COULEURS FIXÉES PAR UNE TEINTURE SECHE
sage ne peuvent être employés indifféremment. Dans ceux qui sont de grande dimension, il y a nécessairement une plus o-rande quantité de vapeur condensée au commencement de l'opération , et en conséquence des couleurs peu hygroscopiques peuvent s'y fixer parfaitement ; mais , pour empêcher celles qui le sont beaucoup plus de donner lieu à des coulages , on ne saurait mettre trop de soins à y répartir la vapeur et à l'y introduire en quantité suffisante dans un temps donné. Les appareils de petite dimension n'offrent pas les mêmes inconvénients : toutefois , comme la température s'y élève brusquement , et que la condensation du fluide élastique y devient bientôt impossible, il faut y faire usage de vapeur saturée d'eau à l'état globulaire. On est si bien d'accord aujourd'hui sur ce point, que dans le vaporisage à la cuve on en est pour ainsi dire revenu à l'ancien procédé, p. 2, en plaçant au fond du tonneau une certaine quantité d'eau dans laquelle on fait barboter la
vapeur.
Tout ce que nous venons de dire rentre en définitive dans le principe posé par M. Ed. Schwartz, savoir, que, pour vaporiser , il faut trouver le moyen de fournir aux couleurs , sans nuire à l'impression , d'abord la quantité d'eau indispensable aux actions chimiques qui doivent s'accomplir, ensuite la quantité de chaleur qui doit favoriser la réaction mutuelle des corps qui sont en présence , et la fixation des couleurs à l'étoffe. L'application rigoureuse de ce principe , si. difficile déjà lorsqu'il ne s'agit que d'une seule couleur, le devient bien plus encore quand on en a plusieurs à fixer, car alors , tantôt il en est qiu' > parleur nature, plus hygrométriques que les autres , se fixent, dans les mêmes conditions de vaporisage, plus promptement au tissu, ou qui y adhèrent en même temps , mais les unes en conservant au dessin toute sa régularité , les autres en la faisant disparaître par les coulages qui s'opèrent, en sorte qu'il devient indispensable de les modifier toutes pour trouver le mode de fixation simultané qui leur convient le mieux ; tantôt il y en a dont les
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éléments donnent lieu, par leur réaction, à des émanations acides qui agissent avec plus ou moins d'énergie sur les laques qui les accompagnent, en sorte qu'il faut , ou rendre celles-ci inattaquables , ou combattre l'action de l'acide. Dans ce cas, ordinairement, en l'entraînant par une affluence convenable de vapeur, on diminue les effets de l'acide, ou on les neutralise, soit en imprégnant les doubliers des pièces d'un corps saturant , soit en introduisant , au lieu d'acide , dans les couleurs , des substances salines qui ne donnent plus lieu à ces dégagements. Sous ce point de vue , la composition des couleurs que l'on imprime a une influence telle sur la vapeur , qu'elle peut à elle seule mettre le fabricant dans l'obligation d'employer plutôt tel système de fixage que tel autre.
A ces particularités , qui rendent le vaporisage une opération délicate et difficile, s'en ajoutent d'une autre espèce qui font parfois le désespoir et la ruine du fabricant : nous voulons parler du cuivrage des couleurs et des taches produites sur les étoffes.
Le mot cuivrage indique assez bien les couleurs d'aspect métallique semblables à celles de certains insectes ou des maroquins colorés par l'hématine (bronzés), que contractent les toiles au vaporisage. Jusqu'à présent on a rattaché ce phénomène à une seule cause, à l'action qu'exerce le sulfide hydrique sur les sels métalliques , et l'on a cherché à le prévenir en imbibant les doubliers d'acétate plombique, destiné dans cette hypothèse à transformer le sulfide hydrique en sulfure plombique. Ce moyen, qui a réussi à certains fabricants , a été sans effet pour d'autres; il est même arrivé, qu'employé pour les mêmes couleurs et dans les mêmes conditions , mais dans des localités différentes , il a donné des résultats tout autres. La conséquence à tirer de là, c'est que si le sulfide hydrique , dans certains cas , peut donner lieu à un cuivrage , il n'est pas la cause unique de cet accident ; rien ne le prouve mieux que le procédé auquel plusieurs fabricants recourent pour l'éviter, et qui consiste à introduire de l'essence de téré-