‹ Traité théorique et pratique de la fabrication du fer et de l'acierChapitre 40 sur 189 · CHAP. III. PUDDUGE POUR ACIER ET POUR FER A FINS GRAINS · texte numérisé non relu

CHAP. III. PUDDUGE POUR ACIER ET POUR FER A FINS GRAINS

les riblons sur la sole, car il entre, en moyenne, pour moitié dans les charges, l'autre moitié étant du n" k ou S de moulage, et, semblable en cela aux autres fontes blanches, il conserve ou regarnit la sole des fours. Du reste, si par suite d'une mauvaise allure du haut-fourneau, l'une des deux fontes qui composent le mélange à affiner, se trouve chargée de silicium ou altérée, on diminue la proportion de cette fonte et l'on augmente celle de l'autre.

416. Rôle du manganèse dans la fabrication de l'acier. — Presque tous les bons aciers du commerce proviennent de minerais manganésifcres, et l'on a remarqué depuis longtemps! que la présence du manganèse était à peu près indispensable pour obtenir des aciers de qualité supérieure. En effet, on a constaté que :

1» L'oxyde de manganèse rend les laitiers du haut fourneau très-fusibles et permet de traiter les minerais à une température moins élevée que celle qui donnerait de la fonte grise, et, par conséquent, plus siliceuse ou moins pure;

2° Presque tous les bons aciers proviennent originairement de minerais carbonatés ou d'hématites fortement chargées de manganèse, qui contiennent très-souvent du soufre ; cependant les fontes qu'on tire de ces minerais ne renferment point de soufre, ce qui prouve que le manganèse fait passer le soufre dans les laitiers à l'état de sulfure, d'oxysulfure ou de sulfosilicate ;

3" Une partie plus ou moins considérable de l'oxyde de manganèse se réduisant dans le haut fourneau , la fonte prend un contenu notable de manganèse (*), et pendant l'affinage de cette fonte , l'oxyde de fer qui se forme ou celui que l'on a ajouté , produira de l'oxyde de manganèse avant d'attaquer le carbone, de même que, d'après l'expérience, le départ du silicium précède la décarburation de la fonte. Par conséquent, le manganèse retarde la décarburation de la fonte, ce qui est avantageux pour la fabrication de l'acier ;

4° Étant une base plus forte que l'oxyde de fer, l'oxyde de manganèse attaque le silicium de la fonte plus énergiquement que ne le fait l'oxyde de fer; il en résulte une élimination plus complète et plus prompte de ce métalloïde; l'action oxydante peut être moins prolongée, et l'on obtient un acier moins ferreux et plus homogène ;

5° Étant plus stable ou moins facile à décomposer que l'oxyde

(1) D'après List (Dingl., t. 15S, p. H9), le maœimum de 0n qui peul se combiner avec la fonte est de 5,80 pour 100.

de for, il résiste à l'action du carbone de la fonte, ce qui retarde la décarburation ;

6» Le manganèse ayant plus d'afïînité pour le soufre que le fer, il hâte la désulfuration des fontes ;

7" Le phosphore des fontes n'est pas enlevé par le manganèse. Les minerais cités plus haut comme donnant les meilleures fontes pour acier ne contiennent jamais ce métalloïde. (C. R., t. S6, p. 828).

8» Comme l'oxyde de manganèse produit des scories très-fusibles et très-liquides, ce qui tient en partie à l'augmentation du nombre des bases, non-seulement la décarburation de la fonte est retardée , mais l'acier se trouve, en outre, protégé lors du cinglage et de l'étirage qui doivent se faire rapidement et à des températures peu élevées ; de plus, ces scories sont .'exprimées lors du laminage ou du martelage, ce qui s'oppose à la production de défectuosités et à une décarburation ultérieure ;

9° L'acier peut retenir du manganèse. Lorsqu'on ajoute une quantité suffisante de manganèse métallique à une fonte grise, dont le carbone est en grande partie à l'état libre, on obtient une fonte blanche dans laquelle le carbone est presque complètement à l'état combiné. L'effet est le môme dans l'acier : une dose très-faible de manganèse lui donne la propriété de retenir le carbone à l'état de combinaison ;

10° Le manganèse augmente la soudabilité des aciers ;

H° Selon Caron, lorsque l'acier renferme plus de S millièmes de manganèse, il est cassant et à texture cristalline.

Karsten (Handbuch der Eisenhûttcnkunde, 1841, t. 4, p. 430) fait observer que, souvent, le fer le plus mou renferme plus de manganèse que l'acier le plus dur, et que les aciers les plus durs et les plus tenaces de la Styrie et de la Carinthie obtenus au moyen de minerais manganésifères, dans des feux d'affînerie (bas fourneaux au charbon de bois) , sont quelquefois dépourvus de toute trace de manganèse. On ne peut donc regarder comme démontrée l'influence directe de ce métal sur l'acier, mais il paraît certain qu'une petite quantité de manganèse , retenue par l'acier , ne nuit pas à ses qualités, lui donne une couleur plus blanche, l'empêche de se pâmer au feu et permet de le chaufl"er avec moins de déchet.

Pour de plus amples détails, voir au Supplément du Traité de la fabrication de la Fonte, l'article Minerais de fer, et à la Section Acier Bessemer du présent Traité, article Choix de la fonte.

Manières différentes dont les fontes ordinaires et les fontes de qualité se comportent aupuddlage.

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