‹ Traité théorique et pratique de la construction des batteries [Textbd.] [...]Chapitre 6 sur 50 · Le gazon fait aussi partie des maté · texte numérisé non relu

Le gazon fait aussi partie des maté

riaux employés dans la construction des batteries; il faut pour cela qu’il soit coupé régulièrement en forme de briques.

4.“ Outre les piquets qui servent comme instriimens, dans la construction de;s batteries, il y en a encore qui servent comme matériaux pour fixer les saucissons ou les gazons, etc. Il y en a de 2, 5, 4 et 5 pieds (65 cent, 1 mètre, 1 mètre 3o cent et i mètre 60 cent) de longueur, et ils sont tous de 2 pouces à 2/( pouces (5 cent à 7 cent) de largeur. On leur donne i pouce (3 cent) d’épaisseur dans leur milieu, et on en termine l’extrémité en -pointe. Les plus courts peuvent se faire en bois blanc; mais les plus grands doivent être en bois dur.

On distingue, dans l’artillerie autrichienne, les piquets à crochets , les piquets à mentonnet et les piquets de gazonnage^ Les premiers ont 3 à 4 pieds ( 1 mètre à i mètre 5o cent) de long et sont eu bois dur; ils ont à leur tête une saillie comme les piquets de tentes, et servent à retenir les harts de retraite, dont nous expliquerons plus , loin l’usage. '

Les piquets à mentonnet sont très-j[6rts et

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surmontés d’une espèce de tête saillante : on s’en sert dans la construction des platesformes. Ils ont 2 pieds (65 centimètres) de longueur j la tête relevée est de 4X pouces (i2 cent.), et a 6 pouces (i6 cent.) de long et 2y( pouces ('^cent.) de grosseur; la saillie de la tête est de 3/( pouces (lo cent.); la partie inférieure du piquet a 2^ pouces (7 cent.) d’épaisseur, et se termine en pointe.

Les piquets de gazonnage sont de bois blanc, simplement équarris. Ils ont 1 pied (3o centimètres) de long, et % pouces (2 centim.) de grosseur à la tête. Ils servent, comme leur nom l’indique, à fixer les gazons employés dans la construction des revêtemens.

6.” Les lambourdes sont des prismes rectangulaires de bois dur ou de bois blanc de différentes longueurs : leur description particulière sera donnée plus loin avec leur emploi.

6. " Les madriers ou planches de diffé- ^rentes longueurs, largeurs et épaisseurs sont

encore au nombre des matériaux qui entrent dans la construction des batteries.

7. “ Il en est de même des chevilles en bois dur ou des clous en fer de 6 à 6 pouces ( 16

( lO )

8 21 centimètres) de longueur , et pouce (i cent.) de grosseur, qu’on nomme clous de batterie, et qui sont employés, par les artilleurs allemands, dans la construction des plate-formes.

8. ° Les sacs à terre ou sacs^à sable, dont nous avons déjà donné la description et les dimensions (§. 2, art. i3) et qui servent à transporter de la terre ou du sable, peuvent aussi être employés comme matériaux dans la construction des batteries.

9. ° Enfin, on y emploie encore quelquefois des sacs à laine, formés de coutil, de grosse toile ou de toute autre étoffe d’un tissu solide, que l’on remplit de laine bien pressée, et qu’on lie- avec de petits cordages ou de là grosse ficelle passée en croix. Ces sacs ont ordinairement de 9 à i5 pieds (3 à 5 mètres) de long, sur 5 à 4 pieds" (i mètre à i mètre 3o cent.) de diamètre. On les emploie, à cause de leur peu de pesanteur, à la formation de Vépaulement sur les hdteaux plùts ou radeaux, sur les sites pier-^^ reux ou rocailleux, où l’on ne trouve point de terre; enfin, dans des endroits que rend très-péi’illeux la proximité du feu de l’ennemi, et où l’on doit, par conséquent.

mettre la plus grande promptitude dans ^ construction des batteries.*

La confection de ces differens objets , qu’on peut employer dans la construction des batteries, étant spécialemeüt du ressort de l’artillerie, nous allons entrer dans quelques.détails sur la préparation de chacun d’eux.

Préparation des harts employées à la confection des fascines ou saucissons , et des harts de retraite.

Pour préparer les harts, on coupe, dans les forêts ou dans les taillis , des brins de ‘ jeune chêne, de bourdaine, de coudrier, de saule ou d’osier, de la longueur de 5 ,

1. Au sit'ge de la citaJcIle de Turin, en 1799, les Autrichiens firent usage de ces sacs à laine pour former les para* pets de leurs batteries, établies dans la tranchée, ouverte k 3oo pas du glacis, prés de la porte Susina j et ils prirent à cet effet, par réquisition, une grande quantité de matelas chez les habitans. De cette manière, ils brusquèrent le siège et se rendirent maîtres de la citadelle en peu de jours. Au / siège de Lyon, en 1793, les habitans, obligés d’improviser en quelque sorte des fortifications, employèrent de même des balles de coton, dont leur ville renfermait une très-grande quantité. ^

pieds (i mètre 6o cent.) environ, et ayant les qualités indiquées §. 5, article a; puis on les dépouille, jusqu’à la distance de i pied (32 cent.) du bout, de toutes leurs menues branches.

