‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissusChapitre 218 sur 291 · Fond aventurine a l'oxide ferrique avec impression · texte numérisé non relu

Fond aventurine a l'oxide ferrique avec impression

Très souvent , dans le but de former une double teinte noire, on imprime avec ces deux préparations une troisième , qu'on forme en épaississant une décoction de noix de galle au degré de force que demande la nuance désirée et de l'imprimer. Tous les points sur lesquels on applique cette décoction passent au gris, par suite de la réaction du tannin de la noix de galle sur l'oxide ferrique.

DES FONDS. BISTfiE ENLUMINES.

§ 843. Les fonds bistre ne comportent pas plus que les fonds rouille l'enluminage de couleurs garancées , par la raison que le suroxide manganique se dégrade durant les opérations de toute teinture qui s'effectue à une température quelque peu élevée. Avec l'indigo même, le bistre ne conserve sa nuance qu'autant qu'il est appliqué après cette matière colorante : autrement

WM

Hi

0k,750 amidon ; et auxquels on ajoute 0k,250 nitrate ferrique , à 50° ^B , 0k,320 composition physique (20S).

En appliquant sur ce puce , à des points déterminés, une solution d'acides oxalique et tartrique gommée, on fait virer le puce au rose, et l'on enlève, en outre, des portions du fond chamois, dans lequel apparaissent alors des figures puce, rose et blanc.

Tantôt ei

<, xw.j^v^ Jb 1^-lUlb » K U1UUU11 U.1J vieille

Le fond j paraît dans

Nous ne de faire obs posée sur d Tintroductic réduisant l'

dans lequel elle apparaît avec la nuance qui lui est propre. Lorsque le contraire a lieu , et que cette couleur contient ellemême du fer, comme un olive , par exemple , rien n'empêche d'imprimer des décoctions de matières colorantes contenant une certaine quantité d'acide oxalique et de vaporiser. On réalise par ce procédé degrés belles combinaisons sur des fonds de cette espèce.

Fonds avent urine. Quand on a un fond abricot ou aventu-

rine , § 575-835 , on y imprime :

1° Un noir d'application composé de

1 0 lit. décoction gallo-campêche , à 4 0°^B, qu'on épaissit avec

1V200 amidon, et auxquels on ajoute, à tiède, quand la couleur est cuite , 2,,220 chlorure ferreux , à 40° AB ;

Mi

FONDS BISTRE ENLUMINES.

2° Un blanc enlevage à la planche ou au rouleau , qui , par le sel

stanneux qu'il renferme, réduit l'oxide ferrique et contribue à le rendre soluble.

Dès que la préparation a produit son effet et que le blanc apparaît sur tous les points du tissu , on nettoie et l'on rince. C'est de cette manière qu'on a réalisé l'éch. 335.

33 5. Fond a vent urine a 1 oxide ferrique avec impression

noir et blanc enlevage.

Très souvent , clans le but de former une double teinte noire, on imprime avec ces deux préparations une troisième, qu'on forme en épaississant une décoction de noix de galle au degré de force que demande la nuance désirée et de l'imprimer. Tous les points sur lesquels on applique cette décoction passent na gns, par suite de la réaction du tannin de la noix de »atfe sur 1 oxide ferrique.

DES FONDS. BISTfiE ENLUMINES.

§843. Les fonds bistre ne comportent pas plus que les fonds rouille l'enluminage de couleurs garancées , par la raison que le suroxide manganique se dégrade durant les opérations de toute teinture qui s'effectue à une température quelque peu élevée. Avec l'indigo même, le bistre ne conserve sa nuance qu'autant qu'il est appliqué après cette madère colorante : autrement

. -'isSV

mam

:~*' '.*-*- Kl

il est réduit, et l'indigo, en se précipitant sur le tissu , produit du noir. On ne peut donc imprimer sur ces fonds que des couleurs'd' application , ou , parmi les autres , celles que l'on développe à une basse température, comme la cochenille.

