DU HOUBLON
Parmi les plantes cultivées expressément à l'usage de la brasserie, la seule qui est de conséquence, c'est le houblon. C'est une plante à racine permanente, avec des tiges entortillées annuelles, qui contre des gaules ou des haies atteindront une hauteur de 12 à 20 pieds et plus. La Grande- Bretagne et la plupart des pays de l'Europe le produisent et il est cultivé
avec beaucoup de succès en Canada. Les fleurs femelles sont les parties dont on se sert ; et les fleurs mâles et femelles se trouvant sur de difl'érentes plantes, la dernière seule est cultivée. On ne sait pas, quand on se servit pour la première fois du houblon pour conserver la bière ; dans le règne de Henri VIII. sa culture fut introduite de Flandres en Angleterre.
Le houblon a été cultivé en grand en Angleterre, mais peu en Ecosse et en Irlande. On ne considère })as le houblon avantageux sous un point ' de vue agricole, parce qu'il requiert beaucoup d'engrais et n'en rend aucun. C'est un article de végétation très peu certain, qui une fois donne pendant longtemps des profits au cultivateur, et une autre seulement un retour imparfait, à peine suffisant pour payer ses dépenses. Le houblon est exposé à tant de maladies et d'accidens, qu'il y a très peu de sûreté à le cultiver. Les terres argileuses, grasses, fortes et profondes sont les plus favorables à la culture du houblon mais il est encore fort important que le sous-sol soit sec et friable; un sous-sol froid, humide, tenace, et argileux endommagerait beaucoup les racines des plantes qui, dès qu'elles pénètrent au-dessous du bon sol, cessent bientôt d'être productives, et finissent par mourir.
Bannister dit, quoiqu'un été mouilleux ne soit nullement favorable au houblon, cependant la vigne, en bon état, est très forte, fournie de branches abondantes, de feuilles, de fruit, &c.; il conclut de là que l'humidité du sol doit être grande en proportion pour conserver la santé et la force de la plante ; et que pour cette raison la terre ne doit pas manquer d'humidité naturelle. C'est pour cette raison que nous trouvons les plus forts plants de houblon dans des terres profondes et riches, du terreau, &c. ; et sur ces terres, dit-il, il est ordinaire d'obtenir une charge par acre. Mais on doit cependant observer que l'abondance du fruit n'est pas toujours en proportion de la longueur de la plante ; car les terres qui, pour leur fertilité, produisent une forte végétation de la plante, sont plus fréquemment attaquL es de la nielle, que les terres moins fortes dans lesquelles le plant est plus faible et moins abondant.
Mais quoique des terreaux riches produisent généralement une plus grande végétation de houblon que d'autres terres, il y a une exception à cette règle, où la végétation est de 18 ou 20 par acre. C'est sur lea rochers dans le voisinage de Maidstone en Kent, espèce d'ardoise réduite en terre, avec un sous-sol de roc, qu'il y a beaucoup de houblonnières où les branches s'élèvent à l'extrémité des plus longues perches, et où l'augmentation est égale à celle dans le sol le plus fertile d'aucune espèce. La situation la plus désirable d'une houblonnière, c'est un terrain avec une petite pente vers le sud ou sud-ouest, et à l'abri du nord ou nord-est par des hauteurs ou de grands arbres. En même temps elle ne doit pas être confinée, pour empêcher la libre circulation de l'air, qui est indispensable lorsque les plantes sont si proches l'une de l'autre et parviennent à une si grande hauteur. Une libre circulation dans une houblonnière non seulement contribue à la santé et à la force des plantes, niaits die prévient encore les ravagea de la brouissure.
On croit en Angleterre, que des champs dans le voisinage de rnarais^ sont rarement favorables au houblon, parcequ'il manque dans une saison brouissante. Daîis le Worceslershire elle Herefordshire, le houblon est généralennent cultivé entre des rangées d'arbres fruitiers dans des verger;^ labourés ou bêchés.
Il faut une grande attention en préparant le sol avant de planter par des giiérêts d'été et d'automne, pour détruire toutes les mauvaises herbes, et pour ameublir suffisamment le sol. On doit aussi appliquer beaucoup d'engrais. En cultivant des pommes déferre ou deat Cî^rottesi on le préparerait bien.
On plante en rangs, les tas à six pieds de distance l'un de l'autre, afin de donner à l'air une libre circulation, ce qui préviendra mieux la brouisëure, nielle, moisissure et autres accidens. Si le houblon est planté trop proche à proche, les vignes s'entortillent facilement à la tete des gaules, et le houblon en reçoit alors tant d'ombre, que le soleil ne peut pas y parvenir, ce qui l'empêche d'atteindre la moitié de sa crûe.
