‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 4)Chapitre 30 sur 92 · Toile huilée , mord, et teinte une lr« fois en garance · texte numérisé non relu

Toile huilée , mord, et teinte une lr« fois en garance

Deuxième engallage ou alunage. A la suite de ce premier garançage, on immerge de nouveau dans la préparation galloaluminique ; on dessèche et l'on fait passer en craie comme dans le premier engallage j éch. 96.

OO. Toile huilée , mordancée et garancée une première fois et mordancée pour la seconde fois.

Seconde teinture. On donne cette teinture comme la précédente , en employant le restant de la garance , mais sans addi-

tion de craie, dont les pièces conservent une assez forte proportion , éch. 97.

9 ¥ . Toile huilée ayant reçu deux fois le mordant et qui a passé deux fois dans un bain de garance.

Premier avivage. Ce premier avivage, de même que les suivants , se donne dans la chaudière close, remplie aux deux tiers dune eau dans laquelle on a fait dissoudre

6 kil. savon ,

4k,50 carbonate potassique.

On doit maintenir à l'ébullition durant huit heures. Éch 98.

9$. Toile huilée et garaneée qui a reçu le premier avivage.

Deuxième avivage. Il se donne avec

6k,5 savon, et

0k,375 chlorure stanneux.

Les pièces en sortent dans l'état ci- après , éch. 99.

OO. Toile huilée et garant*, qui a reçu le deuxième avivage.

Troisième avivage. Il est le même que le précédent; le rouge est plus dépouillé , la nuance vire plus à la teinte feu , échant. 100.

ÎOO. Toile huilée et garaneée qui a reçu le troisième avivage

Après ce troisième avivage, qui ne se donne qu'à des rouges corsés et vifs , on expose pendant quelque temps les pièces à l'air, et on leur donne même, avant cette exposition, un pas-

19g DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.

sage en son qui contribue à dépouiller la couleur et à en re hausser l'éclat; le rouge est alors terminé. Ech. 101.

tOl. Toile huilée , garancée , avivée et passée en son.

Le procédé que nous venons d'indiquer a subi entre certaines mains quelques légères modifications : ainsi, comme une longue expérience a prouvé que l'huile se fixe mieux au tissu lorsque la dessiccation n'en est pas trop prompte , il est des fabricants qui, ne pouvant les exposer à l'air , quand la saison n'est pas propice , entassent les pièces huilées dans un séchoir chauffé à 35° , en ayant la précaution de les remuer de temps en temps, pour qu'elles ne s'échauffent pas de manière à s'altérer. Une autre modification a été d'introduire dans le garançage du sang de bœuf dans le rapport de 40 k il . pour 100 kil. de garance.

§ 612. Le procédé suivant a été employé pendant longtemps et avec succès par M. Fries de Guebwiller, qui a eu l'obligeance de nous le communiquer.

Les calicots destinés à cette fabrication étaient lessivés à la chaux , § 458 , passés en acide à 1° ^4B, dégorgés au clapeau , § 442, fig. 16, soumis à l'action d'une lessive de carbonate sodique (25 kil. de sel de soude pour 400 kil. de tissu), et enfin dégorgés de nouveau et séchés.

Pour le traitement de 100 pièces calicot 3 4 de 39 à 40 me-

très fou 3,960 mètres environ), on se servait de deux tonneaux A, B, de 500 litres de capacité chacun. Dans le tonneau A, on introduisait 400 litres d'eau tenant en dissolution 16k,5 carbonate potassique ; dans le tonneau B , 87 kil. huile tournante chauffée légèrement, quand on opérait en hiver, et à laquelle on ajoutait peu à peu , en remuant avec grand soin , la liqueur alcaline du tonneau A, jusqu'à ce que l'huile formât une émulsion parfaite ; alors on foulardait les pièces dans cette émulsion, et pourvu que l'opération fût faite avec soin , la quantité de bain blancformée était suffisante pour les 100 pièces. Celles-ci étaient ensuite mises en tas jusqu'au lendemain, ou exposées sur le pré , si le temps était beau; dans le cas contraire, séchées à l'étuve à une chaleur modérée qui ne dépassait pas A0°. En sortant de là elles étaient foulardées de nouveau dans un second bain blanc , exposées sur le pré , si le temps le permettait , sinon à l'étuve, qui cette fois était chauffée à 45°.

