‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 1 sur 295 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La question si controversée du rôle des altéra- . tiens cérébrales dans T aliénation mentale, se rattache par des liens multipliés et étroits à toutes les questions dont il appartient à la pathologie de chercher la solution. Aussi, lorsqu’ après avoir consacré près de sept années à recueillir des matériaux pour servir à l’histoire de la Folie, je me suis décidé à publier un Traité théorique et pratique sur cette maladie , j’ai cru faire une chose utile en livrant au public, à titre d’annexe de cet ouvrage , la collection des faits qui servent de base principale aux doctrines que j’ai adoptées.

Cette collection me paraît avoir une valeur scientifique réelle , et parce qu’elle comprend un grand nombre de faits^ et surtout parce qu’elle comprend^ en ce qui concerne l’anatomie pathologique , tous les faits qui se sont produits ^ pendant plus de six années, dans un hôpital où sont admis des malades des deux sexes , appartenant à toutes les classes de la société , et où le mouvement de la population porte sur des chiffres considérables.

Une telle collection n’existe pas dans les archives de la science. J’ai cru qu’ après avoir eu la patience et la persévérance nécessaires pour la former , ce serait manquer de courage que de ne pas braver , en la publiant, le discrédit jeté sur les collections d’observations par l’abus qu’on en a fait. J’ai, au reste , cherché à épargner , autant que possible , au lecteur, la fatigue et l’ennui, en classant et en résumant les faits de telle sorte , que la série des observations constituât seulement un ensemble de documens à consulter pour la vérification des faits, les résumés reproduisant à la fois, et ces faits dans ce qu’ils ont d’essentiel, et les inductions qu’ils contiennent.

La réunion de ces observations comprenait nécessairement des élémens pathologiques multiples* La première appréciation analytique de ces observations a dû consister aies distribuer par groupes, de manière à les séparer et à les rapprocher en raison de la différence ou de la ressemblance des états morbides qu’elles représentent. Je n’ai pas cru pouvoir prendre pour point de départ de cette distribution par groupes similaires , la similitude du nom assigné à la maladie au moment de l’admission. Les dénominations des maladies mentales sont loin d’avoir un sens rigoureux et univoque. Or, pour une notable partie de ces observations, l’admission des malades remonte à une époque antérieure à celle où il m’a été possible de les observer , et le défaut de tout document relatif aux phénomènes précédemment offerts par les malades , m’aurait interdit la possibilité de vérifier si les dénominations de maladies avaient été appliquées dans le sens que je leur donne. D’ailleurs, les symptômes qui motivent l’appellation de la maladie au moment de l’admission se modifient, se transforment ou se compliquent à l’aide du temps, de telle sorte

([lie le nom qui aurait fort convenablement désigné la maladie au moment de radmission, cesse réellement de lui être légitimement applicable après une certaine durée du séjour dans l’établissement.

J’ai donc pris pour motif de classement l’état des facultés intellectuelles offert par les malades pendant les derniers temps de la vie.

Quel que soit, au reste, le jugement à intervenir sur les dogmes que j’ai cru trouver contenus dans les faits , et que je me suis attaché à en faire sortir aussi rigoureusement et aussi nettement que possible , les faits en eux-mêmes auront toujours une valeur réelle, car ils ont été recueillis avec conscience par un observateur attentif qui s’est proposé un but unique, la recbercbe de la vérité.

ElILPLECATiOM EEES ABRÉVEATl^IV^.

Pour éviter les répétitions et pour faciliter les résumés et la comparaison des faits, j’ai adopté un ordre d’exposition et des abréviations qui rendent nécessaires quelques explications.

La tète de chaque observation indique, dans l’ordre suivant , 1e sexe, l’âge, l’état civil , la profession, la cause, la prédisposition , la durée de la maladie , la cause de la mort.

Les chitfres romains, qui suivent immédiatement l’exposition des symptômes, se rapportent auxr dimensions de la tète, mesurée sur le vivant , et représentent ; le premier nombre séparé des autres par un trait , la circonférence horizontale de la tète ; les suivans successivement ; le diamètre antéro-postérieur, le diamètre latéral, la demi-courbe horizontale anterieure, la courbe verticale antéro-postérieure , la courbe verticale latérale , le total des nombres exprimant ces diverses dimensions.

Le nombre qui suit le mot encéphale , indique , en grammes , le poids de la masse encéphalique séparée de la moelle épinière au-dessous du bulbe rachidien. Le nombre qui suit le mot cervelet , indique , en grammes , le poids du cervelet , de la protubérance et du bulbe rachidien réunis.

La circonvolution antérieure , mesurée , est la deuxième circonvolution horizontale qui s’otîre à la pointe du lobe antérieur. Les lettres qui, après les mots, épaisseur de la couche horizontale , précèdent les chiffres arabes, signifient : A, antè ^ dans les lobes antérieurs; P, passîm^ dans les diverses parties de la convexité; B, à la base des lobes antérieurs et moyens.

Les chiffres arabes et romains qui suivent immédiatement l’exposition des altérations anatomiques, se rapportent à ces altérations, les résument et représentent chacune d’elles dans les tableaux, conformément au tableau de concordance ci-joint. Les chiffres romains désignent celles de ces altérations qui paraissent appartenir plus spécialement cà la folie.

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