‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissusChapitre 262 sur 291 · BUSH · texte numérisé non relu

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l'acide oxalique , qui avait d'abord disputé l'alumine au tissu, la lai restitue, et il ne reste plus qu'à passer en eau légèrement acidulée par le chloride hydrique et à savonner pour compléter l'avivage. Tel est du moins le procédé que suivait M. Ed. Schwartz lorsqu'il fabriquait ses belles imitations du genre qui a pris naissance à Claye.

On peut encore effectuer les conversions sur couleurs garancées en substituant un mordant à un autre , ainsi que le démontrent les échantillons qui suivent.

L'éch. 396, dont la fabrication rentre dans le § 798, est

. Bandes fin rouge garancécs et avivées ~9 coupées pat des

bandes rouille.

le produit delà superposition d'une bande rouille sur des bandes fin rouge garancées et bien savonnées. Le point d'intersection ne présente , comme on le voit, que la nuance moyenne des deux couleurs élémentaires.

L'éch. 397, de même fabrication que le précédent, si ce n'est que les bandes puces y sont plus larges, offre l'effet de conversion qui nous occupe. On a imprimé une solution d'acide oxalique qui, en coupant longitudinalement la bande rouille, a fait apparaître du blanc sur toutes les parties de cette couleur seule, du violet sur tous les points où elle recouvrait le rouge,

CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT.

3f*¥. Bandes lin rouge garance coupées par des bandes rouille, sur lesquelles on a imprimé de l'acide oxalique qui a converti en violet les parties rouges recouvertes de rouille.

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que l'oxalate ferreux a modifié par suite de la double décomposition qui a eu lieu entre les bases en présence. On met souvent à profit cet effet, particulièrement dans les fonds rouille qui recouvrent des couleurs rouge et rose garancées; mais l'action produite sur l'éch. 397 prouve que des parties rouges isolées peuvent être modifiées sur des points donnés et passer au violet, si l'on y imprime au lieu d'acide oxalique de l'oxalate ferrique, mais avec certaines précautions , puisque l'acide oxalique ne retenant pas indéfiniment les bases auxquelles il s'associe tout d'abord, finit par les céder au tissu, § hlh, p. 162. Dans les deux échantillons que nous venons de présenter, abstraction faite de l'action de l'acide oxalique, la superposition du rouille sur le rouge donne une nuance complexe qui représente la moyenne des deux nuances superposées ; il n'en est plus ainsi lorsque l'on fait intervenir des substances astringentes dans le garançage , parce qu'alors le tannin , se combinant au mordant conjointement avec la matière colorante de la garance , donne naissance aune laque qui ne peut plus être recouverte d'oxide ferrique sans en être impressionnée et sans déterminer un phéiv. 32

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le produit delà superposition d'une bande rouille sur des bandes fin rouge garancées et bien savonnées. Le point d'intersection ne présente , comme on le voit, que la nuance moyenne des deux couleurs élémentaires.

L'éch. 397, de même fabrication que le précédent, si ce n'est que les bandes puces y sont plus larges, offre l'effet de conversion qui nous occupe. On a imprimé une solution d'acide oxalique qui, en coupant longitudinalement la bande rouille, a fait apparaître du blanc sur toutes les parties de cette couleur seule, du violet sur tous les points où elle recouvrait le rouge,

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que l'oxalate ferreux a modifié par suite de la double décomposition qui a eu lieu entre les bases en présence. On met souvent à profit cet effet, particulièrement dans les fonds rouille qui recouvrent des couleurs rouge et rose garancées ; mais l'action produite sur l'éch. 397 prouve que des parties rouges isolées peuvent être modifiées sur des points donnés et passer au violet, si l'on y imprime au lieu d'acide oxalique de l'oxalate ferrique, mais avec certaines précautions , puisque l'acide oxalique ne retenant pas indéfiniment les bases auxquelles il s'associe tout d'abord, finit par les céder au tissu, § 474, p. 162. Dans les deux échantillons que nous venons de présenter, abstraction faite de l'action de l'acide oxalique, la superposition du rouille sur le rouge donne une nuance complexe qui représente la moyenne des deux nuances superposées ; il n'en est plus ainsi lorsque l'on fait intervenir des substances astringentes dans le garançage , parce qu'alors le tannin , se combinant au mordant conjointement avec la matière colorante de la garance , donne naissance aune laque qui ne peut plus être recouverte d'oxide ferrique sans en être impressionnée et sans déterminer un phéiv. 32