Ces deux bains blancs donnés, on réunissait dans le tonneau A ce qui restait du liquide du tonneau B, on le remplissait d'eau provenant du dégraissage , ou , à défaut , d'eau tenant en dissolution du carbonate potassique marquant 2° 1/2 AB, on mattait à cinq ou six reprises dans cette espèce de bain blanc, en ayant soin d'exposer les pièces sur le pré après chacune de ces opérations , on desséchait à l'étuve en portant graduellement la chaleur à un degré plus élevé sans dépasser toutefois 50°; après la dernière immersion, on maintenait à l'étuve, durant dix-huit à vingt-quatre heures , à une température comprise entre l\0 et 50°.

Dégraissage. En retirant les pièces de l'étuve on les mettait dans un tonneau et on les arrosait de la quantité d'eau tiède (à 30°) nécessaire pour les humecter; alors un ouvrier les foulardait avec des sabots sans clous , les renversait à trois ou quatre reprises pour multiplier les points de contact , et enfin les exprimait en recueillant soigneusement le liquide lactescent qui s en écoulait ( eau de dégraissage). Après cette opération on les sou-

mettait à l'action des machines à nettoyer pour les dégorger jusqu'à ce que l'eau en sortît parfaitement claire, puis on les desséchait pour leur donner l'engallageou mordançage suivant. Premier engallage. Dans 200 lit. d'eau on épuisait par une ébullition de 4 heures 25 kil. noix de galle ; la décoction achevée, on laissait déposer la liqueur; on en prenait la partie claire à laquelle on ajoutait le volume d'eau nécessaire pour former 500 lit. de décoction , et Ton y faisait dissoudre

50 kil. alun épuré, et 3k,5 acétate plombique.

On plaquait les pièces , à la machine à foularder, dans cette décoction gallo-aluminique chaude , mais en ayant la précaution de ne pas donner une trop forte pression. Lorsqu'elles étaient ainsi chargées de mordant, on les exposait dans un séchoir tempéré où on les laissait en repos pendant trois jours , après lesquels on les passait dans un bain de craie à 30° , opération qui se faisait dans un baquet sur quatre pièces à la fois, auxquelles on donnait quatre doubles fours, en employant pour les quatre premières pièces 2 kil. de craie et seulement 1 kil. pour chacune des quatre autres . Toutefois, pour qu'il ne s'accumulât pas trop de craie dans le bain , on devait le renouveler après qu'on y avait passé 24 pièces. Au sortir du bain on dégorgeait aux roues , § 445 ;

Premier garançage. Pour 8 pièces 3|4 de 39 à 40 mètres on employait

32 kil. garance paluds, 2 kil. sumac de Sicile.

La température du bain de garance était dirigée de manière à atteindre dans l'espace de deux heures et demie l'ébullition , à laquelle on le maintenait durant une heure , ce qui faisait trois heures et demie de teinture. Après le garançage, les pièces étaient rincées, dégorgées avec soin et séchées à Fait ou sur le pré.

Deuxième engallage ou alunage. On répétait exactement

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l'opération du premier engallage ; le mordant était le même ; la seule précaution à prendre était de ne pas y faire passer les pièces à une température trop élevée : on devait pouvoir tenir la main dans la solution sans en être incommodé. Alors on laissait reposer pendant trois jours , on passait en craie et l'on rinçait sans dégorger.

Second g arançage. Il se donnait comme le précédent, puis on rinçait à l'eau courante.

Premier avivage. Dans une chaudière close contenant 1,500 lit. d'eau , on faisait dissoudre

8 kil. carbonate potassique , 2 kil. savon blanc.

On mettait dans ce liquide 10 pièces huilées et garancées , on les maintenait en ébullition durant cinq heures , et en les retirant on les rinçait à l'eau courante.

Deuxième avivage. Toujours dans la même chaudière close, on mettait avec la même quantité d'eau et le même nombre de pièces :

8 kil. savon ,

1 k, 5 carbonate potassique ,

0k,500 chlorure stanneux ;

on portait à l' ébullition et l'on se maintenait à ce degré durant cinq ou six heures.

Troisième avivage. Dans la même quantité d'eau , on mettait seulement :

4 kil. savon,

0k,375 carbonate potassique ,

0k,375 chlorure stanneux.

Après cinq h ures d'ébullition , on lavait les pièces à la sortie de la chaudière close , on les dégorgeait aux machines à laver , et on les exposait sur le pré durant huit à dix jours , en les retournant trois ou quatre fois par jour.

Quand les pièces qui avaient subi ces diverses opérations étaient destinées à être vendues en fond uni , on les faisait pas-

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ser dans une eau légèrement acidulée de chloride hydrique , puis on les rinçait.

