Fond noir fixé à. la chaux avec enluminage rose vapeur
Comme ce noir à la chaux est encore d’une exécution trop dispendieuse pour le prix auquel se vendent actuellement les indiennes , on emploie de préférence le noir anglais , qui peut servir comme couleur d’application et couleur vapeur , et permet de rentrer dans les parties blanches réservées , non seulement de l’orange , du rose, du bleu et du vert vapeur, etc., mais encore des couleurs d’enluminage teintes. Dans ce dernier cas , après avoir imprimé ce noir, on foularde uniformément en mordant dont il n’est jamais atteint à raison du corps gras qu’il renferme, puis on dégorge et l’on teint en cochenille ou en lima , pour former les nuances rouge, violet ou lilas, etc.
On obtient les noirs sur laine , sur soie et sur chaîne coton :
Ou par l’impression d’un fond noir vapeur (&S9), portant un sujet réservé par la gravure, sur un fond d’une nuance claire quelconque qui puisse supporter le vaporisage sans être altéré ni par l’effet de la chaleur ni par les émanations qui se développent durant le vaporisage, ou par celle d’un fond qui contourne des sujets plus ou moins réguliers ;
Ou par la teinture d’un fond noir sur lequel on imprime des
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couleurs enlevage fortement chargées de sels stannico-stanneux , qui ont pour objet de le ronger *
Ou bien, enfin, par l’impression de couleurs réserve qu’on recouvre d'un fond noir vapeur.
§ 855. Fonds puces. La fabrication de ces fonds est la meme que celle des fonds noirs enluminés riches : seulement, comme! elle s’applique ordinairement à l’exécution des genres châles , • ou il y a de grandes masses de cette couleur, on doit veiller à ce que le mordant soit imprimé régulièrement, et surtout à ce que la fixation des éléments dont il se compose s’effectue uni-1 formément.
Le mordant que l’on emploie est un mélange de pyrolignite ferreux et de pyrolignite aluminique ; après l’avoir appliqué on expose les pièces dans un endroit chaud et humide , à l’effet de décomposer les substances salines, d’en fixer la base et d’oxider convenablement le fer; ou bouse ensuite dans une. proportion convenable de matière et à une basse température, pour nè pas faire perdre au fond une partie de sa vivacité. J.-M. Haussm ail n , qui a fait de superbes articles fond puce , se contentait de dégorger ses mordants à l’eau courante , en y faisant arriver ses toiles de manière que les parties sales qui pouvaient s’en détacher ne portassent point sur les parties blanches. Le fixage du mordant opéré , on dégorge aux roues ; ce dégo, geage , qui ne doit jamais se prolonger au-delà de quelques minutes , peut être repris jusqu’au nettoyage parfait de l’étoffe. En précipitant trop l’effet mécanique des roues on n’obtient souvent qu’un fond raclé , attendu que , si le mordant n’est pas complètement fixé , eri disparaissant des parties les plus froissées , tandis qu’il se fixe sur les autres par l’action de l’eau, surtout quand elle est calcaire, il détermine des zones à la teinture. Ces défectuosités sont moins à craindre lorsqu’on fait concourir l’arséniate aubousage. On procède alors à la teinture du mordant puce , et comme elle réclame deu^ matières colorantes douées d une inégale affinité pour les bases, on commence par teindre et saturer ce
FONDS NOIRS ET PUCES ENLUMINES. /i 5 1
mordant dans la matière colorante jaune ( donner le pied de panne ) . On effectue cette première teinture en quercitron , avec addition de colle forte, à raison de2k,5 quercitron par pièce , en élevant la température jusqu’à 70 ou 75V .ou même jusqu’à l’ébullition. On exécute ensuite la seconde dans un bain contenant , avec la quantité d’eau nécessaire, li kil. garance d’Alsace et 650 gr. sumac. Vu cette proportion assez considérable de garance, on réalise cette seconde teinture en deux fois , dans un espace de trois heures , en élevant progressivement la température de 30 à 50° durant le premier garançage , de 30° à K ébullition durant le second. On rince immédiatement après, on dégorge aux roues , on donne des passages en son , au besoin on exposé sur le pré , puis , quand le blanc est purifié , on rentre dans les parties réservées un fond blanc enluminé , c’est-à-dire qu’on y imprime :
1° Un mordant de fer •
2° Un mordant fin rouge;
3° Un mordant troisième rouge ou petit rouge;
Un mordant violet ou lilas.
Après une exposition suffisante (trois jours), on bouse à deux reprisés , à la température de 65°, on dégorge , on garance en une seule fois , dans Un bain contenant, avec la quantité d’eau nécessaire, l'k,5 à 2 kil. de garance d’Avignon par pièce, plus §5 à 100 gr. craie , èn élevant progressivement la température :
La première heure jusqu'à 45*:"
La deuxième de 45- a 55° ;
La troisième de 55 à 75°.
