‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 4)Chapitre 39 sur 92 · Fond r · texte numérisé non relu

Fond r

ge turc , impression blanc enlcv

écossaise ( tissu croisé ).

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Ce procédé d'enlevage est resté stationnaire sous le rapport de la forme des dessins • mais , grâce à quelques perfectionnements apportés aux presses, on fabrique de nos jours, et avec une notable économie , une grande quantité de marchandises.

§ 625. Enlevage à la cuve décolorante ou à la cuve au chlorure de chaux. Cette importante découverte , qui s'appliqua d'abord à l'impression des dessins les plus délicats sur fond rouge turc , et ensuite à l'enlevage d'une foule de fonds , est due à M. D. Kœchlin. C'est en 1*811 qu'àla suite de nombreuses et pénibles recherches, ce fabricant trouva ce procédé si simple et si expéditif. En cherchant à imiter les impressions Bandanas qu'on produisait en Angleterre , il constata que Y action de la chaleur détruit l'adhérence du rouge turc pour l'étoffe, au point que l'eau de savon bouillante fait disparaître presque complètement cette couleur ; il eut alors l'idée de chercher s'il ne pouvait être fait application de cette particularité. A cet effet, il fit des impressions sur rouge turc avec de petits cylindres chauds ; mais comme il y a un certain degré de température au-delà comme en-deçà duquel la couleur ne peut être enlevée , attendu que , dans le premier cas , elle est charbonnée , et, dans le second , imparfaitement attaquée , il ne parvint pas à son but , et essaya de se servir du chlore, en imprimant une préparation de chlorure de chaux sur les points mêmes où il voulait produire du blanc. Il était loin, au début de ses expériences, de penser qu'une marche inverse aurait plus tard les plus grands succès , et qu'il en viendrait à immerger le tissu en entier dans l'agent destructeur. De graves inconvénients se présentèrent tout d'abord : le chlorure de chaux ne pouvait être épaissi par aucune substance organique; il devait être étendu, par une brosse en racine vernissée , sur un châssis spécial , recouvert , ainsi que la table, de toile cirée , et imprimée avec des planches de métal ou de bois imprégné de corps gras. La terre de pipe dont i! se servait comme épaississant donnait lieu à des coulages tels que l'impression laissait beaucoup à désirer. Enfin

le décolorant n'agissant qu'en raison de la dessiccation et à la longue par l'action déplaçante de l'acide carbonique de l'air , il y avait un dégagement de chlore qui incommodait beaucoup les ouvriers , et, en outre, endommageait fortement la toile sur tous les points imprimés en chlorure de chaux. Pour obvier à ce coulage et pour activer la décoloration, M. D. Kœchlin chargea les pièces destinées à l'impression d'un apprêt acidulé, formé de gomme dissoute dans le vinaigre. L'emploi de cet apprêt améliora de beaucoup l'impression enlevage rouge turc ; l'exécution en devint plus régulière , les coulages n'eurent plus lieu, et la. toile, aussitôt décolorée, n'avait plus besoin d'être desséchée pour que l'impression blanche apparût ; mais si une partie des inconvénients signalés plus haut avait disparu, il en subsistait encore un fort grave : le chlore gazeux mis en liberté par l'acide se dégageait en si grande abondance , qu'on cherchait inutilement à garantir les ouvriers de ces émanations nuisibles : en établissant au-dessus de chaque table des cheminées en papier, il fallait établir des courants d'air intolérables, surtout en hiver.

Dans le but de perfectionner cette branche d'impression , M. D. Kœchlin déposa une réserve sur ses toiles , qu'il apprêta et plaqua au foulard au moyen d'une dissolution de chlorure de chaux. Quoique la décoloration eût toujours lieu avec dégagement de chlore , la machine à foularder étant placée sous une cheminée à fort courant d'air, le petit nombre d'ouvriers qui la faisaient marcher n'éprouvaient plus la même incommodité ; mais l'impression, circonscrite à un certain nombre de dessins , n'atteignait point 1-e fini et la délicatesse qu'on obtient de nos jours. Ce célèbre fabricant en était là de ses recherches , lorsqu'on réfléchissant que le tissu coloré en rouge peut être en contact avec une dissolution de chlorure de chaux même assez concentrée sans en être attaqué , tandis que la décoloration a lieu sur-fcchamp, alors même que cette dissolution est fortement étendue , quand la réaction est acide, il songea à imprimer un acide sur

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toutes les parties destinées à devenir blanches, et à plonger ensuite immédiatement l'étoffe dans une dissolution de chlorure concentré et fortement alcaline. Bans ces conditions , le chlore notait mis en liberté que sur le point même où son action devait s'accomplir : aussi cet essai eut-il un succès complet , et à partir de ce moment , l'enlevage à la cuve fut une de ces réactions auxquelles, pendant une quinzaine d'années , le fabricant eut recours pour produire les plus merveilleux effets.