Lorsqu'il s'agissait d'aviver des toiles peu huilées , on ne leur donnait que deux aviva .ges :

Le premier avec 4 kil. savon et

2k,5 carbonate potassique,

Le second avec 4k,5 savon et

0k,375 chlorure stanneux.

Telle était la marche que l'on suivait et les doses d'ingrédients que l'on employait pour une première partie de pièces ; pour les suivantes , on diminuait la proportion d'huile et en même temps celle du carbonate potassique , attendu qu'on utilisait les eaux du dégraissage des opérations précédentes ; c'était donc

Pour la deuxième partie 16k,25 huile , Pour la troisième partie \ 5 kil.

Pour la quatrième partie 1 3 kil.

avec addition à l'eau du tonneau A, de 0k,190 de carbonate potassique par chaque kil. d'huile introduite dans le tonneau B.

Les deux derniers procédés que nous venons d'examiner ne diffèrent que parle degré de température auquel la dessiccation a lieu , par la quantité d'acétate plombique ajoutée à l'alun pour le rendre plus apte à se fixer au tissu , enfin par l'addition de sumac au bain de garance. Ces différences cependant , toutes légères qu'elles paraissent, conduisent souvent, dans la pratique, à des résultats dont l'importance mérite d'être prise en considération. Du reste , si cette préparation essentiellement empirique du rouge turc s'est peu perfectionnée en France , c'est qu'à l'époque où cette couleur était en faveur, intéressé à produire de beaux rouges, on fabriquait sans s'inquiéter du prix de revient, sans chercher à réduire les proportions d'huile et de garance. Les choses ne pouvaient se passer ainsi clans un pays comme la Suisse, par exemple , où l'industrie n'est soutenue que par l'intelligence de celui qui l'exploite, encouragée que par les améliora-

tions qu'il y introduit, et qui permettent à ses produits, malgré les conditions défavorables dans lesquelles il se trouve , de lutter partout avec ceux des autres pays , aussi bien sous le rapport de la qualité que sous celui du prix. De là la supériorité reconnue dont jouissent depuis une vingtaine d'années les rouges turcs de cette partie de l'Europe , et en même temps le bas prix auquel ils se vendent, car, tandis qu'anciennement on employait pour teindre de beaux rouges une quantité d'huile au moins égale à la moitié du poids du coton et un poids de garance au moins double de celui de ce dernier , cette quantité , pour ce qui est de l'huile , se trouve aujourd'hui réduite au quart du même poids ; d'autre part , pour la garance , il est des fabricants qui n'en emploient que 100 kil. pour teindre 400 kil. coton ; et cependant les produits ne laissent rien à désirer, ainsi qu'on peut en juger par réchant. 102, que nous devons à l'obligeance de MM. Jenny et Blumer, de Schwanden (canton deGlaris), qui se sont acquis dans cette fabrication une réputation méritée.

10*£. Rouge turc, fabrication suisse.

Le procédé suivi en Suisse n'est pas nouveau; il n'est que l'application de plusieurs données éparses , et dont la réunion conduit à des résultats parfaitement satisfaisants. C'est sans doute à un procédé du même genre qu'Eberfeld doit la supériorité dont jouissent ses produits dans ce genre de fabrication.

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On donne les bains blancs à une température de 28 à 30°, en ajoutant aux ingrédients que nous connaissons déjà la bouse de vache en état de fermentation.

Pour traiter une partie de 200 kil. coton , on emploie : 13k,350 huile tournante,

250 lit. dissolution de carbonate potassique à 2° 5 ^B, 62 lit. bouse de vache fermentée et amenée à l'état de bouillie avec un peu d'urine du même animal.

On délaie la bouse de vache dans 230 litres d'eau chauffée à 37 ou 38°, on y mélange l'huile , puis on forme l'émulsion en ajoutant successivement au tout 20 litres dissolution de carbonate potassique à 25°^4B. La température du liquide se trouvant alors ramenée au degré voulu . on procède au placage à la manière ordinaire, § 523 , fig. 1 31 . Les pièces sont introduites ensuite dans une espèce de caisse en bois de sapin , où on les abandonne à elles-mêmes durant douze à dix-huit heures , afin de déterminer une fermentation qui s'établit souvent au point qu'il n est pas rare de voir des myriades de vermisseaux se développer dans ce court espace de temps ; on dessèche alors à l'air libre , et l'on expose durant huit à dix heures dans une étuve chauffée à 62°.

