‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 39 sur 139 · sain · texte numérisé non relu

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On sait que des sels existent dans le sol, et qu’on les trouve daus la plupart des plantes. On suppose que la racine les absorbe dissouts dans Peau, et que la plante est nourrie par cette solution.

La profondeur du sol et la nature du sous-sol (sol inférieur au sol proprement dit) déterminent grandement sa valeur. Quelque riche qu’il soit, lorsqu'il n°y a qu’une couche mince de bon sol sur du gravois pointu ou une argile humide, il ne saurait être très fertile ; dans le premier cas il sera brûlé dans des tems secs ; et dans le dernier converti en fange par une pluie continue. Si le sous-sol est de la terre grasse, six pouces de bon sol suffiront. Lorsqu'on à un pied de bon sol, le sous-sol est de peu de conséquence, pourvu qu’il soit sec et que l’eau puisse facilement s’égouter. Les meilleures terres alluviales sont généralement profondes.

L’exposition au soleil et la pente du terrain sont des circonstances très importantes et sont équivalentes à une véritable différence de climat. Une pente douce vers le sud, et un abri contre les vents froids, peuvent faire une aussi grande différence que plusieurs dégrés de latitude ; et en comparant la valeur de terres semblables en différens climats, la chaleur et Phumidité moyenne doivent être exactement connues.

Un sol très précieux dans le sud de l’Europe pourrait être très peu fertile en Canada ; de même qu’un sol léger de quelque prix dans l’ouest de l’Ecosse pourrait être absolument stérile en Italie ou en Espagne.

Des terres en culture, tout en consistant originairement d’ingrédiens mêlés en proportion convenable,peuvent épuiser leur principe de fertilité par trop de récoltes ; soit en y répétant le même ou changeant l’ussolement, Si, en cultivant des terres neuves, le sol a été marécageux ou humide, comme c’est ordinairement le cas, il suffit souvent de le préparer simplement en asséchant l’eau superflue et stagnante, et en

pelant et brûlant la tourbe sur la surface. Sil: aol a été épuisé par la trop fréquente répétition de la même récolte, il arrive souvent qn’un changement de récolte répondra aux vues du cultivateur ; car, de ca qu’un sol puisse être épuisé pour une sorte de grains, il ne suit pas nécessairement qu’il le soit aussi pour une autre. Îl est donc de Ja pratique du fermier de faire suivre ses semences par rotation, ayant dans le même champ une récolte peut-être de blé, d’orge, de fèves et de vesces successivement ; chaque espèce faisant choix ou exigeant peut-être pour sa nourriture particuhère une moindre quantité que la récolte qui Pa précédée.

Mais même avec un système d’assolement le sol s’épuise à la fin, et le cultivateur doit avoir recours à d’autres moyens pour rétablir sa fertilité. Dans ce cas un intervalle de repos en pacage est considéré efficace, comme on peut s’en apercevoir dans des champs qui n’ont pas été }nbourées pendant plusieurs années, mais qui ont servi de pacage. De-Ià la pratique des jachères et du labour profond qui dans quelques cas a le même effet que la pratique de fossoyer (trenching.)

La fertilité du sol est rétablie en fossoyant en ce qu’on en enleve toute cette humidité superflue qui s’y est établie et qui, comme on sait, est nuisible aux plantes non aquatiques, en rendant le sol plus ferme et plus compacte. Quant à l’assolement ou rotation des récoltes, la fertilité n’est pas autant rétablie, que plus développée et mise en action ; parce que le sol épuisé par une espèce de grains, est trouvé assez fertile pour une autre, l’aliment nécessaire à chacune étant différent ou réquis moins abondamment,

En cas que le sol repose, le rétablissement de la fertilité peut être la conséquence du dépérissement de substances végétales qui ne sont pas annuellement emportées, mais laissées pour augmenter la proportion du terreau végétal. En cas de jachère ou friche, elle est dûe sans doute à l’aciion de l'air atmosphérique sur le sol, en le rendant plus friable et en accélérant la pourriture de plantes nuisibles. Dans le cas du fossoiement ou des labours profonds, on la doit à l’augmentation de la facilité avec laquelle les racines peuvent pénétrer alors, par laquelle leur sphère de nourriture est augmentée. Mais il arrive souvent que le sol ne peut plus être amélioré par aucun des moyens cités, ou du moins pas avec une rapidité suffisante pour répondre aux vues du cultivateur ; et dans ce cas il faut annuellement y appliquer telles substances qui peuvent lui rendre sa fertilité. De-là l'indispensable nécessité des engrais, qui consistent uniquement de restes animaux et végétaux qu’on enterre et qui finalement pourrissent dans le sol, dont la racine de la plante les absorbe ensuite en état de solution.

