‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissusChapitre 188 sur 291 · MC^^K^HI · texte numérisé non relu

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Nous ne croyons pas devoir passer en revue la multitude de genres que l'on a formés de l'association des couleurs tant ordinaires que vapeur et & application ; nous pensons en avoir dit assez pour que le lecteur puisse s'en faire une idée exacte.

DES GENRES QUI RESULTENT DE LA COMBINAISON d'un GENRE FOND BLANC GARANCE PLUS OU MOINS COMPOSE A UN FOND OU MI-FOND AVEC BLANC ENLEVAGE OU BLANC RESERVE , OBTENU DE l'iM- PRESSION OU DE LA GRAVURE.

§ 801. Le principe de cette fabrication appartient aux Indiens, § 554 ; mais , dès 1760, on en fit l'application en Europe. On imprimait des mordants de fer et d'alumine , on les teignait en garance, et après avoir purifié les couleurs garancées et le blanc du tissu , on recouvrait de réserves à la cire toutes les parties colorées ou non qu'on désirait conserver , puis , passant en cuve d'indigo , on transformait le fond blanc en fond bleu clair enluminé. Abstraction faite des dessins, de la nuance des rouges et des violets , qu'on ne savait point encore aviver, les produits de ce temps pourraient soutenir la comparaison avec ceux de nos jours , surtout pour le bleu clair.

Plus tard , quoique les toiles , moins régulièrement tissées qu'aujourd'hui, présentassent de grandes inégalités par suite des retraits qu'elles éprouvaient durant les opérations du blanchiment, de la teinture et les passages en son, on rentra dans les couleurs garancées des mordants d'alumine ou de fer pour fonds ou mi-fonds, qu'on teignait en jaune de gaude d'abord, puis en quercitron.

De ces deux moyens de transformer des fonds blancs en fonds couverts , pendant longtemps le premier ne fut appliqué qu'à la fabrication de quelques genres déterminés. Le second, au contraire, prit tout d'abord un très grand essor, et a été exploité durant cinquante ans sous une infinité de formes. On rentrait à la planche des fonds unis ou ombrés , des sujets mille-points (gravure picotage) , et grâce à la disposition don-

née aux dessins et aux précautions que savait prendre le fabricant intelligent pour prévenir ou compenser le mouvement qu'éprouve toujours la fibre de l'étoffe durant les opérations du garançage , l'encadrement se faisait assez exactement pour qu'il fût souvent difficile de constater des effets de déplacement. Aujourd'hui, on a délaissé ce genre de fabrication pour donner la préférence au premier , surtout depuis que le prix de la gravure au rouleau a subi une si importante réduction, § 494. C'est à partir de 1831 -1832 qu'on en a étendu l'application à toute espèce de couleurs. A l'heure qu'il est, qu'un fond blanc enluminé ou non soit donné , pour le transformer en un mi-fond ou fond couvert, il suffit de recouvrir les parties que l'on veut conserver d'une réserve qui prévienne la fixation des couleurs ou des mordants qu'on imprime uniformément sur la surface de l'étoffe.

La nature des réserves que l'on emploie varie nécessairement avec celle des mordants dont on recouvre le fond blanc , et aussi avec celle des couleurs qu'elles sont destinées à abriter. Il ne faut pas perdre de vue qu'ici on associe deux fabrications , celle d'un fond blanc impression en telle ou telle couleur, et celle d'un fond uni, impression blanc réserve ou enlevage. Or, dans cette dernière , prise isolément , le fabricant n'a qu'à rechercher une réserve qui n'altère pas le tissu et puisse toujours être facilement enlevée , tandis que dans la fabrication complexe que nous traitons , il faut , en outre , qu'elle ne détruise ni ne modifie les nuances qu'elle doit préserver.

Les sels cuivriques , le nitrate surtout, que l'on emploie avec succès à la réserve des parties blanches au milieu d'un fond bleu uni, § 549, ne peuvent plus être que difficilement appliqués à celle des figures rouges garancées que ce fond doit recouvrir, attendu qu'en réagissant sur les laques ils les terniraient toujours. Les corps réservants dont on fait spécialement usage dans ces genres sont :

Le tarirate chromique b, § 571, qui tire de l'acide tartrique

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qu'il renferme la qualité de réserve chimique , et de la difficulté avec laquelle il est mouillé par l'eau froide , celle de réserve mécanique ;

U acide citrique ou \ejus de citron ;

Le citrate potassique ou sodique ;

Xlarseniate potassique, Yarsèniaie c al ci que , Yarsèniate plombique , Y acétate calcique , la craee et la terre de pipe , le savon, qui font réserve chimique , physique ou mécanique ;

L'eau de gomme et quelque peu de corps gras, qui font réserve mécanique.