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nomène de conversion. Ainsi dans l'éch. 398 , après avoir im-

39 §• Bandes fin ronge garancécs avec addition de noir de galle , et sur lesquelles on a superposé des bandes rouilles qui ont développé du noir au point d'intersection*

primé des bandes en mordant fin ronge, on a bousé, teint dans un mélange de garance et de noix de galle , avivé ensuite les parties blanches , puis coupé les bandes rouges par des bandes transversales rouilles qui, en se superposant, n'ont pas produit du brun, comme dans l'éch. 396, mais du noir.

Le même effet se trouve réalisé dans l'éch. 399 : seulement,

& SIflo Bandes lin rouge garancées avec addition de quercitron, et sur lescjuelïes on a superposé des bandes rouille qui ont développé du noir aux points d'intersection.

CONVERSIONS OPEREES CHIMIQt'EMENT. /|99

au heu de noix de galle, on a introduit dans la garance une certaine quantité de quercitron et du sumac, en sorte que les bandes rouille sont devenues d un noir plus jaunâtre et le rouge d'un ton plus orangé, en raison du jaune qui s'est ajouté au rouge de la garance. C'est d'après ces principes qu'on fabrique un genre carreaux connu sous le nom de Napolitaine, qui se place avec avantage en Italie et dans le Levant.

; A ces réactions on peut rattacher celles que l'on obtient en mélangeant aux matières colorantes des bois, tjui ne se combinent aux étoffes de soie qu'au moyen de mordants, du curcuma, qui, au contraire, y adhère sans l'intervention de ces auxiliaires. A une certaine époque , on fabriquait ainsi des foulards fond jaune-orange avec rouge et noir. On imprimait des mordants d'alumine et de fer pour rouge , puce et noir, et l'on teignait ensuite clans un mélange de bois rouge , de sumac et de curcuma. Toutes les parties mordancées, attirant la matière colorante rouge, devenaient orange, rouge et noir, tandis que toutes celles qui ne l'étaient pas , n'attirant que le curcuma , passaient au jaune. En enlevant ou en rongeant en traits déliés certaines parties du mordant appliqué clans cette fabrication, on produirait dans le dessin des solutions de continuité qui passeraient au jaune.

Nous avons encore à constater un mode de conversion qui a été exploité sur une grande échelle et varié à l'infini : nous voulons parler des conversions enlevées à la cuve décolorante sur fonds violet et puce garances , couleurs dont le fer est un des éléments constitutifs. Nous trouvons clans les échantillons de la maison Kœchlin frères , exposés à la Société industrielle de Mulhouse, des bandes puce et lilas , bordées de festons vert obtenu par conversions encadrés de jaune.

Dans l'éch. 400, on a d'abord imprimé un mordant violet, bousé , garance, avivé , puis, après avoir foulardé dans une dissolution de prussiate potassique de 2 à 6° AB , imprimé un jaune enlevage à la cuve décolorante, § 625, passé en cuve, rincé et teint en ehromate. Sous l'influence de l'acide, la ma-

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4 OO* Bandes violettes garancées , converties en vert par «les bandes jaune enlevage qui les coupent perpendiculairement.

tière colorante de la garance a été détruite comme dans le genre Aladin ; mais le fer n'ayant pu disparaître en présence du prussiate, le tissu s'est trouvé, à la sortie de la cuve, imprimé de bleu mélangé d'oxide plombique, qui, passé en chromate, s'est transformé en jaune et a donné lieu à du vert; en sorte que les bandes primitivement violettes ont été coupées par les bandes jaunes passant au vert sur le violet. La fabrication de l'éch. A01 est la même, avec cette différence qu'au lieu d'opé-

40fi« Bandes puce garancées, converties en vert par des bandes jaune enlevage qui les coupent perpendiculairement.

CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT. 501

rer sur des bandes violettes , on a fait passer sur des bandes puce des bandes jaunes qui ont passé au vert à leurs points d'intersection. Les résultats sont encore autres quand , au lieu de foularder en prussiate, on se borne à imprimer ce corps sur des points déterminés.