L'éch. B36 a d'abord été dans le même état que l'éch. 80,

836. Fond bistre, impression blanc enlevage, § 587, recouvert.

tVnn fond uni cochenille . g G50.

èi ce n'est que le fond était moins intense ; on l'a foulardé ensuite en mordant d'acétate d'alumine, dégorgé et teint en cochenille; le rouge n'a pas sensiblement chargé le fond bistre, et les parties blanches ont passé au rose. Cette fabrication n'est, comme on le voit, que la superposition d'un fond rose cochenille uni, § 650, sur un fond bistre, impression blanc enlevage.

Comme l'acétate aluminique, quel que soit son état de saturation , est cependant toujours assez acide pour dégrader le bistre, il est plus convenable de foularder dans une^olution d'aluminate potassique. Après avoir abandonné le mordant à lui-même, on rince et l'on teint en cochenille ou en bois rouge, sans avoir à craindre l'altération du fond, qui toutefois finît par prendre un aspect raclé, en raison de l'action lente, mais progressive , du suroxide manganique sur la matière colorante rouge.

Comme ce suroxide est facilement détruit par une foule de

-■^fe'-iffi.'^ >V7fc-'* j*

FONDS BISTRE ENLUMINES 399

substances réductrices , telles que le chlorure stanneux , ainsi que par les acides oxalique et tartrique, et que ces agents peuvent être associés sans inconvénients à beaucoup de couleurs, il en résulte que les fonds bistre se prêtent admirablement à des impressions couleurs enlevage. Ces couleurs sont : le bleu de Prusse, le jaune et l'orange de chrome, le rouille, le violet, le rose d'application aux bois.

Des jaunes et oranges enlevage sur bistre.

Ces jaunes sont formés par la graine de Perse ou à base de chromate plombique.

-É&2. Jaune enluminage sur bistre à la graine N° 1.

A 10 lit. décoction de graine de Perse, à 125 gr. par litre, on mélange :

0k,500 alun ; on épaissit avec

1 k , 5 6 0 amidon, puis on y ajoute

4 kil. sulfate stanneux ,

3k, 1 20 chlorure,

\ kil. bi-arséniate potassique.

£tfè. Jaune enlevage sur bistre à la graine N°2.

A 10 lit. décoction de graine de Perse , à 125 gr. par litre,

on ajoute :

0k,500 alun; on épaissit avec lk,400 amidon , puis on y mélange 2. kil. sulfate stanneux , 4 k,560 chlorure stanneux, 0k,650 bi-arséniate potassique.

La quantité de sel stanneux qui se trouve dans ces couleurs tend à les faire virer à l'orangé, et c'est pour éviter cette transformation qu'on y introduit l'rrséniate, qui maintient la nuance au jaune en raison delà grande tendance de l'oxide aluminique pour l'acide arsénique.

£74. Jaune enlevage sur bistre à la graine N° 3.

A 8 kil. décoction de graine de Perse, à 250 gr. par litre, on ajoute :

WÊÊÊÊÊBÊÊM

^^H WÊl

4 kil. chlorure stanneux ,

1 kil. sulfate stanneux,

0k,750 laque de Fernambouc . et Ton épaissit le tout avec

0k, 100 gomme adra gante.

é7S. Mordant jaune enlevage sur bistre R

On épaissit 10 lit. eau avec :

1k,600 amidon; on y fait dissoudre, à chaud,

1 kil. bichromate potassique, et l'on y mélange, à tiède,

4 kil. acétate plombique , à froid 10 kil. chlorure stanneux.

d3G. Mordant jaune de chrome, enlevage sur bistre N° 1 .

On épaissit 10 lit. eau avec :

3k, I 25 amidon , et l'on y ajoute , à chaud , Bk,830 acétate plombique,

5 kil. sulfate idem en pâte . § 260, 1 5 kil. sulfate stanneux ,

5k,900 chlorure stanneux , 0k,400 gomme adragante.

En supprimant dans cette préparation le chlorure stanneux,

on a un mordant jaune enlevage n° 2, qui s'applique sur les

fonds d'un bistre tendre.

