‹ Traité théorique et pratique de l'agricultureChapitre 79 sur 84 · RACE CHINOISE · texte numérisé non relu

RACE CHINOISE

COCHON WOmÉ NOIRE OtSSEX.

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1rs de cochons sont les plus estimées, pour faire usage de leur viande fraîche, ou salée, et sont, sans aucun doute, plus profitables au fermier en général et cà tous ceux qui consomment les rejets des cuisines ou d'autre rebut.

La race de Berkshire est très estimée en Angleterre ; la société d'agriculture de Montréal l'a introduite ici, mais elle ne s'est pjs beaucoup multipliée.

La race tachée de Woburn, introduite par le duc de Bedford, sarait une des plus profitables de l'xingleterre à être importée pour l'amélioration de nos cochons. Ils sont forts, bien faits, prolifiques et engraissent facilement. Les cochons moitié blancs d'Essex sont compiés parmi les plus belles races ; ils ont Tos fin, le ventre large et profond, les quartiers de derrière pleins, ils engraissent très vite, et la qualité de leur viiinde ei«t excellente.

En choisissant le verrnt et la truie on doit prendre garde à la perfection de leur forme, que la truie ait le ventre grand et ample, et qu'elle ne soit pas trop disposée à la graisse. Une truie grasse n'aura jamais beaucoup de petits et ne sera pas profitable au fermier. Le verrat ne doit pas avoir moins de 12 mois ; ni la truie moins de 10. On ne doit pas les laisser cochonner en hiver, parce que les petits cochons sont tendres et peuvent avec peine être sauvés par un temps très froid. La truie pleine doit être séparée du reste quelque temps avant qu'on s'attend qu'elle cochonne, soigneusement gardée et avoir une litière d'une petite quantité de courte paille. Trop de paille ne vaut rien, lors de la cochonnée et pendant une semaine après, parce que les petits aiment à se fourrer sous la paille sans que la trace s'en apperçoive, et sont exposés à être écrai^és par la truie lorsqu'elle se couche. Une truie qui nourrit doit être bien entretenue, et il est bon d'accoutumer les petits cochons de bonne heure à manger d'une petite auge, du son avec du lait ou d'autre nourriture liquide. Tels petits cochons des deux sexes qui ne doivent pas servir à la propagation, sont en Angleterre ordinairement coupés, à l'âge d'un mois, et tous peuvent être çevrés au bout de 6 à 7 semaines. Afin d'empêchor les cochons de fouiller on leur coupe les tendons du grcin avec un couteau bien eflSlé, à la distance d'un pouce et demi du nez. On peut faire cela avec peu de peine et sans danger pour l'animal à l'âge de 2 ou 3 mois. Si par ces moyens ou par des anneaux ils sont empêchés de fouiller la terre on peut bien tenir les co^ chons en été au trefïle. Un petit enclos de treffls, bien entouré, afin d'empêcher les cochons de le quitter, contribuerait â leur nourriture dans un temps qu'elle est la plus rare. Si les cochons font confinés dans les bâtimens, ils doivent être tenus parfaitement propres et avec une bonne litière ; et ceux qui ne servent pas à la propagation doivent avoir abondance de nourriture depuis le moment qu'ils sont sevrés. Comme la plupart des fermiers ont des vaches, le lait caillé, ou le petit lait du fromage, feront une excellente nourriture pour les cochons, et ne peuvent pas être mieux employés. Des pommes de terre cuites, des carottes, mêlées avec une petite quantité de farine de fèves, d'orge, de blé d'inde ou de pois, sont plus profitables à la nourriture des co-

chons qu'aucun de ce? articles ne le serait, s'il était donné seul. On doit bien avoir soin, de ne jamais donner aux cochons plus de nourriture qu'ils ne peuvent consommer ; ils doivent erre nourris fréquemment et suffisamment, mais pas plus. Le rejet des distilleries serait très utile à nourrir les cochons, pourvu qu'ils soient tenus propres dans des soues bien construites, et la nourriture régulièrement donnée. Il serait pourtant nécessaire de donner de temps à autre une nourriture meilleure, plus solide et plus nutritive p. e. des grains, des pois, des fèves ou du blè d'inde. La chair de cochons entièrement nourris avec le rebut des distilleries est ordinairement très molle. Je crois que les pois sont la nourriture la meilleure mais aussi la plus dispendieuse.

