‹ Traité théorique et practique des opérations de banqueChapitre 10 sur 168 · U» CAPITAUX · texte numérisé non relu

U» CAPITAUX

Dans le langage scientifique, le niot Capital suppose une notion immatérielle^ Tidée d'une sommé de valeurs qui peut changer de forme sans périr, et complètement indépendante des substitutions qui peuvent être opérées dans le catalogue des objets dont les valeurs particulières^ ajoutées les unes aux autres^ forment cette somme.

Dans les affaires^ le mot Capital, employé au pluriel, prend une signification plus restreinte, et désigne seulement ks capitaux évalués en monnaie. On a supposé, comme nous Tavons dit, que la monnaie était une mesure, qu^elle avait une valeur fixe;4)ui8 on a comparé à cette mesure diverses marchandises^ on les a évaluées en monnaie par la vente. Ensuite on a supposé que les sommes évaluées, soit qu'elles existassent réellement sous forme de monnaie, ou sous toute autre forme; soit qu'elles fussent en la possession du propriétaire ou autrement, restaient égales à elle^èmes, sans variation. Ces suppositions, qui forment tout un système de fictions légales nécessaires^ donnent lieu à quel* ques erreurs assez répandues.

Ainsi, l'on considère souvent comme synonymes les mots Capitaux et Monnaies, comme s'il n'y avait d'autres capitaux que ceux qui existent actuellement en monnaie, parce que dans le mouvement des affaires^ tous les capitaux viennent se comparer à la mesure commune^ chaque fois quMls passent d'une main à Tautre. On ne prend pas garde que lorsqu'ils prennent la forme de monnaie, ils la gardent peu de temps et que, le plus souvent, évalués en monnaie sans en prendre la forme, ils passent de main en main jusqu'à la consommation. On dit par métaphore que l'argent est a rare, cher ou à bon marché, » comme on dit par métaphore « manger de l'argent;» il serait plus exact de dire « les capitaux sont rares, chers ou à bon marché. » Des banquiers même emploient quelquefois cette façon de s'exprimer, sans

IKS CAPITAtX. il

observer que le mouvemenl de leur caisse ne rq^résente qu*uDe portion minime de leurs affaires^ et que leur encaisse est la moindre et la plus stérile partie de leur actif.

Cependant il suf&t de considérer un seul instant Tensemble des richesses qui existent^ pour voir que Tor et Targent mon* nayés n'en forment qu'une fraction minime et presque imperceptible. Cette fraction a son emploi déterminé comme instni* ment des échanges^ comme type des évaluations^ et aussi comme moyen de remplir des engagements imprévus^ comme réserve; mais elle ne tire de ces emplois aucune propriété qui fasse exception aux lois générales de la production. Au rçste, tous les progrès du commerce tendent à diminuer le prix des services productifs de la monnaie, a réduire^ dans les échanges^ remploi de cet intermédiaire. Déjà les compensations de créances qu'opère chaque jour le plus petit commerçant^ le banquier le plus restreint dans ses opérations^ dépassent de beaucoup la somme des paiements effectifs : la simple transmission d'une lettre de change ou d'un billet à ordre opère le plus souvent plv^ieurs échanges contre un seul paiement^ et le billet de banque remplace presque entièrement la monnaie.

Pour bien comprendre comment les sommes de valeurs, souà forme de monnaie ou évaluées en monnaie, ont pris le nom de capitaux^ comme si elles étaient les capitaux par excellence et préférablement à tous les autres, il est nécessaire d'analyser avec attention les éléments qui constituent le contrat de crédit.

2* FDfriox.

19 LIYKS 1. CaUPlTU Yl.

Page 1