Ce genre de fabrication présente une difficulté qu'il n'est pas donné à tous les fabricants de surmonter. Durant le bousage , la teinture, ravivage et les opérations mécaniques du dégorgeage, les pièces se contractent, et le mouvement plus ou moins irrégulier de leurs fibres s'oppose à l'exactitude des rapports des diverses planches d'un dessin, La conséquence de cet état de choses est que la réserve , qui doit être imprimée sur les parties claires pour les préserver de l'action de la couleur du fond ou du mi-fond appliquée après coup . ne les protège souvent qu'imparfaitement, et abritant au contraire des parties que devrait colorer le fond , donne lieu à des solutions de continuité. On diminue de beaucoup cet inconvénient en suivant, durant le blanchiment , un certain système de dégorgeage. On a remarqué que les toiles dégorgées au foulon , aux roues , qui enfin n'ont point été plus tiraillées dans un sens que dans un autre, comme celles qui ont passé au clapeau, § M2 , ou à tout autre système du même genre, n'étant pas sujettes à s'allonger, ne présentent pas un retrait aussi considérable. L'exécution de cet article réclame donc de la part du fabricant des soins qui remontent jusqu'aux opérations purement mécaniques du blanchiment.

Lorsque les couleurs garancées sont teintes et avivées , on examine si les rapports sont réguliers ; s'ils ne le sont pas , on étire le tissu en long et en large pour ramener autant que

FONDS BLANCS TfîÀNSF. EN FONDS OU Mt -FONDS COUVERTS. 25/

possible la fibre dans l'état où elle se trouvait avant la teinture. Comme , malgré toutes ces précautions , on ne peut entièrement faire disparaître la cause de cette imperfection , on la combat par le choix des dessins et la disposition de leur forme , ainsi qu'ont fait les fabricants qui se sont le plus distingués dans l'exécution de ces genres. Les dessins qu'on préfère ordinairement sont des sujets régulièrement espacés, tantôt très massifs et contournés, d'une couleur foncée , inattaquable par celle du fond (noir et puce) , qui rend moins sensibles les effets du déplacement de la réserve sur la couleur claire qui forme le centre des figures ; tantôt très déliés ( bouquets , assemblage de petites fleurs) , auxquels viennent aboutir des dessins soubassement au rouleau, tels que ramage vermicelle , etc., qui, par l'irrégularité' de leurs traits, dissimulent les contours de la forme avec laquelle on a recouvert de réserve les couleurs garaacées. On conçoit que cette forme serait toujours circonscrite d'une manière peu agréable à l'œil si , au lieu de dessins à traits irréguliers , on imprimait pour soubassement un fond uni , une rayure droite ou oblique, un mille-raies , enfin une figure régulière quelconque,

Dans quelques cas rares , le fabricant va jusqu'à ne graver ses planches rentrures qu'après la fabrication des couleurs garancées 5 pour pouvoir tenir compte des changements survenus dans la position respective des sujets teints en cette matière colorante .

Maintenant, entrons dans les détails de cette fabrication.

Combinaison du genre fond blanc garance avec le genre fond blanc impression bleu d'application solide , § 557.

§ 802. Dans l'éch. 288, on a commencé par exécuter la fabrication d'un fond blanc impressions noir, rouge et rose garances , en suivant tout ce qui a été dit § 6/j3 , concernant 1 epaississement des mordants , leur application , leur fixation , la teinture et l'avivage des couleurs; nous n'y reviendrons pas, nous ajouterons seulement que la dépense en garance a été iv. 17

"£$&• Fond hlauc garance transformé en îiiî-foiid hleu d'applieation solide (soubassement).

d'environ lk,5 à 2 kil. par pièce de 50 mètres , et qu'on a opéré la teinture en une seule fois. Lorsqu'on a jugé les couleurs suffisamment avivées et le blanc de l'étoffe revenu à sa pureté primitive , on a rentré à la main une réserve au citrate cuivrique , ou un mastic composé de :