Le printemps est la saison ordiMaire pour planter le houblon ; mais lorsqu'on se sert de plants qui pendant un été ont été en pépinière dans im jardin, je crois qu'on peut les planter en automne, et alors on aura quelque produit l'année suivante. Mais on a l'habitude de prendre des tailles pour une nouvelle plantation, lorsqu'on prépare et taille la vigne en printemps.
Les plants on tailles sont obtenues d'anciennes plantes, et chacun devrait avoir deux bourgeons ou pointes; de l'un desquels, placé dans la terre sort la racine, et de l'autre la tige. Ils devraient être faits des plus forts sarments, chacun coupé à 5 ou 6 poucesde long, La manière de les planter dans le comté de Kent, en Angleterre est la suivante ; — après que la terre est proprement préparée, on fait des sillons avec la charrue à la distance de 6 à 8 pieds cela fait, on répète la même opération sur le travers, ce qui divisera le champ en carrés de 6 ou S pieds. On fait les fosses dans l'endroit où les sillons se coupent ; on y fait de petits trous en enlevant autant de terre que peut contenir une bêche, et la terre en bas f si gc i ' '"^'nent amollie; on met à peu près un demi bushel de fumier dans chaque losise ; la terre antérieurement ôtée y est replacée, et on y ajoute assez pour former une petite colline. C'est là dedans qu'on plants 5, 6 ou 7 racines ou sarments de l'ancienne plante. Les plants sont ordinairement placés en cercle vers le haut de la colline, et à 5 ou 6 pouces de distance l'une de l'autre. Ils inclinent vers le centre de la petite hauteur, oh l'on met ordinairement un autre plant. Lorsque les rangs sont plantés de cette manière, on y peut labourer et piocher dans la culture subséquente.
Pendant le premier été d'une houblonnière on peut bien faire une récolte dans les intervalles. Pendant les deux premières années on plante en Angleterre dans les intervalles des fèves, lorsque les plants de houblon proviennent de sarments plantés la première année dans la plantation, sans avoir été pendant une année précédente élevés dans un jardin. Quelques-uns croient qu'on ne devrait cultiver dans les intervalles que dea oignons et de;^ carottes. Ici j'ai vu cultiver le blé-d'inde dans les
iiiervalles par une pe^-^onne qui connaissait Id culture du houblon mieux, que ne la connaissent la plupart des fermiers de la province.
Le piochage dans les houblonnières de l'Angleterre se fait moyennant un instrument traîné par un cheval. Lorsque les tiges de houblon sont formées dans les angles, en peut piocher à l'extirpateur les intervalles et en long et en large, et il ne reste donc rien à faire à la main que de détruire les mauvaises herbes qui peuvent se trouver dans les petites collines.
On peut remuer la terre entre les rangs à Paide d'une charrue et cela à une profondeur quelconque ; la surface aussi peut être changée à discrétion. La faire aller et venir une fois suffirait à cela, soit en nettoyant soit en redressant les plants ; c'est-à-dire en lormant entre les rangs en long et en large une rigole ou une goutière. La faire marcher deux ou trois fois dans la même direction réussirait aussi, et serait le mode de couvrir le fumier que je préférerais.
On a adopté difîerentes manières d'appliquer le fumier ; les uns ne se servent que de fumier d'étable bien pourri, d'autres emploient un composte de fumier et de terre. En Angleterre les uns préfèrent d'engraisser en automne plutôt qu'en printemps, et mettent le fumier contre les collines sans en mettre entre les rangs ; d'autres le mettent tout entre les rangs sans en rien mettre contre les collines, prétendant que de le metti'e contre ces dernières, encourage les insectes, expose le fumier à l'évaporation et la perte, et quelquefois, lorsqu'il est mêlé avec de la terre, empêche les plants de lever. On trouvera qu'il y a beaucoup pour et contre ces deux méthodes dans les ouvrages nombreux écrits pendant les 3 derniers siècles sur la culture du houblon ; mais tout le monde qui connaît généralement la culture des végétaux, doit comprendre, que le fumier d'étable bien pourri doit être le meilleur pour la culture du houblon, que le printemps est la meilleure saison de s'en servir, et qu'il doit être enterré à l'aide de la charrue entre les rangs. Trente charges de fumier par acre une fois dans trois sn'^, sont considCiées suffisantes en Angleterre. D'autres préfèrent d'y mettre tous les ans, dix à douze charges. Vers la fin du printemps les jeunes plants seront considérablement avancés, et OR ramène des intervalles, qui les entourent, la terre contre les racines, pour les renforcer ; et la terre dcit être tenue parfaitement propre, qu'on cultive entre les intervalles ou non.
