AGRICULTURE DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCÈ
Le climat de ce pays n'est pas défavorable à la végétation, bien qu'il soit sujet à l'influence de vents périodiques et à des torrens de pluies pendant la froide saison. En été, le thermomètre varie de 70'^ à 80^, quelquefois de 80*^ à 90°, mais rarement au-dessus de 95°.
Dans quelques endroits lo sol est bon et très productif, mais il est en grande partie léger et sablonneux ; cependant, la grande rareté d'eau en été est beaucoup plus défavorable h une culture étendue que ne l'est le sol ou le climat. Les produits du grain ou du fourrage sont de dix à 700 selon la nature du sol et l'abondance d'eau. L'orge est très productive, et on ne s'en sert que pour alimenter les chevaux ; le seigle et l'avoine poussent beaucoup de paille, on s'en sert principalement comm.e fourrage vert. Le blé d'inde réussit bien et est très productif ; on cultive en quantité diverses sortes de millet, de faséoles et de pois. Le blé est généralement plus pesant et donne une plus fine fleur que celui d'Angleterre. C'est tout du blé du printemps, on le sème depuis avril jusqu'à juin. Quelques fermiers assurent avoir recueilli 60 et 80 pour un ; la moyenne peut être de 20 à 30. Les récoltes sont très précaires, elles manquent quelquefois pendant trois ou quatre années de suite. La vigne est considérée comme le principal article de culture, et on ne produit pas de meilleurs raisins dans aucune partie du monde ; mais l'art de faire le vin et l'eau-de-vie est susceptible de perfectionnement. luamandier du cap est très productif et réussit dans les sols les plus secs et les plus arides. L'a/oès, dont le suc sert aux apothicaires, couvre de grandes pièces de terre. Le tabac du cap est aussi bon que celui de Virginie.
Les troupeaux ne s'y font pas remarquer par leurs rares qualités. La queue des moutons est la partie du corp la plus grasse ; elle pèse de 6 à 12 livres. Le cheval du cap, originaire de Java, est petit, actif et vigoureux ; c'est un mélange du cheval espagnol et arabe, il est susceptiblo de beaucoup de fatigue, et, comme cheval de selle, il convient parfaitement au pays. Les cochons sont rares ] on ne sait pas pournuoi.
Los ohariots en usage portent environ 30 boisseaux de Winchester, ou le poids d'un tanneau, et sont généralement traînés par IG ou 20 boeufs, de petite taille.
L'agriculture du cap est sans doute susceptible de beaucoup d'amé<^ lioration, si les agriculteurs étaient moins indolens et embitionnaient plus pour eux et leurs familles les commodités et les jouissanees de la vie. Barrow est d'opinion qu'on pourrait produire en abondance les céréales, les bestiaux et les vins pour l'exportation ; mais que pour cela il serait nécessaire de renouveler la race des habitans, ou de changer la nature de celle des anciens. Récemment le gouvernement tenta d'établir quelques familles anglaises dans le district d'Albany, mais cet essai ne réussit pas bien, à cause de la mauvaise qualité de la terre pour l'agriculture, et de l'injuste partialité de ceux qui étaient au pouvoir et. dirigeaient l'établissement.