‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissus (volume 5)Chapitre 157 sur 183 · Jaune enlevage sur olive · texte numérisé non relu

Jaune enlevage sur olive

On épaissit 10 lit. décoction de graine de Perse, à 250 gr. par litre , avec :

fk,280 amidon, et, quand la couleur est froide, on y ajoute 1k,280 chlorure stanneux ,

0k,640 chloride hydrique et un peu d’acide sulfurique.

Ce jaune peut s’appliquer sur toute espèce de fonds qui ont pour base un mordant de fer.

Il nous paraîtpresque inutile d'ajouter que toute couleur d’application devient nécessairement couleur enlevage sur de semblables fonds , quand on y introduit des proportions convenables de chlorure stanneux ( sel d’étain) ; en voici un exemple ;

&90. Orange d’application faisant enlevage sur toute espèce de fonds ' à base de fer.

On épaissit 10 lit. graine cle Perse, à 250 gr. par litre, mélangée à :

P.250 bain de fernambouc, avec lk,600 amidon, puis on y ajoute 2k,750 chlorure stanneux ,

0k,640 chlorure stannique.

Les violets seuls n’enlèvent qu’en se modifiant sur des fonds complexes, attendu que les matières colorantes jaunes, en s’ajoutant au violet , produisent une teinte bois.

Quant à la composition du bleu, du vert et du jaune enlevage , comme celle de l’orange , elle a la plus grande ressemblance avec les préparations que nous avons indiquées , § 843.

Enfin , il est toujours possible d’imprimer sur des fonds de couleurs tendres ou de fantaisie toute espèce de dessins en couleurs foncées vapeur ou d’application. Cette proposition n’exige aucun développement.

Ajoutons qu’©n n’exécute pas seulement des impressions couleurs enlevage sur fonds unis , mais qu’on en réalise encore sur

des genres composés de l’espèce de ceux que nous avons relatés §§ 797-798. L’éch. 376 nous en donne un exemple . surûri fond

3-94». Fond gris , avec enltaminagc Iïi’ïiii , rose et vert enlevage, sur lequel on a appliqué un mille-raies blanc opaque.

blanc impression rouge garancé, on a superposé un fond gris, | 706, et sur ce fond imprimé un vert (40G) et un rose (393j d’application rendues enlevage à l’effet d Obtenir un fond gris impression rouge brun , modifié par le gris , et enfin un vert et un rose enlevage. On distingue encore dans cet échantillon des rayures d’un blanc opaque composé comme suit :

On épaissit 10 litres eau avec : l

0k,950 amidon , et l'on y ajoute 7k, 500 sulfate plombique ,

0k,320 acide oxalique.

Très souvent on imprime sur des fonds de cette espèce un bleu opaque , que l’on forme en ajoutant au blanc ci dessus, la quantité de bleu en pâte nécessaire pour produire la nuance désirée*

Des fonds enlumines sur tissus de soie et de laine.

§ 859. On réalise sans difficulté sur étoffes de soie un grand nombre des genres qui s’exécutent sur calicot ; par exemple, les

fonds rouge, noir et blanc, § 64 6, les fonds bleus impression blanc réserve, § 549, p. 42, etc. ; il n’en est pas tout-à-fait de même sur la laine, qui attire trop facilement les matières colorantes pour qu’on puisse la faire passer, quand elle est imprimée de mordant , dans un bain de teinture , sans crainte de voir les parties blanches se salir au point de ne pouvoir être ramenées à leur état primitif. En conséquence, pour la formation des fonds sur laine , on a communément recours aux couleurs vapeur qu’on imprime eii rentrures et que l’on fixe toujours par les mêmes procédés que pour fonds blancs, § 787. Ainsi, dans l’éch. 377 , on a imprimé l’orange , le vert fondu, rentré le fond groseille fondu , puis vaporisé.

3 9 5. Fond groseille fondu, arec vert fondu et orange.