£22 . Bleu de Prusse enlevage sur bistre.

On épaissit 10 lit. eau avec :

3k,125 amidon , et Ton y ajoute

15 kil. sulfate stanneux,

6k,250 gr. chlorure idem ,

7k,500 bleu de Prusse en pâte (Bouxwiller),

0k,400 gomme adragante ,

5k,5 terre de pipe.

Rouille enlevage sur fond bistre.

Il suffit d'imprimer un sel ferreux [chlorure , sulfate) sur un fond bistre pour voir le suroxide manganique réduit à l'état d'oxide manganeux, tandis que l'oxide ferreux, en s'emparant de l'oxigène de ce suroxide , passe à l'état d'oxide ferrique et développe la nuance rouille ou abricot.

On épaissit 10 lit. eau mélangés à:

4 0 lit. chlorure ferreux, à 45° ^4B, avec 2k,500 amidon.

Vert enlevage sur bistre.

Les verts ont toujours pour base le bleu de Prusse ; mais tantôt on forme un vert d'application , § 779, auquel on ajoute l'élément [chlorure stanneux) nécessaire pour réduire le suroxide et le faire disparaître ; tantôt on imprime un bleu de Prusse , qui, add.tionné d'un sel plombique et passé au chromate potassique , se transforme en vert.

Mordant vert enlevage sur bistre.

On mélange 10 part, mordant jaune enlevage n° 1 avec 1 part, bleu de Prusse, lavé au chloride hydrique.

£78. Rouge d'application enlevage sur bistre.

On épaissit 10 lit. décoction de fernambouc , à 850 gr. par

litre, avec :

1*550 amidon.

0k,1 60 gomme adragante ; on cuit avec

0k,240 acétate cuivrique; puis, quand la température est

à 30°, on ajoute 5 kil. chlorure stanneux,

2 kil. chlorure stannique cristallisé.

&7®. Violet enlevage sur bistre.

A 10 lit. pâte pour violet formée à raison de :

3 lit. eau, 256 gr. alun,

22 gr. acide oxalique, 4k,280 terre de pipe, on ajoute :

&&Q. Orange enlevage sur bistre.

15 lit. composition pour violet formée à raison de :

4 0 lit. décoction de campêche, à 750 gr. par litre, 2k,5 potasse, 2k,5 chlorure stanneux,

On fait les rose et violet enlevage sur bistre en préparant

iv. 26

ce

ce

CD

CD

CD

■mn

des laques au campêche et aux bois rouges à base d'oxidestannique. A une décoction de bois on ajoute du chlorure stannique, puis la quantité de carbonate potassique ou sodique nécessaire à la précipitation de l'hydrate stannique, qui entraîne avec lui la matière colorante. Après avoir recueilli et lavé les précipités, on les mélange à une certaine quantité de sulfate stanneux ou mieux à une proportion convenable de mordant jaune enlevage. Le plomb qui se trouve dans ces couleurs contribue à rendre la laque adhérente.

Orange enlevage sur bistre.

L'orange de chrome enlevage se prépare d'après les mêmes principes.

On épaissit 10 lit. précipité orange de chrome, qu'on obtient en faisant bouillir du chromate plombique dans une solution d'hydrate calcique , avec :

1^,250 farine, et, pour rendre cette préparation rongeante,

on y ajoute 3k,650 chlorure stanneux.

Les principales couleurs d'enluminage sur fonds bistre et la fabrication de ces fonds nous étant connue, § 585, nous n'avons plus qu'à présenter quelques exemples du genre complexe qui résulte de leur combinaison.

38¥. Fond bistre, avec enluminage blanc, jaune, orange,

rouge , bleu et vert enlevage.

PONDS BISTRE ENLUMINES. /|03

Après avoir préparé un fond bistre à la nuance voulue , on le passe immédiatement en acide sulfurique faible , afin de le rendre plus uni et plus accessible aux agents qui doivent l'attaquer.

Dans l'éch. 337 , on a imprimé à la planche :

1° Le blanc enlevage; 2° Le jaune enlevage; 3° L'orange enlevage; 4° Le rouge enlevage; 5° Le bleu enlevage ; 6° Le vert enlevage.

