‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissusChapitre 271 sur 291 · DES JAUNES · texte numérisé non relu

DES JAUNES

a couleur verte qu'il donne A. la flamme d'alcool. Dissoute dans l'acide nitrique , la cendre donne une liqueur qui passe au bleu par l'ammoniaque , au cramoisipar le prussiate jaune et au brun par le sulfide hydrique. Enfin , quand on a peu de matière à sa disposition , on a recours au chalumeau pour s'assurer si cette cendre renferme du cuivre. Lorsqu'on recherche le cuivre dans les couleurs , on ne doit point oublier qu'il y figure sous un état particulier, g 358, et qu'on ne peut, en conséquence, le déceler avec certitude qu'en incinérant la laque qui le renferme et en étudiant la cendre.

Le Meu d'outre-nicr est reconnaissable à sa nuance, à sa résistance à l'action du feu , résistance telle qu'en brûlant une étoffe qui en est recouverte, on retrouve le bleu intact dans les cendres , enfin à la manière dont il se comporte en présence du chloride hydrique , qui le décolore en donnant lieu à un dégagement de sulfiJe hydrique. Il arrive quelquefois que, fixé mécaniquement et abrité par le vernis résineux, il n'est point attaqué par les acides ; mais on désagrège le vernis , en humectant l'étoffe d'éther , et alors l'acide, qui d'abord était sans action sensible sur lui , le détruit sur le-champ.

Bleu mélangé. Quelques étoffes de laine ou chaîne coton présentent des fonds gros bleu , § 756, formés d'un mélange de bleu de Prusse et de bleu de Saxe ; on y constate la présence de ces deux substances au moyen du chlore ou de l'acide nitrique , qui détruisent le premier et laissent exister le second.

Des jaunes . jaune orange et nanl'ins.

£j 871. il y a plusieurs espèces de jaunes : les jaunes de gaude, de quercitron , à la graine, de fustet, de curcuma , des substances astringentes, le jaune orange rocou, le jaune et l'orange de chrome, l'orpiment , le nankin ou chamois.

Les jaunes au «uereitroe sont détruits par le chlore et par l'acide hypochloreux, mais ne virent sensiblement à l'orangé ni par les alcalis , ni par le chlorure ou le sulfate stanneux en

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présence de la chaleur ; enfin , l'acide nitrique leur fait prendre une teinte cachou rongeâtre.

Les jaunes à la graine sont détruits par le chlore et par l'acide hypochloreux ; la solution de potasse les fait virer à la nuance jaune turc, et chauffés avec un peu de chlorure stann'eux saturé , ils passent à l'orange de l'éch. 2 à 5 ; traités par l'acide nitrique , ils prennent une teinture poussière.

Les oranges ou nankins fustet virent au rouge par l'acide sulfurique , à une nuance cachou par la potasse , enfin ils sont détruits par l'acide nitrique.

Les jaunes au eureuma sont décolorés par le chlore , par l'acide hypochloreux, et virent fortement au rouge orangé par les alcalis.

Les jaunes au sumac virent à une teinte plus claire par le chlorure stanneux , rougissent par l'acide nitrique, mais ne sont pas sensiblement modifiés par l'acide sulfurique.

Les jaunes orange au rocou sont difficilement attaqués par le chlore et par l'acide hypochloreux, en raison de leur nature résineuse , mais ils passent au bleu verdâtre en présence de l'acide sulfurique concentré , prennent une teinte foncée , puis disparaissent par l'acide nitrique.

Les jaunes de chrome , indestructibles par la chaleur , si l'on sait prévenir tout phénomène de réduction , sont inattaquables au chloride hydrique faible , mais toujours détruits , au contraire, par cet hydracide concentré. Dissous et décolorés par la solution de potasse caustique, ils se transforment en orange de chrome quand on les immerge dans une eau de chaux bouillante. Les oranges de même base ont les mêmes caractères : seulement , ils virent au jaune-serin par les acides.

Les jaunes d'orpiment, inattaquables par le chloride hydrique, sontsolubles dans la potasse, et, détruits par l'acide nitrique, donnent naissance à une solution qui, introduite dans une petite fiole contenant du zinc et de l'acide sulfurique , fournit un gaz dont on retire, en le brûlant sur une soucoupe de por-

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celaine , d'abondantes taches miroitantes d'arsenic métallique. (Voyez dans les divers traités de chimie l'appareil de Marsh.)

