement 25 centimètres, pour (jue Ton pût comparer entre eux tous les grossissements.

Cela posé, pour apprécier le grossissement d'un système de lentilles quand il s'agit d'un objectif faible, on place sur la platine une petite règle d'ivoire divisée ])ar exemple en d(;mi-milliinètres ; celle règle est éclairée par la lumière directe. Lorsque la mise au point est parfaite, on aperçoit nettement les divisions de la règle. Ssupposons qu'il y en ait six dans le champ du microscope; on en conclura que le diamètre du champ est de S millimètres. Puis on place à côté de la platine, sur une tablette élevée à la même liauteur, une surface blanche, une f(Miille de papier, par eiemple. On regarde dans le microscope avec Tœil gauche, et directement sur la surface blanche avec l'œil droit; il est facile alors de superposer les deux images, et de tracer avec un crayon sur l'écran Timage grossie de la règle. Supposons que sur le papier cette image des six divisions de la règle occupe 9 centimètres ou 90 millimètres; nous aurions ainsi un grossissement de ~ ou de 30 diamètres.

Pour des systèmes plus forts, par exemple ceux dont le grossis- Micromèiresement dépasse 100 diamètres, cette division en demi-millimètres ^ ^^^

ne serait plus applicable. On prend i^fucromeâ^ ff^^ûn^/w/«« alors un micromètre-objet, c'està-dire une lame de glace sur laquelle ont été tracées avec une

machine à diviser des raies parai- fig. 17. — Micromètre-objet, fêles à un centième de millimètre

de distance. On procède de même que précédemment, c'est-à-dire qu'on superpose l'image d'un certain nombre de ces divisions grossies sur une feuille de papier vue à l'œil nu. CeUe superposition exige un peu d'habitude. Supposons que cinq divisions du

pbjet.

l>ifDension des

.Mi' roiiièlrc «N-ulairc.

FiG. 18. — Micromètre oculaire.

micromolre correspondent sur le papier à un centimètre, le grossissement sera de ^^ou de :200 diamètres.

Mensuration des objets^ ou niicrométrie, — Pour connaître la dimension des objets que Ton voit au microscope, le procédé le

plus simple serait de les placer sur le micromètre-objet, et d'obsener directement <ombien ils occupent de divisions de ce micromètre. Ainsi, en plaçant un objet sur la lame de j^lace divisée en centièmes de millimètre, si cet objet occupe exactement l'espace compris entre deux des divisions, c'est qu'il a un centième de millimètre de diamètre. Ce procédé n'est pas applicable, parce qu'on ne manie point les objets microscopiques comme on veut ; il n'est pas possible d'amener l'objet sur la division du micromètre, nideTy placer dans le sens qu'on voudrait ; ensuite il est rare que l'objet occupe un nombre exact de divisions. Pour obvier à ces inconvénients, on se sert de deux micromètres combinés : le micromètre-objet et le micromètre oculaire. Le micromètre oculaire est formé par une lame de glace sur laquelle sont tracées des divisions équidistantes d'une grandeur quelconque, et qui est placée dans l'oculaire entre la lentille oculaire proprement dite et la lentille de champ. Pour que les divisions de ce micromètre soient aperçues nettement, il est nécessaire qu'il soit exactement au point de la lentille oculaire, et comme ce point varie suivant les observateurs, il faut pouvoir faire varier la position relative de la lentille et de la lame de glace. Dans les oculaires qui contiennent ces micromètres, la lentille supérieure est montée sur une douille qui peut en effet se visser ou se dévisser de manière à la rapprocher ou à Téloigner de la lame de glace jusqu'à ce qu'on en aperçoive bien nettement les divisions. On la fixe alors au moyen d'un collier dans cette position. Le micromètre oculaire étant ainsi disposé, on observe sur la platine du microscope l'objet dont on veut déterminer les dimensions. I^a division du micromètre, amplifiée seulement par la lentille oculaire, se trouve reportée pour l'obserNateur sur l'objet à examiner, et cet objet correspond alors à un certain nombre de divisions de ce micromètre. Supposons par exemple qu'il corresponde à une division. On remplace alors la préparation par le micromètre-objet, et les divisions du micromètre oculaire viennent

