‹ Traité théorique et pratique de la fabrication du fer et de l'acierChapitre 3 sur 189 · MOIS · texte numérisé non relu

MOIS

RÉCENT

a MOIS.

Carbone . . . .

80,-ÎSS

Hydrogène . . .

Calories par livre .

Cette altération dépend de la température. S'il y a échauffcment, ne fût-ce que de SO", elle fait des progrès rapides pour arriver à un maximum variable avec la température, et ce maximum, une fois atteint, l'état du charbon reste stationnaire. Au moyen d'une température de 100 à ISO» C, l'absorption de l'oxygène peut s'achever pour certains combustibles en quelques jours de temps. Le charbon sur lequel Grundmann a opéré pouvait s'enflammer spontanément à l'air et devait par conséquent s'échauffer.

L'humidité n'influe sur le phénomène que pour autant qu'elle donne lieu à un échauffcment, ainsi que cela arrive lorsque la houille renferme des pyrites.

L'essai des houilles, sous le point de vue industriel, se pratique en en faisant brûler une certaine quantité, examinant la manière dont s'opère la combustion, pesant et examinant les cendres, et en soumettant ensuite la houille aux épreuves de la pratique. Cette analyse immédiate permet de fixer la valeur vénale et la qualité du combustible.

12. Moteur. — Le seul moteur employé aujourd'hui dans les forges à l'anglaise est la vapeur que développent les flammes perdues des fours. Les machines sont à traction directe sans engrenages, on donne la préférence aux machines verticales à bâti pyramidal, et pour éviter un chômage général, en cas d'accident ou de réparation à une partie du système, au lieu de faire dépendre plusieurs trains, le marteau, les cisailles, etc., d'une seule machine, comme c'était l'usage autrefois, on se sert d'autant de machines motrices qu'il y a de machines ouvrières à activer.

15. Fours et machines essentielles d'un laminoir. — On doit avoir des fours à puddicr et des fours à réchauffer, des machines motrices, des machines à cingler les balles de puddlage, un train ébaucheur, des cisailles, un train à corroyer, des marteaux, et des trains à fers

CHAP. I. — ■ COMPOSITION, DISPOSITION, PERSONNEL, ETC., DE l'cSINE. II

finis, tels que les fers marchands, les rails, les tôles, les fers fendus, etc. Pour les rails, il faut ajouter les appareils de dressage, d'alfranchissage et d'ajustage. Enfin, on doit avoir une grue à chaque train, des balances, des casse-barres, des presses et des moutons d'essai, etc.

14. Accessoires indispensables. — Les accessoires d'un laminoir sont : 1" une briqueterie réfractaire pour la construction et l'entretien des fourneaux ; 2" un atelier pour le tournage des cylindres ; 3" une forge pour la confection, les réparations et l'entretien des trousses à fendre le fer : cette forge s'appelle forge du maître fendeur; 4" une forge de maréchaux, pour la fabrication et l'entretien des outils, tels que rabots, ringards, marteaux à main, tenailles, etc., employés dans le service des fours et des trains; S" une forge d'ajustage pour les trains et les machines; 6° un atelier de menuiserie et de charpcntcrie; 7° une fonderie pour couler les engrenages, les cylindres, les taqucs de revêtement des fours, les marteaux, etc., ou au moins un petit atelier pour couler les pièces les plus exposées à casser ; 8» une fonderie de cuivre pour coussinets; 9° une affînerie d'acier pour les outils en acier ; 1 0° un atelier pour la confection des masses avec les riblons ; II" des emplacements pour le charbon, les fontes, les fers ébauchés, le sable réfractaire, les minerais pour cordons de fours à puddler, la castine, les scories, etc.; 12" un magasin pour la réception des fers finis; 13» un magasin de matières diverses, telles que suif, huile, goudron, étoupes, etc.; H" des bureaux pour les écritures et la comptabilité, etc., etc.

De ces divers accessoires le plus important c'est l'alelicr pour le tournage des cylindres : si la comptabilité est l'œil de l'usine, le tourneur de cylindres en est l'àme, tellement le travail de cet ouvrier influe sur le prix de revient.

