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d'en rehausser les couleurs , d'en faire disparaître les plis et, au besoin, d'en lustrer la surface, et constitue une branche de la fabrication , généralement connue sous le nom d'apprêt. Les opérations de l'apprêt , dont on fait une spécialité dans certaines localités , sont de deux espèces : les unes ont pour but d'imprégner les toiles de la préparation la plus convenable pour leur donner le corps dont elles ont besoin sans leur rien faire perdre de leur souplesse ni de leur brillant naturel ; les autres , purement mécaniques , sont destinées à en égaliser , lustrer ou satiner la surface.
L'apprêt que reçoivent les toiles de coton a généralement pour base la fécule ou l'amidon , auxquels on associe , selon la nature des couleurs, celle des tissus et la souplesse qu'on veut leur conserver, une certaine quantité d'alun , de savon , de blanc de baleine , d'acide stéarique , et même de cire , quand les pièces doivent être soumises au satin âge.
La proportion de fécule qui entre dans les apprêts de ce genre varie de 15 gr. par litre d'eau pour les mousselines et étoffes légères , à 75 gr. pour les calicots et piqués , quand les uns et les autres sont encore humides ; cette proportion se réduit de moitié quand on charge d'apprêt des pièces déjà sèches.
On apprête à la gomme et à la dextrine les étoffes de soie ; quant à celles de laine , on les imprègne tout au plus d'une solution d'alun, pour rehausser la vivacité des couleurs.
La machine dont on se sert généralement pour l'apprêt des étoffes est le foulard. On plaque uniformément le tissu comme s'il s'agissait de l'imbiber d'un mordant ; mais la nature des toiles et des couleurs oblige quelquefois à recourir à d'autres moyens. Une étoffe légère, par exemple, ne saurait être apprêtée de cette manière , attendu que , sous une pression trop forte, dépouillée de la majeure partie de l'empois nécessaire, elle ne conserve plus aucun corps , et qu'au contraire, sous une pression insuffisante , elle laisse apparaître de grandes inégalités ; c'est pour obvier à de pareils inconvénients qu'on encadre sou-
des apprêts. 509
vent les mousselines au Champagne et qu'on les immerge dans l'empois , comme si l'on teignait en bleu d'indigo. On pourrait aussi étendre l'empois sur un drap sans fin mis en mouvement et y appliquer le tissu. De même aussi, quand on a imprimé des couleurs d'application qui, ne supportant pas les lavages, ne peuvent être imbibées d'empois liquides qui les feraient couler, on se sert, pour les apprêter, d'un autre appareil : la machine à imprimer au rouleau , § 515. Dans ce cas , on introduit l'empois dans le baquet et on l'applique à l'envers de l'étoffe, dont les couleurs ne supporteraient pas le contact direct de cette matière go m m eus e.
Après avoir donné l'apprêt , desséché brusquement , § 472 , ou à l'air libre, § A70, on procède au calandrage.
§ 867. Calandrage ou cylindrage. Cette double opération, qui a pour objet d'étendre uniformément les toiles en leur donnant un léger lustre, s'exécute sur les tissus destinés à recevoir des impressions àla planche, etsur ceux qui, après les avoir reçues, vont être livrés à la consommation : c'est, en définitive, l'opération de la repasseuse exécutée sur une grande échelle.
L'appareil adopté dans les fabriques est formé de rouleaux superposés : l'un en cuivre ou en fonte de fer, et creux pour pouvoir être chauffé, l'autre en bois ou en carton. Les cylindres en carton , que nous avons empruntés à l'Angleterre en remplacement des cylindres en bois qu'on employait autrefois , se font d'une manière fort simple; on superpose des feuilles de papier ou de carton préparées dans ce but , on les comprime à la presse hydraulique, on les scelle entre deux plaques de cuivre ou de fonte, pour les maintenir ainsi rapprochées , on y ajoute ensuite un axe en fer, et on les tourne [voyez le Mémoire de Cardet, Annales dOreilly, t. XIII , pag. 78).
Nous donnons, pi. XVI, la coupe en profil d'une calandre de l'invention de M. Charles Dollfus , qui a fait l'objet d'un rapport favorable de M. Joseph Kœchlin à la Société industrielle de Mulhausen. Nous croyons devoir reproduire ici le rap-
p#ft et la description de la machine telle que l'a donnée l'auteur lui-même.
Rapport fait par M. Joseph Kœcklin, au nom du comité de mécanique, sur une calandre perfectionnée de MM. Witz , Blech et comp. , à Cernay ; inventée et présentée à la Société industrielle, par M. Charles Dollfus.
Lu à la séance du 24 octobre 18~0.
« Les calandres employées dans les fabriques d'indiennes ont pour » objet de donner un lustre uni à l'étoffe, tantôt pour la préparer à » mieux recevoir l'impression , tantôt pour donner un dernier apprêt à >- la marchandise fine et relever l'éclat des couleurs.
» Ce satinage est plus ou moins fort, suivant le but qu'on se propose, i) et peut être classé en trois séries générales et distinctes :
» 1°' Pour les toiles qui doivent recevoir l'impression en première » main, il faut un satinage très fort. C'est de cette condition que dépendent » la netteté et la régularité de l'impression et l'exactitude des rapports. » C'est ce qu'une longue expérience a appris à nos fabricants, et il » serait sans doute superflu d'entrer dans de grands détails pour prouver » ce fait. II nous suffira de dire que, dans la plupart des fabriques, on » passe les pièces pour la première main deux fois par le cylindre , » et chaque fois entre les deux cylindres de carton.
» 2° Les pièces déjà teintes en garance ou autrement, et qu'il s'agit » de rentrer, doivent recevoir un satinage beaucoup moins fort ; c'est « un principe reconnu et appliqué partout , et dont il faut probablement )) chercher la raison en ce que l'équerre du dessin étant dérangé par le » lavage et souvent par la nature particulière du tissu , l'imprimeur, » pour bien appliquer sa planche et rentrer dans les contours, déjà » imprimés , est obligé de tirer sa pièce tantôt en long , tantôt en large, » ce qu'il ne pourrait faire si la pièce était cylindrée fortement.
» 3° Le degré de satinage que l'on donne à la marchandise finie, » varie beaucoup suivant l'article et suivant l'exigence de la consomma- » tion ; ordinairement cependant il est beaucoup moins fort que celui » pour l'impression en première main.
» La calandre de MM. Witz , Blech et comp., que vous avez soumise » au comité de mécanique , étant destinée à produire les divers degrés » de satinage que nous venons d'énumérer, il nous a semblé convenable » d'indiquer d'abord ces opérations; maintenant nous passons à notre » examen.
y Les perfectionnements que nous remarquons dans cette machine » sont :