Le 6ol donne l’aliment et l'existence aux plantes, et en tout cas la cendre des plantes contient quelques unes des terres du sol dans lequel elles viennent, cependant. jamais plus qu’un cinquantième du poids de la plante consumée. Le blé, lavoine et plusieurs herbacées à tige creuse ont, à ce que l’on dit, une épiderme ou couverture extérieure de la tige, qui est principalement compose de terre siliceuse, dont

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l'usage paraît être de renforcer la tige et de la défendre contre les attaques des insectes et d’autres injures.

Le pouvoir du sol d’absorber l’eau de l’air est une condition de ta fertilité. Si ce pouvoir est grand, la plante est suppléée d’humidité dans des saisons sèches, L’argile compacte avalera la plus grande quantité d’eau, lorsqu’elle y est versée en forme liquide, mais ces terres ne sont pas celles qui en tems sec absorbent le plus d'humidité de l'atmosphère. Elles se collent et ne présentent qu’une petite surface à l'air, et leur végétation est généralement brûlée aussi facilement que dans le sable. Le sol qui fournit le plus d’eau à la plante au moyen de l'absorption atmosphérique est celui qui a un mélange convenable de sable, d’argile finement dévisée et de carbonate de chaux avec quelque matière animale ou végétale, et qui est assez léger et meuble pour que l'air atmosphérique puisse le pénétrer. Le pouvoir d'absorption des terres quant à l’humidité atmosphérique est toujours plus grand en raison que le sol est plus fertile ; de sorte que par lui on peut le mieux juger de la fertilité des terres.

La fertilité des terres est sous l’influence de la nature du sous-sol ou de la couche sur laquelle elles sont placées. Lorsque le sol repose immédiatement sur un lit de roches ou de pierres, il est plus rapidement asséché par l’évaporation que là ou son lit est d'argile ou de marle ; et une première cause de la fertilité réelle dans le climat humide de l'Irlande est la proximité de la couche rocailleuse du sol, Un sous-sol argileux sera quelquefois d’un grand avantage à un sol sableux, en ce qu'il retient l'humidité de manitre à en fournir à celui-ci qui a perdu la sienne par l'éva-oration ou sa consommation par les plantes. Un sous-sol graveleux ou sableux corrige souvent les imperfections du trop grand dêgré de pouvoir absorbant du sol supérieur. On dit qu'il y a une diflérence considérable entre les terres sableuses des côtes orientales et occidentales de Ecosse. Sur la côte occidentale ces terres produisent plus que des terres d’une qualité semblable sur la côte orientale, soumises aux mêmes circonstances d'économie.

Dans un climat humide, où la quantité de pluie qui tombe tous les ans est égale à 46 pouces, un sol sableux siliceux produit plus qu’il ne ferait dans des districts secs ; et dans de pareilles situations, les plantes à racines bulbeuses fleuriront dans un sol qui contient 14 parties de sable sur 15; même le pouvoir épuisant des récoltes sera influencé par de semblables circonstances. Dans le cas que les plantes ne peuvent pas absorber assez d’humiaité, elles doivent se nourrir d’engrais. L’avoine, particulièrement dans des climats secs, appauvrit le sol plus que dans des climat secs.

Toutes les autres circonstances étant les mêmes, quelques terres seront plus chauffées par les rayons du soleil que d’autres ; et des terres élevées au même dégré de chaleur refroidissent plus lentement les unes que les autres. Cette qualité des terres est de la plus grande importance dans la culture, En général, les terres qui consistent principalement d'argile dure, se chauffert difficilement, et si elles sont humides elles retiennent la chaleur se:lement pendant peu detems. Un sol noir,

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contenant beaucoup, plus, de matières végétales, est particulièrement chauffé par le soleil et l’air, et les terres colorées ainsi que celles qui contiennent beaucoup de matières carbonées, exposées à l’action du s0leil dns de semblables circonstances, acquièrent une température plus élevée que le sol pâle. La température du sol de surface, s’il est exposé aux rayons du soleil, offre un indice de sa fertilité ; et le thermomètre. sera quelquefois un instrument utile à l’acheteur ou à celui qui désire améliorer son terrain. Dans des terres tourbeuses, même lorsqu’elles sont d’une couleur foncée, l'humidité affecte matériellement leur température. En effet tout sol saturé d'eau n’acquerra jamais un grand dégré de chaleur, de froid ou de fertilité.

Les terrains, qui contiennent le plus d'alumine et de corbanate de chaux sont ceux qui retiennent le mieux les engrais, et méritent la qualité qu'on leur accorde ordinairement d'être riches ; selon leur constitution ils retiennent long.temps la nourriture végétale, s'ils ne sont pas épuisés par beaucoup de récoltes. Les sables siliceux, au contraire, peuvent être nommés des terres affamées ; cependant on peut les cul- “ver en Canada avec beaucoup de succès pour certaines espèces de récoltes,

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