Lorsque le fond bistre a été parfaitement rongé , on a rincé, nettoyé et desséché.

Quand, clans l'enluminage , on a des verts , des violets ou des bleus qui contiennent du plomb , on est obligé d'employer un jaune d'application, pour éviter la teinture en chromate, qui modifierait ces couleurs.

S 3^. Fond bistre, avec impression rouille et jaune enlevage.

L'éch. 338 , fond bistre, avec impression jaune , rouille et orange , a été imprimé au double rouleau ; c'est un produit de fabrication anglaise.

Dans l'éch. 339, on a imprimé à la planche, à laperrotine ou

i£ft

des laques au campêche et aux bois rouges à base d'oxide stannique. A une décoction de bois on ajoute du chlorure stannique, puis la quantité de carbonate potassique ou sodique nécessaire à la précipitation de l'hydrate stannique, qui entraîne avec lui la matière colorante. Après avoir recueilli et lavé les précipités, on les mélange à une certaine quantité de sulfate stanneux ou mieux à une proportion convenable de mordant jaune enlevage. Le plomb qui se trouve dans ces couleurs contribue à rendre la laque adhérente.

Orange enlevage sur bistre.

L'orange de chrome enlevage se prépare d'après les mêmes principes.

On épaissit 10 lit. précipité orange de chrome, qu'on obtient

en faisant bouillir du chromate plombique dans une solution

d'hydrate calcique , avec :

1k,2o0 farine, et, pour rendre cette préparation rongeante,

on y ajoute 3k,650 chlorure stanneux.

Les principales couleurs rVpnl^mîn*»^ >,„~ -p~-j~ * - *

fabricat

plus qu

résulte

FONDS BISTRE ENLUMINES. /|03

Après avoir préparé un fond bistre à la nuance voulue , on le passe immédiatement en acide sulfurique faible , afin de le rendre plus uni et plus accessible aux agents qui doivent l'attaquer.

Dans l'éch. 337 , on a imprimé à la planche :

1 ° Le blanc enlevage ; 2° Le jaune enlevage; 3° L'orange enlevage:

4° Le rouge enlevage; 5° Le bleu enlevage ; 6° Le vert enlevage.

Lorsque le fond bistre a été parfaitement rongé , on a rincé, nettoyé et desséché.

Quand, dans l'enluminage , on a des verts , des violets ou des bleus qui contiennent du plomb , on est obligé d'employer un jaune d'application, pour éviter la teinture en chromate, qui modifierait ces couleurs.

33$. Fond bistre* avec impression rouille et jaune enlevage.

L'éch. 338, fond bistre, avec impression jaune, rouille et orange , a été imprimé au double rouleau ; c'est un produit de fabrication angl aise .

Dans l'éch. 339, on a imprimé à la planche, à laperrotine ou

339* Fond bistre avec impression blane . bleu et rouge

enlevage*

au métier à surface :

\° Le blanc enlevage qui forme les contours; 2° Le bleu enlevage sur bistre; 3° Le rouge enlevage sur bistre ; et par dessus, au rouleau, le filet jaune de chrome enlevage.

Des fonds bistre modifiés et enluminés par le bleu de cuve.

§ Shli. En superposant un fond bistre sur un fond bleu cuvé clair, ou l'inverse, un fond bleu sur un fond bistre, on obtient toujours une nuance complexe ; mais, dans le premier cas, cette nuance , peu différente de celle du bistre , vire tout au plus à l'olivâtre, tandis que 5 dans le second, elle passe au noir par suite de la grande quantité d'indigo dont le suroxide manganique détermine la précipitation, § 824, p. 326.

En ajoutant à ces deux fonds complexes des effets d' enlevage ou de réserve, on est parvenu à réaliser des articles aussi intéressants par l'aspect qu'ils présentent que parles réactions chimiques qui leur donnent naissance ; tantôt on associe deux opérations d' enlevage, enlevage sur bistre et enlevage sur bleu ; tantôt , au contraire, on fait concourir les opérations d'en-

FONDS BISTRE ENLUMINES. /JQ5

levage sur bistre et de réserve sur bleu. Entrons à cet égard dans tous les détails que comporte cette fabrication remarquable.