se superposer à i-elles du micioinètre-objel. ))n voit à combien de divisions du microinètie oculaire con-espond une division du micromètre-objet. Supposons qu'une division du micromèlre-objet (divisé, par exemple, en centièmes de millimètre) corresponde à deux di\isions du micromèlrc oculaire, nous en conclurons que l'objet que nous avons vu avait un demicentième de millimètre de diamètre.

.\CCESSOiRES DU MICROSCOPE.

Il nous reste à parler de ceUains accessoires du microscope : de la chauibre claire poiu' ilessiner avec le niicrosi-ope, du microscope binoculaire, des appareils à polarisation ; enfm de tjuelques appareils destinés à placer les objets à observer dans des i-onditions partitniHères, comme la platine chauffante, la cbambre humide, la chandire à gaz, etc.

Chwabre claire. — La

chambre claire que l'on ■•niploie avec le microscope est fondée sur un principe de physique bien i-onnu : ta réflexion totale ■le la lumière par un prisme rertangulair >uflirait à la rigueur df placer un prisme qua- (li-angulairc (prisme de ^

Wollaston) au-dessus de

1' 1 ■ - Fi

I oculaire pour [«uvoir

recueillir l'image sur un

écran. L'inconvénient, c'est que cette image serait reportée ainsi

sur un plan vertical, et ne serait pas commode à recueiUir.

On a construit des chambres claires de toute espèce ; la meil-

RANïtnt. Hùtol. ^

leure est encore Tanciennc chambre claire de Chevalier et Oberhaeuser. Elle offre sur les autres plusieurs avantages: d'abord elle ne déforme pas l'image ; en second lieu, cette image se produit sur un plan horizontal et à une certaine distance du pied de Tinstrument, de telle sorte qu'on n'est pas gêné pour faire le dessin.

Cette chambre claire se compose d'un tube coudé à angle droit, dont une des branches est disposée verticalement et peut s'adapter sur le microscope à la place de l'oculaire. L'autre branche est horizontale et a environ 15 centimètres de longueur. Au coude même dr l'instrument, exactement au-dessus de l'axe optique, se trouve un premier prisme à réflexion totale qui envoie les rayons dans une direction horizontale, à travei^s le tube muni d'un oculaire, sur un second prisme a réflexion totale placé à l'autre extrémité; les rayons lumineux sont ramenés dans la direction verticale et de bas en haut, de manière à arriver à l'œil de l'observateur, qui les reporli* sur un plan horizontal situé à une hauteur variable et î\ une distance suflis;inle du microscope pour permettre de des* siner facilement rimagequ'on y voit.

O»i»iiio* Il faut que les prismes soient d'excellente qualité pour ne pas

' prwmbn"** altérer rimagt\ 11 est vrai que, dans cette double réflexion, un certain nombre de rayons lumineux sont absorbés nécessairement, v{ que tous ceux qui |Kissenl à lravei*s le microscope n'arriveront \H\s î\ l'a»il d(» l'observateur. Mais ce n'est pas. toujours un inrouvénitMil: il ne faut |kis, en effet, que l'image soit trop brillante sur récran: autrement on ne lUstingue plus la pointe du craNon t|ui doit tracer les lignes. On est même obligé quelquehus» poiu' bi(»n voir ce que l'on dessine, de diminuer la lumière du chauq» du microscope. Pour cela, on remplace le miroir concave par le miroir plan, ou bien même on cherche, pour éclairer le miroir, un(H>iut du ciel qui ne soit pas brillant.