Par des expériences faites sur des cachons gras, chaque fois 20 li^ vres, poids vivant, produit, lorsqu'on les a tués, 12 à ]4i livres poids net. Si les cochons n'excèdent pas le poids de 160 livres, le poids sera de 12 livres ; s'ils sont plus grands, le terme moyen sera de 14 livres. Le fermier en pesant ses cochons en vie, peut s'assurer de leur poids profitable après leur mort

Comme ce printemps a été extraordinairement tardif, et la semence conséquemment retardée, je suis induit à faire quelques remarques sur la semence du blé, quelque déplacées qu'elles puissent être. C'est un objet de regret que de voir que tant de fermiers de cette province sont si enclins à semer du blé dans des terrains qui ne sont pas bien préparés, ni dans un état de fertilité suffisante pour produire une bonne récolte moyenne. Si les fermiers voulaient substituer du seigle, de l'avoine et en quelques cas de l'orge, ils seraient presque certains d'obtenir une bonne récolte de ces grains, qui tout aussi certainement serait plus profitable qu'une récolte de blé au-dessous d'un bon retour. On persiste aussi souvent à semer du blé à une période tellement avancée du printemps, qu'il n'y a presque pas de chance de le bien récolter, quelque favorable que puisse être la saison. Dans quelques situations on peut employer des moyens artificiels pour hâter la préparation de la terre nécessaire pour qu'elle puisse recevoir la semence de bonne heure en printemps, en labourant et égoutant judicieusement ; mais dans les sec-? lions inférieures de la province, dans le voisinage de Québec, le climat empêchera souvent la semence du blé, quelque industrieux et attentif que puisse être le fermier en préparant et asséchant le sol. Dans ce cas une espèce différente de grain ou d'autres plantes doivent y être substitués, grains et plantes qui n'exigent pas une saison si longue ni si chaude pour mûrir. Si le blé ne peut pas être semé au mois d'avril on peut à peine s'attendre à une bonne récolte dans des saisons ordinaires, et bien moins dans celles qui peuvent être moites et froides. Dans des saisons extrêmment favorables une semence tardive peut réussir, mais le fermier agira avec plus de sûreté et de profit en cultivant des céréales qui réussissent probablement dans des saisons ordinaires, plutôt que de courir le risque de semer le blé tard, en espérant une saison extraordi-

nairement favorable. Je ne propose pas qu'un fermier seir.c un autre grain que du blé, s'il peut semer celui-ci avec un pro^^pect raisonnable de rentrer une bonne récolte ; mais autrement un retour d'avoine sera plus profitable, et donnera une plus grande quantité de bons alimens nutritifs, s'il en a besoin dans sa famille, que du blé cultivé dans des circonstances connues pour être défavorables à sa parfaite production. J'ai ce printemps prouvé, au-delà d'aucun doute, la nécessité et l'utilité de semer le blé de bonne heure, et l'inefficacité, le désavantac^e de le semer tard. Je suis persuadé que ce serîiit le grand intérêt du fermier d'encourager la manufacture et la consommation de la farine d'avoine (gruau). On sait que c'est une nourriture salutaire et nutritive, et dans ces parties de la province qui ne sont pas favorables à la culture du blé, comme aliment de Thomme, un bon surrogat de la fleur de froment et dans toutes les parties de cette province son usnge de temps à autre serait une épargne de notre grain plus vendable et plus précieux, et par là augmenterait le profit du fermier.

Quand je commençai ce traité, j'espérai qu'il n'excéderait pas 300 pages ; je trouve cependant que j'ai passé les dernières limites posées, et que j'ai conclu la 5me. partie, sans avoir pu inclure tout ce que je m'étais proposé, Les maladies des animaux et leur guérison doivent encore être traités. Je voudrais aussi faire quelques observations à l'égard du défrichement et de la culture de terres nouvelles ; le prix de la main d'œuvre et de la terre, et les profits probables de l'agriculture dans les différentes sections de l'Amérique Britannique, et quelques remarques générales, que je crois appartenir à la prospérité de l'agriculture et aux intérêts des fermiers de ces provinces. Des circonstances m'empêchent de m'occuper maintenant de ces objets. L'hiver prochain, je me propose de publier un supplément qui les comprendra et tout ce que je croirai nécessaire pour que mon livre soit intéressant et utile aux fermiers. Je ferai tout mon possible pour donner des tables exactes du prix de vente de terres cultivées dans les provinces Britanniques de l'Amérique du Nord, leur situation, étendue, sol, état de culture et édifices de ferme, ainsi que le prix de l'ouvrage dans les dififérentes localités.

J'ai dit ce que je croyais être la meilleure méthode de cultiver les différentes sortes de végétaux sur des terres cultivées, la dépense en travail nécessaire dans la culture, la récolte et les dépenses en ayant des bestiaux de travail. Il ne me reste que de donner quelques idées du prix ordinaire de Touvrage, de celui des produits, pour que le fermier puisse calculer les retours ou profits qu'une quantité donnée de terre peut lui promettre si elle est bien cultivée dans des saisons ordinaires.