Les nankins et rouilles , plus OU moins foncés ( abricot et

avcmturine) , donnent pour résidu à l'incinérartion qui fait passer l'hydrate ferrique à l'état d'oxide anhydre, une couleur un peu plus foncée que celle qui existait primitivement sur l'étoffe. Le chlore, l'acide hypochloreux sont sans action sur ces couleurs ; le chloride hydrique les attaque plus ou moins bien, selon leur intensité et le mode de fixation que l'on a suivi ; mais , dans tous les cas , un mélange de parties égales de chloride hydrique et de chlorure stanneux réduit immédiatement le rouille le plus foncé et en fait apparaître en blanc tous les points qu'il a touchés. Quelle que soit la préparation rouille sur laquelle on opère, on y développe immédiatement du bleu de Prusse par un mélange de chloride hydrique et de prussiate potassique , du noir ou du gris par une décoction de noix de galle; enfin , on peut toujours l'immerger dans une solution de sulfure ammonique pour faire passer le fer à l'état de sulfure ferreux , et teindre le dessin rouille en une nuance noire , violette ou lilas -, selon la proportion d'oxide ferrique , en passant l'étoffe à la manière ordinaire dans un bain de garance.

Des rouges.

Tous les rouges, à l'exception du rose de carthame, qui est détruit par le chlore et par la chaleur sans laisser de résidu et décoloré par les alcalis caustiques , appartiennent aux couleurs du second groupe , et par conséquent sont le résultat de la combinaison d'un mordant d'alumine ou d'alumine et d'étain avec une matière colorante qui peut être la garance ou ses dérivés , la cochenille, les bois rouges, etc. Sans doute des yeux exercés ne confondent jamais ces diverses couleurs; néanmoins on a besoin de connaître les propriétés qui les distinguent. Leurs caractères génériques sont d'être décolorés par le chlore , par l'acide hypochloreux , et de laisser pour résidu à l'incinération iv. 34

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de l'alumine ou de l'alumine mélangée d'étain, dont on constate facilement la présence en fondant au chalumeau les cendres dans l'acide borique. Leurs caractères spécifiques dérivent tous de la nature de la matière colorante, et, sous ce rapport, les rouges peuvent se subdiviser en deux genres :

a. Ceux qui sont formés par la garance et ses dérivés.

b. Ceux qui le sont par la cochenille et les bois.

a. Rouges formés par la garance e^ses dérivés. Traités par

le cbloride hydrique , les rouges passent au jaune ou jaune orangé sans virer à l'amarante, et si on les plonge ainsi modifiés dans un lait de chaux , tous les points touchés par T acide virent plus ou moins à une nuance d'un beau violet uni , qui se conserve longtemps , mais qu'on peut faire repasser au rose en faisant bouillir l'étoffe dans un bain de savon. Les rouges et les roses sont d'autant moins impressionnables par les acides qu'ils ont été plus saturés de savon et avivés à une température plus élevée; on comprend dès lors pourquoi le rouge turc résiste plus que les rouges ordinaires. Dans ceux-ci même, on n'a qu'à comparer les rouges et les roses que l'on faisait il y a quinze ou vingt ans avec ceux que l'on fait de nos jours, et l'on verra que ces derniers , fortement saturés de savon, ne subissent que difficilement cette transformation qu'amène l'action de l'acide suivie de celle de la chaux.

Les rouges dérivés de la garance se subdivisent en plusieurs variétés : les rouge et rose turcs , les rouge et rose garances ordinaires, les rouge et rose d'application solide de M. Gastard et de MM. Girardin etGrelley , les rouge garancine et garanceux, enfin les roses d'application à la laque de garance. La vivacité des rouges et des roses turcs est , avec la résistance qu'ils opposent à l'action des acides , leur caractère distinctif. Quant aux ronges garances ordinaires , éch. 404, lorsqu'ils sont bien avivés, ils se confondent avec le rouge d'application solide, formé des mêmes éléments dont ils ne diffèrent que par les conditions différentes de leur fixation , opposant clu reste la même résistance à l'air et à la lumière, et laissant, quand ils sont

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