Il ftuit beaucoup d'habitude )H>ur finir un dessin à la chambre dairi*; mais ce procédé est excellent pour tracer les contours, pour rapporter cxacleuienl la situation relative des objets; il épargne lunuicoup de tenqvî au dessinateur.

iMv» lu grandeur île l'image que donnt* la chambre claire dépend,

\\ .i3.. ImmIom choMivs égales d'ailleui^, de la hauteur à laquelle on place l'ÔMcMi doMlmé <\ la recevoir» S'il est placé sur la table de travail, l'Iniiinc :nia phis grande que si on le met à la hauteur de la pla- IhiP du Miirr<»^copc. hu reste» même si l'écran se trouve à la hauli Ml do l(( platine» rimage est plus grande que celle qu'on ver-

liln

rait en regardant avec l'oculaire. En effet, les rayons lumineux partant de l'objet ont parcouru, outre la longueur du tube du microscope, toute la longueur du tube horizontal de la chambre daire, dans lequel ils poursuivent leur marche comme s'il était la continuation du premier, et ils forment par suite une image plus grande.

Il ne faut pas qu'une chambre claire redresse l'image ; il importe au contraire qu'elle la reproduise telle qu'on la voit en regardant par l'oculaire. C'est en effet le plus souvent en observant avec l'oculaire la préparation, que Ton termine un dessin commencé à la chambre claire ; on voit donc les objets renversés, et si l'on avait commencé son esquisse avec une image redressée par la chambre claire, il serait bien difficile de terminer le dessin.

Va chambre claire n'est pas indispensable pour le dessin histologique; on peut même, sans se servir de cet instrument, arriver à faire des dessins très-exacts; seulement il faut alors être un dessinateur exercé, ou bien y mettre beaucoup de temps.

Lorsqu'un dessin a été exécuté, il est important d'en déterminer le grossissement. Pour y arriver, il suffît de mesurer un de ses diamètres avec une règle divisée en centimètres. Supposons que ce dessin ait, par exemple, 0 centimètres de largeur. On détermine alors par le procédé que nous avons indiqué plus haut, en combinant l'emploi du micromètre-objet et celui du micromètre oculaire, le diamètre correspondant de la préparation. Supposons que ce diamètre soit de 0""",2, le grossissement du dessin sera de ^.V=^;^ = ^.

Hi«ro«copc binoculaire oa stéréoscopiqae. — DanS le but

d'avoir avec le microscope l'avantage de la vision binoculaire, c'est-à-dire d'apercevoir le relief des objets, on a construit des microscopes binoculaires dans lesquels une partie des rayons lumineux est déviée par un prisme dans un second tube. Soit, par exemple, un point lumineux a (fig. 20), et soit une lentille mn qui représente l'objc^ctif. Nous savons que ce point a envoie au microscope un faisceau lumineux dont la base est mesurée par le diamètre de la lentille. Pour avoir deux images de ce point, il suffit de couper le faisceau en deux parties, et c'est ce qu'on fait en introduisant dans le faisceau émergeant de la lentille un couple de prismes rectangulaires c et c' quiprennent une partie des rayons lumineux et leur font éprouver une déviation latérale de manière

t« TIIAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE,

i (os aiiii'iii'f t'ii a" . On reçoit ces rayons déviés dans un second tube titti r«it :ivi>i- )i^ premier un angle tel que les deux oculaires aient i»iiln> l'us b uiérno distance que les deu\ yeux de Tobservateur. iiv-Y'-' ^^^^^^^^^^^^^ Depuis quelques années, MM. Harlnack et Prazmowski construisent un oculaire binoculaire par lequel on remplace l'oculaii'e ordinaire lorsque l'on veut obsei'ver avec les deux yeux. I^et inslrumenta^a^'antagedes'adapl('^ à n'importe quel microscope. Le principe en est très-simple. Les rayons lumineux sont réllécbis A angle droit pni' des prismes l'eclangulaires a et 6 (lig. 21) ; renvoyés sur les prismes c, d, ilss'y i-éfiéchissent une seconde fois, icprennent la direction verticale, et ariivcnt en e et /"aux yeux de l'observateur. Tous les observateurs n'ont pas les deux yeux également écartés ; aussi eet oculaire est-il muni d'un appareil à crémaillère qui permet de faire varier ia distance ef. Pour s'en servir, l'observateur doit d'abord régler la distance des deux oculaires de manière qu'elle corresponde à celle de ses yeux. .\ cet effet, tenant l'oculaire à la main, il regarde directement autiavers une surface lumineuse, et il aperçoit deux cercles; il tout ne la vis dans un sens ou dans l'autre jusqu'à ce que les deux cercles se confondent: il a alors la bonne distance enlise les deux oculaires, et place l'instrument sur le microscope.

