‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 2)Chapitre 33 sur 109 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

PHOSPHORE ET SES COMPOSÉS OXIDÉS

ACIDE PHOSPHORIQUE, BIPHOSPHATE CALCIQUE, PHOSPHATE SODIQUE.

Phosphore.

Formule . P

Équivalent . 392,28

§ 47. C’est sans doute à cause de son prix élevé que le phosphore n’a pas encore été employé dans la fabrication de l’indienne ; on pourrait cependant l’utiliser comme agent désoxidant des plus énergiques ; car nous le voyons , sous l’influence des bases salifiables, réduire l’indigo bleu et le faire passer à l’état d’indigo blanc.

Acide phosphorique .

Formule . -P

Équivalent . 892,28

§ 48. Cet acide est toujours un produit de laboratoire; le procédé le plus économique pour l’obtenir consiste à décomposer le biphosphate calcique par l’acide sulfurique en présence de l’alcool, de manière à produire du sulfate calcique insoluble dans ce véhicule , et de l’acide phosphorique qui y reste en dissolution. La décomposition a lieu d’après l’équation P Ca + S = S Ca ou 1 éq. sulfate calcique insoluble -f- P ou 1 éq. acide phosphorique soluble. Parla distillation, l’alcool se dégage , et l’acide phosphorique reste dans la cornue.

§ 49. Applications. Jusqu’à présent , les applications de cet acide sont très bornées; il n’a été employé que pour l’avivage de certains genres garancés. Comme il forme avec les oxides ferrique et aluminique, qui jouent le rôle de mordants, des composés insolubles , on comprend que , dans quelques circon-

PHOSPHORE ET SES COMPOSES OXIDES. Z|9

stances particulières , il doive être préféré aux acides nitrique , sulfurique, etc., qui forment avec ces mêmes oxides des composés solubles.

Biphosphate calcique.

• Formule . L Ca

Équivalent . 1248,30

§ 50. On obtient ce sel dans les laboratoires en traitant les os calcinés par l’acide sulfurique. On introduit ces os dans un foyer à combustion , où on les fait brûler pour détruire la matière organique , jusqu’à ce qu’ils soient devenus blancs dans toutes leurs parties. On les retire alors du feu , puis on les pulvérise , et l’on en pèse 12 kilogrammes, par exemple, qu’on met dans un grand baquet avec une quantité d’eau suffisante pour former une bouillie très claire, dans laquelle on ajoute peu à peu, et en remuant, 10 kilogrammes d’acide sulfurique du commerce. Il se produit un grand développement de chaleur, et en même temps il se dégage de l’acide carbonique provenant du carbonate calcique des os. Si, après avoir ajouté tout l’acide sulfurique nécessaire, la masse se trouve encore trop compacte, on la délaie par une quantité d’eau suffisante, et l’on abandonne le mélange à lui-même pendant deux ou trois jours, afin de favoriser l’action de l’acide sulfurique sur les parties qui sont restées in attaquées : on remplit alors le baquet d’eau bouillante, et l’on jette le tout sur un filtre. Le sulfate calcique y reste en grande partie, tandis que le biphosphate, ainsi qu’une petite quantité de sulfate calcique, passe dans la liqueur, que l’on évapore jusqu’à consistance sirupeuse. En versant un peu d’eau sur le produit de cette évaporation , et en laissant reposer le liquide , on sépare par décantation le biphosphate calcique du sulfate calcique qui s’est déposé.

§ 51. Applications. Le biphosphate calcique a d’abord été employé à la composition de certaines réserves , dans le genre i. U

bleu cuvé. (Voyez ce genre de fabrication.) Cette application se rattache : 1° au pouvoir qu’il a de jouer le rôle d’acide, en cédant la moitié de l’acide phosphorique qui le constitue; 2° à la propriété que possède ce dernier acide, et avec lui l’acide arsénique, de former des combinaisons salines qui jouissent de caractères particuliers que n’ont pas d’autres sels. (Voyez notre Tntr. à l’Et . , p. 368.)

Dans ces derniers temps, on a fait servir ce biphosphate à la préparation d’un sel propre à remplacer la bouse de vache, et qu’on appelle sel à bouser . On obtient ce sel en ajoutant à une dissolution de biphosphate calcique du carbonate sodique , jusqu’à ce que la liqueur commence à ramener au bleu le papier de tournesol rougi par les acides. Il y a dégagement d’acide carbonique, et formation de phosphate sodique, aux dépens de la moitié de l’acide phosphorique; l’autre moitié reste avec la chaux à l’état de phosphate calcique. En évaporant le tout dans une chaudière, on obtient une matière saline, sèche, qui n’est qu’un mélange de phosphate calcique et sodique.

Phosphate sodique.

Anhydre. Hydraté.

Formule . ï- Na'2 Ê Na2 -f- 24 H

Équivalent. . . . 1674,08 4373,59

§ 52. C’est toujours à l’état cristallin et hydraté qu’il se trouve dans le commerce. Ses cristaux ont la forme de prismes rhomboïdaux, et sont ordinairement eiïlor es cents. Dans la préparation de ce sel, il y a toujours formation d’une certaine quantité de sulfate sodique dont il est rare qu’il ne reste pas toujours quelques traces. On décèle la présence de ce sulfate dans une solution de phosphate sodique , en versant dans celle-ci, que l’on rend préalablement acide par du chloride hydrique pur, un peu de sel barytique, qui y détermine un précipité insoluble de sulfate barytique.

§ 53. Applications. Hors sa participation dansla constitution

ARSENIC ET SES COMPOSES OXIDES

du sel à bouser, le phosphate soclique n’a pas encore été employé dans les ateliers d’impression ; mais je le crois susceptible de recevoir un jour d’utiles et belles applications. Chauffé au rouge, il se transforme en pyrophosphate, lequel exerce sur les oxides et les sels un pouvoir dissolvant qui ne peut manquer d’être. tôt ou tard mis à profit. Saturé par l’acide phosphorique, c’est-à-dire combiné avec une quantité de cet acide égale à celle qu’il renferme déjà, il forme un biphosphate qui cristallise difficilement, et qui semble pouvoir remplacer avec succès le biarséniate potassique dans toutes les circonstances où ce dernier est employé comme réserve rongeante ou comme corps destiné à s’opposer à la fixation des oxides ou des matières colorantes sur tissus. (Voyez genre Lapis.)

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