‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissusChapitre 172 sur 291 · B»H SB HP · texte numérisé non relu

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abandonnées durant une assez longue période, ont été reprises à l'époque de l'invention delà lithographie ; la maison Haussmann a été une des premières à faire une heureuse application de cette belle découverte à l'impression des tissus. Qui ne se rappelle les sujets palpitants de nationalité qu'elle imprima de cette manière , avec le concours éclairé de M. Hirn pour les dessins, et de M. B. Haussmann pour la partie mécanique? Depuis cette époque , ce mode d'impression s'est généralement propagé; en Angleterre, en France, et particulièrement à Rouen , on réalise dans ce genre des mouchoirs qui représentent des cartes géographiques, des paysages , etc.

Indépendamment des couleurs d'application que nous venons d'examiner, il en est encore une , le blanc mat au sulfate plombique, qui, il y a environ quinze ans, a joué un certain rôle dans la fabrication. On faisait alors beaucoup d'impressions en nuances diverses , et on modifiait la teinte de ces dernières , ainsi que celle du fond , en appliquant par- dessus un blanc mat, qui produisait en outre sur les parties blanches du tissu des

effets de broderie.

Pour réaliser ce blanc , on imprimait de l'acétate plombique et on foulardait dans un bain d'alun, où , par double décomposition , il y avait formation de sulfate plombique insoluble. ( Voyez fonds gris enluminés.)

En supposant qu'un fabricant soit convenablement outillé pour effectuer des impressions de cette espèce , il ne rencontrera aucune difficulté à imprimer des couleurs foncées (noir, puce , grenat , etc.), parce qu'il trouve dans une bonne huile de lin rendue siccative tous les éléments de succès ; mais les difficultés se présentent dès qu'on veut fixer des couleurs claires , telles quelilas, rose, bleu et vert, qui ne supportent le mélange d'aucune substance terne ; il faut nécessairement un vernis incolore et qui se conserve tel après sa dessiccation. L'huile de lin ne pouvant que difficilement être employée dans

ce but , on est contraint de recourir aux résines proprement dite pour en former des solutions ; mais alors surgissent d'autres inconvénients : ces vernis ne donnant pas à l'encre colorée le même degré de cohérence que l'huile de lin , pour peu que cette encre soit chargée de couleur, elle devient tellement maigre qu'il suffit du plus petit frottement pour la détacher de l'étoffe.

Les vernis que l'on emploie avec le plus de succès sont formés de solutions de résine-laque , ou de résine-copale , ou enfin de caoutchouc.

La gomme-laque , comme les autres résines, se dissout dans les essences , les huiles , etc. ; mais c'est à l'ammoniaque qu'on donne ici la préférence. D'après M. John, humectée d'ammoniaque concentrée et placée dans un endroit chaud , elle ne tarde pas à se gonfler et à se convertir en une masse gélatineuse qui se dissout dans l'eau chaude en laissant un résidu de cire et de débris organiques. On peut ramener cette dissolution à l'état visqueux par l'évaporation sans qu'elle donne naissance à aucun dépôt ; mais après une dessiccation complète, on n'a plus qu'une substance dure et transparente d'aspect vitreux , qui ne renferme plus qu'une faible proportoin d'ammoniaque et cesse d'être soluble dans l'eau.

Il est aisé de comprendre qu'avec une solution visqueuse de cette espèce on peut épaissir des couleurs , les déposer sur tissu et les y fixer par une dessiccation parfaite. Toutefois un tel vernis ; étant toujours plus ou moins influencé parla matière colorante de la gomme laque , ne peut servir qu'à la fixation des couleurs foncées ; lorsqu'on veut l'appliquer à celle des nuances tendres , il faut préalablement détruire cette matière colorante , et pour atteindre ce but on dirige un courant de chlore à travers une solution d'hydrate potassique saturée de gomme-laque ; le chlore , en décolorant la solution, déplace la gomme laque, qui, recueillie et dissoute de nouveau dans la potasse , donne une solution incolore qu'on décompose par le chlorure ammoniquepour obtenir un précipité de résinate ammonique insoluble dans le

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chlorure potassique. On lave a l'eau froide ce nouveau précipité, on le débarrasse complètement des sels potassiques , et l'on n'a plus qu'à le faire digérer dans l'eau , à la température de 50 à 60°, pour avoir une solution semblable à celle dont il vient d'être fait mention , mais sans couleur ( Voyez Berzélms , Traite de chimie, 2e édition). C'est par ce moyen que M. Leitenberg a imprimé dans le temps des laques de garance ( rouge d'application ) .

Vernis au caoutchouc. De tous les procédés que l'on emploie pour faire de semblables préparations avec le cachou, celui qui nous paraît le plus convenable consiste à faire gonfler le caoutchouc dans l'éther ou dans l'ammoniaque à chaud. Lorsque cette opération est achevée , on opère là dissolution du caoutchouc dans l'essence de térébenthine, que l'on fait préalablement bouillir avec du soufre et que l'on débarrasse , par décantation, de la partie de ce dernier, qui se dépose par le refroidissement. Les solutions de caoutchouc qu'on obtient ainsi sont aussi concentrées que possible , mais s'impriment fort mal , et ont , en outre, l'inconvénient de donner aux étoffes une odeur désagréable.

Nous avons fait connaître , § 352 , la préparation du vernis au copal , au moyen duquel on réalise de fort belles impressions.

Lorsque les laques ou substances colorées que l'on incorpore au vernis , pour en former une encre , ne sont pas attaquables parles acides, on peut, ainsi que nous nous en sommes assuré , employer comme véhicule l'acide acétique, qui dissout très bien les résines ; en sorte qu'en le saturant d'un mélange de sandaraque , de mastic et de galipot , ou de ce dernier seulement , on obtient un vernis qui se dessèche en peu de temps et n'affecte aucune couleur sensible, pour peu qu'on ait mis de soin dans le choix des matières premières sur lesquelles on a

opéré.

On peut composer beaucoup d'autres couleurs grasses en dis-

Quant à l'éch. 250 , il fournit un exemple d'impression à la planche plate, § 514, pi. VII. Les dessins qu'on imprime sur toile avec cette machine étant généralement de grande dimen-

SS&O. Impression à la planche plate.

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