§ Sà5. Fonds bistre ayant pour base un fond bleu. On teint un bleu uni clair, éch. 53, on le foularde en chlorure ou en sulfate manganeux d'un degré déterminé pour la nuance à réaliser, on plaque en potasse caustique, on opère, en un mot, comme s'il était question de former un' fond bistre uni , éch. 79, et l'on a un fond complexe, résultat de la superposition d'un fond bistre sur un fond bleu. Cette dernière couleur étant d'un ton très peu élevé, la couleur bistre ou n'est que très faiblement changée ou prend un ton olivâtre plus agréable à 1 œil. C'est sur ce fond qu'on fait réagir des corps qui, tantôt simples agents réducteurs, comme le chlore stanneux, réduisent le suroxide manganique et font apparaître de belles impressions bleu ; tantôt, agents destructeurs du suroxide et ordinairement du bleu , font apparaître le blanc; tantôt enfin, se comportant comme les précédents, mais chargés des éléments d'une nouvelle couleur, la font ressortir, soit immédiatement, soit par des opérations subséquentes .

La maison Haussmann, du Logelbach, a fabriqué dans le temps , au double rouleau , de superbes articles de cette es pèce avec impression jaune et bleu en dessins d'une délicatesse extrême. Voici les préparations qu'elle employait.

£®M. Blanc enlevage sur fond bistre et bleu.

A 10 kil. empois d'amidon, fait à raison de lk,750 amidon pour 8 kil. eau, on ajoutait :

4k, 600 acide tartrique, 4 M 00 acide oxalique, 0k,350 acide nitrique.

*M32< Bleu enlevage sur fonds bistre et bleu.

A 10 kil. empois d'amidon, à lk,750 amidon pour 8 kil. eau, on ajoutait :

10 kil. sulfate stanneux , Ok,4 60 gomme adragante.

<M83 . Mordant enlevage jaune de chrome sur fond bistre et bleu.

A 10 kil. blanc enlevage sur bistre et bleu on mélangeait :

5 kil. sulfate plombique en pâte, § 260, 0k,320 acide tartrique , Ok,4 60 acide oxalique , 0k,080 acide nitrique.

<&&£. Mordant vert enlevage sur fonds bistre et bleu.

A 10 kil. bleu enlevage on mélangeait :

5 kil. sulfate plombique , 4k,25 sulfate stanneux.

Lorsque toutes ces préparations étaient imprimées , on passait , durant trois ou quatre minutes , à l'eau sans battre , puis dans un lait de chaux froid , pour décomposer le sulfate plombique , le rendre basique et adhérent au tissu ; on rinçait alors de nouveau , sans battre , et l'on teignait en bichromate potassique. Pour développer une couleur orange, il suffisait de faire intervenir le chromateealcico-potassique.

On a beaucoup varié la fabrication des fonds bistre . et il nous serait difficile de passer en revue tous les genres de dessins auxquels elle a donné lieu ; il est cependant un effet de mi-fond qui mérite d'être signalé.

On imprime à la planche un violet , un rose et un jaune enlevage , puis une réserve mécanique au savon vert , pour protéger le bistre , et , par-dessus , au rouleau , un dessin guilloché jaune enlevage , avec un autre dessin mille-raies portant des figures ramages. Les lignes droites et ondulées , en se coupant , produisent un effet semblable à celui de la fig. 80, et d'autant plus marqué qu'on a soin d'imprimer des jaunes d'intensités différentes.