"ffî-

L’important de cette fabrication est de réaliser des fonds bien unis , et de composer des blancs et des couleurs réserve sous ces fonds , qui résistent au vaporisage. Q.uantàces réserves , comme l’expérience prouve qu’une couleur ne réserve jamais mieux que lorsqu’ elle est essentiellement mécanique (grasse ou résineuse) , parce qu alors elle ne se mélange pas avec la cou* leur aqueuse qui la recouvre, et comme on ne peut rendre telle

une couleur vapeur qu’en lui faisant perdre son aptitude à contracter une adhérence intime avec l’étoffe, ou en la rendant moins impressionnable à la vapeur d’eau , § 722 , c’est à une réserve chimique et physique qu’il convient d’avoir recours dans ce cas.

On peut aussi teindre des fonds de couleurs diverses et y réaliser des impressions couleurs enlevage; c’est ce que l’on fait sur le noir et sur beaucoup de nuances de fantaisie, en y imprimant des ponceaux vapeur, dans lesquels on introduit la quantité de chlorure stanneux nécessaire pour détruire le mordant de fer. Le même procédé s’applique à la soie.

Par l’emploi de moyens semblables à ceux dont on fait usage pour calicot , on réalise sur des fonds de couleurs claires , mais qui supportent sans s’altérer l’opération du vaporisage , tantôt une impression en couleur vapeur foncée , tantôt par la superposition d’un autre fond avec sujets réservés par la gravure, un fond complexe avec dessin de couleur claire. C’est ainsi qu’après avoir teint en ponceau l’éch. 378, on y a imprimé le noir

Fond ronge teint avec impression noir vapeur.

vapeur (£l«), et qu’après avoir teint le vert clair del’éch. 379, on l’a recouvert d’un fond puce vapeur, avec dessin réservé par la gravure.

89®. Fond brun enlauiMinage vert, ol^enu par l’Impression d’un ffoml mice ïancur star am fond bbiiî vert réalisé

Jusqu’à présent on n’avait obtenu ces effets d’impression que sur étoffes de laine et de soie pure , qui se teignent unifor mément. MM. Hoffer frères et Grosjean sont parvenus tout récemment à les réaliser sur chaîne coton , excepté en ce qui concerne le noir, qui supporte difficilement la présence des composés stannifères indispensables à la préparation , § 752, de ces tissus complexes.

Indépendamment de ces modes de fabrication , dont nous avons déjà examiné les éléments , il en est encore d’autres que nous* ne' pouvons passer sous silence.

§ 860. On imprime depuis près d’un siècle sur étoffes de laine, drap, flanelle, etc., des couleurs que l’on y fait apparaître en relief. Bonvalet , inventeur de ces impressions qui ont reçu son nom, exerçait cette industrie dès 1755 , aux environs d’Amiens. M. Ternaux avait aussi, dans son château de Saint-Ouen , il y a une quinzaine d’années , plusieurs presses affectées à ce genre d’impression à l’aide desquelles il réalisait, particulièrement sur drap, des impressions jaune sur fond bleu ou noir, ou noir sur fond bleu , rouge, ou autre couleur claire.

Qu’on se représente une presse quelconque, par exemple celle de Pouchet, qui a pris un brevet pour ces impressions , à pla-

FONDS 1SÎOIRS ET PUCES* ENLUMINES.

téaux se mouvant dans des plans bien parallèles et dont l’un peut être chauffé à la vapeur. Sur le plateau inférieur on dépose une planche en cuivre gravée en creux , en traits de quelques millimètres de profondeur renfermant tantôt la totalité , tantôt une partie seulem ent du sujet , comme dans les impressions tapis de table. On remplit ces cavités de couleurs analogues aux couleurs vapeur, à T exception du jaune , qu’on obtient par la seule application de l’acide nitrique sur la, fibre, 'Une fois la gravure garnie de couleur, on nettoie la plaque avec une racle , pour que le fond ne se salisse pas , on tend l’étoffe , on la recouvre d’un

mo. ©enre ISonvaiet . ffosio! vea“4 impression oi*ange à l’acide niù’kine.

