‹ Traité théorique et pratique de l'impression des tissusChapitre 53 sur 291 · HI · texte numérisé non relu

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Quand toutes ces couleurs, dont il nous aurait été facile de grossir la liste, ont été imprimées et vaporisées par l'un ou l'autre des moyens que nous avons indiqués , elles subissent de nouvelles opérations qui en complètent la fixation et même contribuent à leur développement. Quelquefois on se contente de pendre, durant un certain temps , au crochet, à l'eau courante, les pièces qu'elles recouvrent ; l'eau, par l'oxigène qu'elle tient en dissolution , oxidant alors les principes colorab'les , les fait passer à l'état de principes colorés, le morin blanc à l'état de morin jaune, l'hématine à celui d'hématoxiline , etc. ; et pendant que ce phénomène s'accomplit, agissant sur la matière glutineuse qui a servi à l'impression , elle la délaie , s'en charge , et purifie ainsi la laque qui adhère à l'étoffe. Toutes les couleurs qui réclament l'intervention de l'oxigène pourraient , à la rigueur, être traitées de cette manière ; mais, outre qu'il serait souvent très difficile de trouver un assez vaste bassin pour de sem blables expositions , l'eau n'a pas toujours le degré de pureté nécessaire : on est donc quelquefois obligé de recourir aune oxidation plus directe. C'est ainsi qu'après avoir lissé les pièces à deux reprises , à la rivière ou dans un baquet où l'eau se renouvelle , à l'effet d'enlever une partie de l'épaississant qui préserverait la couleur de l'action de l'agent oxidant, on leur donne deux ou trois tours dans un baquet surmonté d'un tourniquet et rempli d'un bain extrêmement faible de bichromate potassique et d'alun, chauffé à la température de 50 à (50% pour les passer de la même manière, au sortir de ce bain, dans un autre formé des mêmes ingrédients , mais plus concentré, les rincer ensuite et les exprimer. On ne peut employer ici , pour dégorger ces pièces, comme s'il s'agissait des couleurs bon teint, des moyens mécaniques , § 440, qui enlèveraient une grande partie de la laque, et, partant, diminueraient l'intensité de la nuance. Il est cependant des fabricants qui les nettoient mécaniquement, en les faisant passer entre deux grands cylindres , où elles reçoivent , au moment où elles s'y engagent et à celui où elles

en sortent, l'action de l'eau qu'on y fait arriver par des tubes horizontaux percés de trous dans toute leur longueur.

En fixant ainsi les couleurs par une solution de chromate potassique plus ou moins étendue , on n'a pas tardé à s'apercevoir qu'à mesure que la laque se dégorgeait, la couleur qui se détachait chargeait le blanc et donnait souvent, lieu à des accidents fâcheux ; on en est donc venu à plaquer les pièces dans une solution de ce chromate convenablement épaissie , afin de prévenir tout mouvement de la couleur avant qu'elle soit oxidée et fixée sur le point même où elle est déposée ; dès lors les parties surabondantes qui peuvent se détacher ultérieurement au lavage n'adhèrent plus aux parties blanches, parce que lamatière colorante oxidée n'a plus la même aptitude à s'y combiner; un coulage eût- il lieu sur le blanc , le chromate qui le recouvre momentanément, faisant réserve sur le tissu, le préserverait de toute adhérence. Toutefois, comme le chromate salit toujours plus ou moins le blanc et la laque , on l'emploie le moins possible. Un autre agent oxidant qui n'offrirait pas cet inconvénient rendrait donc d'importants services. Les couleurs qui demandent surtout une oxidation sont : les bleus et les verts, à base de cyajio -ferrure , les puces et les noirs.

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S 738. La grande tendance qu'a la fibre de la laine pour les couleurs dispense le fabricant de lui faire subir un mordançage préalable ; mais, d'autre part, cette affinité rend fort délicates les opérations du blanchiment et surtout de Yazurage, § 464, p. 97, qui donne lieu, quand il n'est pas fait avec tous les soins que prescrit la science, aux accidents les plus graves. Il résulte, en effet , d'un travail très étendu de M, Chevreul :

1° Que les taches qu'on observe si souvent sur les étoffes

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de laine, à la suite du vaporisage, sont généralement dues à la présence d'un composé de cuivre , ou , plus rarement, à celle d'un composé d'étain sulfuré par le soufre de la laine ;

2° Que ces taches se développent durant le vaporisage, par l'action mutuelle d'un sel de cuivre et de la laine , en présence de la vapeur d'eau.

