‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissusChapitre 233 sur 291 · B^^BI · texte numérisé non relu

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!\l\0 DE LA FABRICATION EN PARTICULIER.

couleurs d'enluminage rouge, rose, violet et lilas ; cependant , si l'on se rappelle ce que nous avons dit de la difficulté de conserver intactes certaines nuances pendant ravivage des rouges et des roses et de la nécessité de les rendre complexes pour leur ôter toute affinité décidée pour les couleurs élémentaires qui les composent , on sent bientôt qu'il n'est pas toujours possible de suivre cette voie , à laquelle il faut dès lors en substituer une autre. C'est cette dernière qui doit nous occuper ici, la première n'étant absolument que la fabricatiou du genre fond blanc enluminé riche , dans lequel , après avoir imprimé les mordants noir et puce qui constituent le fond , et ceux pour violet , rouge et rose, on bouse, on teint en garance, on avive et l'on rentre des couleurs d'enluminage.

La fabrication que nous allons développer a beaucoup d'analogie avec celle du genre gros bleu enluminé , § 827, ainsi qu'on va s'en convaincre.

§ 854. Fonds noirs avec enluminage rouge et rose solides [riches ). Il y a bientôt un siècle qu'on exécutait ce genre ; nous avons sous les yeux des échantillons de toile de lin fond noir, impression gros et petit rouge qui sont irréprochables. On imprimait d'abord un mordant fond noir, dans lequel le dessin se trouvait réservé par la gravure ,-on teignait ensuite en garance, on purifiait le blanc, puis on rentrait, au moyen d'une seconde planche portant en relief les formes gravées en creux sur la -première, un mordant fin rouge ; on rinçait de nouveau, on avivait le rouge, et l'on obtenait ainsi un fond noir garance avec rouge. A ces nuances on ajouta bientôt le rose, puis les autres couleurs d'enluminage, à mesure qu'on les découvrit, et cette fabrication subit successivement tous les perfectionnements qui s'introduisirent dans celle des fonds blancs garances enluminés, un des éléments de ces fonds noirs enluminés. M. Eck , de Cernay, s'est surtout signalé dans ce genre ; les noirs qu'il a produits non seulement n'ont point été dépassés en beauté , mais même n'ont pu être imités. C'est à son obligeance et à celle de

FONDS NOIRS ET PUCES ENLUMINES. !\l\l

M. Schwartz , son gendre, que nous devons de pouvoir présenter en détail les principales phases de ces produits , qu'on ne réalise plus que dans des cas exceptionnels , vu les frais qu'ils entraînent et le bas prix actuel des impressions.

A l'aide d'une gravure dans laquelle les contours des sujets d'enluminage sont réservés , on imprime le mordant pour fond noir, qui est un noir au pyrolignite ferreux , épaissi à la gomme ou à Y amidon , additionné quelquefois d'une certaine quantité de campêche et de cachou , par exemple :

A 10 lit. décoction de campêche, à lk,125 par litr. et 280 gr.

cachou , on ajoute :

\ 0 lit. pyrolignite ferreux ; on épaissit avec 2k,960 amidon , puis on incorpore au tout 0k,640 huile tournante.

Comme ce mordant doit être très souvent appliqué en grandes masses , il convient de ne pas trop l'épaissir, pour que le fond soit le plus uniforme possible ; mais alors , afin de prévenir les coulages, quelques fabricants ont soin d'engaller préalablement les toiles ; la réaction qui a lieu entre le tannin de la noix de galle et le mordant de fer s'oppose au mouvement de ce dernier sur les parties blanches.

Ce mordant imprimé , on l'expose quelques jours à l'air pour qu'il s'oxide, on bouse ensuite à la température de 80°, à la cuve carrée , dans un bain contenant avec la bouse une certaine quantité de quercitron , qui constitue une véritable teinture ; on nettoie avec soin , et le tissu se présente dans l'état de l'échantillon 363.

Après cette opération , qui a pour objet de fixer le mordant à l'étoffe, tout en lui faisant contracter avec la matière colorante jaune une combinaison qui peut être détruite ultérieurement, on procède à la teinture du fond dans un bain composé , pour six pièces , de :

* 6 kil. quercitron , 15 kil. campêche, 1k,250 noix de galle ,

6 kil. son ,

6 lit. bouse de vache.

Le mélange du quercitron , de la noix de galle et du campêche a pour résultat de produire un noir complexe , pendant

1U!$. Mordant de fer pour fond noir, imprimé et bousé avec

addition de quercitron.

que le son et la bouse de vache empêchent les parties blanches de se salir. Après la teinture , on nettoie , on donne même des passages en son pour purifier le blanc , et le noir est alors formé, éch. 36 A.

36 J-. Fond noir avec blanc réservé par la gravure, teint et prêt à recevoir îa rentreire des mordants lin rouge et petit rouge.

FONDS NOIRS EÏ PUCES ENLUMINES. /|/j3

Lorsqu'on passe un pareil fond dans un bain de garance, la matière colorante de cette dernière, plus puissante que l'hématine et que celle du quercitron, déplace de l'une et de l'autre une certaine quantité qui se répand dans le bain en se portant quelquefois sur les mordants dont elle altère les nuances ; pour éviter de pareils accidents, M. Eck passait ses toiles dans le résidu d'un garançage où toute la matière colorante du campêche et du quercitron , susceptible d'être déplacée , se trouvait immédiatement mise en liberté, et, après cette teinture préalable, blanchissait le fond, s'il était nécessaire. Un bain de garance même épuisé par la teinture , contient toujours assez de matière pour colorer des toiles chargées de mordants purs ou de laques dont les principes colorants sont plus faibles.

A la suite de cette opération préliminaire, on rentre dans le

fond noir, éch. 365 :

\ ° Un mordant fin rouge,

2° Un mordant troisième rouge ou petit rouge,

On expose à l'air, on bouse, à la température de 70°, une première fois dans la cuve carrée , une seconde dans la cuve

H€l5e Fond noir? dans lequel on a rentré les mordants tin

en rond, on nettoie parfaitement , on teint en garance d'Avignon avec addition de craie, à raison de 27 kil. garance pour

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