Dans cette opération il y a deux choses à examiner : 1° la composition de l'enlevage ou de l'acide qui doit mettre le chlore en liberté ; 2° celle du bain de chlorure de chaux , cuve décolorante.

L'acide qu'on imprime sur le tissu a un double rôle à remplir : le premier d'opérer la décomposition du chlorure, et de mettre en liberté le chlore ou l'acide chlorcux; le second, de dissoudre la base de la couleur (oxides aluminique et ferrique). Comme on pouvait le prévoir , c'est encore l'acide tartrique qui exerce ici la principale action. Nous allons donner quelques unes des préparations usitées.

Blanc enïevage pour rouge turc N° 1.

Dans 10 litres d'eau on fait dissoudre :

12 kil. acide tartrique; on y délaie 8 kil. terre de pipe,

\ lit. eau de gomme à 4 k , 1 2 0 par litre, et enfin 1 k ? 6 6 0 chlorure stannique à 66°.

Blanc enïevage N° 2.

Dans 10 litres eau on fait dissoudre à chaud :

8k,4 acide tartrique; on y délaie 7k,5 terre de pipe , et l'on épaissit avec 1!,8 eau de gomme à 750 gram» par litre, 0k,625 chlorure stannique à 66°.

Blanc enïevage N° 3.

Dans 10 litres eau on fait dissoudre : 5 kil. acide tartrique; on y délaie 6k,6 terre de pipe . et l'on épaissit avec i],7 eau de gomme à 750.

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Il est à remarquer que ces dissolutions ne contiennent que peu d'épaississant , afin que la préparation enlevage soit aussi perméable que possible au liquide décolorant, condition sans laquelle la décoloration ne pourrait avoir lieu.

Il est indispensable de bien dégraisser les pièces avant de procéder à l'impression, et, à cet effet, on les passe , lorsqu'elles sortent de ravivage , dans une dissolution de carbonate sodique composée de 100 litres d'eau et de 3k,5 de ce sel. Au fur et à mesure que le bain s'épuise , on y ajoute une certaine quantité de dissolution fraîche. On imprime l'étoffe à sa sortie du foulard , on la met au séchoir , puis on la cylindre deux fois consécutivement , et l'on imprime : les dessins qui ne doivent être appliqués qu'une fois, avec l'enlevage fort ; les dessins qui exigent un rapplicage, comme tous les dessins grands sujets , avec l'enlevage faible ; mais la couleur devant rester à la surface dans ce genre d'impression , l'imprimeur ne doit pas se servir de maillet; et d'autre part, comme ces enlevages blancs sont peu épaissis, il est essentiel que l'atelier dans lequel on les imprime soit bien chauffé, surtout en temps humide :, autrement l'acide, se liquéfiant , attirerait l'humidité et finirait par s'infiltrer dans les pores de la toile en y produisant des zones.

L'influence qu'exerce l'humidité de l'air sur l'acide tartrique fait comprendre l'importance de passer les pièces dans la cuve décolorante immédiatement après l'impression , et d'éviter le rapplicage dans le maniement du tissu chargé d'acide.

Passages en cuve, ou décoloration. La partie manuelle de cette opération est la même que celle que nous avons exposée à l'occasion des bleus cuvés au cadre ou des bleus faïences , §§ 5A8 et 556, c'est-à-dire que moyennant un cadre à roulettes ou un Champagne on tend les pièces et on les plonge dans une cuve remplie de chlorure de chaux marquant de 5 à 6° jusqu'à 9 ou 10' ^4B, ou , si l'on veut, capable de décolorer 80 fois son volume crime solution titrée de sulfate d'indigo.