En préparant les plants de houblon les opérations de la première année se bornent à cordonner et ôter la paille. On ne cordonne que les plants dont on n'attend pas de produit cette saison. On le fait ordinairement lorsque les vignes sont parvenues à certaine longueur, en liant les jeunes vignes en une touffe ; de sorte qu'en empêchant leur végétation, les racines peuvent s'étendre plus vigoureusement, et acquérir de la force avant l'approche de l'hiver. On ôte la paille vers la fin de septembre, et on le fait en la coupant avec la faucille, et en l'enlevant de la houblonnière pour la brûler ou s'en servir comme de litière. Après cette opération quelques-uns couvrent les collines de composte.
On dresse la première année le houblon qu'on s'attend à voir fleurir par ce qu'en Angleterre on nomme éplucher. On commence ordinairement
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cette opération aussitôt que l'état du sol veut le permettre en prlntemptff en étendant les collines afin de pouvoir élaguer les plants. On ôte la terre des racines principales, les restes des vignes des années précédentes sont coupés, ainsi que les jets qu'on n'a pas lais«é s'attacher aux gaules dans la saison précédente, de même que les jeunes caieux qui peuvent avoir levé au pied des collines ; de sorte qu'on n'y laisse rien qui puisse faire dommage aux racines principales, ou les empêcher de pousser, en la saison convenable, des vignes fortes et vigoureuses. Après avoir nettoyé et élagué les racines, on ferme de nouveau les collines en les augmentant par une quantité convenable de fumier bien pourri ou de composte, qu'on a antérieurement mis près du tas, et si cela ne se fait pas chaque année au moins il devrait se faire chaque deuxième ou troi- - sième année. C'est dans cette saison qu'on se procure autant de jeunes plants qu'il en faudra pour la pépinière ou les nouvelles plantations.
L'opération annuelle de planter des gaules commence dans tout temps du printemps quand les rejetons auront atteint 2 ou 3 pouces. Les gaules ou houssines dont on se sert en Canada sont de cèdre bien droites et minces de la hauteur de 15 à 16 pieds. On place 3 ou 4 de ces gaules par collines, laissant une ouverture au sud pour admettre les rayons du soleil. On peut les planter dans des trous profonds faite dans la terre moyennant une barre de fer. Dans ces trous on place le plus gros bout de la houssine, ei; si on foule bien la terre autour, elles changeront rarement la position dans laquelle on les a placées, excepté dans de grandes et violentes raffales. Il faut beaucoup de soin pour placer les gaules, et non moins d'expérience et de jugement pour déterminer quelle en est la hauteur convenable. Si on plante de très grandes gaules dans une houblonnière, où les plantes sont trop vieilles ou trop jeunes, ou bien où le sol est d'une qualité trop inférieure, les plantes non seulement s'épuisent en général, mais le retour est improductif ; car jusqu'à ce que les vignes viennent à la tête ou plutôt pressent la tête des houssines ( ce qui dépend de la force des plantes et de la qualité du sol ) les branches mères sur lesquelles vient le houblon ne commencent pas à pousser ou à avancer. L'art principal en plaçant des gaules dans une houblonnière consiste 1 ®. à faire le trou assez profond, à peu près 20 pouces 5 2°. de planter la gaule avec beaucoup de force, de sorte, qu'étant bien pointue, elle puisse s'établir elle-même dans la terre ; 3®. de placer les gaules de sorte que leur bout penche en dehors de la colline, pour empêcher autant que possible les vignes de s'entortiller, et enfin de bien fouler la terre autour de la gaule. De l'inattention dans ces détails peut être la cause que le premier coup de vent relâchera les gaules, de sorte non seulement à occasionner une double dépense, mais à risquer la récolte future, en déchirant les vignes, qui souvent s'entortillent à l'extrémité des gaules.
