FERMENTATION ET APPLICATION DES ENGRAIS
La grande masse d'engrais que se procure le fermier est un mélange de matières animales et végétales, et la cour de la ferme en est le grand magasin, Îciles matières excrémentielles des chevaux, des bètes à cornes, des cochons, et de la volaille sont mêlées avec la paille et différentes espèces de litière. À quel dégré cela doit-il fermenter avant d’être appliqué au sol ? Et comment peut-on le mieux le converver si on n’en a pas immédiatement besoin ? Une fermentation légère est sans doute utile au fumier ; car elle dispose la fibre boiseuse à la décomposition et au cépérissement, si on la porte sur le sol et l’y enterre ; et dans le rebut de la ferme il y a toujours un excès de fibres boiseuses. Une trop grande fermentation est toujours injurieuse à l’engrais, etil vaudrait mieux n'en avoir aucune que d’en avoir trop. L’excès de la fermentation amène Ja destruction et la dissipation de la partie la pius utile de l’engrais ; et le dernier résultat de ce procès est très semblable à celui de la combustion.
Pendant la fermentation violente, nécessaire à la réduc‘ion de l’engrais de la ferme à l’état dans lequel on le nomme petit fumier, il se perd non seulement une grande quantité de matières liquides, mais encore de matières gazeuses, au point que le fumier est réduit à une moitié ou à deux tiers de son poids ; la matière élastique principale qui se développe c’est l'acide carbonique avec un peu d’ammoniac, et toutes les deux retenues dans le sol par l'humidité, sont propres à devenir une nourriture utile des plantes. Lorsque la fermentation est extrème ii v a outre la perte des matières gazeuses, un autre désavantage dans la perte de la chaleur, qui, excitée dans la terre, sert à promouvoir la germination de Ja sei.ence, et à aider le plant dans le premier dégré de sa croissance, lorsqu'il est le plus faible et le plus sujet à des maladies, C'est, je crois, un principe général de chimie, que dans tous les cas de décomposition, les substances se combinent plus facilement dans le moment de leur développement, que plus tard après avoir été parfaitement formées. Mais dans la fermentation sous terre, la matière liquide qui en résulte est immédiaitenent appliquée, même pendant qu'elle est chaude encore, aux organes de la plantes, et elle est par conséquent probablement plus active, que celle qui provient d'engrais qui a par-
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Dans tous les cas où le fumier fermente, il y a dos signes très simples pour découvrir la rapidité du procès et conséquemment l'injure faite, Lorsqu'un thermomètre plongé dans le fumier, ne s'élève pas au delà de 100 dégrés fahrenheit, il ÿy a peu à craindre la perte de matières gazeuses, Si la température est plus élevée, le fumier devrait immédia. tement être répandu. Lorsqu'un morceau de papier, humectée d'acide muriatique, tenu au-dessus de la vapeur qui se développe d’un tas de fumier, jette une fumée dense, on peut être sûr que la décomposition avance trop ; car ceci indique que l’alcali volatil est dégagé. La pratique de beaucoup de fermiers écossais et néerlandais est contraire à cetie théorie. A cet égard on ne peut pas admettre ure règle générale. Le dégré de décomposition que doit atteindre le fumier de la ferme, avant de s’en servir, dépend du tissu du sol, de la nature des plantes, ct du temps d’en faire usage. En général, des terres argileuses, qui reticnnent plus l'humidité et qui profitent plus, en étant rendues incohérentes et poreuses, peuvent recevoir un engrais moins décomposé que des terres sableuses, légères et bien pulvérisées. Quelques plantes aussi paraissent plus profiter avec du fumier frais que d’autres, particulièrement les pommes de terre ; mais des plantes tendres telles que les navets, les carottes, etc., qui sont très tendres étant jeunes, ont besoin d’être avancées vers une forte végétation avec le moins de délai possible en se servant du petit famier. La saison d’appliquer l’engrais est aussi une circonstance matérielle. En printemps et en été, qu'on s’en serve pour des grains où des légumes, l’objet est de produire un effet immédiat, et l’engrais devrait donc être plus décomposé qu'il ne doit l’être en automne pour une semente dont la condition sera presque stationnaire pendant plusieurs mois, comme en Angleterre.
Il ne saurait être une question, si, dans un climat aussi chaud ct généralement aussi sec que celui du Canada, lengrais de la ferme doit avoir fermenté à un certain dégré avant d’être employé pour les semences de printemps dans des terres légères ; autrement si l’été par hasard est sec, il ne produit pas un heureux résultat. Cependant il n’est pas nécessaire, que la fermentation s’étende plus loin qu'à la décomposition de la fibre boiseuse, et à être propre à la production des alimens végétaux.
La doct:'ne de l’application convenable des engrais provenant de substances organisées, éclaircit une partie importante de l’économie de la nature, et l’ordre heureux qui y préside. ?” La mort et le dépérissement de substances animales dissout les formes organisées en ses parties constituantes chimiques ; et les exhalaisons pernicieuses dégagées dans ce procès semblent indiquer la convenance de les cacher dans la terre, où elles sont propres à la nourriture des végétaux, La fermentatior‘et la putréfaction de substances organisées dans l’atmosphère libre sont un procès nuisible ; au-dessous de la surface de la terre elles sont des opérations salutaires. Dans ce cas la nourriture des plantes est préparée où elle doit servir ; et ce qui, exposé, offenserait les sens et ferait tort à
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la santé, cest converti par un procès graduel, en formes de beauté et d'utilité ; le gaz fétide est devenu une partie constituante de l’arome des fleurs, et ce qui serait du poison devient un aliment des hommes et des animaux, ”