Ces niicioscopes, quelle que soit leur construction , donnent bien la sensation du relief, mais ils ne méritent pas le nom de stéréoscopiques. En effet, ce qui nous donne la notion du relief, l'est que nos deux yeux ne perçoivent pas exactement la même image d'un objet; c'est celte condition qu'on a utilisée pour le stéréoscope, dans lequel deux images différentes d'un objet sont placées cbacune devant un des yeux de manière à produire une impression unique. Dans le inicroscope binoculaire, au contraire, ce ne sont pas deux images différentes, c'est la même image qui

- Manhc des rayons

JHICROSCOPE. 37

arriveàrhaciindes yeux de l'observateur. La sensation du relief y est donc le produit d'une illusion fondée sur l'tiuliilude, et dès lors re microscope ne peut t^tre considéré comme sléréoseopique. De plus, ces instruments ont l'inconvénient de diminuer la ciailé de l'image, et il n'est pas possible de s'en servir avec d:'s objectifs forts. La seule maqière d'avoir avec le microscope une notion du i-t>lief des objets et de leur superpo-sition, c'est d'empiovci" le microscope ordinaire avec des objectifs à pT<ind anfrle d'ouverture. Nous avons vu plus haut (page 28) que ces objectifs, ne faisant voir que des portions extrêmement limitées des objets, on prenait une connaissance complète de ceux-ci en faisant varier le point de la vue distincte à l'aide de la Tis micrométrique.

Dès lors la situation respective de deux points d'un même objet et de deux objets diflërents sera déteiminée parle sens dans lequel on aura été conduit :V tourner la vis mirromélrique ponr les voir successivement. Fn deux mois.

aujourd'hui le micro- Vm. 21.— Murcliclcs rajon. luniinrux d^ns loru- SCOpe binoculaire ou laire binutubirc de llnrlTia.k n l-raimowski.

sléréoseopique, qui est un bon instrument de démonstration, ne peut pas être employé dans les rcclierclies liistolo<>:iques.

Appareils de psiartsatUn. — Quand on fait passeï' la lumière à travers un prisme* di' spatb d'Islande, il se produit un rayon ordinaire, qui suit les lois ordinaires de la réfraction, et un rayon extraordinaire, qui prend une autre direction et qui est polarisé. i..es prismes dits de Nicol ont pour but de détruire le rayon orttinaire et do ne conserver que le rayon polarisé. Quand on met un premier prisme de Nicol au-dessous de la platine d'un microscope, et un second prisme au-dessus de l'oculaire, on con- .state que, pour certaines positions du prisme supérieur, la lumière passe à travers tous ces milieux : le premier prisme, i'ob-

jectif, roculairc, le second prisme, et vient atteindre l'œil. Si alors on fait tourner le prisme supérieur, il y a des positions où il éteint la lumière comme un écran: c'est lorsque le plan de polarisation du second nicol est pei'pendiculaire au plan de polarisation du premier, lorsque les niçois sont croisés. Certains objets histologiques transparents, placés sur la platine dû microscope, sont obscurs quand les deux niçois sont croisés, c'est-à-dire lorsque la lumière est complètement éteinte dans le champ du microscope; d'autres au contraire en détruisent l'effet, rétablissent la lumière et paraissent éclairés sur le champ obscur. On dit alors que ces objets jouissent de la double réfraction.

