‹ Traité théorique et pratique de la fabrication du fer et de l'acierChapitre 100 sur 189 · SECTION QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SECTION QUATRIÈME

PROCÉDÉ BESSEMER

7S5. Notice historique. — Le procédé Bessemer, qui réussit pour la première fois à Ëdsken, près de Fahlun, en Suède, à l'usine de M. Goranson, le S janvier 18S9, marque une nouvelle ère dans la métallurgie du fer, comme l'ont fait la fusion des minerais de fer au combustible minéral en 1740 et l'invention du puddlage en 1783. Au moyen de ce procédé on obtient, avec une faible dépense de combustible, en masses énormes et pour ainsi dire en quelques minutes de temps, un produit entièrement exempt de scories, parfaitement homogène et variant, d'après la minute à laquelle on s'arrête, depuis l'acier le plus dur, à peine soudable, jusqu'au fer doux qui ne prend plus la trempe. Dans ce procédé, l'intelligence remplace les efforts physiques, les travaux pénibles du puddleur et du forgeron sont supprimés et les manœuvres s'exécutent à la machine avec une précision presque mathématique.

Le procédé Bessemer, tel qu'il existe, ne résulte pas du travail d'un seul homme ; il est dù plutôt au génie de notre époque, dont toutes les intelligences y ont contribué. Que serait, en effet, ce procédé sans les machines admirables qu'on y voit fonctionner, sans l'addition finale du Spiegeleisen, sans la connaissance parfaite de la composition des fontes et des produits, etc., c'est-à-dire sans les accessoires dont aucun n'appartient à Bessemer?

L'idée fondamentale, qui seule est due a ce métallurgiste, paraît très-simple, comme le sont à l'origine la plupart des grandes découvertes. Le procédé Bessemer n'est au fond qu'un finage ou mazéage anglais exécuté sur des fontes à propension aciéreuse, avec des tuyères plongeant dans le bain métallique, d'après la marche suivie autrefois dans diverses usines, par exemple à Seraing. Si l'idée de tirer un parti immédiat du produit, par exemple, en le forgeant, comme on l'a fait ailleurs, n'est pas venue aux fineurs de ces usines, c'est que les fontes qu'on y traitait n'étaient pas convenables, tandis qu'en Angleterre on avait, au contraire, de bonnes fontes.

SECTION IV. PROCÉDÉ DESSEMEU

754. Notice bibliographique. — Les principales publications faites sur cette matière sont :

1° Le mémoire de M. Gruner intitulé : A/finage de la fonte pour fer et acier par le procédé Bessemer, et inséré dans les Annales des Mines, 6= Série, t. XII, p. 207 ;

2'^ Le travail de M. Krans intitulé : Notice sur l'acier Bessemer et publié parla Revue universelle des mines, etc., de Liégc^ 1863, t. 13, p. 5S8 ;

3° Le mémoire de M. de Cizancourt ayant pour titre : Etudes sur l'acier; Annales des Mines, 6" S., t. IV, p. 22S.

1° Une brochure de Boman, avec préface de Tunner : Das Bessemern in Schweden, Freiberg, 1 864 ;

5° Une brochure de M. de Ilingenau : Das Bessemern in Oestreich, Vienne, 1865;

6° Tunner. Bericht ueber die metallurgischen produkte der Londener Austellung von 1862, Vienne, 1863, p. 74 et 126;

7° Armengaud : Procédé Bessemer en France, Publication industrielle, t. XIV;

8° H. Wedding, die Resultate des Bessemer shen Processes, Zeitschrift, etc., in dem preussischen Staate, t. XI, 4" liv. ;

9° E. André : das Bessemern inEngland und Schottland, ib., t, XIII,. 1'= liv.

10» Blondeau, monographie détaillée sur l'acier, insérée dans le Moniteur scientifique, 1866, p. 523;

11° Knut Styffe, Bericht ûber die neuesten Forlschritte im Eisenhuettenwesen, etc. ; iibersetzt, etc., von P. Tunner. Leipzig, bei Arthur Félix, 1868 ;

12° Etat présent de la métallurgie en Angleterre ; par Gruner et Lan. Paris, 1862 ;

13° Castel. Fabrication de l'acier par le procédé Bessemer à l'usine de Gratz, Annales des Mines, 6° série, t. VIII, p. 149;

14° Note sur l'invention du procédé Bessemer pour la fabrication de l'acier, par De Billy. Annales des Mines, 6° Série, t. XIV, p. 17;

15° Jordan, note sur la fabrication de l'acier fondu par affinage de la fonte avec chauffage par des combustions intermoléculaires (R. U., t. 27, p. 360, 1870) ;

16° Bessemer, Engineering X, n°M0 et 11, 6 ot 13 — 7b''° 1870;

17° Disposition d'une fonderie Bessemer, Ding., t. 195, p. 246.

755. Production de l'acier Bessemer en France dès l'année 1868. — Le tableau suivant donne le relevé de cette production pendant le premier semestre des années 1868 et 1869, répartie entre les établissements

CHAP. 1. — LA FONDERIE. 537

producteurs, ainsi que les rails obtenus avec une partie de ces lingots :

Lingots. Rails.

lOOo.

C" des forges do Terrenoirc .

Société d'Impliy St-Seurin .

MM. Potin, Gaudot et C». .

M. Boigues, Hambourg et C«.

MM. de Dietrieh et C^. . .

Ce de Châtillon-Commcntry .

Totaux.

Les productions en 1872 sont incomparablement supérieures à celles de 1869.

7S6. Usine Bessemer de Seraing. — : Cette usine se compose : 1° de la fonderie; 2° de plusieurs forges et 5° d'un atelier d'ajustage dit atelier des tourneurs. Il ne sera question ici que des deux premières sections.

Avant l'année 1869, la fonderie de Seraing n'avait qu'un convertisseur de trois tonnes. Aujourd'hui elle en a quatre, dont un de trois et les autres de six tonnes, et l'on est à la veille de doubler ce nombre en le portant à huit. Nous considérerons principalement l'usine telle qu'elle existait avant 1869.

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