Il y a différentes façons de tordre ces ■ harts et d’y faire la boucle. Voici celle qui est en usage dans l’artillerie française. On place sous le pied le petit bout de la bart, à l’endroit où elle commence à être assez forte pour former la boucle; de là on commencé à tortiller la bart sur elle-même de la main droite, tenant le gros bout en l’air dans la main gauche , en la laissant tourner par ce bout, mais en l’empêchant de tourner par l’autre, qu’on lient ferme avec le pied. On continue à tortiller ainsi le bois, en remontant et en se redressant, à mesure qu’on sent qu’il a perdu sa roideur, et jusqu’à 1 pied (32 centimètres) à peu près du gros bout; on forme ensuite la boucle, en faisant un nœud d’allemand double qui puisse laisser passer librement le gros bout de la bart.

Dans l’artillerie autrichienne, avant de tordre les harts, on les fait tremper quelque temps dans l’eau, puis on les expose sur un

feu de flamme, jusqu’à ce que la chaleur commence à faire crevasser l’écorce* Cela fait, pour tordre la hart, on plante verticalement en terre un grand piquet ou espèce de poteau de 5 à 4 pouces (8 à 10 centimètres) de diamètre , à l’extrémité supérieure duquel on perce plusieurs trous.

On introduit dans un de ces trous le gros hout de la hart, on l’y arrête au moyeu d’une éclisse , et on tord ensuite le brin, en le roulant en hélice sur Un rondin ou cylindre de bois dur.

On fera bien de ne pas confectionner à la fois une trop grande quantité de ces liens; car ils deviennent cassans en séchant. On peut, à la vérité, les conserver un peu plus long-temps en bon état, en les laissant tremper dans l’eau , ou en les enterrant dans un sol fraîchement remué; mais, malgré ces précautions, ils ne tardent pas à perdre de leur qualité.

Lesbarts fabriquées avec les brins de vigne sauvage se confectionnent de la même manière, excepté qu’il n’est pas nécessaire de les exposer à l’action du feu : quand ces sortes de liens ont été bien tordus, ils sont plus flexibles que toute autre espèce de bart,'

moins sujets à se casser et aussi forts qu’une corde de la même grosseur.

Les outils ou instrumens nécessaires pour confectionner les liarts suivant la méthode autrichienne, se réduisent à un gros piquet percé de trous , un rondin de 2X pieds (80 cent.) de long sur 1 pouce 3 lignes (3 cent.) de diamètre, un banc solide, quelques serpes et quelques éclisses.

Les harts de retraite sont des harts à deux boucles, qu’on emploie en certains cas pour consolider la chemise ou le revêtement de la hatterie ; nous expliquerons plus • tard l’usage de ces liens, qu’on prépare comme il suit : on enfonce en terre, à 2 pieds (65 cent.) de profondeur, un grand piquet, ayant 5 pouces (8 cent.) de diamètre et fendu à sa partie supérieure; dans cette fente on introduit l’extrémité -de la hart, qui doit avoir 6 pieds (2 mètres) de longueur, et que l’on tord de droite à gauche, après l’avoir chauffée sur un feu doux pour la rendie pliante et flexible : lorsqu’elle est ainsi tordue et qu’elle a pris la

forme d’une vis ou d’un tire-bouchon , on

, fait une boucle à l’extrémité la plus mince,' on plie la hart par le milieu , en passant le

gros bout à travers la boucle ; on l’abandonne ensuite à elle-même et, son élasticité la faisant détordre , il se forme naturellement une boucle à l’endroit où on l’a pliée.

Si on ne trouvait pas à se procurer une assez grande quantité de ces liens de 6 pieds (a mètres) de longueur, on pourrait y suppléer en réunissant deux à deux des barts ordinaires, qu’on tordrait de manière à ce que le gros bout de l’une entrât dans la boucle de l’autre, et qu’on attacherait ensemble par un nœud ordinaire.

Dispositions préliminaires pour la confection des saucissons.

’ Quand on voudra confectionner des saucissons, il faudra d’abord envoyer dans la forêt quelques artilleurs avec des hommes de corvée tirés ^ l’infanterie ou des paysans mis en réquisition,. pour couper le bois de branchage et les piquets nécessaires.

Cette ramée étant coupée , on pourra travailler sur le lieu même à la confection des saucissons et gabions, ou bien on y réu-

nîra le bois de branchage en fascines ou fa~ gots, pour le transporter, ainsi que les piquets, à l’endroit où l’on voudra établir les ateliers.

Il n’est pas nécessaire que ce&gros fagots ou fascines^ auxquels on donne 12 pieds (4 mètres) de long et 2 pieds ( 65 cent. ) de circonférence, soient liés avec beaucoup de soin; mais on ne saurait en apporter trop ,à la confection des saucissons, qui doivent être formés bien régulièrement, solidement serrés et exactement dans les dimensions prescrites. Les artilleurs français emploient ordinairement six de ces fascines pour un saucisson de 20 à 21 pieds (6 mètres 65 cent, à 7 mètres); mais les artilleurs autrichiens,' qui font leurs fascines plus petites, en em* ploient 9 pour un saucisson de 18 pieds (6 mètres) de long, et 12 pour un saucisson de 24 pieds (8 mètres).

Lorsque l’on a réuni sur le lieu où l’on doit travailler une quantit^^uffisante de fascines, et qu’on a préparé le nombre de harts nécessaire, on forme, du personnel dont- on peut disposer, des ateliers composés, dans l’artillerie française, de quatre 'hommes, et dans l’artillerie autrichienne,

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de cinq hommes, dont un doit être nécessairement un artilleur , et on charge un sous-officier de la surveillance spéciale d’un certain nombre d’ateliers.