15. Pièces de rechange. — Afin de ne pas être obligé de chômer en cas d'accident à un train, on a toujours des pièces en réserve pour remplacer celles qui pourraient se briser pendant le travail. C'est ainsi que l'on a pour chaque train des arbres de communication, des moufflettes, des pignons, des échappements, des chaises ou cages, etc.

Mais il est surtout nécessaire de veiller à ce qu'on ne manque jamais de cylindres, car ceux-ci ont à cliaque instant besoin d'être réparés ou renouvelés, et constituent la principale richesse d'une forge. On a en réserve une paire de dégrossisseurs de chaque espèce et un nombre variable ou indéterminé de cylindres finisseurs. Les accidents aux cylindres étant très-fréquents, et le besoin de fabriquer toutes sortes de fer, même dans un court espace de temps, exigeant très-souvent

12 SECTION I. — NOTIONS CONCERNANT PLUSIEURS DIVISIONS DE l'uSINE.

l'emploi d'autres paires que celles qui sont montées dans les fermes, il est nécessaire qu'on ait toujours un assortiment de cylindres sous la main, et qu'on puisse les placer et déplacer facilement. Aussi les cylindres de rechange les plus usuels se trouvent-ils rangés sur des espèces d'étagères, dans le laminoir même, près des trains auxquels ils appartiennent; leur placement se fait au moyen de grues disposées à cet effet à côté des trains, ainsi que je l'ai fait observer à propos de la disposition générale d'une forge.

16. Règles générales à observer dans la disposition d'une forge à l'anglaise. — Une forge à l'anglaise doit être placée de manière que la somme des frais de transport des matières premières à l'usine et des produits aux foyers de consommation soit un minimum. On recherche le voisinage d'une voie naviguable et d'une station de chemin de fer et l'on se place autant que possible sur une grande route. Enfin il importe de rapprocher l'usine du combustible.

Il faut ensuite réduire au minimum et faciliter le plus possible les transports dans l'usine, principalement ceux du fer rouge, en groupant les fourneaux autour des appareils qu'ils desservent, savoir les fours à puddlcr dans le voisinage des machines à cingler et à ébaucher, les fours à réchauffer près des trains marchands, à rails, à tôle, etc. ; en disposant les appareils et les machines ouvrières d'une manière appropriée à la nature des opérations à effectuer; en établissant des chemins de fer , des lignes de plaques de traînage , etc. , dans l'intérieur, etc.

Comme dans un laminoir il règne beaucoup de mouvements en tout sens et que le plus souvent les mouvements s'effectuent avec rapidité, il faut en éloigner les machines et les appareils qui n'y sont pas indispensables, placer sous terre, en l'air ou à l'extérieur le plus de constructions possible, soutenir la toiture au moins dans l'intérieur par des colonnes en fonte et non en maçonnerie, en un mot, chercher à gagner le plus de place possible dans l'usine, non seulement pour éviter les fauses monœuvrcs, mais encore pour faciliter la surveillance.

Celle-ci a pour objet d'empêcher la détérioration des machines, des appareils et des outils et de diminuer les consommations des matières premières et des provisions de toute nature. Elle ne peut être trop active ni trop multipliée dans la forge. En quelques partie de l'usine que l'on se trouve, il faut que l'on puisse voir ce qui se passe dans les autres parties. On remplit cette condition par une bonne disposition des appareils, en réduisant au strict nécessaire la place occupée par le laminoir, sans cependant qu'il en résulte la moindre gêne dans l'usine pour le travail ni pour la circulation. Ainsi, dans aucun cas l'espace ne

CIIAP. 1. COMPOSITION, DISPOSITION, PERSONNEL, ETC., DE l'uSINE. 13

doit manquer de part et d'autre d'un train et chaque four doit pouvoir fonctionner sans incommoder le service des fours voisins.