Comme les cuves en bois seraient trop promptement détruites,

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on se sert de cuves en plomb et en pierre parfaitement mastiquées. A l'époque où l'on imprimait beaucoup de rouge turc et où l'on préparait le chlorure de chaux dans les ateliers mêmes , on délayait de la chaux hydratée dans une de ces cuves , pour y diriger ensuite la quantité de chlore nécessaire à la formation du chlorure de chaux liquide , dans lequel on avait la précaution de maintenir un excès de chaux. Après y avoir laissé séjourner les pièces dans le chlorure de chaux durant quatre, cinq et six minutes , selon l'intensité du rouge qu'il s'agit de détruire , on les retire lorsqu'on s'est assuré que la décoloration a eu lieu, et on les rince en les passant dans une seconde cuve pleine d'eau en y balançant le cadre ; on les dégrafe alors , puis on les expose à l'eau courante durant une heure, et enfin sur le pré. On peut supprimer cette dernière exposition en les plongeant dans une eau contenant une très faible proportion de chlorure de potasse légèrement alcaline ; enfin en les faisant battre aux roues à laver dans une dissolution froide de savon , on leur donne un blanc encore plus parfait, ou plutôt qui se conserve mieux que celui des pièces qui séjournent en magasin sans avoir subi cette opération au sortir de la cuve.

Maintenant, si l'on ne perd pas de vue le principe sur lequel repose l'art d'enlever à la cuve, on comprendra qu'il y a nécessité de veiller, non pas seulement à ce que celle-ci conserve le même degré de force durant toute l'opération , mais encore à ce qu'elle ne soit pas neutralisée au bout d'un certain temps par l'acide déposé sur la toile, et qui, saturant peu à peu l'excès de base , finirait même par en expulser le chlore , si l'on n'ajoutait de la chaux. Trop souvent , faute d'expérience, au lieu de restaurer les cuves de cette nature par une addition de cette base, on les a vidées pour les remonter.

On reconnaît l'état neutre ou acide d'une cuve à plusieurs caractères : d'abord le fond rouge du tissu est fortement dégradé ; ensuite le chlore, en se dégageant du point même où il

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y à de l'acide sans rencontrer de base ; s'infiltre le long du tissu et y produit une zone blanche qui en expirant engendre des figures que l'on pourrait comparer à autant de petites comètes.

Ces coulages ou décolorations sur le bord des points imprimés peuvent encore provenir de ce que l'ouvrier ayant fourni trop d'acide à l'impression , le chlore qui se dégage en grande abondance sur les parties imprimées n'est point assez promptement saturé.

On ne peut traiter de la même manière tous les dessins du genre qui nous occupe ; les uns réclament plus de précautions que les autres , et, en général , quand il est question de passer en cuve un tissu recouvert d'un corps capable de se liquéfier, la liqueur delà cuve doit être d'autant plus concentrée que le dessin est plus délicat. En imprégnant les pièces d'une solution légère de carbonate sodique avant l'impression , on prévient jusqu'à un certain point divers accidents qui peuvent arriver sans cette précaution ; le chlorure calcique est décomposé par le carbonate sodique, et il se produit à la surface même de

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à. la cuve décolorante.

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l'étoffe une couche de carbonate calcique qui le met à l'abri de l'action des bulles de gaz qui s'échappent et glissent le long de la fibre. A la suite de ces opérations les toiles se trouvent dans l'état de l'échantillon 112.

On fait des enlevages non seulement sur les fonds unis rouge turc , mais sur les fonds roses où sont produits des impressions fin rouge.

§ 626. Fond blanc impression violet OU HlciS . Oïl fait Ce

genre d'impression au rouleau , à la machine à un ou deux cylindres , à la perrotine et à la planche ; quant à la base de la couleur, le mordant est le même dans les deux cas : c'est toujours du pyrolignite de fer plus ou moins épuré, qui est employé tantôt seul , tantôt mélangé de préparations arsenicales ou cuivreuses, selon que l'on veut produire telle ou telle nuance. On épaissit indistinctement ce mordant à la gomme , à l'amidon ou à l'amidon grillé. C'est une erreur de croire avec quelques fabricants que le premier de ces épaississants donne seul des nuances pures; l'expérience a suffisamment démontré le contraire. Nous diviserons les mordants violets en trois séries :

Les mordants violets qui ont pour base la lessive arsenicale , composé triple de chaux , d'oxide cuivrique et d'acide arsénieux :

Les mordants violets qui ont pour base l'acide arsénieux ;

Les mordants violets qui ont pour base des proportions variables d'oxide ferreux ;

Enfin , les violets au pyrolignite ferreux seul.

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