Le& outils ou instrumens nécessaires à chaque atelier sont : une toise ou double mètre, un cordeau à tracer, quelques petits piquets a jalonner, un pic~hojrau , un piquet ferré, deux masses, un cabestan, une scie ordinaire, deux piquets de a pieds (65 cent.) de long, et une certaine quantité de piquets de 6 pieds (a mètres) de long et 3 pouces (8 cent.) de diamètre. Ces derniers piquets sont destinés à former les chevalets sur lesquels se confectionnent les ^ucissons, et leut* nombre se règle sur la longueur qu’on veut donner à ces derniers. Il faiit g chevalets, et par conséquent i8 piquets,'pour un saucisson de i8 pieds (6 mètres), et il faut a4 piquets pour un saucisson de 24 pieds (8 mètres).

Enfin, chaque atelier doit encore avoir une espèce de petite fourche en bois bien dur, une baguette d’un pied (3a cent.) de long, et une verge pliante ou un morceau de cordeau d’une longueur égale à la circonférence du saucisson, c’est-à-dire

Ae Zi% pouces (90 cent.) pour le saucisson âe 10 j)ouces (28 cent.), et 38 pouces (i ■ mètre 5 cent.) pour le saucisson de 1 pied • •

(Sa cent), etc.

. \ ■ Confection des saucissons.

Toutes les dispositions préliminaires dont nous Venons de parler étant faites pour confectionner les saucissons, on commen-

cera d’abord par établir les chevalets.

riancbi ir» ■ Pour ccla , on tracera sur le terrain le plus uni et le plus horizontal qu’on pourra rencontrer, un rectangle dont le côté le plus long sera égal à la longueur qu’on veut donner au saucisson, et dont le petit côté sera de. 2 pieds (G5 cent). On plantera, à cet effet, un piquet à chacun des quatre angles de ce rectangle A , B , C, D; on fera passer en dehors de ces piquets un cordeau, que l’on tendra bien également, et l’on ‘creusera tout le long du cordeau une petite rigole avec un pic-hoyau.

Celte ligne étant ainsi tracée, on enlèvera le cordeau, puis on portera' de A vei’S D et de B vers C, d’abord la longueur de 1 pied , (52 .cent), puis des distances de a pieds

(G5 cent), jusqu’à l’autre extrémité de ceslignes, en marquant toutes ces distances par un coup de pic-hoyau donné en travers sur la première ligne tracée.

Sur le milieu de 5 et de C D , on plantera verticalement deux courts piquets en ** *" E E, de telle sorte que leurs têtes se trouvent de niveau, à a pieds (65 centimètres) au-dessus du sol; puis on tendra fortement, de' l’un à l’autre de ces piquets, un cordeau qui s’appuiera sur leurs têtes et qui sera retenu par deujç autres petits piquets,* plantés obliquement en avant des premiers.

Pour former ensuite les chevalets, à cha-P'«>'^î«i" cune des distances marquées sur les longs côtés du rectangle , on plante obliquement 2 piquets de 6 pieds (a mètres), de ma- . ‘ ' nière à ce qu’ils se croisent au-dessus du cordeau et qu’ils soient enfoncés dans le terrain de i pied à a pieds (de 48 à 65 centimètres).

£n plantant ces piquets, il faut faire en sorte que ceux plantés sur la ligne J D aient. tous leur épaisseur en-deçà des points marqués sur le terrain, c’est-à-dire y ers A ^ et que céux plantés sur la ligne, B C, aient

leur épaisseur au-delà du même point, c’est-à-dire vers C. On peut obtenir le même i*ésultat d’une manière plus exacte, en retranchant de la première distance à partir du point la demi-épaisseur des piquets qu’on emploie, et en ajoutant au contraire cette demi-épaisseur à la première distance portée à partir du point B : en supposant, par exemple, que les piquets aient 3 pouces , d’épaisseur (8 cent); au lieu de porter un pied (Sa cent.) de A vers D, et de B vers C, on ne portera ^jue \o% pouces (24 cent.) à partir de A, et on portera pouces (48 cent) à partir de B; puis on portera sur chaque ligne des distances égales de 2 pieds (65 cent), à partir de ces premiers points, et on pourra planter ensuite les piquets bien exactement sur les distances ainsi marquées.

Pour que ces piquets ainsi plantés et disposés en croix de saint André ne se dérangent point pendant la confection des saucissons, il faudra lier fortement chaque ^chevalet à sa jonction, en se servant de harts bien flexibles, de mèche ou de grosse ficelle.

Chaque atelier ayant ainsi établi ses chevalets , au nombre de neuf pour un saucisson

de i8 pîeds (6 mètres), et de douze pour un saucisson de 24 pieds (8 mètres), on préparera le bois des fascines : à cet effet , un ou deux hommes couperont avec la serpe tous les brins en sifflet uni; ils ôteront les rameaux qui ne pourraient pas se plier dans le sens de ce brin; ils redresseront les parties tortueuses, en donnant, de biais, un coup de serpe, dans le rentrant du coude; enfin, ils arracheront les feuilles qui resteraient encore.