La chaleur que répand le fer durant le laminage pouvant rendre pénible le travail dans la forge, il convient de favoriser la sortie de l'air chaud en disposant la toiture de l'usine en forme de lanterne et en la faisant reposer sur des colonnes en fonte, au lieu.de murer la forge, comme on le faisait autrefois, au moins du côté opposé au vent dominant. Les colonnes occupent peu de place et on peut les déplacer sans perte lors d'un changement dans le laminoir. On isole aussi les fours dès trains, non seulement afin de ne pas exposer les lamineurs à la chaleur rayonnante des fours qui est très-forte dans certaines périodes du travail, mais encore pour éloigner de l'intérieur de la forge les scories, le sable et les charbons qui entourent les fourneaux, et les escarbilles ainsi que les cendres qui tombent de la grille.

On réunit ordinairement les fourneaux par massifs de deux, ce qui fait gagner de la place dans l'usine, rend la construction des fondations moins dispendieuse et permet de mieux utiliser les flammes perdues.

Le plus souvent on n'emploie pour plusieurs fours qu'une seule cheminée, de dimensions convenables et placée dans une position centrale par rapport aux fours ; elle est en tôle, mais revêtue intérieurement de briques réfractaires.

Les grandes cheminées générales se placent hors de l'enceinte du laminoir, mais le plus près possible des fours auxquels elles appartiennent. De petites cheminées générales pour 2 à 4 fours peuvent s'établir dans l'intérieur.

Les cisailles se montent les unes dans l'usine et les autres au-dehors, de manière à ne gêner le service d'aucun autre appareil.

Tout l'intérieur de la forge proprement dite, est couvert de plaques de fonte. Il en est de même du devant des fours et il y a, en outre, une ligne de plaques de fonte qui conduit de chaque four jusqu'aux plaques de la forge. Ce dallage n'a pas seulement pour objet de faciliter le transport du fer, mais encore d'empêcher que ce métal ne soit souillé par le sable et d'autres impuretés, et d'assurer la propreté des écailles ou battitures qu'on doit employer dans les fours à puddler. De plus, ces aires en fonte servent quelquefois à dresser les tôles et plusieurs autres fers.

17. Chemins de fer aériens. — Ordinairement on transporte les gros paquets à laminer du four au train à l'aide d'un galiot à deux roues conduit par les deux chauffeurs. Chez Dupont et Dreifus, à Ars-sur- Moselle, oîi l'on fabrique des plats de O^jSS à 0'",6S de large et de grosses poutrelles, chez de Wendel, à Stérin, où l'on fait des rails, et

li SECTION I. NOTIONS CONCERNANT PLUSIEURS DIVISIONS DE l'uSINE.

d'ans beaucoup d'autre? usines, il y a des chemins de fer aériens qui, de chaque four à réchauffer, conduisent les paquets aux cylindres dégrossisseurs au moyen d'un chariot à quatres roues muni d'une grande tenaille pour saisir le paquet à laminer et d'un lévier ou d'une queue qui permet à un ouvrier de pousser le chariot jusqu'au train. Par ce moyen le transport se fait plus vite, exige un ouvrier de moins et n'occasionne pas de gène dans l'usine.

Au laminoir à tôles de Victor Gilieaux à iMarchiennes lez-Charleroi, on se sert d'un chemin de fer aérien pour le transport des tôles dans l'usine. La voie de ce chemin de fer n'a qu'environ un pied de largeur et le véhicule qui la parcourt se compose de deux galets ou poulies réunies par un essieu portant au milieu une chaîne terminée en bas par deux longs crochets pour saisir les piles de tôles.

Les 1 et 2, pl. 1, représentent, à l'échelle de 1/20, le chemin de fer aérien employé dans la halle aux bandages de l'usine Bessemer à Seraing. Fig. \ , élévation vue de face. Fig. 2, élévation vue de côté. B, deux barres plates; c, crochet à poulies courantes qui saisit le corps à transporter ; ji, poulies qui se meuvent sur des rails. L'ensemble forme deux chariots, dont un seul suffirait si le crochet c était mobile dans tous les sens. — D, deux traverses qui relient les barres B; i, boulons qui assemblent les traverses D aux barres B. Les rails sont suspendus à la charpente par des supports s.