Il y a d'autres objets qui, rétablissant la lumière quand les niçois sont croisés, deviennent obscurs lorsqu'on tourne d'un certain nombre de degrés à droite ou à gauche l'un des niçois. Ces corps font donc dévier le plan de polarisation; c'est ce qu'on appelle la polarisation rotatoire.

sjpïe «t La question intéressante pour les histologistes dans ces phénoréfracuon. mèncs, sur lesquels nous reviencjrons, est la suivante. Lorsqu'à la lumière polarisée, on voit aux objets qu'on examine sur champ obscur des parties noires et d'autres parties qui restent brillantes, faut-il en conclure que ces objets sont composés de deux substances absolument différentes, l'une à réfraction simple, l'autre à réfraction double? C'est ce que Brùcke * a admis, et à sa suite tous les histologistes allemands.

Il y a longtemps que les expériences de Fresnel ont démontré qu'une substance monoréfringente devient biréfringente par la compression. Ainsi, lorsqu'on infléchit une lame de verre, elle devient biréfringente sur les bords, tout en restant monoréfringente au centre ; elle montre à la lumière polarisée une raie obscure entourée de deux bandes claires. On devrait donc en conclure, si l'on suivait l'opinion de Brùcke, qu'elle est composée de deux substances, l'une monoréfringente au centre, l'autre biréfringente sur les bords.

Il y a tout un ensemble de faits histologiques qui prouve de la manière la plus évidente que la double réfraction et la réfraction simple peuvent se produire dans la même substance, suivant des conditions particulières dans lesquelles elle se trouve placée.

> Brûc/cef Muskelfasern im polarisirten Lichte, in Stricker*s Handbuch der Lehre von den Geweben, 1871, page 170.

Parmi ces faits, nous en citerons deux qui le démontrent d'une façon frappante.

Un poil obtenu par arrachement (les poils des fosses nasales ou ceux du conduit auriculaire conviennent pour cette expérience) est placé sur la platine du microscope, les deux niçois étant croisés et le champ étant par conséquent obscur. Ce poil paraît généralement brillant. En faisant alors tourner la préparation autour de l'axe optique du microscope, on remarque qu'à un moment donné le poil devient obscur ; en continuant la rotation, le poil redevient brillant, et en poursuivant toujours, on trouve une seconde position, perpendiculaire à la première, pour laquelle le poil est de nouveau obscur comme le reste du champ. Le poil est donc brillant dans toutes les positions, excepté dans deux qui sont perpendiculaires l'une à l'autre; ces positions sont perpendiculaires ou parallèles aux plans de polarisation des deux niçois. Le bulbe pileux fait seul exception : dans aucune des positions que l'on fait prendre au poil, il ne rétablit la lumière sur champ obscur; il resle toujours noir. Entre le bulbe et le corps du poil, au collet du bulbe, se trouve une portion intermédiaire qui ne rétablit pas la lumière aussi complètement que le corps même du poil, et qui devient grise lorsque le poil devient brillant. Plus on examine une portion du poil voisine de la pointe, plus on voit s'accentuer les diflerences d'aspect du poil suivant sa position. Si maintenant on considère que le poil est formé dans toute sa masse et dans toute sa longueur par les mêmes éléments, c'est-àdire par des cellules soudées les unes aux autres, on sera bien forcé de convenii' que l'accentuation de la double réfraction, à mesure qu'on examine un point plus rapproché de son extrémité, tient, non pas à l'existence d'éléments de nature différente, mais à la disposition différente de ces éléments, au rapprochement, au tassement pour ainsi dire, que subissent peu à peu les cellules dans l'évolution du poil.