Cela fait, un homme à chaque bout, ou quelquefois un seul , qui doit être le plus exercé , couchera alternativement un brin de bois à chaque extrémité du rang des chevalets, les sifflets tournés du côté de l’axe du saucisson, les rameaux s’entrela-^ çant vers le milieu , en sorte que le saucisson ait la-longueur précise qu’on veut lui donner, et en observant que les brins de bois, du côté du sifflet ne se dépassent pas et forment une espèce de tranche verticale. Dans les endroits où l’on s’apercevra que les rameaux moins fournis laisseraient des vides, on insérera quelques branchages et •on continuera de mettre ainsi de la ramée entre les chevalets, jusqu’à ce qu’on recon-

naisse qu’il y en a assez pour former un saucisson de la grosseur qu’on désire j ce dont on s’assurera en serrant le bois , de temps en temps et de distance en distance, avec le cabestan y et en mesurant la circonférence avec la petite verge pliante ou le morceau de cordeau dont nous avons parlé au §. 5.

Quand on s’est assuré de cette manière que le saucisson est suffisamment garni sur toute sa longueur, on le lie ou on l'étrangle avec des harts , qu’on place à 6, 8, lo ou 12 pouces de distance l’une de l’autre (i6, 21, 27, 32 cent.), suivant le nombre qu’on en a, O U la force du bois qu’on emploie.

Pour placer une hart , on embrasse le faisceau avec la chaîne ou la corde du cabestan, à côté de l’endroit où l’on veut le 'lierj puis, en faisant effort à l’extrémité des /leviers, on serre peu à peu les branchages: à mesure qu’on serre, on donne au saucisson une forme cylindrique, en arrangeant àja main les brins de bois, dont on maintient le sifflet en dedans tant que l’on peut, surtout à l’extérieur, pour que le saucisson se larde mieux, et n’ait pas l’air diminué à ses extrémités. Qn continue de serrer

ainsi jusqu’à ce que le faisceau ait un peu moins que le diamètre qu’il doit avoir, parce que les harts ne peuvent jamais serrer aussi bien que le cabestan : à cet effet, on mesure de temps en temps le saucisson, pendant qu’on le serre, en se servant d’un bout de cordeau ou de la verge pliante, dont il faut que les extrémités se recroisent.

Quand le faisceau est suffisamment serré , on place la hart tout contre la chaîne ou la corde du cabestan ; on passe le bout de cette hart dans la ganse ou boucle; on la serre tout contre le faisceau avec le pied gauche ou avec la petite fourche de bois dur dont nous avons parlé au §. 5; on tord ensuite la hart au-dessus de la boucle, eu sorte qu’en faisant une espèce de spirale sur elle-même, elle arrête cette btticle-, et forme ce qu’on appelle le nœud; puis, pressant fortement ce nœud contre le faisceau, on passe et on engage dans les brins du saucisson le restant de la hartyqxxï doit être d’environ 6 pouces (i6 cent.) de longueur: cela fait, on relâche le cabestan et on s’en sert pour placer une autre hart.

On commence à placer ainsi une hart à 6 pouces ( i6 cent.) de chacune des extré-

mités du saucisson, puis on continue k en méttre alternativement a ou 3 à chaque bout , en avançant et en finissant d’en mettre dans le milieu, en plaçant toujours les nœuds sur une même ligne droite. La. distance d'une hart à Tautre est mesurée aveo la petite baguette dont nous avobs parlé §. 5, et qui a un pied (3a cent) de longueur; mais il sera bon de s’assurer de temps eu temps , avec la toise ou le double mètre« si on a bien placé ces liens.

Daus l’artillerie autrichienne, après que toutes les harts sont placées, on scie carrément, le saucisson aux deux bouts; pour cela, on l’étrangle fortement à six pouces de l’extrémité , et en l’appuyant sur le petit piquet qui se trouve en dehors,

Quaqgi le saucisson est fini, on le retire de dessus le chevalet, on le redresse à coups de masse s’il offre quelques difformités, et on le nettoie avec la serpe s’il y a quelques brins qui sortent eu dehors du fais^ ceau, de manière à ce qu’il soit bien droit et bien uni.

Dans l’artillerie française , on compte qu’un atelier dé quatre hommes doit faire en trois heures de travail un saucisson de ao

pieds (6 mètres 4° cent.) de longueur, et de I pied (3a cent.) de diamètre. Dans l’artillerie autrichienne , qui ne donne que lo pouces (ad cent.) de diamètre à ses saucissons, on compte qu’un atelier de cinq hommes peut eu confectionner , en dix heures de trayail, huit à dix de ceux de i8 pieds (6 mètres) de longueur, et six à huit de ceux de a4 pieds (8 mètres) de longueur.

Dispositions préliminaires pour la confection des gabions.

On n’emploie à la confection des gabions que le hois de branchage le plus menu, mais aussi le plus long, le plus droit, et surtout le plus flexible qu’on peut trouver. Le meilleur est celui de saule , puis viennent ceux de bouleau J noisetier, peuplier et jeune hêtre.

On y emploie aussi des liens ou harts préparés comme il a été expliqué au §. 3.

Les piquets dont on se sert, et qui doivent toüs être terminés en pointe, sont de diflerenteslongueurs, suivantles dimensions des gabions qu’on veut confectionner.

^ Pour les gabions de a pieds (65 cent) de

diamètre,. ils doivent avoir 4X pieds (i met. * 46 cent.) de longueur, sur 1 % pouce (4 cent.) de grosseur.

Pour ceux de 5 pieds ( 1 mètre) de diamètre, il faut qu’ils aient 5^ pieds ( 1 mèt.

78 cent.) de longueur, sur 2 pouces (5 cent.) de grosseur.