6 lit. eau de gomme, à 750 gr. par litre , 3 lit. eau, auxquels on a incorporé 2k,250 farine, 0k,280 savon vert, 2k,250 terre de pipe,

pour préserver toutes les parties rose et rouge dont on voulait conserver la nuance , ensuite un vert d'application solide et un jaune au sel de plomb , et enfin imprimé à la machine à deux rouleaux le mi-fond [soubassement) bleu d'application solide. Le premier rouleau portait pour sujet un anneau circonscrit entre quatre points , et le second des rayures obliques ou diagonales qui , en s' ajoutant au dessin du premier, en ont fait une espèce de fouillis , qu'on pourrait , jusqu'à un certain point , confondre avec la gravure de l'éch. 38, fig. 95. Le fabricant réalise ainsi par l'impression les mêmes effets que le graveur avec ses molettes, c'est-à-dire LpTavec les dessins les plus simples! ca-

nevas), rayures droites et obliques, dentelle picoiage, etc.), qu'il accouple à la machine à plusieurs couleurs, il crée des dessins plus composés (voyez § 530, p. 451 ). L'impression du bleu achevée, on a passé en chaux, pour le fixer, en employant, pour fatiguer le moins possible le rouge et le rose, une réserve essentiellement mécanique, ayant pour base le savon vert et la farine. Au moment où la couleur a été saisie par la chaux, la farine , en se gonflant, a préservé le tissu de toute atteinte. On a ensuite exposé les pièces à Veau courante, pour oxider le bleu, et passé en chromate, pour compléter cette oxidation et former le vert et le jaune en transformant l'oxide plombique en chromate de la même base.

Très souvent on imprime une réserve non seulement sur les sujets garances, mais encore sur le fond ou mi-fond; on se sert , pour l'appliquer, de la planche ou du rouleau , selon la délicatesse du sujet. Souvent aussi on réserve un dessin dans la gravure du rouleau bleu , § 500, p. 296.

Ces soubassements bleus s'impriment aussi en bleu de pinceau, surtout en Angleterre , où l'on a disposé des cylindres remplis de gaz dans lesquels on fait «passer les pièces à leur sortie de la machine à imprimer, pour prévenir une oxidation trop brusque du bleu , et donner ainsi à cette couleur le temps de pénétrer l'étoffe et de s'y fixer.

Bleu de pinceau pour soubassement au rouleau.

Bleu N° 1.

Dans 10 litres potasse caustique , à 20° AB , on fait dissoudre par une ébullition de quelques minutes :

1k,870 indigo broyé,

0k,900 sulfide hypo-arsénieux (arsenic rouge),

0k,900 sulfide arsénieux ( arsenic jaune), et l'on épaissit le

tout avec 3k,800 amidon grillé.

Bleu N° 2.

Dune part, on bassine :

3 kil. indigo finement pulvérisé avec

6 lit. solution de soude caustique, à iOVlB;

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d'une autre, on fait dissoudre, à chaud ,

4 kil. sulfide liypo-arsénieux (arsenic rouge) dans 42 lit. soude caustique , à %Ù°ÂB ; on ajoute peu à peu à cette solution l'indigo broyé , on porte progressivement le liquide à l'ébullition dans l'espace d'une heure, et Ton épaissit avec 214 kil. gomme arabique, puis on incorpore au tout 0k,750 térébenthine de Venise.

Si , au lieu d'imprimer un bleu d'application solide , on avait appliqué une réserve à l'alun , à Varséniate potassique, au sulfate zincique , etc., et passé en cuve , § 5A9, on aurait obtenu les petits boutons de rose de l'ëch. 288 au milieu d'un fond bleu uni, dont la nuance aurait été d'autant plus intense qu'on aurait donné un plus grand nombre de trempes , en supposant que la réserve fût assez puissante pour résister. C'est de cette manière qu'on obtenait autrefois des genres meubles et mouchoirs d'une très belle exécution, Pour éviter le fâcheux effet du déplacement de la réserve, et , par suite , de la superposition du bleu sur des points qu'il ne devait pas toucher, on choisissait autant que possible des dessins en sujets détachés et contournés de traits d'une couleur foncée (puce ou noir) peu impression-

* nable au bleu. La réserve déplacée par le mouvement du tissu,

ne portant alors que sur les parties foncées , ne laissait jamais apercevoir de solution de continuité.