L'autre exemple est emprunté, non pas à l'évolution d'un organe, mais aux modifications qu'éprouve un même tissu pendant l'évolution de l'être tout entier. Le cartilage fœtal et le cartilage embryonnaire, examinés à la lumière polarisée, ne rétablissent pas la lumière sur fond noir; ils sont dits monoréfringents. Le cartiiiige adulte, au contraire, rétablit la lumière sur champ noir; il est devenu biréfringent. C'est la substance cartilagineuse seule qui, dans ce cas, possède la double réfraction; les cellules

PoU à la lamière polarisée.

Cartila^

à la hmière

polariaëe.

iO THAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE,

sont toujours monoréfringcnles. C'est donc la même substance, possédant la môme constitution chimique, les mômes propnctés généralr^s, qui subit par l'cITet de l'âge une condensation moléculaire déterminant la bu(.trmpence Cette manièrt de voir est b'Ilement e\icte que si, sou^ I influence à un piocossus morbide, * In siihstann raitiligineusi «ubit le plub legei degie de ramollissement elli n d( Monl monorefimgente 11 sudît de ces exemples pour monticr qui us piopiittc-s de nionorefnngence eldc^hirc''fring nr< itontpisnni gi inde impoi tince au point de vue liistologiqiuttm siui u( nt *•! ml di btï,e i df- ihtoiiessurla nature

' fK- '22 — PIntmp chnulfdnle de M scl ullir A \ue en dessus; a, trou de la filitl e {lOiirUitser passer 11 luDi re b prolougemculs quon ehauflè; rf, Iher- 'iMtii Irp — B T c en desMus

d«K substances qui présentent ces phénomènes. Aussi ne nous y ariAlerons-nous pas davantîige ici, et ne parlerons-nous pas des pliéiioiiif'nes de l'oloralion que présentent difTérents objets, soil A lu liiinièi'i' polarisée simple, soit lorsqu'on interpose au-dessouHdi; h piV'])aration une lamelle de frjpse'.

9UMmr «hMOkNie. — L'idée d'étudior les tissus et les éléments iituitttiiiiqiies A leur leiiipéi-alure normale appartient à Max Si;l(ult/i'* . Li platine rliaiiflanto de cet auteur est toute de luitiMi; l'Ilr {'st munie de deu\ prolongements sous lesquels on

' Vujrpx iiiiiir iraiitrcs diUnili ri pour la discussion : Hougri, Des phénomènes dr jiwli(ritiilfuii i|ul ■'ulitervcnl dans r|uc1ques lissiis des réféUux eL des animaux, ri eu iimiji'iilicr dana In lisiii luusrulairo (Journal de la plirsiologie de Brown-Séliot'I. IHHÏ, |>. 247).

' M, H-liullir, An'lilv. nir miiroscop. Anatomie, 18G!i, p. 1.

met (lens peliles lampes à alcool. La chaleur se transmet par propagation à toute la platine ; un thermomètre dont elle est munie permet d'apprécier approximativement sa température. Ce procédé est très-imparfait, mais il a sufli pour prouver que la chaleur peut, en eflet, conserver leurs propriétés physiologiques aux éléments soumis A IVxamen.

préparation est pUct-

Stricker a entrepris dt' cliaiiiler dircrtement Tohjel, en placani dans le porle-ohji't un lil de platine fin et enroulé, dont il met les extrémités en conlatt avec les pôles d'une pile. Le lil s'échaiifl'e rapidement et détermine dans la préparation une élévation de température qui est appréciée ;*i l'aide d'un thermomètre placé dans le porle-objel '.

L'appareil dont nous nous servons depuis 1865 nous paraît réunir toutes les conditions nécessaires. Il consiste en une caisse

* SIricker, Haixlbuch der Lehre vonden Gciveben. Leipiig, 1S71, p. \m.