Enfin , pour les gabions de 4 pieds ( 1 mètre 5o cent.) de diamètre, il faudra des piquets de 7X pieds (2 mètres 44 cent.) de longueur, sur 3 pouces (8 cent.) de grosseur.

Ces dimensions sont celles qu’on doit donner, à la rigueur, aux piquets employés aux diverses espèces de gabions j mais comme on les fait faire le plus ordinairement par des hommes peu expérimentés dans cette sorte de fabrication , il arrive . assezsouvent, surtout pour les gros gabions» que le clayonnage n’est pas bien serré et bien arrêté au moyen desbarts, ce qui provient toujours de ce que, les piquets n’étant . pas assez solidement enfoncés dans la terre, ils ont cédé d’un côté ou d’un autre pendant l’opération. Pour éviter ce défaut, qui pourrait être cause que les gabions se renversassent quand on les remplirait de terre, on fera bien de donner à chaque espèce

de piquet, ou du moins aux plus longs, g à 12 pouces (24a 52 cent.) de longueur de plus que celle précédemment lixée,,afiaqu’on puisse mieux les enfoncer dans la terre.

Les travailleurs sont partagés, pour confectionner les gabions, en détachemens ou en ateliers de trois hommes chacun , parmi lesquels il faut, autant que faire se peut, qu’il y ait un artilleur qui dirigera l’ouvrage, avec un sous-officier pour surveiller un certain nombre diateliers.

Les outils et instrumens nécessaires à chacun de ces ateliers sont :

Une toise ou double mètre.

Un banc solide.

Une masse.

Une scie ordinaire.

Deux serpes.

Deux leviers de manœuvre.

Un pic-hoyau. '

Un pi4uet à pointe ferrée.

Un cerceau des dimensions du gabion que l’on . se propose de confectionner. ‘

Un cordeau à tracer, ou, pour aller plus vite, un patron en bois.'

Enfin, quelques petits piquets.

Le cerceau elle patron ci-dessus indiquée n’ayant pas été décrits au §. 3, nous devons entrer ici dans quelques détails sur ces deux objets.

Le cerceau n’est autre chose qu’un brin de bois flexible, plié suivant la circonférence d’un cercle , comme en font les tonneliers. il faut qu’il soit fort et bien lié , et que

son diamètre soit exactement celui du vide »

intérieur du gabion pour lequel il estdestiné.

Pour avoir le diamètre de ce cerceau, il faut , en conséquence , retrancher du diamètre extérieur du gabion le double de l’épaisseur du clayonnage, qu’on peut évaluer généralement à un pouce (8 cent) et le double de l’épaisseur des piquets que nous avons donnée plus haut Ainsi, pour les gabions de 3 pieds (65 cent) de diamètre, le cerceau aura 19 pouces (5ocent)j pour ceux de 3 pieds (1 mètre) il aura 3o pouces (84 cent) , et pour ceux de 4 pieds ( 1 mètre 3a cent) il aura 40 pouces ( 1 mètre 10 cent)

patron est une planche ou une réunion de planches, consolidée par deux liteaux en croix, arrondie en cercle, d’un diamètre proportionné à celui du gabion

auquel elle est destinée , et à la circonférence de laquelle on ménage autant d’échancrures demi- circulaires qu’on doit employer de piquets; c’est-à-dire 7 pour les gabions de 2 pieds (64 cent.) de diamètre , 9 pour ceux de 3 pieds ( 1 met.), et 1 1 pour ceux de 4 pieds ’

(i mètre 3a cent.) : le diamètre de ces échancrures doit être un peu plus fort que celui des piquets auxquels elles sont destinées, et il faut les espacer entre elles bien également.

Au moyen d’une opération géométrique, on pourra toujours diviser une circonférence quelconque en un nombre quelconque de parties égales; mais dans la pratique , où il suffit d’une approximation, on pourra tracer les différens patrons ainsi qu’il suit : pour en déterminer le diamètre, on retranchera d’abord de celui du gabion auquel ils sont destinés, 1 pouce (3 cent) pour l’épaisseur du clayonnage , puis on espacera les échancrures , auxquelles on donnera pour profondeur la moitié du diamètre du piquet; pour les gabions de 2 pieds (64 cent.) , ' >

\o% pouces (285 mili.) ; pour ceux de 3 pieds (i mèt), 16 pouces (43 cent); pour ceux de 4 pieds (1 mèt 32 cent), 21 X pouces(54 cent).

Les piquets, cerceaux et patrons

sentes dans la planche I.'® sont ceux qui servent à la construction des gabions dans l’artillerie autrichienne. ^

Les artilleurs français n’emploient pour cette construction ni cerceaux ni patrons : leurs gabions sont ordinairement de i8 pouces (485 millim. ) de diamètrej pour les faire, ils se bornent à tracer un cercle sur un terrain bien horizontal, et à planter sur la circonférence de ce cercle sept piquets espacés de 8 pouces (i 12 mill.) de l’un à l’autre.

Il est sans doute inutile de faire remarquer que, lorsqu’un certain nombre d’afeteliers sont réunis, les mêmes ustensiles pouvant servir à plusieurs, on peut en diminuer le nombre sans nuire à l’activité du travail.'

Confection des gabions.

Les gabions doivent se faire sur un terrain uni et bien horizontal. Pour procéder à leur construction, on plante, au milieu de l’emplacement sur lequel on veut en établir un, un petit piquet , auquel on attache, au moyen d’une boucle un peu lâche, un bout de cordeau d’une longueur

égale à la moitié du diamètre qu’on veut donner au gabion, moins la moitié de l’épaisseur du clayonnage. A l’autre bout de ce cordeau l’on fixe un morceau de bois pointu, puis, avec la longueur du cordeau comme rayon, on décrit un cercle dont le petit piquet est le centre.

