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tissu. On matte les pièces dans cette émulsion , on les expose à l'air , au soleil, si le temps le permet ; dans le cas contraire , on les pend au crochet. Quand la dessiccation touche à son terme, on les introduit pour quatre et cinq heures dans le séchoir chauffé à 65 ou 70° ; lorsqu'elles sortent du séchoir , on les foularde à deux reprises dans une eau acidulée d'acide nitrique marquant 1°,5 ÂB* et on les sèche à l'air, mais non plus dans le séchoir chaud, où elles seraient inévitablement brûlées ; on leur donne ensuite :
\ ° Un deuxième bain blanc semblable au premier, suivi d'une ex» position à l'air et d'un étuvage dans le séchoir chaud ;
2° Un deuxième passage en acide nitrique à 1° AB , suivi d'une dessiccation à l'air libre ;
3° Un troisième bain blanc semblable au premier, également suivi d'une exposition à l'air et d'un étuvage ;
4° Un troisième passage en acide nitrique à 1° 5, JB, suivi d'une dessiccation à l'air libre;
5° Un quatrième bain blanc semblable au premier, suivi d'une exposition à l'air et d'un étuvage à la température de 65 à 70° ;
6° Enfin, un quatrième et dernier passage en acide, auquel succède une dessiccation à l'air libre.
Pour les deux derniers huilages, on peut se passer de bouse ou de crottin .
Dégraissage. Après toutes ces opérations , on passe les pièces dans une solution de carbonate potassique à 4°, 5 AB ; on les exprime pour en recueillir le vieux bain blanc , on les dessèche à l'air, on les laisse tremper dans l'eau durant deux heures, puis on les rince et on les sèche à deux reprises.
Engallage. On donne aussi l'engallage en deux fois : la première, dans une décoction parfaitement claire de 15 kil. sumac de Sicile; la seconde, dans une décoction de noix de galle.
Ces deux passages, qui s'effectuent à chaud, sont suivis l'un et T autre d'une dessiccation.
Premier alunage. Dans la quantité d'eau nécessaire pour imprégner ces 109 kil. de coton , on fait dissoudre :
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12k,2 alun, et l'on ajoute :
Qk.750 acétate plombique, 20 lit. solution carbonate potassique à 4° JB.
On plaque les pièces presque à froid dans cette liqueur éclaircie par le repos et qui doit marquer 4° AB, puis on les tasse. On les laisse dans cet état durant douze à quinze heures , on les dessèche , on les met ensuite tremper dans l'eau durant quatre heures , et on les rince à deux reprises à l'eau courante.
Premier garançage. Pour garancer la sixième partie de la quantité d'étoffe indiquée , 10 pièces environ , on emploie :
M kil. garance,
\ 0 à \ % lit. sang de bœuf,
2k à 3k,5 sumac, et on teint en montant au bouillon en 3 heures.
Au sortir de ce bain, les pièces sont lavées, dégorgées et séchées.
Deuxième alunage. Cet alun âge est semblable au premier; on manœuvre les pièces de la même manière : seulement, quand elles sont desséchées , on les passe à la température de 50° dans un bain de bouse de vache chargé de craie , puis on les rince.
Second garançage . Il est semblable au premier.
Premier avivage. Pour 30 pièces ou 53 à 55 kil. du tissu en ouvrage , on verse dans une chaudière d'une capacité convenable ., remplie à moitié d'eau, 5 à 6 kil. de carbonate potassique et 300 à 320 litres de vieux bain blanc -;on fait bouillir quatre à cinq heures , et on laisse les pièces dans la chaudière jusqu'au lendemain ; on les en retire alors pour les rincer , les battre, et enfin les étendre sur le pré, où elles restent exposées durant quatre à cinq jours , selon le développement de la couleur.
Deuxième avivage. On verse dans la chaudière à aviver, avec la quantité d'eau convenable , le produit de la décoction de 1 kil. son ; quand le liquide est en pleine ébullition . on y verse une solution de 7k,5 savon blanc de Marseille , et ensuite peu à peu, par petites portions et en remuant bien, une solution de 500 gr. chlorure stanneux dans h litres d'eau acidulée
là
par 250 gr. chloride hydrique et l[0 à 60 gr. acide nitrique, selon que l'on désire donner au tissu une teinte plus ou moins écarlate. C'est à ce moment qu'on introduit dans la chaudière les pièces préalablement mouillées ; on les y fait bouillir durant une heure, et on les y laisse jusqu'au lendemain.