En procédant par voie d'enlevage, on obtient des effets très remarquables : ainsi un dessin rose garance étant donné , on peut y appliquer une solution gommeuse d'oxalate ferreux , la faire sécher, imprimer une solution de gomme , passer en chlore gazeux pendant qu'elle est encore humide , pour détruire la couleur, puis dans une eau ammoniacale , et teindre dans une matière colorante jaune ; on arrive ainsi à convertir en rouge, violet, jaune, etc., tous les traits du dessin.

Maintenant on multipliera à l'infini les effets de ce genre si, au lieu d'un simple mordant , on emploie un mordant complexe.

Quand on se sert de couleurs qui portent avec elles des éléments de destruction , il est facile de développer des conversions. Qu'on ait , par exemple , une bande vert d'application solide, éch. 185, et qu'on imprime sur cette bande une solution de chloride hydrique convenablement concentrée et épaissie , l'acide chromique mis en liberté détruit le bleu (c'est un moyen que nous avons vu utilisé en fabrique ) , et si l'on traite alors le tissu de manière à ne pas enlever l'oxide plombique , il n'y a plus qu'à teindre en cochenille pour réaliser un vert conversion lilas , éch. A02.

Les principaux cas de conversion étant établis , il nous reste à passer en revue les applications qu'on en peut faire aux différents genres d'impression.

Les impressions bleu et vert solides se prêtent à beaucoup d'effets de conversion : on développe , par exemple , avec le bleu une conversion rose, en imprimant un bleu de pinceau avec addition de mordant d'alumine, comme s'il s'agissait de produire du vert de pinceau, § 679 , puis en détruisant le bleu sur tous les points où le rose doit paraître par la teinture du mor-

#OS. Vert d'application solide avec impression lilas coche

ni lie conversion.

dant d'alumine et en enlevant, au contraire, le mordant sur les points qui doivent rester bleus. Une foule d'autres moyens conduisent aux mêmes résultats. Admettons qu'on ait réalisé sur un genre fond blanc , en une figure quelconque (pois, anneau , rose , etc. ) , la première opération d'un vert à l'aluminate , § 684, on a du bleu chargé d'alumine, qui n'a besoin que de passer en quercitron pour devenir vert; si l'on imprime sur ce bleu un corps capable d'enlever l'alumine, tel que l'acide oxalique, l'acide tartrique ou un mélange de tartrate et d'hydrate potassiques , et qu'ensuite on rince et l'on teigne en jaune, la figure , au lieu d'être uniformément verte , est en partie bleue et en partie verte. Qu'après y avoir imprimé de l'hydrate potas^ sique chargé de tartrate pour détruire l'alumine , on foularde en chromate potassique, et qu'on applique de l'acide oxalique sur tous les points dont on veut faire disparaître le bleu , § 552 , comme l'hydrate potassique fait réserve sous l'acide oxalique , ce dernier ne détruit le bleu que sur les parties non préservées par la potasse : or, en passant dans un bain alcalin, comme dans les lapis enlevés , on restitue à la toile l'alumine dissoute par l'acide oxalique , et alors , selon qu'on teint clans un bain de cochenille ou dans un bain jaune , on a dans le premier cas des

CONVERSIONS OPEREES CHIMIQUEMENT. 503

figures en partie bleues et en partie rouges , dans ie second des figures en partie bleues et en partie jaunes.

Quand sur ce vert de pinceau, qui est chargé de sulfide arsénieux , on imprime , après l'oxidation du. bleu , mais avant de laver, un sel plombique ou un sel cuivrique, les bases de ces sels, en se combinant avec le sulfide arsénieux , donnent naissance à un brun, en sorte qu'en nettoyant l'étoffe on obtient un dessin bleu, conversion olive ou brun.

Le vert d'application solide se prête aussi à beaucoup d'effets semblables : en détruisant le bleu par l'intervention d'un acide tout en ménageant le jaune, on réalise un vert conversion jaune ; en détruisant le jaune sans attaquer le bleu, un vert conversion bleu ; en combinant ces deux effets , un vert conversion bleu et jaune.

Comme le fer peut être fixé en même temps que l'indigo, et que le nitrate ferreux contribue même à favoriser la dissolution et l'adhérence de ce dernier à l'étoffe, § 558, on fait servi]* ce fait à la réalisation d'effets de conversion, en teignant en garance ou tout autre principe colorant.

