‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 29 sur 109 · OXIGÈNE · texte numérisé non relu

OXIGÈNE

met cette propriété à profit dans deux buts opposés : 'soit pour enlever aux tissus l’eau dont ils sont imprégnés , soit au contraire pour fournir à certains mordants ou à certaines couleurs qui y sont imprimés, l’humidité dont ils ont besoin pour s’y fixer d’une manière intime.

Quand l’air est employé comme agent desséchant, il faut principalement tenir compte de la position et de la forme des séchoirs , attendu que la dessiccation est d’autant plus rapide que, dans une unité de temps, il y a une plus grande masse d’air en contact avec les tissus imprégnés d’humidité.

Nous verrons à l’ article Séchage combien aussi l’arrangement des tissus mouillés qui se trouvent dans l’intérieur des séchoirs peut contribuer à favoriser la dessiccation de ces premiers.

Lorsqu’on veut favoriser par l’humidité de l’air la combinaison d’un mordant ou d’une couleur avec les tissus, il est nécessaire d’évaluer l’humidité du milieu dans lequel on opère : trop d’humidité détermine le coulage du mordant, et fait perdre à l’impression toute sa netteté ; trop peu expose le mordant à se détacher, partiellement du moins , dans les opérations subséquentes.

Pour déterminer approximativement le degré d’humidité de l’air sous l’influence duquel on imprime, soit à la main, soit à la mécanique , on se sert habituellement de Y hygromètre à ; plume . Mais cet instrument, qui est formé d’un tube capillaire gradué , terminé par un tuyau de plume rempli de mercure , et qui fonctionne à la manière du thermomètre , ne peut pas fournir dan£ toutes les circonstances des indications précises sur la quantité d’humidité que l’air renferme. Le degré de chaleur de l’air peut, en effet, dilater la colonne de mercure de manière à compenser l’abaissement que cette même colonne subirait par la dilatation du tuyau de plume impressionné par l’air humide. On se sert aussi aux mêmes fins de cordes de chanvre et de boyaux qui se raccourcissent par l’humidité. Ne ferait-on pas mieux d’employer pour cette évaluation l’hygromètre de Saus-

h MATIÈRES PREMIÈRES INORGANIQUES.

sure ou hygromètre à cheveu , le seul de tous les hygromètres dont les indications soient constantes ?

§ k. Effets chimiques. L’air, par l’oxigène qu’il renferme, participe aussi , chimiquement , aux opérations les plus importantes de l’art qui nous occupe. Comme agent propre à favoriser la combustion, il mérite déjà de fixer sérieusement l’attention du fabricant, puisque le combustible est une matière qui figure en première ligne dans ses frais généraux , et qu’on ne peut l’employer avec économie qu’autant que l’air est bien distribué dans les foyers de combustion .

Par son oxigène encore, l’air détermine la formation et la fixation de plusieurs matières colorantes. C’est ainsi que, cédant de l’oxigène à l’indigo blanc, il rend ce dernier insoluble en le faisant passer au bleu. C’est encore par une action du meme ordre qu’il oxide les oxides ferreux et manganeux qu’on est dans le cas de mettre en liberté sur les tissus où ils ont été déposés à l’état salin. Enfin, l’oxigène de l’air atmosphérique, comme celui qui est en dissolution dans l’eau , peut contribuer à l’oxidation partielle ou totale des matières colorantes ; de telle sorte que l’exposition à l’air d’un tissu imprimé aura pour résultat, dans le premier cas, d’en aviver les couleurs; dans le second , d’en ramener au blanc les parties non mordancées qui se sont salies dans la teinture, ou enfin de détruire complètement la couleur naturelle aux tissus écrus de chanvre, de lin et de coton , et de favoriser ainsi le blanchiment de ces tissus.

§ 5. L’air, par l’acide carbonique qu’il renferme, détermine aussi des réactions chimiques, mais d’un autre ordre. Ainsi, dans l’application , sur les tissus , des mordants d’alumine alcalins (aluminates potassique et sodique) une exposition à l’air est indispensable pour que l’oxide aluminique, déplacé et mis en. liberté par l’acide carbonique de l’air qui se combine avec la base alcaline, puisse s’unir au tissu.

Enfin , l’acide carbonique de l’air décomposant par son ac-

SOUFRE ET SES COMPOSES OXIDES. 5

tion sur les bases alcalines les chlorures décolorants en mettant le chlore en liberté, l’industriel utilise avec avantage cette propriété dans le blanchiment des toiles de chanvre , de lin et de coton ; ce que nous verrons plus tard. (Voy. chap. Blanchiment.)

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