Si la craie ne figure pour ainsi dire pas parmi les agents qui font partie de ce procédé , c'est sans doute que les eaux qu'employait M. Gastard , lorsqu'il en faisait l'application , étaient essentiellement calcaires. Du reste , la consommation de l'huile est ici extrêmement réduite, puisque 14 kil. de ce corps suffisent pour l'huilage de 109 kil. de coton, et ce qui est surtout digne d'intérêt, c'est que malgré la moindre quantité du corps gras, les produits obtenus, et que nous avons sous les yeux, peuvent supporter la comparaison avec le plus bel échantillon rouge turc de M. Steiner.
En remplaçant le mordant d'alumine par un mordant de 1er dans le morclançage des toiles huilées , on obtient des violets d'une grande beauté et qui ont un éclat particulier.
La maison Weber , de Mulhouse , s'est particulièrement signalée par ses violets façon rouge turc. Il paraît que, pour cette fabrication, il est essentiel d'employer du crottin de mouton et d'appliquer sur la toile un mordant de fer à son maximum d'oxidatipn : c'est du nitro-sulfate qu'on se sert. Nous nous sommes assuré par expérience qu'on peut obtenir de très beaux violets en mordançant les toiles huilées dans une dissolution de sulfate. ferrique obtenue de la calcination du sulfate ferreux et marquant 3° AB , à laquelle on mélange 7 à 8 p. 0/0 de chlorure ammonique. Au sortir de ce bain on dessèche les pièces, puis on les passe dans un autre bain d'arséniate calcico-potassique, comme pour fixer les mordants ordinaires , § 535.
Après avoir fait connaître ces procédés de fabrication du rouge turc, il ne nous reste plus que quelques mots à ajouter sur ce sujet.
Il est généralement reconnu que , durant l'huilage , le corps
gras se modifie et se fixe d'autant mieux que les tissus restent plus longtemps exposés à l'air (mais à l'abri de la pluie et de l'action trop vive des rayons solaires) en présence de la préparation huileuse humide , et qu'on sait mieux trouver le degré de température le plus convenable pour l'étuvage. Il paraît plus avantageux de n'imprégner la fibre qu'à sa surface : ciutrement la nuance devient trop foncée , et il est difficile de l'aviver sans en diminuer la vivacité. Aussi, qu'on fasse des entailles dans une toile du rouge le plus éclatant , par exemple dans l'échantillon rouge de M. Steiner , et l'on verra ressortir dans la tranche des parties blanches qui prouvent que le centre du tissu n'a été qu'imparfaitement atteint par l'huile et par le mordant d'alumine. Cette application de la couleur à la surface du tissu donne de l'éclat à la laque , que la couche incolore ou peu colorée qui se trouve au centre rend naturellement plus claire et plus transparente.
Quand on huile les pièces , il faut avoir grand soin de prévenir la combustion lente ou spontanée du corps gras dont l'étoffe est chargée : dans le premier cas , le tissu est toujours plus ou moins endommagé ; dans le second , c'est l'établissement qui est en danger, puisqu'il peut y avoir inflammation.
La combustion lente, comme la combustion, spontanée, provient ou de la trop grande quantité d'huile dont le tissu est imprégné , Ou de la trop faible proportion du bicarbonate potassique qui doit la saturer. La première est déterminée par l'exposition des pièces à un soleil trop ardent , ou par la chaleur qui se développe à la suite d'un tassement trop prolongé ; la seconde, par l'action de l'oxigène sur l'huile libre qui recouvre les pièces dansl'étuve. Des fabricants de rouge turc, qui employaient d'ailleurs avec succès des huiles de graines siccatives , ont dû y renoncer par suite des accidents de l'espèce qu'ils ont provoqués.
Comme il est démontré par les expériences de M. Boussingault que l'urine de vache contient du bicarbonate alcalin , il y aurait à voir si l'on ne pourrait pas en faire une bonne appli-
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cation à l'huilage des toiles; ce liquide, contenant en outre des principes de nature essentiellement fermentescible serait sans doute plus propre à remplir le rôle de ferment que l'eau chargée d'alcali dont on fait usage. A cette occasion , nous répéterons qu'il ne nous est pas encore démontré que la bouse de vache n'agisse pas par le corps gras qu'elle renferme et que la nourriture donnée à ces animaux ne puisse produire un effet sensible, dans les opérations où l'on fait intervenir cet excrément, par la nature du corps gras qui s'y trouve, et qui varie avec les espèces et l'âge des herbes.