Après ce premier bain , on en donne un deuxième , un

troisième et un quatrième, toujours fraîchement préparés, en

ajoutant au résidu de chacun d'eux les doses indiquées plus

haut, en sorte qu'après ces quatre huilages , les 200 kil. coton

ont consommé :

53K400 huile,

1000 lit. dissolution de carbonate , 248 lit. bouse de vache ;

et à la suite de chaque bain , on expose les pièces d'abord à l'air

libre, puis à l'étuve à la température de 62°.

Ces quatre huilages sont suivis de quatre autres , exécutés

de la même manière, mais dans une eau tiède, tenant en

suspension les résidus des quatre bains blancs primitifs et

le^ vieux bains qui proviennent du dégraissage. Après cha-

cune de ces immersions, on dessèche à l'air libre et Ton étuve comme après chaque passage en bain blanc , mais à des températures inférieures, qui doivent être de 60° à la suite des cinquième et sixième passages , et de 56° à la suite des septième et huitième , par lesquels on termine l'opération.

On procède alors au dégraissage par les moyens indiqués p. 199, on recueille le vieux bain, et l'on nettoie les pièces aux roues à laver, d'où elles sortent pour être exprimées , puis desséchées à l' étuve à la température de 50°.

Engallage. L'engallage se donne aussi en deux fois; pour le premier qui se fait sans addition d'alun, on fait bouillir pendant une heure dans 200 lit. eau :

7k,4 noix de galle en sorte, 6k.4 sumac de Sicile.

Pour que cette décoction s'éclaircisse , on l'abandonne à ellemême durant vingt-quatre heures après l'avoir passée au tamis ; puis on la décante, on la chauffe à M0, et l'on y matte les pièces, qu'on dessèche à l'air libre, et qu'on étuve ensuite à la température de 50°.

| Le second engallage se fait exactement de la même manière que le premier , si ce n'est qu'on retranche le sumac et qu'on y ajoute de l'alun.

Dans 220 litres eau chauffée à A6°, on fait dissoudre :

21 k, 350 alun épuré que l'on sature par 3k,5 solution de carbonate potassique à 25° ^B.

Après avoir passé les pièces dans ce bain on les exprime , on les laisse en tas durant six heures , on les introduit dans l'étuve chauffée à 27°, sans courant d'air, afin de les dessécher ; puis on les évente durant trois jours , et on les met dans l'étuve chauffée à 50°. Alors , comme l'alun n'est qu'en partie saturé , on les plonge dans un bain de craie élevé à la température de 50°, en employant pour 20 kil. de toile, 2k.6 de craie. Rincé et séché au sortir de ce bain , le tissu est préparé pour la teinture .

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On teint en une seule fois , en prenant pour 20 kil. de tissu :

de 20 à 30 kil. garance paluds, 2k,750 sumac, 4 7 lit. sang de bœuf.

On élève progressivement la température du bain durant deux heures et demie, on le maintient à l'ébullition pendant une demi-heure ; puis , rinçant les pièces , on les soumet à deux avivages qu'elles reçoivent dans la chaudière close , où on les fait bouillir durant six heures , savoir :

Pour le premier avec 5 kil. savon,

3 kil. carbonate potassique, 0k,200 chlorure stanneux;

Pour le second avec 5 kil. savon ,

0k,200 chlorure stanneux , 0k,4 30 acide nitrique.

A la suite de ces avivages , on expose sur le pré durant deux à trois jours , puis on fait passer en son bouillant.

Ce procédé se distingue essentiellement des précédents , en ce que toutes les opérations tendent à y provoquer une fermentation entre les diverses substances qui se trouvent en présence, et à déterminer la métamorphose du corps gras. Tout en reconnaissant la nécessité d'atteindre un certain degré de chaleur, l'auteur a très bien compris l'importance de favoriser ici l'action de l'air. Cette action s'exerce d'autant mieux sur le coton ainsi traité que ce tissu renferme une certaine quantité d'eau, tandis qu'une dessiccation trop brusque le soustrait à l'influence de l'agent qui est appelé à jouer le rôle principal dans la réaction C'est sans doute par ce motif que les étuvages sont toujours précédés d'expositions à l'air libre, qui ne donnent lieu qu'à une dessiccation lente.

Depuis quelques années, M. Steiner exploite en Angleterre et à Ribeauvillé (Haut-Rhin), dans un établissement dirigé par son neveu, ancien élève de M. Chevreul , un procédé de son invention dont les produits jouissent d'une grande supériorité, sous le triple rapport de l'économie, de la vivacité de la couleur et de

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la régularité de la fabrication. C'est à l'obligeance de ce fabricant que nous devons l'échant. 108.

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