A l'égard du bois propre à en faire des gaules, on dit que le houblon préfère une écorce douce quoique inégale, à celle qui est plus polie et plus égale ; il ne peut à cet égard donc y avoir un bois supérieur au cèdre. Quant à la grosseur des gaules, on sait aussi que le houblon s'attache de préférence à une gaule passablement mince qu'à celle qui est très épaisse à la terre. La «irconférence ordinaire des gaules au gros
bout est de 8 à 10 pouces, et diminuant vers l'autre bout jusqu'à la force d'une canne. Des terres de différente qualité exigent des gaules de différente longueur ; il suffirait dans les meilleures terres du Canada si les gaules se trouvaient élevées de 10 à 12 pieds au-dessus de la colline.
On a essayé dans le Nord de la France de se servir de fil de cuivre ou de fer à la place des gaules, mais on a trouvé qu'ils ne les valaient pas. Les fils de fer sont étendus horizontalement dans la direction des rangs des plants, le premier à cinq pieds de la terre, le second à un pied audessus et ainsi de suite jusqu'à la hauteur de quinze pieds. On mène les plants moyennant de petits bâtons jusqu'au fil le plus bas ; ils montent le long des autres à son gré.
La dernière opération dans la culture subséquente du houblon c'est d'attacher les vignes après les gaules. Ceci exige l'ouvrage de plusieurs personnes. En Angleterre on emploie généralement des femmes, qui les attachent en difTérentes places avec des joncs fanés, mais assez lâchement pour ne pas empêcher les vignes d'avancer vers la téte des gaules. Lorsqu'elles sont tellement avancées qu'on ne puisse pas y parvenir de ia terre, des hommes y vont avec des échelles et attachent toutes celles qui semblent vouloir s'écarter. C'est une partie importante de cette opération que de choisir les rejetons. En Angleterre on croit avantageux d'extirper les vignes les plus avancées, parce qu'on sait par expérience qu'elles rapporteront peu ou point de profit,eton préfère d'attacher les vignes moins avancées. On a observé là, que, lorsque les vignes sont bien fortes, vigoureuses et abondantes de bonne heure dans la saison, la récolte est plus sujette à souffrir de la brouissure, qui a le plus souvent lieu au mois de mai, que lorsque la végétation est plus retardée.
On reconnaît que le houblon est prêt à être recueilli, lorsqu'il acquiert une forte odeur, et que les semences commencent à être fermes et d'une couleur brune, ce qui dans les saisons communes, arrive ordinairement dans la dernière semaine du mois de septembre. Lorsque cette saison arrive, le planteur a besoin de la plus grande activité, afin que les différentes opérations puissent se faire régulièrement et lestement, car la moindre négligence dans aucune partie de l'ouvrage, ruine la meilleure récolte, particulièrement dans des saisons précaires. Des coups de vent dans cette saison, cassant les branches latérales et meurtrissant les fleurs, font presqu'autant de dommage qu'un temps pluvieux qui continue longtemps, et qui ne manque jamais de gâter la couleur et de diminuer la valeur du retour.
On se prépare à la récoUe, en plaçant dans cette partie de la houblonnière qui ayant été la plus exposée au soleil, est la première prête, des cadres de bois et ceux qu'on emploie pour cueillir. Ces cadres qu'on nomme crèches sont d'une construction très simple, n'étant composées que de quatre pièces de planche, clouées contre quatre pieds ou poteaux, et qui, étant finis n'ont que 7 à 8 pieds de long, 3 pieds de large et à peu près la même hauteur. Un homme sert toujours ces gens : il coupe les vignes près de la terre, et couche les gaules dont on doit cueillir contre les crèches. On y met ordinairement deux, rarement plus de trois gaules en même temps ; 6, 7 ou 8 femmes, filles et enfans étant rangés de
chaque côté. Ceux-ci avec l'homme qui nrrache et range les gaules le nomment, une partie. Le houblon, soigneusement séparé des feuilles ét des branches ou de la paille, est jeté dans une grande toile, qui, attachée à des crochets garnit Tiiitérieur du cadre. Lorsque la toile est pleine, on vide le houblon dans un grand sac ou même en grands tas, qu'on sèche à la maison en les plaçant sur un chaulfoir. On fait cela toujours le plutôt possible après qu'on a cueilli ; parce qu'il serait beaucoup endommagé, dans la couleur et le bouquet, si on le laissait longtemps dans les sacs, ou même en tas dans l'état vert dans lequel on l'a cueilli. Par un temps bien chaud et si on le cueille dans un état humide, il chauffera souvent en cinq ou six heures ; c'est pourquoi les chauflfoirs devrat'ent toujours agir, nuit et jour, depuis le commencement jusqu'à la fm de la saison du houblon. C'est prudent dans cette saison de mettre beaucoup de monde à l'ouvrage pour fournir les chaufFoirs continuellement de houblon ; et si on a plus de houblon qu'on ne peut convenablement sécher, on peut renvoyer quelques-uns de ceux qui cueillent le plus mal ; car c'est dangereux de laisser le houblon vert longtemps sans le sécher. Dans une saison moite les chauffoirs prendront plus de temps pour sécher le houblon que dans une saison sèche ; il faudra donc la plus grande attention du planteur pour empêcher le houblon de se gâter dans une saison mouilleuse.