i8. Division de l'usine. — Autrefois le bâtiment d'une forge quelconque à l'anglaise, activée par la vapeur, se composait d'une vaste halle de forme rectangulaire, dont l'un des grands côtés était libre et donnait sur une cour où on déposait les fers ébauchés, les fers corroyés, les rails, etc. Les communications de la halle avec la cour étaient facilitées par des chemins de fer et par des plaques de traînage. Aujourd'hui les forges où l'on travaille sur une grande échelle sont formées pour ainsi dire d'autant d'usines distinctes que l'on fabrique d'espèces de fer. Ainsi on a un ou plusieurs laminoirs à loupes, un laminoir à rails, un à tôles, un à fer marchand, un à petits fers, etc. Toutes les fois qu'il y a au moins seize fours à puddler, il est bon de monter une usine particulière pour le puddlage et l'ébauehage et de la séparer par une cour des laminoirs à fer marchand, etc. On applique à chaque usine partielle les règles générales exposées dans le paragraphe précédent, c'est-à-dire que, dans la disposition de chaque usine partielle comme dans celles des diverses usines les unes par rapport aux autres, on veille principalement à ce que les matières n'aient pas besoin de rétrograder, ou plus généralement à ce que la somme des transports soit la moindre possible.

CHAP. I. COMPOSITION, DISPOSITION, PERSONNEL, ETC., DE l'uSINE. 15

19. Exemples. — Le laminoir de Couillet, dont on trouvera plus loin une description, peut donner une idée d'une usine de l'ancien système dans lequel il n'y a qu'une seule halle pour toutes les industries, et le laminoir à loupes de Seraing décrit dans le Supplément au traité de la fabricationde la fonte, p. 680, peut servir de modèle pour un des laminoirs partiels ou spéciaux. Cependant on doit faire dans ce dernier laminoir quelques changements que nous allons indiquer. Ils consistent : 1" à doubler ou tripler la largeur du tunnel-cendrier pour diminuer l'inconvénient de la chaleur, procurer l'espace nécessaire à la création de deux voies ferrées dans le caveau et laisser en haut plus de place entre les deux lignes de fours, afin de faciliter la circulation, le transport des loupes, etc. ; 2° à remplacer la machine horizontale par une machine verticale à bâti pyramidal.

Nous donnons ci-dessous la disposition adoptée pour le laminoir à loupes à Ars. Quant à celles qui conviennent à des laminoirs spéciaux pour rails, tôles, etc., elles seront indiquées dans le cours de l'ouvrage.

20. Laminoir à loupes en forme de croix de MM. Dupont et Dreifus à Ai^s, près de Hattingen-sur-Mosclle. — Ce laminoir est représenté pl. 1, fig. 3. p,p, etc., fours à puddler; t, t, deux trains ébaucheurs; m, m, etc., quatre marteaux-pilons; S, sortie; E, entrée. On voit que cette disposition permet d'agrandir l'usine en augmentant le nombre des fours.

21. Critique des laminoirs anciens. — Une certaine connaissance des laminoirs anciens peut offrir de l'intérêt, non seulement parce que la plupart des laminoirs aujourd'hui en activité sont montés d'après ce système, mais encore parce que, dans les constructions nouvelles que l'on fait actuellement, les circonstances locales peuvent quelquefois exiger pour des parties d'importance secondaire l'emploi de quelquesuns des moyens usités autrefois.

Nous prendrons pour exemple le laminoir de Couillet, où tous les trains sont alignés et placés sous une halle, de forme rectangulaire et entourée de galeries ou d'appentis, renfermant les fours. Les trains sont groupés en sections ou équipes activées chacune par une machine verticale ancienne à balancier.

Considérons l'équipe N° \, représentée pl. \, fig. 4, en plan, et pl. 2, fig. 4, en coupe-élévation. La machine à balancier fait mouvoir un marteau frontal, deux trains ébaucheurs, un squeezer et deux cisailles, dont l'une seulement est figurée.

Ce système exige l'emploi d'un intermédiaire appelé transmission entre la machine motrice et les trains, et la construction d'une fondation très-dispendieuse appelée grande fondation.

