CHAPITRE K
9ANQUES I>'ÀM)8SE.
L'Ecosse est séparée de TAngleterre par ses lois et plus encore par ses habitudes industrielles et commerciales : elle se distingue surtout parla supériorité de ses banques.
On a commencé dans ce pays par le monopole. En 1695, un acte du parlement établit la Banque d'Ecosse et lui donna pour vingt ans le privilège de se livrer aux opérations de banque à l'exclusion Be toute autre compagnie : à l'expiration des vingt ans, ce privilège ne fut point renouvelé. Depuis cette époque, il s*est établi en Ecosse quelques banques a incorporées, » c'est-à-dire constituées dans une forme analogue à celle de nos sociétés anonymes, et un plus grand nombre selon le droit commun, sans privilège d'aucune espèce *. Un acte de 1765 défendit la circulation de billets payables, au choix du porteur, à vue sans intérêts, ou à six mois de la date d'émission avec un intérêt déterminé. D'ailleurs, jusqu'à Tannée 1845, les banques d'Ecosse ont émis librement et sans contrôle législatif d'aucune espèce des billets à vue et au porteur.
Ces banques ont subi les grandes crises du siècle dernier, no* ] tamment celles de 179S et 1797, puis celles de 1810, 1 818, 1825, j 1830, 1847, sans modifier leur système et sans éprouver de perturbations considérables. En 1826,.elles constataient avec un légi* time orgueil que, dans l'espace de plus d'un siècle, les faillites de banques n'avalent fait perdre au public, en Ecosse, qu'une somme de f 36,000. Elles peuvent ajuste titre se vanter d'être les doyennes et les plus éprouvées des banques de circulation; ajoutons
■ La transitioii du monopole À la liberté n'eut pas lieu^ onj[)eut le croire, sans une vive opposition de la Banque d'Ecosse : elle cria, réclama, protesta, tit des efforts inouïs pour décrier les billets de sa rivale, la Banque royale, jusqu'à ce que celle-ci, forte de Tappui du gouvernement, força, par une préseqtaUon soudaine et considérable de billets, la Banque d'Ecosse à suspendre ses paiements. Depuis cette époque, les deux établissements rivaux et ceux qui les ont suivis ont compris qu'il valait mieux vivre en paix et en liberté que de courir après le monopole. — Votbz Lawson, p. 4i0 et suiv.