42 TRAITÉ TECHMQUE D'HISTOLOGIE.

do laiton ivclanj»ulaire A qui porte, à sa partie moyenne, une fente horizontale / pour permettre d'y glisser la préparation. Au centre elle est percée, de haut en bas, d'un trou qui correspond au trou de la platine ordinaire, et qui laisse passer la lumière; ce trou est assez large pour permettre à l'objectif d'arriver jusque sur la préparation. Elle port(^ en arrière une tubulure / pour y loger un thiMinoniètre, r\ en avant deux autres tubulures sur lesquelles sont adaptés des Inbcs de caoutchouc </ et A, qui communiquent av(M' une p(»tit(^ marmite close de laiton, B. I/appareil tout entier est rempli d'eau (\uon peut élever à la température voulue, en mettant sous la marmite une lampe à alcool. Comme le tube supérieur communiquf» avec la partie supérieure de la marmite, et riidérirMU" avcîc la partie inférieure, il s'établit, entre la marmite cl la caisse de laiton, une circulation constante qui maintient Tcau îi la ménuî température dans les deux récipients.

Pour (|ue la températurcî s'élève toujours dans la platine en même temps cpie dans la marmite, il est nécessaire que la platine, et piu* consécpuMit le miscroscope, soient à un niveau plus élevé que la marmit(»; on place à cet eftet le microscope sur un support. Il est indispensid)l(», en outre, de s'assurer que tout le système ne contient pas d'air; autrement, la circulation ne se ferait pas.

I,e ^^rand avantage de cet appareil, c'est qu'on peut facilement y maintenir une tempéniture constante pendant plusieurs lieuren ; on peut même, quand Teau est portée à 39 ou 40 degrés, rontinuer l'observation pendant un quart d'heure sans chauffer, car le relVoidiNhement se fait très-lentement, vu la grande quantité d'eini dont la tenq)érature a ét^» élevée. Comme la préparation se IroMveau centre ménuMie la platine, que le trou placé au-dessous d'elle, et qui laisse passer la lumière, est fermé par un diaphragme de \t'n't*t que l'objectif ferme à peu près complètement l'orifice hupérieur, et qu'on p(»ut même compléter cette occlusion avec une couromie d'ouate, l'objet soumis à l'examen se trouve à I Mbri de tout(»s l(»s clauses de refroidissement et sa température /■ôl lrê»-voisined(» c(»IIe qui est indiquée par le th(»rmomètre.

êkmtmhre hmiilde et chambre h sus. — Il importe SOUVCUt d'étu-

lUt'i le> éléuients (laus Ics conditions qui se rapprochent le plus de t » Ile.N lUiiïi) les(pielles ils vivent : or tous les tissus sont sans cesse imbd/é.H de liquide; il faut donc les maintenir dans un liquide, àTabri i|i' IV'vapor.'ition, sans cependant (»nq>écher l'oxygène d'îirriver et d' viNilierles éléments, ('/est î\ quoi doit servir la chambre humide.

Recklinghaiisen, le premier, s'en est servi pour observer les mouvemenls amiboïdes des globules blancs et de certaines cellules de la cornée. Sa chambre humide consiste en un petit cylindre de verre a, collé verticalement sur la lame de verre (fig. 24) ; à ce petit cylindre est adapté un manchon de baudruche dont l'autre extrémité est fixée sur l'objectif, qui doit être un objectif à immersion, parce qu'il doit plonger dans le liquide au milieu duquel nagent les éléments. Cet appareil est mauvais, car les moindres mouvements de l'objectif déplacent l'objet, et l'on n'arrive plus à le retrouver.

Un procédé dont on fait souvent usage pour avoir rapidement une chambre humide, consiste à placer l'objet sur la lamelle dans une goutte de liquide ; on retourne ensuite cette lamelle soit sur une lame de verre à godet, soit sur une lame ordinaire sur laquelle on a mis une bordure assez élevée de cire à cacheter ou de mastic, bordure sur laquelle reposent les bords de la lamelle ; la goutte de liquide se trouve ainsi placée au contact de l'air et à l'abri de l'évaporation. Ce procédé, qui peut rendre des semces dans certains cas, a deux inconvénients : le premier, c'est que la couche de liquide n'a pas une épaissimr uniforme ; le second, c'est que les éléments s'y déplacent trop facilement et qu'il n'est pas aisé de les retrouver.