En 1835 , la maison Kœchlin frères exécuta de très belles impressions sur mousseline et jaconas , en combinant la fabrication d'un genre fond blanc enluminé couleurs solides, avec celle d'un fond bleu impression blanc réserve. Le fond blanc était recouvert d'un dessin puce foncé , lilas , rouge et rose garances, bleu, vert et jaune d'application solides. Le sujet , formé de bouquets de fleurs de fantaisie régulièrement espacés , était recouvert d'une réserve qui le débordait pour qu'il n'apparût pas de solution de continuité , et s'étendait en outre sur le fond en rayures qui formaient des carreaux , en se coupant perpendiculairement les unes les autres. Passées alors dans une cuve très faible, les pièces présentaient un fond bleu tendre parsemé

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de blanc [dessins carreaux rayures) et de bouquets garances contournés aussi de blanc.

Combinaison du genre fond, blanc impression noir au campêche , § 660, avec le genre fond bleu impression blanc réserve , éch. 57.

§ 803. Les fonds blancs teints aucampêche peuvent, comme les fonds blancs garances, s'associer aux fonds ou mi-fonds bleus, avec impression blanc réserve. Ainsi la maison Eckr de Camay, a fait, il y a une dizaine d'années, un article extrêmement simple , mais d'un fort bel effet, qui se composait d'un sujet noir ( carreaux simples , carreaux croisés . ovales , dont les dimensions variaient de 1 à h centimètres ) fortement tracé , au centre duquel on retrouvait tantôt une impression orange fondu, tantôt une impression cachou avec une impression orange, tantôt enfin des parties blanches parsemées de petits sujets orange. Ce genre rentrait dans la fabrication que nous traitons. On imprimait un noir composé de :

\ 0 lit. pyrolignite ferreux , à 6° AB , qu'on épaississait avec 1 k , 4 5 0 amidon, et dans lequel on faisait dissoudre 0k,350 acétate cuivrique.

Après avoir abandonné ce mordant au repos, on fixait en bouse et quercitron , § 659 ; on dégorgeait , et on teignait dans un bain gallo-campêche , composé , pour six pièces , de :

4k,500 campêche, 0k,500 noix de galle , 8 lit. son , 8 lit. bouse de vache.

On passait alors en son , à l'effet de purifier les parties blanches qui auraient pu être altérées par la teinture ; on rinçait pour procéder ensuite à la rentrure de la réserve n° 10, § 5/j9 , afin d'abriter toutes les parties blanches du centre de la figure ; on teignait en cuve, on nettoyait à l'acide acétique, puis on rentrait le cachou, et quand celui-ci était fixé, l'orange va-

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peur. Comme le sujet était bordé de traits noirs de quelques millimètres d'épaisseur, on couvrait toujours exactement les parties claires , quel que fût le mouvement irrégulier de la toile. Il eût été beaucoup plus convenable d'imprimer avant la réserve un cachou faisant réserve sous bleu , et, ce dernier une fois teint, de fixer les couleurs vapeur.

Nous n'irons pas plus loin sans faire remarquer que les couleurs d'enluminage , selon qu'elles peuvent ou non supporter l'opération nécessaire à la formation du fond ou du mi-fond , s'impriment avant ou après celui-ci.

On a fait sur jaconas de très jolis articles en combinant un fond blanc impression puce en sujets détachés, très nourris, avec un fond bleu dans lequel, sont réservées des parties blanches. On a fait aussi sur étoffes légères des impressions dans lesquelles on retrouve particulièrement le genre fond blanc impression puce et cachou, avec rouleau soubassement bleu. Le puce achevé, on imprimait un cachou réserve sous bleu ( sulfate zincique , acétate cuivrique), et on le laissait séjourner sur la toile jusqu'à ce qu'il fût fixé, quand on faisait usage de cachou ordinaire. Si, au contraire, on employait un cachou de nature à pouvoir être fixé immédiatement en chaux , on imprimait le bleu solide aussitôt après l'impression de la réserve.

Combinaison du genre fond blanc plus ou moins composé avec le genre fond ou mi-fond vert solide au chromate plombique , § 6 76 .

§ 80A. On a réalisé et l'on réalise encore des articles d'un très bel effet , en transformant un genre fond blanc impression fin rouge, éch. 131, en mi-fond vert solide dans lequel l'effet physique du contraste des couleurs donne toujours beaucoup d'éclat au fin rouge.

Qu'il s'agisse d'un dessin fin rouge, petits carreaux vides, détachés , on imprime à la planche un blanc réserve pour conserver le centre et les bandes , et au rouleau un dessin soubas-

sèment , aussi couvert que possible. De cette manière, pourvu que la réserve soit bien rentrée , on a des lignes fin rouge formant carreaux avec centre blanc encadrés dans un fond vertsolide, d'un aspect fort agréable à l'œil.