Cicnrc Konraïct, fond rouge impression noia*.

doublier ou de tout autre corps élastique, capable , en la pressant, de la forcer à entrer dans les cavités de la gravure ; on abaisse alors le plateau supérieur en lui imprimant toute la pression nécessaire, et l’on comprime le tissu jusqu’à ce que , par l’effet combiné de cette pression et de la chaleur, il se trouve gaufré et teint , soit par l’adhérence de la couleur appliquée , soit par la coloration de la fibre en jaune , si l’on s’est servi d’acide nitrique. Après chaque coup de planche , on rafraîchit la plaque dans un baquet d’eau , avant d’y étendre de nouvelles couches de couleurs , pour qu’elles ne se dessèchent pas avant d’être mises en contact avec l’étoffe. Il est essentiel que les couleurs se détachent sans peine des cavités de la gravure : autrement, l’effort qu’il faudrait produire pour les en détacher annulerait une partie de l’effet qu’on a intérêt à réaliser, et l’on n’aurait que des nuances raclées.

C’est à ce procédé d’impression que sont dus les éch. 380 et 381, fond vert avec impressiop orange à l’acide nitrique , et fond rouge écarlate impression noir, de la fabrication de M. L, Lhotel , de Paris.

§ 861. Avant que l’impression des couleurs vapeur fût poussée aussi loin quelle l’est de nos jours , on exécutait sur soie un genre d’impression enlevage, ayant pour base l’action qu’exerce l’acide nitrique sur les couleurs et sur toute fibre textile de nature animale. En faisant agir cet acide sur des points déterminés d’une étoffe blanche ou déjà colorée , on obtenait de belles impressions jaunes. Cette opération , dite mandarinage , du nom de mandarin qu’on donnait à certaines étoffes de soie , a beaucoup d’analogie avec celle que nous avons décrite à l’occasion des fonds gros bleu, § 825, p. 330 ; on imprime un blanc réserve Sous l’acide nitrique purement mécanique, c’est-à-dire composé d’un mélange de suif et de résine , ou de galipot et de cire , au choix du fabricant , et dans les proportions suivantes :

4 00 part, galipot ,

4 part, cire jaune,

qu’on fond ensemble au bain-marie , et qu’on débarrasse des impuretés en filtrant au travers d’une gaze.

Ou bien :

150 part, résine,

<20 part, suif, ou mieux un mélange de suif et d’acide stéarique, qu’on fond et qu’on passe également au travers d’une gaze.

Comme ces réserves grasses ne peuvent s’imprimer à froid , on emploie des châssis à double fond , § 503, fig. 98, qui permettent d’en élever la température , ainsi que celle de la planche à imprimer. On doit en outre saupoudrer de verre pilé la table sur laquelle on étend les pièces que l’on soumet à ce genre d’impression , afin que la réserve ne les tache pas en transperçant la fibre.

Autant que possible, les parties imprimées en réserve doivent former le sujet, et les autres le fond. On peut, du reste, se servir de ces réserves pour préserver certaines parties de l’étoffe de tout bain colorant agissant à une température inférieure à celle de leur point de fusion , et par conséquent multiplier les effets de l’enlevage par l’acide nitrique, en faisant intervenir à propos telle ou telle teinture : ainsi qu’ après avoir imprimé une pareille réserve sur un tissu blanc, on passe en cuve , on aura un fond bleu avec dessin blanc recouvert de réserve ; que , sans nettoyer, on imprime la même réserve sur une partie de ce fond , et qu’on passe en acide, on obtiendra la coloration en jaune de toute la surface non réservée, par conséquent au milieu d’un fond jaune des dessins blancs dans toutes les parties recouvertes en premier lieu de réserve, et bleues dans les autres. Rien n’empêche d’opérer de la même manière sur des tissus colorés de toute autre manière ou simplement mordancés que l’on teindrait ensuite.