Les chambres humides et à gaz dont nous nous servons et qui. réunissent toutes les conditions nécessaires aux expériences, présentent une certaine analogie avec celles qui ont été décrites par Stricker (loc. cit.

p. vu) ; on peut les construire facilement soi-même.

On prend une lame de glace bien plane, sur laquelle on fixe avec delà térébenthine cuite des bandelettes de glace d'un centimètre de largeur environ, de manière à circonscrire un espace rectangulaire, qui forme comme une petite cuvette. Au milieu de cette cuvette on colle de la même façon un petit rectangle de verre choisi de telle dimension qu'il laisse entre lui et les bords de la cuvette une petite rigole ; son épaisseur doit être d'environ un

Fin. 24. — Chambre humide de Recklinghausen : r/, lame de glace; o, bordure circulaire de verre autour de laquelle est appliquée la membrane de baudruche 6; c, lien circulaire destiné à fixer le manchon de baudruche sur Tobjectif.

*4 TRAITÉ TECIINigUE D'HISTOLOGIE,

dixième de millimètre de moins que celle des bords de la cnvplln. C'est sur ce plateau qu'on dépose l'objel ; on le recouvre d'une lamelle de verri' qui reposi' sur les bords de la ('uvetle, où on la

Kri;. 25. — Chambi liquide destin es !

repoBeot les borilii

fixe avpc dp la parafiinL'. L'obji'l m- liouvf ain.si, avec le liquide dans lequel il esl contenu, à l'abri dé l'évaporalion et entouré d'iuic coudie d'air logéf dans la rijfole mentionnée plus haut.

Si c.'l objel esl ein[îrunlé A un animal à sang cliaud, on place la l'iiainlirv liuniide ainsi i-onslruitr> dans le uiîci'oseope A jdatine

cliRuiïante : la paraTCinc ne fond pas â 39 degrés ; on pourra donc observei- dans les conditions les plus normales.

On trouve chez M, Verick des chambres humides conslruiles sur ces données ; ce soni celtes dont nous faisons usage habituel- IcnienUfig. "25).

Le môme opticien a conslruit sur nos indications des chambres à gax cj)nslituées par une plaque de laiton de la l'orme et de la di-

mension d'une lame de verre porte^objet (fig. 26). A son milieu cette plaque est percée d'un trou circulaire dont la face inférieure est fermée par une lame de glace d'environ 2 centimètres de diamètre. Au centre cfc cette lame est fixé un disque de glace a d'un diamètre plus petit, de manière à laisser entre lui et le bord du trou perc^ dans la lame de laiton une rigole circulaire b. Ce disque est disposé de façon que sa face supérieure n'arrive pas tout à lait au niveau de la lame de laiton, de telle sorte qu'en lecouvrant celle-ci avec une lamelle do verre, il reste entre la lamelle et le disque une épaisseur libre d'environ -/^ de millimètre. De plus, la plaque de laiton est percée dans sa longueur de deux trous aboutissant en dedans à la rigole centrale et aux extrémités à deux tubulures qui permettent d'y fixei- de petits tubes de caoutchouc, par lesquels on peut faire entrer et sortir les gaz qui exerceront leur action sur la préparation.

F»rie-«b|ec éieciriqve. — C'cst uu appareil destiné à faire passer une série d'étincelles au sein d'un tissu ou d'un liquide qui contient des éléments. Ce porte-objet est tiès-simple. Il consiste en deux lames d'étain de 3 à 4 millimètres de largeur, fixées sur la lame de verre au moyen d'un mastic résineux, de la cire à cacheter par exemple, et coiimmniquant par des fils de platine avec les pôles d'un appareil électrique.

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