On divise la circonférence de ce cercle en sept, neuf ou onze parties égales; on marque les points de division par uné petite ligne tracée avec un pic-hoyau, et on y enfonce les piquets bien verticalement, de manière à ce qu’ils pénètrent dans la terre de ou 9 pouces ( i6 ou 24 cent.), en commençant à faire les trous avec un petit piquet ferré et en frappant ensuite avec ^Ine masse sur la tête des grands piquets.

On a deux motifs pour mettre toujours les piquets en nombre impair.

1° Si on clayonne à un seul brin et pendant plusieurs tours dans le même sens, comme on le fait le plus ordinairement, il faudrait, dans le fcas oîi les piquets seraient en nombre pair, en laisser à chaque tour deux consécutifs en 'dedans ou en dehors , ce qui rendrait les gabions informes; à la vérité , lorsque le clayonnage se fait à deux

brins , au, moyen de deux hommes qui entrelacent en sens contraire, comme cela se fait en Autriche, quand on a à sa disposition des hommes exercés, cet inconvénient du nombre pair de piquets ne se ^ rencontre plus, mais on ne peut éviter le second, que voici.

a.° D’après les dimensions ordinaires des gabions, si au lieu de sept, neuf ou onze piquets on n’en employait que six, huit ou dix , ces piquets se trouveraient trop espacés et les gabions ne seraient pas assez ronds. Si, au contraire, on voulait eu mettre huit, dix ou douze , ils se trouveraient trop rapprochés et les brins de bois entrelacés, pliés sous des angles trop filmés, risqueraient d’éclater.

Au moyen du cerceau, on s’évite la peine de tracer le cercle, et au moyen du patron on a immédiatement les divisions cherchées et les emplacemens des piquets.

Ceux-ci plantés bien verticalement et bien solidement, on commence à y entrelacer le branchage , en mettant le gros bout en dedans du gabion, et en laissant alternativement un piquet en dedans et un en dehors J quand la branche qu’on entrelace devient trop mince et qu’on approche

du bout, on y en joint une seconde, et on a soin de les bien tortiller ensemble, en continuant l’entrelacement ; à mesure qu’on a fait quelques tours, on serre l’entrelacement à coups de maillet, pour faire bien joindre les branchages les uns contre les autres.

Dans l’artillerie autrichienne, on ne continue ainsi le trayail que jusqu’au quart de la hauteur du gabion; arrivé là, si jusqu’alors on a clayoune en allant de droite à gauche , on commence à clayonner en allant de gauche à droite jusqu’à la moitié de la hauteur du même gabion; puis on va de nouveau de droite à gauche jusqu’aux trois quarts de sa hauteur, et on le termine enfin en travaillant de gauche à droite. Au moyen de ce procédé , on est plus sur que les piquets conserveront invariablement leur position verticale , et il contribue par conséquent beaucoup à la régularité et à la solidité des gabions. Dans le cas où on se trouverait obligé d’employer du bois de mauvaise qualité, on ferait bien de changer plus souvent de direction, et si ce bois était très-peu flexible et très-eassant (comme le chêne, par exemple), il convien-

drait même d’en changer à chaque tour , comme cela serait absolument nécessaire si les piquets étaient en nombre pair.

Pendant le travail, et quelle que soit la marche qu’on ait suivi , on fera bien de rérifier souvent si les piquets conservent leurs distances, soit entre eux, soit avec le piquet du milieu.

Arrivé au niveau de la tête des piquets, et après avoir donné le dernier coup ,de maillet, on lie ensemble les trois derniers tours, au moyen de quatre petites harts également espacées (dans l’artillerie autrichienne ou met une bart à chaque piquet); cela fait , on enlève le gabion , en se servant d’un levier de manœuvre , dont on enfonce la pince sous le clayonnage, près d’un piquet , et en prenant pour point d’appui une masse de batterie. En appuyant sur le bout du levier, on soulève ainsi peu à peu le gabion auprès de chaque piquet , jusqu’à ce qu’on l'ait entièrement dégagé ; on lie ' ensuite les trois premiers tours du clayon- ‘ nage, comme on a lié les ti-ois derniers; on avive les pointes des piquets, si elles sont’ émoussées; on nettoie et on ébarbe bien Je g abion avec une serpe, et on le met de côté.

On peut se servir des mêmes trous de piquets pour en enfoncer d’autres, et faire de nouveaux gabions des mêmes dimensions, tant que les piquets pourront y être enfoncés assez solidement; mais aussitôt que ces trous seront trop agrandis, il faudra tracer un nouveau cercle, et procéder de nouveau à la division et au placement des piquets.

» Dans l’artillerie autrichienne, on compte qu’en dix heures de travail, chaque atelier de trois hommes, quand ils auront été exercés, pourra confectionner deux gabions de 4 pieds (i mètre 3a cent.) de diamètre, ou li’ois de 5 pieds (i met.), ou enfin quatre de 2 pieds (64 cent.). Suivant l’Aide-mémoire des ofiiciers d’artillerie de France, un atelier de trois hommes doit confectionner un gabion de tranchée en deux heures.

De différentes espèces de fascines ou clayonnages employés dans les travaux d’attaque ou de défense des places.