La maison Kœchlin frères fabriqua aussi, en 1835, le genre fond bleu , page 260 , en fond vert au plombate.

Lorsque le fond blanc garance enluminé solide (puce foncé ,

lilas, rouge, bleu et vert) est achevé, on imprime un jaune

composé de :

2k,500 acétate plombique, qu'on fait dissoudre dans

\ 0 lit, d'eau colorée par l'acétate indigotique , et qu'on

épaissit avec 0^,800 amidon.

On passe alors les pièces clans la cuve d'indigo, puis dans celle au plombate de chaux , ou l'inverse , selon la marche que l'on préfère , pour fixer simultanément le bleu et l'oxide plombique (voyez §§ 675-676). Ce résultat obtenu, on déverdit, on rince , et l'on teint en bichromate potassique , à l'effet de transformer en chromate , tant l'oxide plombique du fond , qui s'est ûxé uniformément durant le passage en cuve , que celui qu'on a fait entrer dans la composition du sujet.

A la même époque, cette même maison a exécuté un bel article de ce genre dans lequel intervenaient des impressions cachou exactement encadrées au milieu du fond vert, Pour l'obtenir, on imprimait :

1° Un puce foncé à la planche (dessin ramage avec feuillage et picots de fantaisie ) , bordant plus ou moins la figure pour qu'il n'y eût point de solution de continuité;

2° Un violet foncé ;

3° Un lilas tendre.

Quand les mordants de ces diverses couleurs avaient été bouses , teints et avivés , on rentrait une préparation de cachou faisant réserve sous bleu et vert , en conservant sa nuance, telle que la suivante :

Dans 10 lit. décoction de cachou , à à0 AB, on fait dissoudre successivement :

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0k,320 acétate cuivrique ,

0k, 320 chlorure ammonique ,

2k,500 sulfate zincique ; on épaissit avec

2k,500 gomme Sénégal ,

2k,500 terre de pipe, et l'on incorpore au tout

0k,170 à 200 gr. huile tournante.

Une observation importante à faire ici, c'est qu'on doit appliquer cette préparation plusieurs jours avant de procéder au passage en cuve, afin de donner au cachou le temps de s'oxider et de se fixer à l'étoffe. Quand cette combinaison a eu lieu , on rentre la réserve n° 3, § 676, sur tous les points qui doivent rester violets et lilas , on passe ensuite clans les cuves de bleu solide et de plombate de chaux, on déverdit, et l'on teint en chromate potassique , pour obtenir le fond vert qui encadre exactement les feuilles cachou .

De la combinaison d'un genre fond blanc garance on non arec un genre fond carthame impression blanc réserve.

§ 805. A notre connaissance, ce genre n'a point encore été exécuté, et l'on n'a en effet aucun intérêt majeur à réserver sous un fond carthame des couleurs que la carthamine n'influence que faiblement. Au reste, pour cette fabrication, on ne pourrait employer qu'une réserve mécanique qu'un simple passage à l'eau fît disparaître ; vu le petit nombre de corps dont la carthamine supporte le contact.

De la combinaison d'un genre fond blanc garance, enluminé ou non , arec un genre fond ou mi-fond cachou , impression blanc réserve.

§ 806. Ce genre composé a pris naissance en Alsace vers l'année 1833-183A ; c'est la maison Kœchlin frères qui, la première , le livra à la consommation , en remplaçant par des fonds cachou clair, §§ 569-570 , les fonds bleu tendre et vert au plombate.

Pour obtenir ce genre, après la fabrication du fond blanc \

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on imprime une des réserves dont nous avons fait connaître la composition § 571 ; la plus avantageuse est celle dans laquelle entre le tartrate de chrome, que l'on peut modifier et rendre plus énergique par l'introduction d'une certaine quantité d'acide sulfurique , par exemple, lorsque la nature des couleurs le permet. Quand la réserve a été bien desséchée , on foularde en cachou clair, et de préférence dans une solution alcaline, à base de soude ou d'ammoniaque, pour donner à la couleur une teinte rougeâtre infiniment plus agréable que la teinte brune et raclée qui lui est naturelle.

En mélangeant au cachou quelques sels ferreux, on en fait varier la nuance à l'infini.