Donaldson assure, que des gens assidus cueillirent chacun si la récolte est passablement abondante, de huit à dix bushels par jour, qui sec pèsera près de 112 livres. En Canada on cueille le houblon communément à tant par rang, selon la longueur de chaque rang et l'abondance du retour. Les journaliers ne manquent pas dans cette saison, surtout comme la quantité de houblon cultive en Canada n'est pas bien grande.
L'opération de sécher le houblon n'est pas bien différente de celle de sécher la drêche, et les chauffoirs peuvent presqu'être de la même construction. Le houblon est étendu sur une haire ou des tuiles de la profondeur de 8 à 10 et souvent 12 pouces, selon la siccité ou l'humidité de ia saison, et la maturité du houblon. Ce n'est que par une longue pratique qu'on peut acquérir la meilleure méthode pour sécher le houblon. Les règles générales sont, de commencer par un feu lent, et de l'augmienter graduellement jusqu'à ce qu'on s'apperçoit par le chauffoir et la chaleur du houblon qu'il est assez fort. Un feu égal est continué pendant quelques heures, selon l'état et les circonstances du houblon jusqu'à ce que les bouts des tiges du houblon soient entièrement grésilles et secs. On l'ôte alors du chauffoir et on le transporte dans un vaste appartement, où il reste jusqu'à ce qu'il soit tout à. fait refroidi. Il est alors propre à être mis dans des sacs, ce qui est la dernière opération du planteur avant de le porter au marché. Le houblon devrait rester quelque temps au grenier après qu'on l'aôté du chauffoir ; car après en avoir été d'abord enlevé, étant très sec, il se briserait lorsqu'on le met dans les sacs, et ne fourni^ rait par conséquent pas une si bonne montre, qu'après avoir été pendant quelque temps en tas 5 ce qui lui donne une plus grande dureté et un plus g^and poids. En Canada on sèche le houblon ordinairement avec du chaa"bon de bois.
En Angleterre on fait l'opération de mettre lelioublon cv. sac de la manière suivante : — dan^ le plancher de l'appartement où e.st mis le houblon peur refroidir, il y a un trou rond ou une trappe, de la grandeur de l'ouverture du sac. On en attache une poignée dans chacim des coins inférieurs, qui servent ensuite de manches ; l'ouverture du sac est attachée avec un fort cercle qui repose sur les bords de la trappe ; le sac lui-même étant passé au travers de celle-ci, l'emballeur y entre; une personne, employée expressément à ce but, y met le houblon en petites quantités afin de permettre à l'emballeur de l'emballer et de le fouler autant que possible. Lorsque le sac est plein, et que le houblon est tellement foulé que le sac ne peut plus en contenir, on le monte, le détache du cercle, et coud le bout, après en avoir formé deux autres manches de la manière décrite. Le houblon le plus beau, de la couleur la plus brillante est mis dans des poches de toile fine et le houblon brun et inférieur dans des poches de toile grossière. On se sert du premier uniquement pour faire les meilleures bières et du dernier pour le porter, La longueur d'un sac est de deux aunes et un quart, et celle d'une poche est à peu près la même, sur une aune de large. Le premier, si le houblon est de bonne qualité, bien fait et bien foulé pèsera à peu près 250, et la dernière, si ce sont des poches de Canterbury 150. Si le poids excède ou est de beaucoup inférieur de ce terme moyen, on est induit à soupçonner ou que le houblon est d'une qualité inférieure, ou qu'il a été mal manufacturé d'une manière ou de l'autre. L'appareil de Mr. Fallance pour emballer et conserver le houblon, consiste en une boîte hexagone de bois, longue de 18 pieds et de 2 pieds de diamètre, avec un piston ou une hie, mise en œuvre moyennant une vis ou autrement, de manière à comprimer le houblon plus fermem.ent qu'on n'a fait jusqu'à présent. Dès que la boîte est pleine, un couvercle est attaché par des platines de fer et des clou?, et toute fente ou nœud qui se présente est soigneusement bouchée avec un ciment, afin d'exclure l'air. Avec cette précaution, dit Mr. Fallance le houblon peut se conserver un demi siècle.