Nous avons déjà dit (§.3) que les artilleurs, soit dans les travaux des sièges, soit

même en campagne, pouvaient avoir ’ à confectionner avec dujbois de branchage différentes espèces de matériaux; nous allons (donner ici quelques détails sur leur préparation.

Les fascines à tracer sont formées de menu bois de branchage ; elles ont lo pouces (ay centimèt) de diamètre, et 4 à 6 pieds (i mètre 5a cent, à a mètres) de long; il faut qu’elles soient les plus droites et les plus égales que possible, etbien serréesau moyen de trois ou quatre harts. On les confectionne de la même manière que les saucissons et sur les mêmes chevalets.

On se sert souvent de ces fascines, dans les travaux de nuit des sièges, pour tracer la direction de la tranchée ; à cet effet, chaque travailleur porte une de ces fascines, et la dépose devant lui, suivant la direction qui lui est indiquée par l’officier du génie qui conduit la tranchée; il creuse eu arrière et jette la terre au-delà pour se mettre à couvert des feux de l’ennemi, en formant tout à la fois le boyau de tranchée et le parapet

Les fascines de blindage servent à couvrir les descentes à ciel ouvert et les passages de

fossé, quand on les exécute en vue d’ouvrages de la place, d’où l’on peut être inquiété par les feux courbes de l’ennemi. On établit alors, pour cette descente et pour le passage du fossé , une galerie blindée, qu’on recouvre avec des facines de cette espèce. Elles sont formées des branchages les plus gros et les plus forts, auxquels on fera bien d’ajouter même de bonnes perches. On leur donne ordinairement i pied (3a cent.) de diamètre , et leur longueur est proportionnée à la largeur du passage qu’elles doivent couvrir.

Il ne faut pas que ce passage soit trop large , à moins qu’on ne veuille y placer , dans le milieu , des mon tans supportant des lambourdes, ce qui est indispensable surtout lorsque les fascines doivent être recouvertes de terrej car, sans cette précaution, le plafond de la galerie pourrait ployer dans le milieu, ce qui entraînerait sa chute.

Pour donner à ces sortes de fascines la dureté et la solidité qu’elles doivent avoir, il est nécessaire d’apporter à leur confection les mêmes soins et les mêmes précautions que pour celle des saucissons.

Les fascines de marécages sont employées

à combler les fossés pleins d’eau, quand on veut les passer pour se porter sur la brèche, ou à construire des digues pour arrêter •> l’eau des petits ruisseaux dont on veut former les inondations, ou, enfin, à consolider des chemins bu des terre-pleinx de batterie sur un sol marécageux. On les prépare comme les fascines ordinaires, à cette exception près, qu’cn y emploie de plus gros bran- ■ cbages, et qu’on renferme des pierres ou des cailloux dans leur intérieur , pour qu’elles puissent couler à fond. On leur donne ordinairement 1 pied a pied (5a à 48 cent.)" de diamètre. Quant à leur longueur, elle dépend naturellement de la largeur du passage qu’on veut en former. En Autriche ’ elle est ordinairement de 6 pieds (a mètr.).

• Les gabions roulans ou farcis sont de gros gabions que les sapeurs font rouler devant eux , pour se couvrir des coups de l’ennemi, lorsqu’ils poussent la sape en avant." Ils ont 3 pieds à 3 pieds ( 1 mètre à 1 mètre 3o cenlim.) de diamètre, sur pieds à 6

• pieds ( 1 mètre 80 cent, à a mètres) de long. -

• Ou les confectionne comme les gabions des plus grandes dimensions, dont nous avons* déjà parlé §. 8; seulement on doit appor-*

ter encore beaucoup plus de soins dans leur confection, principalement à bien entrelacer le bois de branchage et à le serrer fortement. On choisira pour leur fabrication les branchages les plus minces , afin qu’étant plus Üexibles ils puissent mieux se serrer contre les piquets, ce qui contribuera à rendre la surface des gabions d’une corbure plus uniforme, et à faciliter par conséquent leur mouvement de rotation.

Ces gabions étant achevés, on les remplit ou farcit de fascines, ou mieux encore de bourre de vache ou de laine bien serrée. Dans ce dernier cas, il faut qu’ils soient fermés à leurs deux extrémités par des claies ou des planches minces, qu’on arrête solidement aux piquets, qui doivent alors dépasser de 2 pouces (G cent.) à chaque bout le clayonn^e du gabion.

Les fagots de sape sont des fascines de pieds à 3 pieds (83 cent, à i mètre) de dong , sur lo à 12 pouces (27 à 3a cent.) de (iiamctre, liées au moyen de trois harts. On s’en sert pour garnir ou remplir l’intervalle entre deu\ gabions, ou pour farcir les gabions de sape : dans le premier cas, il

faut qu’ils renferment intérieurement un piquet dont la tête arrase un des bouts de la fascine, et dont la pointe dépasse l'autre •bout de 6 pouces ( i6 cent).

Les gabions de sape ont pieds à 5 pieds (83 cent, à i mètre) de hauteur, et pied à 2 pieds (5o à 65 cent.) de diamètre. On les confectionne comme ceux qui servent au revêtement des batteries , excepté qu’on j emploie de plus petits piquetsj les sapeurs s’en servent pour se couvrir en conduisant la tranchée.

Il est très-avantageux , dans les travaux des sièges, d’être pourvu d’une grande quantité de petits gabions de 2 pieds (65 cent.) de diamètre, sur 4 pieds ( 1 mètre 3o cent ) de hauteur. On les remplit de branchages ou de fagots de sape, et les artilleurs s’en servent pour se couvrir de la mousqueterië, en les plaçant sur le devan#des embrasures , quand ils ont besoin de les réparer.

