‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 190 sur 295 · X. X. X!V. XVÜ · texte numérisé non relu

X. X. X!V. XVÜ

Résumé.

Chez tous les individus de cette catégorie , le trouble intellectuel , quelle que/ùt sa forme , s’est montré , dès les premiers jours de la maladie, associé à un trouble de la motilité , caractérisé par un défaut de netteté dans l’articulation de la parole , et par un défaut de stabilité d’équilibre dans la station et la marche. Le trouble de la motilité s’est graduellement aggravé en raison de la durée de lu maladie, et est le plus souvent arrivé jusqu’à l’impossibilité absolue de la parole et de la station.

Dans tous les cas , la couche corticale de la moitié ou des deux tiers antérieurs des hémisphères cérébraux , a été trouvée plus ou moins profondément ramollie. Dans la plupart des cas , il y avait en même temps épaississement et opacité des méninges , et adhérences de la piemère à la convexité des circonvolutions. Dans trois cas (obs. 190, 196, 211), il n’y avait pas adhérence de la piemère à la surface cérébrale , bien que la couche corticale fût ramollie. Dans quatre cas {obs. 169,179, 200, 209), il n‘y avait pas épaississement des méninges, bien que la pie-mère adhérât , en plusieurs points, à la couche corticale profondément ramollie.

L’hypérémie a existé quarante-quatre fois : vingt-six sous la forme simple : dans tout l’encéphale, dix-sept ; dans les deux substances cérébrales , une ; dans la pie-

FOLIE P ARA L Y TIO UE

mère , trois ; dans la pic-mère et la substance blanche , deux ; dans la substance blanche, trois ; — dix-huit sous la forme d’ecchymoses : simples, sept; avec injection pointillée de la couche corticale , deux ; avec injection pointillée et ramollissement, neuf. — La coloration rouge de la couche corticale a existé vingt-neuf fois. — La décoloration de la couche corticale a existé quatre fois. — La dureté de la substance blanche a existé vingt-quatre fois. '

L’existence d’une altération spéciale , constante , et par conséquent essentielle et caractéristique, est donc démontrée par les faits pour cette forme , ou plutôt pour cette espèce de la Iplie, ciui se caractérise dès le début par l’association du trouble de l’intelligence avec la paralysie incomplète des muscles volontaires. Cette altération, le ramollissement étendu et profond de la couche corticale cérébrale , distingue nettement cette maladie de la folie simple aiguë ou chronique. L’association presque constante de cette altération avec l’épaississement prononcé des méninges et avec l’adhérence de la pie-mère à la surface cérébrale, la fréquence de l’hypérémie en général et de la coloration rouge de la couche corticale en particulier, et enfin la multiplicité des autres altérations concomitantes du cerveau , fournissent encore des caractères différentiels d’autant plus dignes d’étre remarqués , ciu’ils sont très propres à mettre en évidence la nature de l’altération principale. — La comparaison des faits, sous le point de vue du rapport qui a pu exister entre la forme du trouble intellectuel et la nature des altérations cérébrales, conduit aux résultats suivans. Le trouble intellectuel s’est montré analogue à celui qui caractérise la folie aiguë trente-trois fois , à celui qui caractérise la folie chronique dix-huit fois (obs. 171, 172, 181, 18^+, 185, 187, 189, 196, 197, 199, 200, 201 , 20'r , 206, 207, 209, 211 , 213). Sur les trente-trois cas du premier groupe , le délire a re-

OBSERVATIONS DE FOLIE

vêtu la forme mélancolique cinq fois {obs. 16i, 175, 183, 202, 210), et la forme maniaque vingt-huit fois , savoir : treize fois avec prédominance d’idées de richesses, de grandeurs, de puissance exagérée (obs. 165, 166, 167, 168, 173, 17^1-, 176, 178, 180, 182, 190, 192, 205); quinze fois sans idées prédominantes (obs. 169, 170, 177, 179, 186, 188, 191, 193, m, 195, 198, 20V. 208, 212, 21V). Les altérations principales donnent, pour ces divers groupes, les rapports de fréquence suivans :

ÉTAT

analogue à celui de la

folie aiguë.

ÉTAT

maniaque

avec

prëdomin.

d’idées

derichesse.

État

maniaque

sans

idées

prédomin.

État

mélan-

colique.

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