Le composé auquel on peut rapporter ces taches semble être l'oxide cuivreux formé, soit par l'action directe et réductrice de la laine sur l'oxide cuivrique, soit par celle de l'acide sulfureux, dont la laine peut encore être chargée à la suite des opérations du blanchiment, et qui réduit les sels cuivriques.

L'alumine , qui est la base de beaucoup de couleurs vapeur, est employée, à l'état d'alun ordinaire, d'alun saturé (acétate d'alumine des fabriques), d'acétate aluminique provenant delà dissolution directe de l'hydrate aluminique dans l'acide acétique, d'oxalate aluminico-potassique et de tartrate même , dans les couleurs claires. Dans le choix de ces composés, on doit surtout avoir égard aux observations consignées § 474, p. 160, ainsi qu'à la nature du tissu sur lequel on veut déposer les couleurs. Quand on imprime sur calicot, il importe peu que l'acétate aluminique ait été préparé directement ou par la double décomposition de l'alun et de l'acétate plombique • pour la laine , au contraire , cette circonstance est fort importante, car celui qui dérive de l'acétate plombique retient toujours une certaine quantité de sulfate de la même base, qui, selon la nature de la couleur, peut agir sur la laine et lui donner une teinte brune en raison du soufre qu'elle renferme. Les expériences que nous avons faites nous autorisent à conseiller au fabricant de ne se servir que d'alun pur, et d'ajouter à froid, à chaque couleur épaissie , la quantité d'acétate potassique, sodique ou ammonique , nécessaire pour le rendre cubique et capable de céder sa base à l'étoffe par l'effet seul de la température. On doit employer l'acétate ammonique dans tous les cas où la couleur n'est pas impressionnée par les sels ammoniacaux , et les ciçétates potassique et sodique

dans tous les autres ; cependant le premier donne toujours lieu, toutes circonstances égales d'ailleurs , à des impressions plus

délicates.

Les couleurs qu'on imprime sur laine y sont déposées dans un autre état que sur le coton ; on fait ordinairement concourir les acides , dont la laine supporte assez bien l'action , à la dissolution de la laque , et l'on arrive ainsi à une fixation plus intime et plus uniforme , tout en donnant aux nuances un plus

grand éclat.

M. Lefèbre a émis en principe que , contrairement à ce qui a lieu pour le calicot , les couleurs doivent être déposées sur laine à leur maximum d'oxidation. Cette théorie a quelque chose de spécieux , car la laine est un puissant agent réducteur dont on ne peut méconnaître les effets dans une foule de circonstances ; mais, malgré l'autorité d'un fabricant aussi expérimenté , nous ne saurions en admettre une application rigoureuse. Il n'est point, en effet, indifférent d'oxider une matière colorante avant ou après qu'elle a été déposée sur l'étoffe, car si Von oxide , par exemple , des décoctions de bois par le chromate potassique avant de les déposer sur le tissu , il n'y aura fixation intime et régulière de la laque produite par l'action de l'oxide chromique sur la couleur qu'autant qu'on fera intervenir des agents assez énergiques pour la dissoudre et la présenter à l'étoffe à l'état soluble , résultat qu'on n'obtient jamais sans peine et sans dépenses. Il est donc préférable, sous tous les rapports, d'imprimer une décoction de bois qui contient le principe colorant en grande partie à Xètat Colombie, § 405, en ayant la précaution d'y associer un composé capable non seulement d'oxider la matière colorante , mais encore de neutraliser complètement l'effet réducteur de la laine. Si l'on parcourt les formules des diverses couleurs, on voit qu'elles ont été composées , pour la plupart, d'après cette dernière manière devoir; elles ne présentent souvent que de très légères différences , nécessitées soit

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