Il est aussi fort utile aux artilleurs de savoir confectionner , ou du moins faire confectionner les paniers dont on se sert pour le transport des terres, et ceux qu’on emploie pour le tir des pierriers ; ils se

familiariseront aisétment à ces sortes de tra* vaux de clayonnage par la confection des gabions ordinaires.

, On emploie encore assez souvent, dans la guerre des sièges et meme en campagne , de petits paniers tronconiques, fermés par leur petit côté : on les remplit de terre, et on les place, comme les sacs à terre, les uns près des autres, sur la crête du parapet, où ils forment des espèces de crénaux pour le feu de l’infanterie. Ces petits paniers ont i pied (32 cent.) de hauteur, i pied (Sa cent.) de diamètre à leur ouverture, et seulement lo pouces (27 cent.) de" diamètre au fond. Pour les cocdectionner , on trace sur un terrain uni un cercle ayant pour diamètre celui que doit avoir le fond du panier ; sur ce cercle on plante obliquement cinq piquets de 1 pouce (a5 mill.) de diamètre et 1 pied 6 pouces (5o cent.) de longueur. A un pied de distance du fond, on attache à ces piquets un cerceau de la dimension que le panier doit avoir à son ouverture, puis on termine le clayonnage comme pour les gabions.

Les claies se confectionnent aussi comme les gabions , seulement les pique^ , au nom-

bre de cinq, sept ou neuf, sont plantés en ligne droite, et on y emploie des branchages un peu plus forts : les claies que font les artilleurs français , ont ordinairement 6 pieds (2 met.) de long sur 3 pieds (1 met.) de haut; en Autriche elles ont de 4 à 6 pieds * (i mètre 5o cent, à 2 mètres) en carré.

On se sert en campagne de ces sortes de claies, dans l’attaque des retranchemens , pour recouvrir les trous de loup que l’ennemi peut avoir creusés en avant de sa position. Dans les sièges, on les emploie, quand le terrain est humide , pour faire une espèce de plancher sur lequel les travailleurs puissent ti'àvailler à sec; ou bien encore pour faire la base des parapets des batteries, ou d’autres constructions de ce genre , dans les terrains marécageux.

Manière de couper et de lever les gazons employés pour le revêtement des batteries.

Les gazons qu’on emploie pour le revêtement des batteries ont , en Autriche ,

1 pied (32 cent.) de large, i pied '6 pouces (5o cent.) de long, et 6 pouces (i5 cent.)

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d’épaisseur. En France, on leur donne i5 pouces (40 cent.) de longueur, 6 pouces( i5 cent.) de largeur, et Gpouces( i5 cent. ) d’épaissevir, qu’on réduit à 4 pouces ( 10 mèt.) avant de les placer.

Le meilleur gazon est celui que l’on coupe dans une prairie où l’herbe est bien toulFue et a de longues et fortes racines qui rendent le terrain bien compacte. Si le terrain ne se trouvait pas assez humide au moment où il faudrait couper le gazon, on l’arroserait, quelque temps auparavant, de manière à ce que l’eau pénètre bien }us- ‘qu’à la racine des plantes, et y fasse adhérer la terre. On tracera ensuite, sur l’emplacement qu’on aura choisi , des lignes parallèles, espacées d’une distance égale à la longueur qu’on voudra donner aux pièces de gazon , et cela en suivant une corde tendue sur le terrain, avec un louchet ou un autre instrument bien tranchant qu’on enfoncera à peu près de 6 pouces ( 1 6 cent. ) de profondeur : ces premières lignes étant ainsi tracées, on tracera de la même manière celles qui détermineront la largeur des pièces de gazon. Quelquefois on se sert, pour ces tracés, de planches qui ont les

unes la largeur même des gazons, et les autres leur longueur. Ce procédé est beaucoup plus expéditif.

Pour couper le gazon, un homme place son instrument, le tranchant bien droit, sur la ligne tracée, et en comprime fortement le dos avec le pied; si le terrain est dur, on fera bien, pour bâter l’ouvrage, d’employer deux hommes, dont l’un tiendra l’instrument bien droit sur la ligne tracée , pendant que l’autre frappera à coups de masse sur le bout du manche.

Les gazons étant ainsi découpés , on. les relèvera suivant le côté le plus long, et en agissant avec précaution , pour ne point • les briser; on les tournera sur le côté de l’herbe , puis on les coupera et on les nettoiera bien exactement : si on ne pouvait pas les employer aussitôt après les avoir levés, il faudrait les rouler, l’herbe en dedans, pour qu’ils conservassent plus longtemps leur humidité.

- Dans une toise carrée (5 mèt. 8o cent.), on peut tirer 55 gazons des dimensions de ceux que l’artillerie française emploie dans ses travaux. Un atelier de trois hommes pourra tailler loo gazons par heure dans

"un terrain ordinaire : un canonnier les arrachera, un autre les coupera carrément, et le dernier leur donnera le talus ; le second et le troisième doivent être pourvus chacun d’un modèle en bois, représentant, l’un le plan, et l’autre la coupe du gazon.

On se sert, pour le transport du gazon, de brouettes y ou de petites civières à bras; ce dernier moyen est le meilleur , parce qu’il est moins sujet à briser les gazons et à détacher la terre qui tient à leurs racines.

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