CHANGE DES MONNAIES
Le change des monnaies sur place est, de toutes les opérations de banque^ la plus anciennement connue. Dès la plus haute antiquité, les changeurs, assis davant leurs tables (rpàireCai, mensœ) ou bancs, échangeaient les unes contre les autres les diverses monnaies nationales et étrangères. En général ils joignaient à ce commerce celui des matières d'or et d'argent et l'industrie de la fonte et de l'affinage des métaux précieux. Ensuite et successivement ils se sont livrés à toutes les opérations de banque, et ont donné au commerce du crédit le nom du banc ou, comme on dit encore dans les marchés de Paris, de la banque *ûeYdLi\t laquelle ils étaient assis.
 Bome et dans le moyen âge, ils portaient le nom d'argentiers et réalisaient de grands bénéfices sur l'échange des monnaies si diverses et si nombreuses de ce temps, et surtout sur les opérations de faux-monnayage auxquelles les gouvernements demibarbares aimaient à se livrer. L'argentier, toujours exactement au courant, par état même, des' changements de titre qit'éprou-
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vaieat les monnaies lorsqu'il plaisait aux rois de les amenui$ier^ comme on disait alors, était instruit, avant le public^ d'altérations que les gouvernements tenaient secrètes, et* il en profitait. En outre^ il faisait des gains considérables sur le change des monnaies des divers pays, comme on en fait encore aujourd'hui sur des opérations du même genre dans les ports d*émigration.
Le change des monnaies, tel qu'il se pratique actuellement à Paris, ài I^ndres et sur les principales places de commerce, consiste à satisfaire les désirs et les convenances de ceux qui veulent échanger de la monnaie courante contre de la monnaie étrangère, et réciproquement; de la monnaie d*or contre de la monnaie d'argent ou contre des billets de banque, lorsqu'ils ont cours forcé, etc. La commission que prélève le changeur pour prix du service qu'il rend, s'ajoute quelquefois à un agio ou différence entre le prix réel et le prix nominal des monnaies; quelquefois aussi elle est perçue à part.
IjCs changements dans la valeur relative de l'or et de l'argent fournissent aujourd'hui matière aux plus nombreuses opérations du changeur. Autrefois, par example, la valeur réelle de Tor était bien supérieure à sa valeur monétaire : 1,000 ïi. en pièces de 20 fr. valaient 10, 20, 25 fr. de plus que 1,000 fr. en argent, et c'était par Tintermédiaire du changeur que s'opérait la trana* mutation. Chaque fois qu'il survenait une guerre ou une pa-^ nique politique, le prix relatif de l'or s'élevait, parce que l'or est indispensable aux caisses militaires, et qu'il est le métal favori 4e ceux qui voyagent, de ceux qui cachent leurs capitaux et qui tbésauri^ent. Tous ces mouvements dans la valeur relative dçs métaux précieux fdtmaient la base des spéoulations du cbangeujr. Ces spéculations sont devenues plus difiSciles lorsque les deux métaux ont atteint le pair, et qu'on a cru voir les prix se modifier en sens inverse de l'ancien rapport, au profit de l'argent cpntre l'or. Mais les mouvements de l'opinion suffisent à un moment d(nmé pour imprimer, soit à la valeur relative des deux métaux, soit à la valeur relative des matières et de la monnaie de même métal, .. des variations dont le changeur peut faire son profit.
Voici par exemple un tableau des principales variations du prix de l'or monnayé et en liAgots, depuis 1848, telies qu'elles résultent des prix-courants officiels de la Bourse de Paris.