CHAPITRE PREMIER
DES COULEURS D’APPLICATION FIXEES PAR DES DISSOLUTIONS GOMMEUSES ET TOUJOURS PLUS OU MOINS PERMEABLES A l’eAU.
Des couleurs cl' application .
§ 773. Nous n’avons pas à nous étendre sur les couleurs d’application, que l’on prépare, jusqu’à un certain point , comme les couleurs à la détrempe 5 il nous suffira d’en faire connaître la composition.
Il en est qu’on imprime à l’état soluble et qui, passant peu à peu avec le temps à l’état insoluble, finissent par se fixer intimement à l’étoffe, en offrant les propriétés des couleurs vapeur, celle , par exemple, de résister aux lavages. On dépose les autres à l’état d’insolubilité sur le tissu , et on les y maintient par des substances plastiques qui les y rendent adhérentes. Le grand art est donc de trouver l’épaississant qui donne le plus de brillant et de transparence à la laque et qui soit en même temps le moins impressionnable à l’eau.
J.-M. Haussmann a publié , dans le Journal de physique, t. XLVIII, p. 112, un travail extrêmement intéressant sur les couleurs d’ application . Désirant s’affranchir de l’obligation où se trouve tout fabricant d’indiennes de blanchir ses tissus pour y imprimer des mordants dont la teinture exige un nouveau blanchiment des parties blanches, opération qui se faisait alors plus difficilement que de nos jours , il chercha le moyen d’imprimer et de fixer directement les couleurs sur les étoffes. Il trouva bientôt que, de tous les composés colorés, ceux qui se prêtent le
COULEURS D APPLICATION
mieux à ce genre d’impression sont les composés stannifères, et il démontra que les laques formées par tes bois et la cochenille sont infiniment plus stables quand elles sont à base d étain que lorsqu’elles ne renferment que de l’alumine ; qu’elles sont d’autant plus vives qu’on y introduit une certaine quantité d’acide ; enfin qu’elles ne tardent pas à se ternir lorsqu’elles sont alcalines , que les laques , par exemple , auxquelles le fernambouc donne naissance pâlissent , et que celles qui sont dues au campêche passent au gris.
J.-M. Haussmann imprimait ses laques dissoutes , tantôt dans les alcalis , tantôt dans l’acide acétique ou dans le chloride hydrique ; mais ce qui est digne de remarque , c’est qu’il préparait ses toiles avant de les imprimer, en les foulardant dans un bain de savon ; après l’impression, il les exposait à l’air durant quelques jours : les couleurs prenaient alors une grande stabilité. Il parle de l’application d’un second rouge de garance obtenu par cette voie , qui ne laissait rien à désirer.