Le cachou donne également lieu à une foule de réactions de ce genre : par exemple , si l'on imprime du chromate potassique sur un dessin cachou, tous les traits touchés par cet agent oxidant. passent à une nuance beaucoup plus foncée , et si , après avoir imprimé et fixé un cachou mélangé d'un sel ferrique , on y applique un blanc conversion à l'acide oxalique , celui-ci, en enlevant le fer, fait apparaître des dessins ou des traits d'une nuance d'autant plus claire que la proportion de ce métal était plus grande. On obtient le même résultat avec plus de facilité encore quand on associe des sels manganeux au mordant de fer.

Gomme les rouilles sont à base de fer, on réalise sans peine, sur des impressions de cette couleur, des dessins de diverses nuances , soit par les moyens mécaniques qui s'appliquent à toutes les couleurs , soit par ceux que nous avons fait connaître en parlant des conversions sur mordants , soit enfin en

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mélangeant à la préparation rouille une certaine quantité de sel plombique, dont on fixe la base en même temps que le rouille par des passages en chlorure de chaux, qui ont, en outre, pour effet d'oxicler le plomb. Or, on peut toujours converti?' sur certains points cette couleur complexe en imprimant un mélange de bichromate potassique et d'un peu de chloride hydrique qui détruit le suroxide, ronge en grande partie le rouille, et donne naissance à un dessin conversion jaune dans un dessin rouille.

Les doubles teintes bistre s'obtiennent encore comme les conversions sur mordants. On peut aussi, sur des dessins de cette nuance, développer des conversions rouille plus ou moins intéressantes: ainsi, en coupant un dessin bistre par l'impression d'une solution de sulfate ferreux chargée d'un peu d'acide oxalique, on détruit le suroxide manganique, à la place duquel il se forme de l'oxide ferrique , qui adhère à l'étoffe , et au lavage le sulfate ferreux, légèrement acidulé par l'acide oxalique, disparaît des parties blanches . Des conversions d'une autre espèce ont enfin lieu lorsqu'on introduit dans le bistre des proportions déterminées de fer ou de plomb : dans le premier cas , on arrive au bleu par l'application d'un élément destructeur du bistre (l'acide oxalique ou tartrique associé à un cyanure ) , dans le second au jaune par celle des mêmes agents et du ejiromate.

Les dessins orange et jaune de chrome sont facilement convertis de l'une à l'autre de ces nuances : ainsi les premiers passent au jaune en présence d'un acide qui ramène le chromate biplombique à l'état de chromate neutre , § 598, et les seconds à l'orange par l'impression d'un mélange de craie et d'hydrate calcique, suivie d'un vaporisage qui rend basiques toutes les parties que la chaux a touchées.

Quand le bleu de Prusse, qui a le fer pour base, résulte d'une teinture, on effectue sur les nuances qu'il produit des conversions du genre de celles qu'on obtient sur les mordants, en imprimant un mordant ferrugineux composé de deux sels , dont l'un seulement se fixe par lui-même, qu'on nettoie et qu'on teint en prus-

CONAERSIOiN'S OPEREES CHIMIQUEMENT. 505

siate. Pour agir sur bleu de Prusse vapeur, il faut procéder ainsi que nous l'indiquerons plus bas.

En ce qui touche les conversions sur couleurs garancées ou teintes qui ont pour base des mordants, nous n'avons à ajouter aux généralités exposées à l'occasion des conversions sur mordant, que quelques détails particuliers. M. Pélissier a exécuté un bel article fond rose , conversion rouge , en opérant de la manière suivante : il imprimait à la planche un cercle en blanc réserve à l'arséniate, n°7, § 618, au rouleau mille- raies diagonales, une solution épaissie de nitrate aluminique , et , par dessus , un fond rose uni à l'acétate de même base, qui se combinait par lui-même à la toile sur toutes les parties non recouvertes d'arséniate , puis il rentrait, à la planche, dans l'intérieur du cercle, un blanc conversion à l'arséniate potassique, p. 482, qui fixait l'alumine du mille-raies. Le nitrate aluminique disparaissant par le bousage et le dégorgeage des points où il n'avait pas été fixé par l'arséniate , on obtenait à la teinture des cercles blancs avec centres mille-raies rougps au milieu d'un fond rose.

On doit à M. Weissgerber un article conversion sur rouge turc, éch. A03, qui n'est pas non plus sans intérêt. On a im-

41 3# 3 # Fond rouge turc avec couleur enlevage bleu conversion, gros bleu et vert.

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