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LA VESCE

Depuis un temps immémorial la vesce a été cultivée pour sa tige et ses feuilles. On la considère comme une plante native de la Grande» Bretagne, et je crois qu'en Canada on peut la considérer comme telle. En Chine et au Japon on la trouve dans son état sauvage. La vesce est vigoureuse et peut produire une grande quantité de fourrage vert pour la nourriture des chevaux ou pour engraisser les bestiaux. On peut aussi la convertir en foin.

La variété de la vesce de printemps est celle qui convient au Bas-Canada. On peut employer depuis un bushel et un quart à un bushel et demi pour en ensemencer un acre. On devrait la semer en printemps le plutôt possible. Quoiqu'en Angleterre on sème la vesce à la volée, il conviendrait mieux de la semer en sillons à 8 pouces de distance, ce que l'on pourrait faire facilement en labourant le champ en planches de 9 pieds de large, et faisant des sillons dans la longueur de la planche de 8 à 9 pouces de distance, en sèment à la volée sur ses sillons et hersant ensuite les planches, pour couvrir la semence qui par ce procédé tombera toute dans les sillons La vesce est traitée de la même manière que le pois, lorsqu'elles vont à graine et sont conservées à cet etfet. Lorsque les vesces sont réduites en foin, le temps de la couper est lorsque les fleurs commencent à faner et à tomber. Ce foin est d'une qualité très nourrissante ; et comme il lui faut beaucoup de soleil et d'air pour sécher entièrement, et qu'il est très sujet à être endommagé par l'humidité, ce pays lui convient beaucoup plus que les Iles Britanniques. Je ne connais pas une plante qu'on pourrait plus utilement introduire dans l'agriculture canadienne. En Irlande j'ai vu la vesce donner un très grand produit dans des terres entièrement épuisées par d'autres récoltes ; avant que ces vesces fussent entrées, une partie en pourrit près du pied, resta sur la terre et fut enterré dans un labour pour du

blé qui donna ensuite un excellent retour. J'ai mêlé une petite quantité fl'avoine en semant la vesce, et trouvé que c'est avantageux.

Le produit de la vesce verte s'est monté à douze tonnes par acre en Angleterre, et convertie en foin à peu près trois tonnes. Le produit en gr.iins par arpent a quelquefois excédé 40 bushels. La vesce est une exceliente nourriture poiir toute sorte de bestiaux. Les vaches donnent [)lus de beurre lor.-qu'on les nourrit plutôt de cette plante que d'une autre. Les chevaux profitent plus avec la vesce qu'avec le trefïle, et cette n.ême rem irque est vraie aussi quant aux bétiaux,qui engr;iissent beaucoup plus vite sur cet article de fourrage vert que sur aucune espt*ce d'herbe ou de légume que nous connaissons. Si les plantes étaient coupées vertes et données aux animaux soit dans le champ ou dans la cour, Pétable &c. il n'y aurait pas de récolte plus précieuse en Canada, qui fournirait une plus grande qitantité de fourrage vert dans les mois de juillet et août, quand les pacc.iges sont souvent brûlés ; et si elle ne sert pas à cet effet, on peut la faucher et réduire en foin. Le célèbre Young observe : que dans le comté de Sussex, la vesce est d'une telle importance, qu'un dixième des animaux ne saurait être maintenu sans elle ; les chevaux, les vaches, les codions, tous se nourrissent d'elle, les cochons y sont entièrement nourris et engraissés de la vesce. Cette plante seule nourrit autant d'animaux que toutes les autres prises ensemble. Sur un acre, dit Davis quatre chevaux furent tenus en meilleur état qu'ils n'auraient pu l'être sur cinq acres d'herbe. Sur huit acres il a tenu 12 chevaux et 5 vachps pendant trois mois sans aucune autre nourriture : aucun aliment artificiel n'équivaut à cette plante excellente. " Mr. le professeur Th.iér observe, que la vesce coupée verte n'absorbe aucune nourriture du sol, pendant que réduite en foin, elle donne un fourrage que les bestiaux préfèrent au pesât, et qui est plus nourrissant que le foin ou toute autre herbe. En Allemagne on donne les graines de la vesce aux chevaux, aux vaches, aux moutons et aux cochons.

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