‹ Traité théorique et practique des opérations de banqueChapitre 42 sur 168 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

GOHIPTES COURANTS.

Les opérations des banques commerciales viennent toutes se résumer dans les comptes courants. Un négociant se lie avec un banquier par l'intermédiaire duquel il effectue tout ce qui , dans ses propres affaires, pourrait être classé sous le titre de « département des capitaux mobiliers et du crédit. » Ainsi le négociant a-t-il des recouvrements à faire, il les fait par l'intermédiaire de son banquier : a-t-il des paiements à faire , son banquier s'en charge. Il en résulte que celui-ci reçoit journellement des fonds et fait journellement des paiements pour le négociant, et c'est Tenregistrement sur un livre spécial de ces recettes , de ces dépenses et des transactions auxquelles elles donnent lieu, qui s'appelle twnpte courant.

COMPTES COURàNTS. 95

Les conditions auxquelles un banquier se charge des opérations de crédit d'un négociant sont très-variables : 1^ suivant Tétat général dea affaires; 2» suivant les convenances réciproques de situation du banquier et du négociant ; 3» suivant Testime qu'ils font réciproquement deTintelligence, de la probité et de la solvabilité l'un de l'autre.

Ainsi, selon la nature et les habitudes de son commerce ou la force de son capital^ selon le soin ou la bonne foi qu'il apporte dans ses affaires^ un négociant fournit à son banquier des remises qui ont peu ou beaucoup de temps à courir, qui sont payées régu. lièrement ou irrégulièrement, dans un pays où les recouvrements sont fociles ou difficiles, auxquelles le change est favorable ou défavorable. Le banquier tient compte de toutes ces circonstances , lorsqu'il débat les conditions du compte courant : si les capitaux abondent chez lui, il acceptera volontiers les effets à longue échéance et les gardera, comme on dit, à la nourrice; mais il fera payer ce service, parce que les bénéfices de banque résultent plutètde la multiplicité des opérations et des commissions multipliées qui en résultent, que de la différence d'intérêts. Il aimera mieux le papier qui est acquitté exactement, bien qu'il ne lui donne pas l'avantage des comptes de retour, parce que ce papier ne laisse aucun doute après lui ; enfin il préférera les effets payables dans les lieux où les recouvrements sont faciles et qui donnent habituellement un change favorable.

Lorsque le négociant possède un capital supérieur aux besoins de ses affaires^ lorque ses ventes sont régulières et qu'il surveille ses rentrées aveo rigueur, le compte courant se solde habituellement en sa faveur par un crédit qui constitue chez le banquier un véritable dépôt. Lors, au contraire, que le capital du négociant est exigu proportionnellement à ses affaires, ou que ses rentrées sont négligées, ou que ses magasins viennent à s'encombrer, son compte courant se balance par un solde débiteur. Le banquier qui a besoin de capitaux recherchera les comptes courants qui sont habituellement créditeurs, tandis que le banquier chez lequel les capitaux abondent, ouvrira volontiers quelquefois des comptes courants sujets à devenir débiteurs. Le premier recherche les capitaux , et le second les^placements.

Ordinairement, les banquiers n'ouvrent pas de comptes cou*

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rants à découvert, ou , en d'autres termes, ils exigent que leurs déboursés soient couverts par des remises équivalentes. C'est une conséquence de la maxime qui fait repousser à l'escompte les simples billets, le papier à une signature, car un crédit à découvert ne diffère au fond que quant au terme, qui n'est pas défiai, d'une avance sur billet personnel. Toutefois , si le négociant a des habitudes régulières , et s'il a besoin d'avances de ce genre pour quelque opération extraordinaire, un banquier ne les lui refuse guère hors des cas dlmpossibilité absolue.

Les comptes courants se composent de trois éléments au plus : recouvrement, escompte, ou dépôt. Ils donnent donc lieu : 1® à des commissions de recouvrement au taux convenu; 2^ à un compte d'escompte pour l'intérêt à courir sur les remises faites; 3^ au compte courant proprement dit , c'est-à-dire au compte d'intérêts réciproques sur les sommes versées et dues de pai t et d'autre.

Quelquefois, lé compte d'intérêt court au profit du banquier seulement ; le plus souvent, ce compte est réciproque, mais à un taux inégal , à 6 p. ^/^^ , par exemple, au profit du banquier, et à 5 p. 7o stu profit du négociant. Tous ces prix sont débattus et arrêtés verbalement ou par écrit, suivant les convenances respectives des deux parties, comme dans tous les marchés du monde.

Les comptes courants entre banquiers ne diffèrent en rien de ceux qui existent entre banquier et négociant; ils donnent lieu aux mêmes observations et suivent les mêmes lois.

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