Pendant les dernières 15 années je n'ai pas observé une grande variation dans le prix de la main d'œuvre dans le voisinage de Montréal ou Québec. Pendant toute cette période on pouvait avoir des engagés à raison de 5 à7 piastres par mois et la nourriture, en printemps, en été et pendant la récolte. Les bons faucheurs peuvent quelquefois avoir jusqu'à 8 piastres. Si on engageait des hommes à l'année les gages va-

riaient de £12 10s, à jGJS ou peut-être £20 et pour de bons ouvriers. Des laboureurs bien qualifiés ont obtenu de plus grandes gnges, mais on ne peut pas toujours se les procurer. Les journaliers, qu'on ne i nourrit pas ont généralement un écu, îes prix ne se rapportent qu'aux \ gens qui travaillent la terre, et ces gages sont payées argent comptant. ; Dans les townships de l'Est et dans le Haut-Canada les gnges font ordinairement plus élevées, mais elles ne sont pas toutes payées argent comptant. La différence nominale sera peut être d'un tiers de plus et peut-être au-delà.

Le prix des produits a beaucoup varié pendant l'époque mentionnée. Le prix du blé dépend du prix en Angleterre. Il a cependant rarement été vendu dans le Bas-Canada à moins d'une piastre par minot pendant plusieurs années. Le prix dans le Haut-Canada est généralement inférieur d'un quart ou d'un cinquième dans ses principaux marchés. Pendant quelques-unes des dernières années l'orge a été vendue depuis une écu jusqu'à 4s. 6d. le minot ; le prix ordinaire est depuis un écu jusqu'à trois quarts d'une piastre par minot. L'avoine depuis un quart de piastre jusqu'à un écu. Les pois depuis 2 à 5 chelins, mais généralement à Ss. 6d. Le blé d'inde depuis 3 à 5 chelins ; et les pommes de terre depuis 1 chelin jusqu'à 1 écu. Le foin depuis 2 piastres et demie jusqu'à 16 piastres les cent bottes ; le prix ordinaire est de 5 à 8 piastres. A Québec le prix moyen du foin est bien plus élevé qu'à Montréal. La paiile depuis 2 à 6 piastres les cent bottes, mais rarement plus de 3 ou 4 piastres. Dans le Haut-Canada le prix de l'orge, de l'avoine, des pois et des pommes de terre est généralement aussi élevé que dans le Bas-Canada. Le foin est à un prix plus élevé, le blé d'inde à un prix inférieur. . Le bœuf varie dans le prix depuis 2J à 6 piastres les cent livres. Le fermier peut obtenir le dernier prix en printemps pour du bœuf bien gras. Le lard se vend, de 4| à 6 et 7 piastres les cent livres. Le moutons, des animaux bien engraissés, se vendra en printemps de 8 à 10 sols la livre et peut-être plus ; mais du mouton d'une qualité ordinaire se vend de 4 à 6 sols pendant 6 à 8 mois de l'année. Le veau et l'agneau se vendent en proportion des autres viandes. Le fromage fait en Canada juqu'à présent ne fut pas de première qualité. On le conserve rarement aussi longtemps qu'on ne le fait en Angleterre avant de s'en servir, et de la manière qu'il est généralement fait il ne se conserverait pas longtemps ; mais ou pourra porter remède aux défauts de notre fromage dès que les femmes des fermiers veulent se donner la peine d'apprendre à faire du bon fromage avec de bons matériaux. Le fromage ordinaire fait dans le pays se vend frais à 6 et 8 sols la livre. On fait beaucoup de bon beurre en Canada, mais on en fait aussi beaucoup de mauvais, qui, comme de raison, a un mauvais goût. Avec soin et attention on peut éviter cela dans de bonnes laiteries, en enlevant la crème du lait avant qu'elle ne soit trop vieille, en remuant souvent la crème après qu'elle est enlevée, et lorsque le beurre est fait, en en séparant effectivement tout le lait de beurre. Le prix actuel du beurre frais est en été de 12 à 20 sols la livre de 16 onces. En hiver le beurre frais ne se vend pas beaucoup au-delà du dernier

pt\x k cause de la grande quantité de beurre salé porté d'une certaiiie! distance aux marchés de Montréal et de Québec, et qui se vend de 14 à 20 sols la livre. Dana quelques occasions il exc ède ces prix ; le beurre salé d'une qualité inférieure se vend de 10 à 12 sols la livre.