SECTION. NOTIONS CONCERNANT PLUSIEURS DIVISIONS DE l'uSINE.

La transmission se compose : 1° d'un grand engrenage mû au moyen d'une manivelle par le balancier de la machine; 2° d'un pignon qui commande le volant et deux engrenages, activant, le premier, au moyen d'un autre engrenage, le train ébaucheur n° 2, et le second, également à l'aide d'un engrenage, le train ébaucheur n" 1.

La multitude d'arbres, de paliers et d'engrenages dont se compose la transmission occasionne une perte considérable de force motrice. L'assemblage en est souvent négligé, la position des axes déviée, les huiles et les graisses de lubrification épaissies, les articulations engorgées de poussière et de cambouis, les engrenages hérissés d'inégalités par usure, bris ou défaut d'ajustage, etc.

Remarquons ensuite que le marteau fatigue le grand engrenage et le pignon du volant qui lui transmettent la force impulsive et ne peut qu'occasionner des chômages en déterminant la rupture des dents de ces parties. D'un autre côté, il est trop voisin de fondations importantes, qu'il convient de ménager et qui doivent souffrir de ses chocs violents et répétés.

Puis, et c'est là un des plus graves inconvénients qu'il présente, il tend à détruire l'ajustage des machines" près desquelles il se trouve : ainsi on aura beau caler, par exemple, le volant à son arbre, les chocs du marteau ne tarderont pas à faire jouer les coins dans leur logement, ce qui exige des soins et une surveillance de tous les instants.

Enfin, quoique le mouvement du marteau dût être régularisé par un volant, cependant, pour activer cet appareil, qui exige une grande dépense de force', on s'est contenté d'une simple bague à cames adaptée à l'arbre de couche, dans la pensée, sans doute erronée, que le grand engrenage ferait en quelque sorte fonction de volant par son poids considérable et que le volant du système tout entier réagirait aussi sur le marteau en compensant les pertes qu'il occasionne.

Restent les deux engrenages au moyen desquels les trains communiquent avec le volant. Ces intermédiaires de la commande règlent la vitesse des trains et donnent à la puissance un avantage mécanique proportionnel au ralentissement qu'ils occasionnent, mais ils constituent la partie faible qui doit se briser lorsqu'il survient dans les trains un choc ou une résistance trop grande due, par exemple, au passage d'un paquet trop peu chauffé ; car la résistance dans un train agit comme si on voulait arrêter le volant par l'engrenage. Par conséquent les dents des engrenages peuvent à tout moment se rompre et le défaut d'élasticité du métal dont elles se composent fait croître ce danger avec la durée de leur service. Or, le bris d'une seule de ces dents interrompt tout le travail de l'équipe.

CHAP I. — COMPOSITION, DISPOSITION, PERSONNEL, ETC., DE l'uSINE. 17

Les détails qui précèdent font comprendre que ce système est à chaque instant exposé à des ruptures, car on doit admettre que, pendant une fabrication de quelque durée, il arrive toujours des paquets refroidis ou trop gros et quelquefois les ouvriers laissent aussi passer leurs tenailles avec les paquets Q).

Un autre vice inhérent à l'ancien système consiste en ce qu'il ne permet pas la fabrication pour les petites commandes sans occasionner des pertes, car lorsqu'on n'a de l'occupation que pour un train, il faut consommer autant de vapeur, de graisse, etc., que pour faire travailler l'équipe entière.

Parmi les engrenages qui ont eu une longue durée, on cite en Belgique, sans toutefois indiquer au prix de quels sacrifices cette durée a eu lieu : i" les grands engrenages de la Louvière, chez Bouquiou, qui marchent depuis 20 ans ; 2" ceux de Thy-le-Château montés en 1846; 3° ceux de la Providence, à Marchiennes, construits en 1836 ; 4° ceux de l'usine de Zone ; 5° ceux de MM. Bonehill, frères, à Marchiennes ; 6° ceux de Monçeau-sur-Sambre, et 7° ceux de Couillet.