Quant aux mordançages, nous avons déjà fait remarquer que, d'après M. D. Kœchlin, l'engallage est inutile , que les rouges sont tout aussi vifs lorsqu'on supprime cette opération , pourvu qu'on sature préalablement l'alun , attendu que sans cette précaution la fixation de la base de ce composé salin , ne pouvant avoir lieu que dans le bain de craie, risquerait d'être incomplète.
Il y aurait à examiner maintenant si les expériences rapportées § 539-5A2, au sujet du garançage ordinaire, et celles qu'a faites J.-M. Haussmann , ne seraient pas applicables aux procédés que nous venons d'exposer , si une opération conduite d'après ces principes , et dans laquelle on ferait intervenir à propos une addition convenable d'acide sulfurique , n'offrirait pas une économie de matière colorante tout en donnant directement des teintes plus vives et plus pures.
Pour ce qui regarde les avivages , on pourrait se dispenser d'employer du savon pour le premier ; on l'y remplacerait convenablement par le carbonate potassique à lapressionde une demiatmosphère : ce sel , qui ne fatigue nullement le tissu, fournit de très belles couleurs. Il y aurait peut-être aussi un très bon parti à tirer de l'observation de M. E. Schwartz, qu'en traitant par une solution concentrée de chlorure de chaux un coupon de rouge turc au sortir de là teinture, on obtient un rouge orangé qui n'a aucune analogie avec celui que fournissent les avivages ordinaires, tandis qu'un semblable coupon traité à chaud dans la même solution, préalablement décomposée par le carbonate so-
dique , donne , si les proportions ont été bien observées , un rouge aussi beau que celui qui a été avivé au savon.
Nous avons constaté que dans les avivages des rouges ordinaires , les passages en savon au-delà de certaines limites ne produisent plus aucun effet favorable, parce que la laque est sursaturée de corps gras, et nous avons dit que, pour les rendre plus efficaces , on doit faire intervenir l'air ou les acides : or, le rouge sur toile huilée se trouve précisément dans cet état de sursaturation au moment où il doit être avivé ; ne devrait-on pas , par conséquent , en sortant les pièces du garançage , les traiter immédiatement par les acides, et n'attaquer par le savon qu'en dernier lieu? C'est peut-être à une cause de ce genre qu'il faut rattacher les avantages qu'ont trouvés certains fabricants à imprégner les pièces huilées d'acide nitrique faible.
Lorsqu'au sortir des opérations de ravivage le rouge prend une nuance rosée, c'est une preuve que le coton n'a pas été suffisamment saturé d'huile , ou que la qualité de cette huile n'était pas convenable , ou que les bains blancs ont été donnés dans de mauvaises conditions, ou enfin que les dessiccations n'ont pas été effectuées aux degrés de température nécessaires à la modification du corps gras.
Durant l'avivage , il faut être attentif à ce que la soupape et le tube de sûreté ne s'obstruent pas ; la négligence , à cet égard , a plus d'une fois causé de grandes pertes de marchandises et même la mort des ouvriers chargés de l'opération.
§ 61Zi. Fonds roses huilés. Outre les fonds rouges et les fonds violets dont il a été question , on fait encore des fonds roses sur toiles huilées. A cet effet, après avoir huilé les pièces le plus également possible, comme s'il s'agissait de produire des rouges , en supprimant quelquefois un ou deux huilages , et les avoir dégraissées , les uns les passent dans un mordant d'alumine très faible , puis les dégorgent et les teignent en garance à la manière ordinaire; d'autres, et ces derniers obtiennent des nuances moins fortes mais infiniment plus pures, les mettent directement dans la chaudière où l'on donne l'avivage aux pièces
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21 /j DE LA FABRICATION EN PARTÎCrLÏER .
rouges j la matière colorante qui se détache de celles-ci suffit pour saturer le mordant organique et lui donner la teinte que Ton désire; pour les couleurs tendres, il n'est pas de procédé préférable, car si l'on sature la toile d'huile, la quantité de mordant aluminique employée sera toujours trop grande quelque faible qu'elle soit, et la nuance toujours trop foncée : or, la dégrader, ce serait en enlever l'éclat; si l'on diminuait l'huilage , les teintes rentreraient plus ou moins dans celles du rouge ordinaire, et ne supporteraient pas les avivages indispensables pour les amener au ton naturel du rouge turc.
Les fonds unis sur toiles huilées entrent dans les genres composés.