§ 846. Fond bistre modifié par la superposition d'un fond bleu de cuve. Ce genre, dit tête de Maure , lapis fond bistre , a eu un immense succès , tant en France qu'en Angleterre. En 1833,

FONDS BISTRE ENLUMINES. ^Q7

on l'exécutait avec une rare perfection chez M. J. Schlumberger jeune. L'éch. 340, le seul que nous ayons pu trouver dans

3J.O. Lapis fond bistre.

le commerce , n'est point de nature à donner une idée exacte de ce qu'a été cette fabrication; mais nous le présentons pour en mieux faire comprendre l'essence. On y remarque un fond noir, dans lequel se trouvent parsemés des sujets bistre, bleu et blanc. Ce qui a surtout fait distinguer les produits de M. Schlumberger en ce genre , c'est l'exactitude avec laquelle il faisait rentrer toutes les figures les unes dans les autres : ainsi , dans les dessins qu'il imprima d'abord , on voyait des carreaux en lignes ondulées dont les bords étaient exactement contournés d'un filet blanc ou de picots. C'est à cette régularité dans la juxtaposition des couleurs qui caractérise les lapis et qu'on retrouve dans le genre bistre cuvé , que cet article a dû le nom de lapis fond bistre. Voici la méthode que suivait M. J. Schlumberger :

Il mattait d'abord les pièces dans une solution de chlorure manganeux à 13°. 4B , desséchait ensuite et passait le lendemain au foulard dans une solution de soude caustique à 16° AB. Quand la suroxidation de l'oxide manganeux avait eu lieu , et

HB

HP

10 kil. sulfate stanneux , 0k,1 60 gomme adragante.

<M83 . Mordant enlevage jaune de chrome sur fond bistre et bleu. A 10 kil

0* 434. Mo:

A 10 ki

Lorsque sait , dura] dans un la

bique , le rendre basique et adhérent au tissu ; on rinçait alors de nouveau , sans battre , et l'on teignait en bichromate potassique. Pour développer une couleur orange, il suffisait de faire intervenir le chromate calcico-potassique.

On a beaucoup varié la fabrication des fonds bistre . et il nous serait difficile de passer en revue tous les genres de dessins auxquels elle a donné lieu ; il est cependant un effet de mi-fond qui mérite d'être signalé.

On imprime à la planche un violet , un rose et un jaune enlevage , puis une réserve mécanique au savon vert , pour protéger le bistre , et , par-dessus , au rouleau , un dessin guilloché jaune enlevage , avec un autre dessin mille-raies portant des figures ramages. Les lignes droites et ondulées , en se coupant , produisent un effet semblable à celui de la ftg. 80, et d'autant plus marqué qu'on a soin d'imprimer des jaunes d'intensités différentes.

§ 846. Fond bistre modifié par la superposition d'un fond bleu de cuve. Ce genre, dit tête de Maure , lapis fond bistre, a eu un immense succès , tant en France qu'en Angleterre. En 1833,

FONDS BISTRE ENLUMINES. I\ 07

on l'exécutait avec une rare perfection chez M. J. Schlumberger jeune. L'éch. 340, le seul que nous ayons pu trouver dans

3<iO« Lapis fond bistre.

le commerce , n'est point de nature à donner une idée exacte de ce qu'a été cette fabrication; mais nous le présentons pour en mieux faire comprendre l'essence. On y remarque un fond noir, dans lequel se trouvent parsemés des sujets bistre, bleu et blanc. Ce qui a surtout fait distinguer les produits de M. Schlumberger en ce genre , c'est l'exactitude avec laquelle il faisait rentrer toutes les figures les unes dans les autres : ainsi , dans les dessins qu'il imprima d'abord , on voyait des carreaux en lignes ondulées dont les bords étaient exactement contournés d'un filet blanc ou de picots. C'est à cette régularité dans la juxtaposition des couleurs qui caractérise les lapis et qu'on retrouve dans le genre bistre cuvé , que cet article a dû le nom de lapis fond bistre. Voici la méthode que suivait M. J. Schlumberger :

Il mattait d'abord les pièces dans une solution de chlorure manganeux à 13° AB , desséchait ensuite et passait le lendemain au foulard dans une solution de soude caustique à 16° AB. Quand la suroxidation de l'oxide manganeux avait eu lieu , et

Hf

Page 1