On nettoie avec le plus grand soin, et l’on procède à l’avivage , qui s’effectue tantôt d’une manière lente par des passages en son et des. expositions sur le pré , tantôt d’une manière plus prompte par l’intervention du chlorure de chaux ou autres agents oxidants.
Dans le premier cas , on donne le premier passage en savon à la température de 75*, à raison de 50 gr. savon par pièce , ;on expose sur le pré durant trois ou quatre jours , selon la saison, on passe dans un second bain de savon, semblable au
premier, que Ton fait encore suivre d’une exposition sur le pré , et l’on répète ces opérations jusqu’à ce que le blanc soit parfaitement pur et le rouge et le rose avivés.
Dans le second , après avoir préparé un bain de chlorure de chaux, composé sur 1,000 lit. eau, de 2l, 5 solution de chlorure de chaux, à 9°^fî, on en élève la température à 75°, on y fait circuler les pièces deux à deux, à deux ou trois reprises, durant le temps nécessaire à la décoloration , puis on rince, on bat, on donne un premier passage en savon de A5'rt , à la température de 75°, dans un bain contenant 250 gr. savon par pièce, plus si la nature de l’eau l’exige , une certaine quantité de carbonate sodique ; on renouvelle le traitement au chlore , ou , si l’on veut moins fatiguer les laques , on expose sur le pré et l’on passe de nouveau en savon .
Enfin , pour donner plus d’éclat au rorge et au rose , on immerge quelquefois les pièces , mais avec circonspection , pour ne pas dégrader le puce et le noir, dans une eau aiguisée de composition d’étain ou de tartrate stannico-potassique, on lave, on savonne légèrement, on rince à l’eau tiède et l’on dessèche, pour rentrer ensuite toutes les couleurs d’enluminage, jaune, bleu, cachou, lilas et vert, qu’on imprime en couleurs vapeur ou d’application. 11 arrive même fort souvent que , le fond puce achevé, au lieu d’employer des rouges et roses garancés, on rentre ces deux nuances en couleurs d’application ou vapeur. Cette imitation du genre bon teint est assez parfaite pour qu’on se méprenne à l’œil sur la véritable nature des couleurs.
Fond puce avec enïuminage blanc et double bleu vapeur.
§ 856. On a fait de très beaux articles fonds puce avec enluminage double bleu. Comme le fond n’est point exposé à recevoir un second garançage , on en relève le ton et leclat par l’intervention d’une certaine quantité de bois rouge ajoutée au bain de teinture ; voici comment cette fabrication s’exécute :
On imprime un blanc réserve au jus de citron et par-dessus un fond uni puce R . Après avoir laissé au mordant le temps de
se combiner à l’étoffe , on dégorge , on bouse en quercitron et colle forte ; on teint en garance d’Alsace avec addition de sumac , en portant le bain à l’ébullition et de là dans une décoction de lk,50 sapan , 500 gr. campêche et 6 kil. son, où l’on manœuvre les pièces jusqu’à ce qu’elles aient acquis la nuance désirée. Quand le blanc a été purifié par des passages en son, on rentre dans certaines parties :
1° Le bleu vapeur foncé (SS) ;
2° Le bleu vapeur clair ; on vaporise , on rince et l’on apprête.
Cette fabrication est trop dispendieuse pour être exécutée avec avantage; on donne la préférence au fond puce vapeur, qui est plus brillant, presque aussi solide, et se prête à une exécution plus exacte , surtout à la machine à plusieurs couleurs.
Différentes modifications ont valu à ce genre une grande vogue. On a fabriqué , par exemple, des fonds puces impression blanc , rouge, cannelle garancés, cachou et vert vapeur. Pour les réaliser, on foulard ait les pièces dans le mordant puce E , que l’on desséchait soit dans une chambre chaude, soit à l’air, puis on imprimait un blanc enlevage au jus de citron , qui recouvrait tantôt des parties massives , dans lesquelles on faisait arriver ultérieurement le bleu , le vert et le cachou ; tantôt des filets contournant des étoiles , des ovales ou des pois , dans lesquels on rentrait un mordant rouge enlevage sur violet au sel stanneux , qui enlevait le mordant de fer du puce; on bousait alors , on teignait à la manière ordinaire : d’abord en quercitron , puis dans un mélange de garance d’Alsace et de sumac : on obtenait ainsi de très jolis fonds puce avec dessins blancs, qui contournaient des sujets rouge-orangé ou bois , et dans les parties blanches d’une certaine étendue on rentrait des couleurs vapeur.
En faisant varier légèrement les mordants et les proportions de matières colorantes , on a exécuté pour robes et pour mouchoirs des fonds chocolat qui ont eu un très grand succès : ainsi
Lbh DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.
on. plaquait les pièces en mordant puce E très faible , on appliquait sur ce fond un dessin dentelle au rouleau, avec blanc enlevage, on dégorgeait à l’eau de craie , et l’on imprimait :
1° Un mordant noir formant les contours des palmes et des feuilles dont se composait ordinairement le sujet.;
2° Un mordant puce foncé;
3° Un mordant rouge enlevage sur mordant de fer (4L9G).