22. Prix de vente des principaux objets nécessaires à un laminoir établi par l'usine de Couillet en 1870.

Un train ébaucheur pesant environ ^0,000 kit. — 14,000 kil. fonte en une taque à 22 fr. les 100 kil. ; 7700kil. fonte en colonnes ajustées à 50 fr. ; 6,600 kil. fonte en cylindres finis au tour à EiO fr. ; 7,700 kil. fonte en pièces diverses à 20 fr. ; 1,000 kil. fer en 4, arbres à trèfles à 80 fr. ; 600 kil. fer en vis de pression à 120 fr. ; 2,000 kil. fer en boulons et vis de rappel à 6U fr. ; 400 kil. de bronze en coussinets à ôOO fr. ; — total 40,000 kil. pour une somme de fr. 14,230

Une machine à vapeur de la force de SO clievaux faisant 55 révolutions par

A reporter. . . fr. 14,230

(') Voici, selon Henvaux, l'énumération des principaux accidents survenus à ce laminoir depuis 1850 à fin 1842 : l'arbre du volant a cassé trois fois, le grand engrenage une fois, le pignon du volant trois fois, l'engrenage du volant pour le train à rails (actuellement le train ébaucheur n» 2) plus de dix fois, l'engrenage du train ébaucheur n» 1 également plus de dix fois, l'engrenage du train à rails deux fois, les cylindres, les colonnes et les accessoires des trains ont éprouvé des ruptures fréquentes, le cylindre à vapeur a dû être renouvelé une fois; enfin, indépendamment de ces accidents partiels, le volant a éclaté une fois, en détruisant la plupart des engrenages. Quant aux engrenages du squeezer et du train ébaucheur n» 1, ils ne se sont jamais cassés, ce qui paraît digne de remarque.

Il y avait à cette époque à Couillet un compte ouvert dit fonds de renouvellement et de réparations, destiné à entretenir et à réparer les mécanismes et à remplacer toute pièce usée ou cassée pendant l'année. Pour subvenir à tous ces frais, la fabrication du fer ébauché, comme matière première de tous les autres fers, était imposée dè 13 fr. par 1000 k., et toute pièce hors de service entrait pour sa valeur au profit du fonds de renouvellement. Cette contribution et les pièces hoi-s de service produisaient ordinairement 130,000 fr. par année, tandis que les frais pouvaient s'élever, comme cela a eu lieu en 1839, à 163,000 fr. Notons qu'à cette époque il n'y avait que deux équipes, mais l'équipe n» 1 donnait lieu aux plus fortes dépenses,

18 SECTION I. NOTIOiVS CONCERNANT PLUSIEURS DIVISIONS DE l'uSIN

minute à lijOOO fr. ; 9,000 kil. fonte en un volant pour cette machine à 30 fr. les 100 kil. ; — total pour une somme de fr

Un squeezer. — 1 1,000 kil. fonte à 20 fr. ; 1,700 kil. fer à 80 fr. ; 100 kil. cuivre à 500 fr. ; — total 12,800 kil. pour une somme de fr

Un martemi'pilon de deux tonnes. — Poids dos métaux dont il se compose 2i,000 kil. Coût de l'appareil fr

18 fours à pnddler. — Fonte 1^4,000 kil. à 1(5 fr. ; fer pour ferrements 9,000 kil. à SO fr. ; total pour fr

Train à rails pour 5 paires de cylindres. — 15,000 k. de fonte en une taque à 22 fr. les 100 kil. ; 1 1 ,bBO kil. do fonte en i colonnes à 50 fr. ; 12,000 kil. de fonte en 6 cylindres à SO fr. ; ^,000 kil. de fonte en pièces diverses à 18 fr. ; 700 kil. de fer en 6 arbres à trèfles à 80 fr.; 400 kil. de fer en vis de pression à 120 fr. ;

1 ,500 kil. de fer en pièces diverses à 65 fr. ; 570 k. en cuivre-bronze à 500 fr. ; total 45,520 kil. pour une somme de fr

Une machine de 60 c/ie™»» faisant 75 révolutions par minute pour 16,363 fr. ; 14,000 kil. en un volant de 6 mètres de diamètre à 30 fr. ; total fr

Fotirs à réchauffer. — 52,800 kil. de fonte en taques à 16 fr. ; 8,400 kil. de fer en ferrements à 50 fr.; soit 61,200 kil. à fr

Une scie à vapeur. — Autrefois on avait deu,x scies écossaises mues par un éolipyle, qui consommait trop de vapeur; elles pesaienllO.OOO kil. et coûtaient fr.