Indépendamment de ce genre, on a fabriqué, des mi-fonds cachou , impression guilloché au rouleau. On a pu remarquer pendant plusieurs années ces genres dessins noir et fin rouge, dont les sujets étaient des espèces de palmes fin rouge, des bandes en colonnes de même nuance , le tout bordé de noir solide qui facilitait la rentrure de la réserve , et , prévenant les effets du déplacement , préservait le fin rouge de toute atteinte du cachou. Très souvent le soubassement cachou se composait de deux nuances appliquées au rouleau , l'une en impression cachou foncé sur fond blanc, l'autre en impression fond uni ou mille-points, cachou extrêmement tendre. Mais pour obtenir des nuances bien tranchées , sans lesquelles ces doublés teintes ne produisent qu'un mauvais effet, on ne se contentait pas d'étendre le cachou foncé d'eau de gomme, on le modifiait encore chimiquement par des sels de fer et de cuivre, par le tartrate, par les alcalis , etc.

Ordinairement on vaporise et l'on passe à la chaux ou au chromate les cachous que l'on applique dans ce genre de fabrication ; l'emploi de ce dernier agent offre l' inconvénient de toujours salir un peu le blanc.

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Combinaison du genre fond blanc simple ou enlumine avec le genre fond ou mi-fond chamois ou rouille , §§ 576-578.

§ 807. L'échant. 289 rentre dans ce genre, qu'on a varié à l'infini, tant sous le rapport de la nuance rouille que sous celui

£89. Fond blanc garance, transforme en mi-fond rouille.

des sujets et de la disposition du fond blanc transformé. Pour

l'obtenir, on a imprimé à la planche :

Le mordant noir bon teint , Le mordant fin rouge , Le mordant petit rouge,

exposé à l'étendage, pour donner aux mordants le temps de se fixer , puis bousé , dégorgé et garance en une seule fois , à raison delk,5 à 2 kil. de garance par pièce. Après avoir avivé les couleurs et purifié le fond, on a rentré un blanc réserve au jus de citron , § 576. Celui qu'on a employé ici était de 4° à 6° A3. On peut aussi se servir d'un blanc réserve au tartrate chromique. Les parties blanches et rouges à conserver étant ainsi protégées , on a imprimé au rouleau un dessin picotage serré rouille, avec excès d'acétate ferreux n° 3, qu'on avait eu soin de ne pas rendre acide , pour ménager le petit ramage en points fin rouge que la réserve ne pouvait préserver. Alors on a donné au rouille le temps de s'oxider, puis rincé à l'eau

courante et dégorgé , pour faire disparaître la réserve et les parties de rouille qui n'étaient pas fixées. Quand cette couleur n'est pas convenablement oxidée , on peut passer le tissu qui en est recouvert dans une solution de chlorure de chaux , assez faible pour ne pas fatiguer les couleurs garancées. Après avoir rincé et desséché , on a rentré le vert vapeur [é£S).

On a exécuté de très jolis articles appartenant à ce genre en fond uni chamois plus ou moins foncé, abricot. Les couleurs garancées que l'on préférait généralement étaient le puce foncé et le violet ou lilas , auxquels on associait un vert lorsque le violet dominait , et l'impression en avait lieu ou à la planche , ou au rouleau , ou à la machine à plusieurs couleurs.

Les dessins affectés à cette fabrication étaient toujours des sujets détachés , d'une grande dimension, des losanges, des carreaux, des ovales très allongés, des espèces de palmes., etc., dans lesquels on retrouve ce caractère commun , que tous les contours sont de couleur foncée (puce, noir) en traits assez fortement prononcés , tandis que l'intérieur est d'une couleur lilas, rentrée avec de petits sujets blancs , réservés par la gravure, soit pour rester tels , soit pour recevoir ultérieurement du vert. Ces figures et cette disposition de couleurs permettaient au fabricant de rentrer assez exactement sa réserve pour qu'elle ne débordât que rarement la couleur foncée. Du reste , la marche était toujours la même : ainsi, après avoir imprimé, teint et avivé les couleurs garancées , on rentrait le blanc réserve , on , foulardait en chamois ou en rouille , suivant la nuance que l'on désirait; on oxidait le rouille, on lavait, on rentrait le vert vapeur , puis on rinçait et l'on desséchait.

On ne doit pas oublier que pour faire contracter au rouille une. teinte abricot , il faut y mélanger du chlorure ferreux , et pour réaliser une nuance plus claire et plus veloutée , une certaine quantité d'acétate plombique , puis passer en chlorure de chaux le tissu imprégné de cette préparation , afin de donner naissance

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