COURS DES CHANGES
A Paris.
Londres, 25 fr. p. 1 livre st.
Cadix, 520 cent. p. 1 piastre.
Vienne, 217 fr. p. 100 florins.
Naples. 436 cent. p. 1 ducat.
Milan y 85 fr. p. 100 lire.
BSS AJIBITIUGES. 501
Arbitrage entre Paris et Londres^ par Cadixk
t livre st. : 240 pence, 50 pence : 1 piastre, 1 piastre : Ô f. 20 c.
: : 1 livre sterling : jt == 24 f. 96.
Entre Paris et Londres^ par Vienne.
1 livre sterling : 1 1 florins, 1 00 florins : 2 1 7 francs^
: : 1 livre st. : r — 23 f. 87.
Entre Paris et Londres^ par Naples,
1 livre sterling : 240 pence, 41 1/2 pence : 1 ducat, 1 ducat : 436 centimes,
: : 1 livre sterling : x = 25 f. 21.
Entre Paris et Londres^ par Milan.
i livres sterling : 30 lire de Milan, 100 lire : 85 francs,
: : 1 livre : jr == 25 f. 50.
En récapitulant le résultat de ces divers calculs préparatoiros^ on trouve qu'une livre sterling vaut :
Par voie directe 25 f. 00 c.
Par Milan 25 50
Par Naples 25 21
Par Cadix 24 96
Par Vienne 23 87
D'où résulte entre les deux extrêmes une différence de 1 fr. 63, soit 6 , 84 p. 7o ^^ pri^ d'achat, si Ton veut acheter à Vienne pour revendre à Milan, par exemple, ou, ce qui est la même chose, remettre des lettres à Vienne ou en acheter à Naples en livres sterling.
Remarquons, en passant, que les arbitrages présentent rarement une différence aussi grande que c^lle qui résulte ci-dessus du change par Vienne; cela tient à ce que Vienne, soumise au régime du papier-monnaie, ne paie que par exception en espèces ou florins réels.
Là s'arrête l'arithmétique : on comprend qu'elle n'a rien à voir dans les convenances pour opérer sur telle ou telle ville, avec tel ou tel correspondant : elle ne peut pas indiquer quelle est la profondeur du cours, si Ton peut ainsi s'exprimer, c'est-à-dire combien il pourrait supporter d'achats ou de ventes sans variations sensibles et quelles sont ses chances de durée.
SOS UVRI YI. GHAPITM V.
Aiuri, pour opérer une spéculation en connaiBsance de cause, il faut savoir si un achat important de livres sterling à Vienne n^élèverait pas le cours sur cette place, et si une Tente importante à Naples n*y ferait pas baisser la valeur de la livre^ etc. Or, ce sont toutes ces considérations très-complexes, et sur lesquelles on ne peut être fixé qu*à la suite d*une longue expérience et par des relations sûres , qui doivent décider à faire ou à ne faire pas l'opération.
Quant aux opérations combinées et multipliées auxquelles peuvent donner lieu les spéculations sur les changes, elles sortent complètement de notre sujet. C'est une matière sur laquelle il n*y a point de théorie certaine , pas plus que sur les opérations particulières de tel ou tel commerce déterminé. Quels que soient les ordres de banque, composés ou simples, fondés ou non sur une circulation de papier, il faut en dernière analyse conclure par un achat ou par une vente de monnaie, ou pitt^ exactement, par le change d*une monnaie pour une autrci et, en ce qui touche l'arithmétique, on ne sort pas de la règle conjointe.
Les commissions et les calculs auxquels elles donnent lieu ont même perdu depuis quelque temps une grande partie de leur ancienne importance. Les spéculations sur les changes deviennent rares, et lorsqu'un banquier en fait une, c'est , ordinairement» de compte à demi avec un de ses correspondants. La plupart des opérations de change roulent sur les paiements et recouvrements du commerce de marchandises.
Les arbitrages entre les monnaies et les matières d'or, qui tenaient autrefois une grande place dans les affaires des banquiers cambistes, ne sont plus qu'une opération exceptionnelle depuis la découverte des mines de la Californie et de l'Australie- Les matières d'argent ont fait l'objet d'un commerce plus actif depuis quelque temps et on a commencé à changer contre de l'or des pièces de 5 fr. pour les convertir en roupies.
Les monnaies qui servaient le plus habituellement au commerce des matières d'or et d'argont , étaient les quadruples et les piastres d'Espajçne. Aujourd'hui la poudre d'or fait concurrence aux quadruples et les pièces de 5 fr. Viennent presque partout remplacer les piastfèl.
DES ARBITRAGES. MM
Uêm las arbitrages d« œoaaaies et de matières i*0t et d'argent, on calcule exactement la valeur intrinsèque des premièfee<, et en les eompare aux métaux ^^réeieux; on juge, on ari)itre, s'il est avantageux de changer les unes contre les ^utre^, La règle conjointe^ au lieu de porter sur les moonales et sur les chiffres des cours , portera sur le change des divers poids et mesures et sur Tévaluation du fin eonteau dans les monnaies.
On trouvera peut-être que l'arithmétique de ban<)\ie^ ainsi réduite à quelques opérations qui se rejMroduisenî saos cesse , soit dans les comptes d'intérêt^ soit dans les comptes courants^ toit dans les arbitrages^ est une arithmétique fort simple. En effet> en théorie, la connaissance approfondie des proportions et des applications immédiates qui s'en déduisent est sufiQsante pour bien comprendre toutes les opérations usitées en banque. Mais momprendre est une chose et pratiquer en est une autre. On peut bien connaître la théorie et faire exactement toutes les opéra* tiens ; e*est peu si Ton ne les fait vite y dans la forme qu'elles doivent recevoir sur les livres^ de manière à rendre le résut* lat saillant. C'est peu même de calculer exactement et vite , la plume à la main et dans l'isolement; il faut encore savoir calculer de tète, sans livre^ ni plume^ dans son bureau et à hl promenade^ dans la rue même et en entretenant une conversation, de manière à pouvoir embrasser d'un coup d'osil une ofiFre de négociation f en apprécier tous les détails et y répondre eH quelques instants. Une longue expérience et une aptitude mnémonique spéciale peuvent seules enseigner les secrets de l'aritb*métique mentale. Ce serait fçlte de prétendre l'enseigner dans un livre.
Fiîf.
soi