Un train à tôles. — ■ 8,599 kil. de fonte en une taque d'assise à 22 fr. les 100 kil. ; 7,000 kil. de fonte en 2 colonnes de cylindres à 30 fr. ; 4,600 kil. de fonte en

2 colonnes à pignons à 50 fr. ; i,100 kil. de fonte en pièces diverses à 18 fr. ; 598 kil. de fer en 5 arbres d'accouplement à 80 fr. ; 360 kil. de fer en 4 vis de pression à 120 fr. ; 1569 kil. de fer en pièces diverses à 65 fr. ; 9,720 kil. de fonte en 4 cylindres en coquille à 65 fr. ; 364 kil. de cuivre en coussinets à 300 fr. ; total 36,510 kil. pour une somme de fr

Une machine de 60 chevaux faisant 50 révolutions par minute à 18,000 fr. ; 22,000 kil. de fonte en un volant de 8 mètres de diamètre à 50 fr. ; total fr. .

Un four à réchauffer et un four dormant. — 14,000 kil. de fonte à 18 fr. et 2,300 kil. de fer à 50 fr. ; total fr

Un train marchand avec scierie el trousses de fenderie. — 45,000 kil. de fonte, etc., à 45 fr. ; total fr

Une machine de M chevaux faisant 80 révolutions par minute à 12,000 fr. ; 8,000 kil. de fonte en un volant à 30 fr. ; total fr

Un train aux petits fers activé par une machine de 40 chevaux. — 2,500 kil. de fonte en 2 taques de fondation à 22 fr. ; 5,300 kil. de fonte en 10 colonnes à 30 fr.; 630 kil. de fer pour les colonnes à 120 fr. ; 170 kil. cuivre à 300 fr. ; 1,752 kil. de fonte en 10 petits cylindres à 65 fr. ; 410 kil. de /onte en deux crapaudines à 50 fr. ; 11 kil. fer en boulons pour les crapaudines à 80 fr. ; 25 kil. de cuivre-bronze à 500 fr. ; 200 kil. fer en 12 arbres à 80 fr. ; 328 kil. fer en un arbre à 80 fr. ; 525 kil. de fonte en plateaux à 20 fr.; 613 kil. de fer en plateaux à 45 fr.; total 12,464 kil. pour une somme totale de fr

Une machine de la force de 40 chevaux faisant 80 révolutions par minute avec 2 engrenages au prix de 12,500 fr.; 8,000 k. de fonte en un volantàfr. 50; total fr.

Fours. — 55,200 kil de fonte en taques à 16 fr.; 5,600 kil. de fer en ferrements à 50 fr.; total 40,800 kil. pour fr

4 cisailes à vapeur; des machines à dresser , à fraiser et à percer les rails et une grande cisaille pour tôles ; coût fr

4 pompes à vapeur, pesant 4,000 kil., à fr

1 pompe à eau froide à fr

Report.

fr. 14,250

A reporter

fr. 280,565

CllAP. I. COMPOSITION, DISPOSITION, PERSONNEL, ETC., DE l'uSINE. 19

Report. . . fr. 280,863

Un ventilateur activé par une. locomobile. — 5,000 kil. à fr 6,000

Un tour complet avec locomoijile. — 13,000 kil. à fr. ...... . H, 500

Chaudières. — 71,808 kil. do chaudières présentant une surface de chauffe de

272 m. q. à 42 fr.; 7,200 kil. en 12 garnitures à li/tOO fr.; total 79,008 kil.

pour une somme de fr 44,SS9

Total général. . . . fr. 342,424

ARTICLE DEUXIÈME

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