Pour exécuter cette fabrication , on verse l’acide nitrique dans une auge en grès, A, Z?, C, D, ou dans un baquet en bois de même forme imprégné à chaud de goudron ou d’huile de lin lithargiriée,

&7Q de la fabrication en particulier.

portant aux deux extrémités A, C , deux planches percées à leur partie inférieure d’un trou où s’emboîte le rouleau E , sous lequel passent les pièces. Pour élever l’acide au degré de température qui convient, on place l’auge ou le baquet dans l’intérieur d’un autre auge en cuivre ou en bois formant bain-marie , que l’on chauffe directement ou au moyen de la vapeur. Sur les deux côtés sont deux trinquets parallèles à l’axe de l’auge K, L , qui aident à la circulation des pièces dans le bain .

Ajoutons qu’on doit rincer le tissu immédiatement après sa sortie de l’acide, et qu’en conséquence il convient de placer l’appareil à proximité d’une cuve d’eau contenant de la craie, où l’on puisse les manœuvrer, ou d’une eau courante , où on les laisse suspendues durant un certain temps.

On étend l’acide d'une quantité d’eau en rapport avec l’effet qu’il s’agit de produire. En principe, on doit l’employer aussi faible que possible , quitte à élever un peu plus la température du bain; mais on est obligé d’avoir égard à la manière dont se comporte la réserve pour ne pas dépasser le degré , où , entrant en fusion , elle tend à se séparer de la fibre.

Lorsqu’on a des couleurs très fortes à enlever, on va jusqu’à prendre :

2 vol. d’acide nitrique du commerce pour 1 vol. d’eau.

Quant à la durée de l’immersion , elle varie selon la force de l’acide, selon la nature de la couleur qu’il s’agit d’enlever, et enfin selon la température du bain ; c’est donc à l’opérateur à la déterminer par une expéri.nce préalable. Au lieu d’un seul rouleau placé au fond de l’auge, il vaudrait mieux en avoir deux ou trois , pour prolonger plus régulièrement le contact du tissu avec le liquide.

Fig. 159.

Après avoir enlevé l’acide , on nettoie les pièces et l’on donne aux parties rongées et jaunies une teinte plus franche en les faisant passer dans une eau portée à l’ébullition , où on les tient quelques instants submergés au moyen d’un appareil à roulettes, fig. 1Z|8 ; la réserve ne tarde pas à fondre, à surnager, et quand l’étoffe a été ainsi dépouillée de la majeure partie du corps gras ou résineux qui la recouvrait , on lui donne un bain de savon bouillant , additionné d’un peu de carbonate sodique , dont l’intervention complète l’enlèvement de ce corps en faisant virer à l’orangé tous les points de la fibre jaunis par l’acide nitrique. Voici quelques exemples de cette fabrication .

A. Fonds orange avec dessin blanc, ou rouge, ou rose, ou bleu, ou vert , ou, en un mot , toute couleur gui peut être réservée et subir T opération du nettoyage au savon et au carbonate sodique.

On imprime sur un tissu blanc ou préalablement teint à la nuance qu’on veut donner au fond la réserve résineuse , on passe en acide nitrique, pour jaunirla fibre ou la décolorer s’il y a lieu, on lave, et l’on nettoie en savon et en carbonate sodique, pour donner au jaune la teinte orangée.

Lorsque la couleur est trop délicate pour supporter les passages en savon, on foularde les étoffes en mordant, après avoir fixé celui-ci , on imprime la réserve , on passe dans l’acide nitrique, additionné d’une certaine quantité d’acide tartrique, pour favoriser la dissolution du mordant, on rince, on nettoie, et l’opération du mordançage se trouvant accomplie , il ne reste plus qu’à teindre le mordant réserve dans le bain de matière colorante.

B. Fonds orange avec impression blanc et bleu réserve .

'1° On imprime la réserve mécanique ;

2° On cuve un bleu à la nuance désirée, on déverdit, on rince et l’on dessèche;

3° On rentre une seconde impression réserve mécanique ;

4° On attaque par l'acide nitrique ;

5° On nettoie et l’on forme l’orange par le passage en eau alcaline.

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