Il est difficile de déterminer le prix des terres dans le voisinage de Montréal et de Québec. Dans l'Ile de Montréal, dans un rayon de 10 milles de la ville, des fermes en culture avec des édifices assez bons, ne peuvent pas aisément être achetées à moins de £6 à £[0 l'arpent français, et quelquefois il se vendent bien plus. Hors de l'ib el à une plus grande distance de la ville p. e. 20 ou 30 milles des termes î?OEt souvent vendues à moins que n'ont coûté les édifices qui s'y trouvent, mais ceci n'arrive que dans des circonstances particulières et n'est pas une règle générale. Le prix des fermer près de Québec est peut êîre un peu moindre qu'à Montréal, quoique les produits de la terre s'y vendent à meilleur prix. Les terres dans le voisinage de Québec ne sont pas égales en qualité à celles du voisinage de Montréal^ les saisons ne sont pas si favorables à l'agriculture, surtout à la culture du blé, parce que le printemps y est considérablement plus tardif. Dans le Haut-Canada le prix des terres est plus élevé que dans la ])rovince inférieure, cependant je ne puis pas assigner une cause raisonnable de cette circonstance, excepté que le sol est censé supérieur à celui du Bas-Canada. Cette dernière province cependant a ses avantages par la plus grande salubrité du climat, la plus grande facilité de se procurer la main d'œuvre, et l'existance du meilleur marché pour acheter et pour vendre ; et nonobstant que les hivers sont plus sévères dans le Bas que dans le Haut-Canada, les récoltes ne sont pas plus sujettes à manquer ni à d'autres accidents dans la province inférieure qiie dans la supérieure.

Il ne sera pas nécessaire de rappeler aux fermiers combien c'est de leur intérêt d'encourager la consommation des produits de l'agriculture dans toute l'étendue des besoins de la population, et de cultiver pour l'exportation tout ce qui trouve un marché. Tout article de notre propre consommation q.]i peut directement être manufacturé en Canada du produit brut de l'agriculture, doit certainement être préféré à celui d'un autre pays. Il y a différents produits de manufactures qui ne sont pas faits du produit de l'agriculture, que, dans les circonstances présentes, nous préferons acheter que faire, surtout tant que notre population est si mince, qu'il y a tant de bonne terre, dont nous pouvons donner le produit en échange pour ces marchandises manufacturées. Tant que cet échange peut être continué sur le pied actuel, il sera autant de notre intérêt que de celui de l'Angleterre, de le continuer, et je pense que les avantages que l'Angleterre retire de ce commerce entre elle et cette colonie sont parfaitement réciproques. Les produits des manufactures que nous pouvons faire nous mêmes du produit de notre agriculture a meilleur prix que nous ne pouvons les acheter, sont :— la viande de boucherie, le fromage et le beurre, les liqueurs spiriteuses et la bière, Nous pourrions aussi faire du vin de groseille et d'autres grappes, qu'on pourrait cultiver en grand, et d'une qualité infiniment «upérieure nu vin que noua importons, ôt la fabrication da ce vin ost

digne de l'attention de toute famille de fermier. Je traiterai de la manière de faire les différentes sortes de vins domestiques d;ins le supplément. Nous pourrions manufacturer notre laine et en faire du drap assez bon pour tout fermier en Canada. Le lin pourrait être manufacturé pour nos besoins à une très grande étendue. Ce sont peut-être les seuls articles au moins les principaux de notre consommation domestique, dont il conviendrait d'encourager particulièrement la manufacture pour le moment.

Mon but en publiant ce traité fut d'encouriiiger les progrès de Tagriculture, comme le meilleur moyen d'avancer la prospérité de toute la population canadienne, qu'elle se livre à l'agriculture ou non. Je suis convaincu que l'agriculture ne peut pas avancer comme il faut, sans que ses produits cultivés en abondance, soient convenablement appliqués ; et ceci ne saurait avoir lieu, tant que nous nous faisons fournir des produits de l'agriculture bruts ou manufacturés par des étrangers pendant que nous sommes capables de nous les fournir le plus amplement, si seulement nous voulons nous servir des moyens à notre disposition. Pour un pays qui, par des circonstances particulières, ne pourrait pas fournir sa population des produits de l'agriculture les plus nécessaires à la vie, ce serait heureux de pouvoir se les procurer d'un pays voisin en échange de ce dont le pays peut disposer en produit des manufactures ou autres commodités. Mais le Canada n'est heureusement pas dans cette situation^ et pendant qu'il néojlige ses avantages et achète ce que fournit son propre sol, sans donner en échange ce que son sol et l'industrie de son peuple produisent ou pourraient produire, Une peut pas prospérer comme il le devrait. Au moins un tel état des choses doit être contraire à l'intérêt de ses fermiers qui constituent la grande majorité de la population, et qui ont droit à tout encouragement et à toute protection raisonnables. Je n'oserais pas faire la moindre objection au commerce entre nous et d'autres pays (quoique cela puisse interférer avec l'intérêt du feitnier) si le commerce était libre et sans chaînes de tous côtés, ou établi sur le principe d'une parfaite réciprocité. Mais sans être établi sur aucun de ces principes, on ne pourrait pas me convaincre que le commerce serait juste et équitable, ou également avantageux aux deux pays.