Après la récolte vient l'opération d'arracher les gaules et d'en ôter les vignes. 11 est de quelque importance que cette partie de l'ouvrage soit faite le plutôt possible après la récolte, parce que les gaules soufiriront bien moins dédommage du temps, elles sont mieux mises debout en tas, que dis persées sur la terre étant entourrées des vignes. Des femmes et des enfans peuvent ôter les vignes, qu'ils ne font que délier et qu'on peut brûler sur les lieux ou mettre en petites bottes, qu'on mène à la maison où on les met en tas, pour chauffer le poêle ou les chaudières. Les gaules qui ne peuvent plus servir sont emportées, pour que le planteur sache de bonne heure le nombre qu'il doit remplacer ; de sorte qu'il puisse se les procurer en hiver, quand les chevaux n'ont pas beaucoup d'autres choses à faire. Les bonnes gaules sont mises en tas de forme pyramidale, afin que le vent et la tempête ne les renversent pas facilement.
Le produit du houblon est sujet à des variations considérables, selon le sol et la saison. En Angleterre on obtient par acre depuis 2 ou 3 jusqu'à 20 quintaux ; mais on considère une bonne récolte moyenne celle qui donne depuis 8 jusqu'à 14 quintaux, selon que le sol est de bonqc ou mé-
diocre qualité. Le produit du houblon en Canada dans des années faVo* rablea et lorsqu'il est aussi bien cultivé qu'il l'est dans le comté de Kent, était tout aussi considérable qu'il l'est généralement en Angleterre.
On juge de la qualité du houblon par ce qu'on nomme la condition c'està-dire par la poussière jaune qu'il contient et qui constitue sa principale qualité ; selon que la montre parait être visqueux le plus ou moins, l'acheteur augmentera ou diminuera sa valeur. On peut ajouter à cela sa couleur, qu'il importe beaucoup au planteur de conserver aussi brillante que possible.
Une houblonnière en bon sol peut durer 20 ans ou plus, mais en général elle commence à diminuer la dixième année. Les planteurs de houblon qui réussissent le mieux ont l'habitude de les continuer au-delà de 10 ans, et ensuite d'en faire une nouvelle. Les nouvelles plantations cependant exigent des dépenses considérables.
En cultivant le houblon en même temps qu'une ferme, on doit faire attention à l'étendue qu'on peut fumer sans faire dommage aux autres portions de la terre qui sont sous la charrue. En résumé, le houblon est uno culture coûteuse et précaire, sur laquelle on doit bien réfléchir avant de s'y embarquer, et où il faut surtout considérer l'étendue et la certitude du marché.
Le houblon sert dans la brasserie k empêcher la bière de tourner. Lest jeunes rejetons peuvent être mangés en printemps comme les asperges* L'herbe donnera une teinture jaune au bois. En Suède on fait une toile forte des tiges ; à cet effet il faut les ramasser l'automne et les tremper tout l'hiver dans l'eau ; et au mois de mars, on les traite comme le lin après les avoir séchées au four. Il leur faut plus de temps pour rouir qu'au lin. Si elles ne sont pas complètement macérées, la partie boiseuse ne se séparera pas, et la toile ne sera ni blanche ni fine. Dans sa maladie de 1787 on prescrivit à George III. un oreiller rempli de houblon.
Le houblon est une plante très sujette aux maladies ; elle souffre souvent de grands dommages des insectes et de la vermine après la racine, les vignes et les feuilles ; et si on ne les prévient pas, la houblonnière sera fréquemment entièrement détruite. Le planteur doit tâcher d'être sur ses gardes contre ces accidens, et apprendre à parfaitement connaître les maladies auxquelles le houblon est exposé, et les habitudes de la vermine qui y font des ravages, afin de se pourvoir de tous les remèdes possibles ; et, s'il ne fait pas cela, il ferait mieux de ne jamais entreprendre la culture du houblon.
En Canada on ne peut pas cultiver avec profit plus de houblon qu'il n'en faut pour notre propre consommation ; il n'y a pas beaucoup de probabilité d'obtenir un marché étranger pour ce produit, et des quantités très considérables de houblon sont fréquemment importées ici des Etats- Unis. Dans les circonstances actuelles donc le houblon ne peut pas être cultivé bien en grand.
CHEVAL DE LOUAGE ANGLAIS AMELiOKE.