Lorsque la combinaison des mordants avait eu lieu , on bousait, on dégorgeait et l’on teignait dans un bain de garance et de sumac contenant , pour six pièces :
De 21 à 24 kil. de garance,
De 12 à 18 kil. de sumac.
En diminuant la dose de garance et en ajoutant du fustet , on faisait virer davantage les sujets puce à l’olivâtre , les sujets orange au jaune. On nettoyait , on avivait par des passages en son , et l’on rentrait des couleurs vapeur, s’il y avait lieu.
Quand les traits du dessin rouleau dentelle ou picotage paraissaient trop sur le fond puce , on intervertissait la marche en imprimant un blanc réserve au citrate , sur lequel on plaquait un mordant puce, pour rentrer ensuite dans toutes les autres opérations. Par ce seul artifice , le blanc, n’apparaissant plus qu’en traits réduits et déliés , dominait moins dans le fond.
Pour- produire de doubles effets , on peut , ainsi que cela avait lieu à une certaine époque , imprimer de l’acétate sodique ou plo.mbique, ou du carbonate sodique ou même de la craie sur les toiles plaquées de mordant , et par-dessus , le rouleau enlevage, qui , ne prenant pas sur les portions recouvertes du corps saturant employé, développe des effets d’impression rkwvve sous blanc enlevage, éch. 63-109, sur mordant , puis passer en teinture.
Ces fonds puce, cannelle, chocolat, etc., sont particulièrement destinés à la fabrication des châles et des mouchoirs , dans lesquels on rentre fort souvent des couleurs vapeur rouge , rose , vert et violet , pour réduire les frais de fabrication.
En combinant la fabrication des fonds noirs et puces enluminés avec celle du genre monstre, on a produit un article, le fond bronze ,. qui a joui d’une grande réputation. Supposons un fond puce imprimé avec une planche portant des sujets réservés par la gravure , tels que mignonnettes, fleurs ou feuilles , ramages , avec impression fin rouge et rose garances. On imprime sur toutes les parties qu’on veut conserver rouges et blanches une réserve , on cuve pour faire passer le fond au bronze et les parties blanches au bleu, on nettoie, on foularde en mordant d’alumine ; on imprime un blanc enlevage sur toutes les parties qu’on veut conserver en bleu clair, blanc , rouge et rose , on dégorge à l’eau de craie , on teint en quercitron , et l’on obtient de la sorte des fonds bronze parsemés de dessins vert clair, contournant des rosaces fin rouge et rose garances , près desquelles apparaissent quelques parties colorées en bleu clair et en jaune.
Il y a un genre dit gros de Naples qui , dans l’exécution , présente beaucoup d’analogie avec les précédents. Il a été exploité avec un rare succès par plusieurs fabricants d’Alsace, notamment par M. J. Schlumberger jeune, MM. Kœchlin frères et M. Barbet. On fait varier à l’infini la couleur du fond, en changeant seulement les proportions de garance et de sumac . de quercitron ou de campêche employées pour la teinture du mordant complexe qui lui sert de base. Ce genre s1 exécute à la machine à plusieurs couleurs. On imprime :
Par le premier rouleau un blanc réserve au jus de citron fort n° 5, § 618 , destiné à protéger non seulement les parties qui doivent rester blanches , mais encore toutes celles qui sont appelées à recevoir ultérieurement des couleurs d’enluminage, telles que rose, orange , bleu et vert vapeur;
Par le second , un noir d’application capable de supporter la teinture et composé ainsi qu’il suit :
On épaissit 10 lit. décoction de noix de galle , à 500 gr. par litre, avec :
2lq5 amidon ; on cuit fempois en y ajoutant
0k,l 60 huile tournante , et l’on y incorpore , à tiède , peu à peu et en remuant bien
1 0 lit. nitrate ferreux , à 45° JB , obtenu de la double décomposition du nitrate plombique ou du nitrate calcique par le sulfate ferreux, § 177.
M. J. Schlnmbergér remplace l’amidon ordinaire par un mélange de parties égales de cet amidon et d’amidon grillé.
L’impression du blanc réserve et du noir effectuée , afin de donner au noir le temps de s’oxider et de se fixer à la toile , on abandonne les pièces à elles-mêmes durant quelques jours dans un lieu chaud et humide , mais dont l’humidité cependant ne provoque pas de coulage , en ayant soin de les changer souvent de place, pour que l’humidité et la chaleur se répartissant également , la fixation et l’oxidation du mordant puissent avoir lieu uniformément sur toute la surface du tissu , puis on applique ensuite sur le noir un mordant complexe, dit mordant pour fond, composé comme suit :