On rendra enfin justice à l'Irlande, on fera une provision légalepour les pauvres sans ouvrage. Ceci fera un changement vaste et av^antageux dans la situation de ce pays là. Beaucoup de produits de l'agriculture qui, jusqu'à présent, sont ordinairement exportés, seront à l'avenir nécessaires au bien-être de sa population, Celà diminuera sans doute la quantité de provisions qu'on pourra épargner pour l'exportation en Angleterre, et ouvrira amplement sans doute, le marché anglais à nous et à nos produits agricoles. J'espère de ne pas être trop hardi dans la'persuasion qu'à une période peu éloignée nous pourrons remphr ce|marché, en même temps que nous nous fournirons de tout ce dont nous aurons besoin. J'ai une grande confiance dans les ressources du Canada, comme pays agricole, même avec sa surface couverte de neige pendant plusieurs mois de l'hiver. Nos fermiers sont les propriétaires du sol ou peuvent le devenir ; ils ne connaissent pas cet état de vassalage auquel sont assw-

jettis les fermiers et toutes les classes ouvrières de presque toutes les parties de l'ancien monde, et dont le meilleur gouvernement de ces pays ne saurait les libérer entièrement. Ils sont en possession d'un pays beau et fertile, qui n'a ni des montagnes froides et désertes, ni des marais incultivables, mais une terre dont presque chaque acre peut être employé k la culture des grains, ou à la propagation et à la nourriture des bestiaux ; et avec de tels avantages, ils pourraient fournir des produits de l'agriculture à l'exportation à un montant plus considérable que ne serait celui des importations d'autres pays, ou que nous n'en avons besoin.

Le plus grand bienfait que la législature puisse faire à un pays dans la situation de ces colonies, c'est de pourvoir et d'avancer par tous les moyens possibles, l'éducation du peuple. Si chaque individu de cette province ou des autres provinces de l'Amérique du Nord était dûment instruit et élevé selon sa situation et ses circonstances dans la vie, tout homme serait capable de tirer tous les avantages possibles des opportunités qui se présentent à lui, et s'il ne s'en offrait pas de favorables, l'éducation développerait le jugement de la plupart des hommes, pour les rendre capables de connaître les meilleurs moyens pour améliorer leurs circonstances, de connaître comment se servir de ces moyens, et de leur donner ce degré de confiance que tout homme doit posséder pour atteindre le succès dans ses entreprises qu'il doit désirer ; et ce succès est généralement possible à tous les hommes qui possèdent de l'énergie, de l'industrie, de la frugalité et un esprit bien développé pour employer c«s qualités à la meilleure fin.

Ce serait l'objet de mon ambition, et j'çspère que c'est celui de quiconque considère le Canada comme son pays, que nous serions un peuple inférieur à aucun de ce continent, mais qui marcherait à la tête de toute amélioration et dans toutes les voies qui pourraient le mieux assurer la prospérité, l'aisance et le bonheur du peuple canadien. Je ne puis pas croire que notre situation ou nos circouLtances géographiques ou physiques, soient en aucune manière défavorables à notre progrès vers le plus haut degré d'amélioration et de prospérité. C'est le devoir du gouvernement et de la législature, de pourvoir, à ce que notre situation civile et politique, n'exerce pas une influence désavantageuse ou ne retarde pas nos progrès ; et ceci ne sera pas moins le véritable intérêt d'une et de toutes les parties.

Si j'ai envisagé les choses, que je considérais liées à la prospérité de l'agriculture, d'un faux point de vue, j'espère que je serai excusé, si j'assure, que, quelque grand que soit mon désir de promouvoir les intérêts du fermier, je ne voudrais pas, même si je pouvais, le faire aux dépens ou au préjudice d'aucune autre portion de la société. Mon vœu sincère c'est, que tous puissent s'unir pour adopter les meilleurs moyens de promouvoir la prospériré du pays dans lequel nous vivons, et de TOUS ceux qui l'habitent.

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